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Notice relative à une carte géologique des environs de Bordeaux

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La carte géologique à grande échelle que j’ai dressée à l’occasion de la XIIIe Exposition de la Société Philomathique à Bordeaux, comprend une portion assez considérable du département de la Gironde, à savoir l’espace qui s’étend, du Sud au Nord, depuis Langon jusqu’au Bec-d’Ambès, et, de l’Est à l’Ouest, depuis Sauveterre et la basse vallée du Dropt jusqu’à une ligne passant, en pleine lande, de Castelnau vers le Barp.

Elle est destinée à donner une idée de la constitution géologique des environs de Bordeaux, ou plutôt de la distribution des terrains dans la partie de la Gironde dont Bordeaux occupe à peu près le centre.

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Emmanuel Fallot

Notice relative à une carte géologique des environs de Bordeaux

NOTICE RELATIVE A UNE CARTE GÉOLOGIQUE

DES ENVIRONS DE BORDEAUX

La carte géologique à grande échelle Illustration que j’ai dressée à l’occasion de la XIIIe Exposition de la Société Philomathique à Bordeaux, comprend une portion assez considérable du département de la Gironde, à savoir l’espace qui s’étend, du Sud au Nord, depuis Langon jusqu’au Bec-d’Ambès, et, de l’Est à l’Ouest, depuis Sauveterre et la basse vallée du Dropt jusqu’à une ligne passant, en pleine lande, de Castelnau vers le Barp.

Elle est destinée à donner une idée de la constitution géologique des environs de Bordeaux, ou plutôt de la distribution des terrains dans la partie de la Gironde dont Bordeaux occupe à peu près le centre.

C’est une carte murale, sans indication du relief et sans détails topographiques, et, bien qu’elle ait été faite avec autant de soin que possible, elle ne peut avoir la prétention de remplacer la carte géologique détaillée de la Gironde à grande échelle, qui est encore à faire. Mais c’est là une œuvre considérable, demandant de longues années de patientes recherches, que la monotonie de la région et la difficulté d’observation rendent extrêmement fastidieuse et compliquée.

Quoi qu’il en soit, malgré ses imperfections, dues surtout aux difficultés que je viens de signaler et à la rapidité avec laquelle il a dû être exécuté, le travail que j’expose aujourd’hui me semble constituer un progrès réel sur les cartes précédemment publiées de cette région.

C’est la première fois qu’un essai semblable a été tenté, les cartes géologiques existantes jusqu’ici étant, en effet, ou bien à petite échelle et assez anciennes, ou bien à échelle assez grande, mais alors très incomplètes. Je vais, du reste, les énumérer.

La première carte géologique de la Gironde a été commencée en 1836 par Drouot, ingénieur des mines à Bordeaux. Cette carte, continuée dès 1838 par son successeur Pigeon, ne fut achevée, d’après M. Raulin1, qu’en 1856 et gravée à une petite échelle (Illustration environ). Elle a figuré, paraît-il, à l’Exposition de Londres en 1861 ; mais, par suite de la mort de son auteur qui n’avait pas fait de notice explicative, elle n’a pas été mise en vente et je ne l’ai jamais vue.

En 1876, M. Raulin publia une carte géologique de la Gironde, à une échelle à peu près semblable à celle de Pigeon ; cette carte, accompagnée d’une notice1 et d’une légende en huit couleurs, avait été exécutée d’après une esquisse manuscrite datant de 1848. C’est dire que la figuration des terrains est faite d’après une classification fort ancienne qui n’est plus en rapport avec la science actuelle ; de plus, elle présente de nombreuses inexactitudes.

En 1889, sur une demande spéciale qui m’avait été adressée de publier une esquisse géologique du département de la Gironde, j’ai été obligé d’annexer à ce travail une petite carte au Illustration environ qui présentait déjà quelques modifications relativement à la précédente, mais qui, vu sa petitesse et le peu de temps qui m’avait été donné pour la faire, ne pouvait prétendre à une valeur sérieuse2.

Dans l’intervalle, la Direction de la Carte géologique de la France avait fait exécuter deux feuilles au Illustration, celles de Bordeaux et de la Teste-de-Buch. Elles ont été dressées par M. Linder, actuellement inspecteur général des mines, et ont paru en 1882.

Ces cartes, bien supérieures à celles qui ont été faites antérieurement, au point de vue de la classification adoptée, témoignent également d’un progrès considérable dans l’observation géologique et la figuration des terrains ; mais elles ne s’appliquent qu’à une portion restreinte du département, c’est-à-dire à la partie occidentale de la région que j’ai figurée.

Elles m’ont été fort utiles pour la confection de cette partie de ma carte, mais j’ai été, à plusieurs reprises, obligé, par mes observations directes sur le terrain, de modifier les contours figurés ou d’ajouter certains affleurements non constatés par l’auteur. On pourra s’en rendre compte aisément, surtout en ce qui concerne la partie comprise dans les communes de Villenave-d’Ornon, Léognan, Martillac, La Brède, Saint-Morillon, Saint-Selve et la vallée du Gua-Mort3.

La région de l’Entre-deux-Mers, que j’ai tout spécialement étudiée, et quelques parties de la rive gauche de la Garonne (celles placées à partir de la rive droite du Gua-Mort, en allant vers le Sud) sont absolument nouvelles et paraîtront bien différentes de ce qu’elles sont, soit sur la carte de M. Raulin, soit sur les cartes générales de la France d’E. de Beaumont et de MM. Carez et Vasseur.

En terminant cet exposé, je tiens à faire une remarque indispensable relativement à la carte.

La nature même de la constitution géologique de la Gironde, où les formations de recouvrement prennent une importance qu’elles n’ont pas dans d’autres régions de la France, laisse à l’interprétation de la figuration des terrains une certaine latitude. Si l’on s’en tenait aux règles qu’on a suivies ailleurs, il est certain que la carte géologique des environs de Bordeaux ne pourrait guère montrer, à part quelques coupures profondes et quelques escarpements, qu’une seule et unique teinte, celle des formations de recouvrement.

Il y a donc là une difficulté de figuration qui n’a pas laissé de m’embarrasser maintes et maintes fois, et j’ai cru, en certains cas, devoir marquer comme affleurant, des assises qui sont à une profondeur appréciable, ou augmenter certains affleurements pour les rendre facilement visibles. Je ne me dissimule pas que d’autres observateurs auraient pu avoir une appréciation différente et qu’ils pourront m’accuser quelquefois de timidité ou de hardiesse ; mais c’est là la pierre d’achoppement de toutes les cartes géologiques, qui ne sont après tout qu’un procédé graphique artificiel destiné à représenter l’aspect complexe de la disposition naturelle des assises géologiques.