Stop au dérèglement climatique

De



L'accumulation de gaz à effet de serre dans notre atmosphère en raison de l'activité humaine a bouleversé notre système climatique. En trente ans, le nombre d'événement météorologiques extrêmes a déjà triplé. Si rien ne change, la température moyenne augmentera de 5°C à 6°C d'ici la fin du siècle. Peut-on encore éviter cette catastrophe qui serait fatale à l’humanité ?

Ce livre explique le dérèglement climatique au grand public. Il répond aux questions essentielles : quel est le fondement scientifique de ce diagnostic ? Pourquoi le réchauffement de la planète creuse les inégalités sociales ? Quels sont les obstacles au financement d’actions pour le climat ? Comment expliquer tant de lenteur dans l’action publique en ce domaine ? Précis et concis, cet ouvrage propose des mesures à mettre en œuvre aux niveaux individuel, local, national et international pour rendre encore habitable la planète du XXIIe siècle.

Bruno Lamour est président du Collectif Roosevelt


Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782708246379
Nombre de pages : 110
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Bruno Lamour

Stop au dérèglement climatique

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Conception graphique de la couverture : Marie Pellaton

© Les Éditions de l'Atelier / Les Éditions Ouvrières, Ivry-sur-Seine, 2015
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ISBN : 978-2-7082-4637-9

Sommaire

Avertissement

Introduction

PREMIÈRE PARTIE. – Les enjeux de la crise climatique

Chapitre 1. – Comment en sommes-nous arrivés là ?

Un modèle climaticide

Les gaz à effet de serre, responsables du changement climatique

Le bâtiment

Le ciment

Le transport

L'élevage

Les déchets

Les seuils d'emballement

Les conséquences du changement climatique et l'urgence d'agir

Des conséquences environnementales déjà visibles

De nombreux impacts économiques et sociaux

Conséquences en France métropolitaine et en outre-mer

L'urgence d'agir

Une réponse politique pas à la hauteur des enjeux

Au niveau international : la Convention des Nations unies

L'action au niveau européen

En France

Chapitre 2. – Inégalités sociales et crise environnementale

Une responsabilité inégale dans le réchauffement climatique

La responsabilité des pays industrialisés

Les pays du Sud plus impactés par le changement climatique

Au Nord comme au Sud, les riches émettent plus

Les plus pauvres en première ligne

Les lobbies comme frein au progrès

Un nécessaire changement de système

DEUXIÈME PARTIE. – Nos solutions pour une transition écologique

Chapitre 3. – Principes de la transition

Réduire notre consommation : la sobriété

Faire un meilleur usage de nos ressources : l'efficacité énergétique

Sortir du fossile et passer aux énergies renouvelables

Pourquoi l'énergie nucléaire n'est-elle pas la solution ?

La démocratie : pour une énergie décentralisée au service des citoyens

Une nécessaire adaptation de nos territoires

Chapitre 4. – Financer la transition

Proposition 1 : réorienter la création monétaire

Proposition 2 : mettre fin aux subventions aux énergies fossiles

Proposition 3 : mettre en place une fiscalité écologique

Proposition 4 : augmenter les ressources publiques

Proposition 5 : désinvestir des projets sales

Chapitre 5. – Investir dans la transition

Proposition 6 : investir massivement dans les énergies renouvelables

Proposition 7 : accomplir une révolution des transports

Proposition 8 : isoler les bâtiments pour réduire nos factures d'énergie

Proposition 9 : transformer notre économie

Vers une agriculture plus respectueuse de l'environnement

Relocaliser la production

Accompagner la reconversion des filières

Travailler autrement

Créer des monnaies locales

Éliminer les déchets : le scénario Zero Waste

Proposition 10 : renforcer le droit international

Chapitre 6. – Se mobiliser : la transition a besoin de nous !

Proposition 11 : vivre autrement

Adopter de nouvelles habitudes

Consommer moins et mieux

Nos choix de vie

Proposition 12 : les mobilisations citoyennes

Alternatiba

Les villes en transition

Proposition 13 : préserver notre environnement

L'exemple de la mobilisation victorieuse contre le gaz de schiste

Les zones humides

Les forêts

Proposition 14 : refuser les « grands projets inutiles et imposés »

Proposition 15 : préparer l'adaptation

Conclusion

Bibliographie

Avertissement

Ce livre est le fruit du travail de l'atelier Climat du Collectif Roosevelt. Je tiens à remercier chaleureusement les contributeur-ice-s : Dominique Flahaut, Frédéric Jouffroy, Fred Deblaye, Nicolas Guilloteau, Sébastien Graille, Clémence Hutin et l'ensemble de l'atelier. Il est destiné à alimenter la réflexion sur cette question fondamentale au sein du Collectif Roosevelt. Nous invitons toutes celles et ceux qui comme nous considèrent ces enjeux comme essentiels à venir nous rejoindre pour en débattre.

Bruno Lamour,
Président du Collectif Roosevelt

 

« Le climat, c'est l'histoire qui frappe à la porte de l'humanité. Ce qu'on ne sait pas encore, c'est si elle répondra. »

Naomi Klein

« L'enjeu n'est pas qu'environnemental ni même économique, il est éminemment politique. Face à un risque avéré et proche, en présence d'un diagnostic mondialement partagé, quelle est la capacité des hommes à élaborer et suivre une politique commune à moyen et long terme ? »

Conseil économique, social et environnemental (Cese)

« Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été pêché, alors on saura que l'argent ne se mange pas. »

Proverbe de la nation amérindienne des Cree

« C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas. »

Victor Hugo, Les Contemplations

Introduction

En cent cinquante ans, l'activité humaine a changé le visage de notre planète. La combustion d'énergies fossiles nécessaires à notre modèle économique a rompu l'équilibre fragile du climat. Ce bouleversement majeur montre déjà ses premiers effets. Le nombre d'événements météorologiques extrêmes a triplé au niveau mondial en trente ans, et des réactions en chaîne aggravant le processus telle la fonte de la banquise de l'Arctique se sont enclenchées.

Le dérèglement climatique s'accélère, de façon plus rapide et plus intense que ce que l'on annonçait il y a cinq ou dix ans. Malgré les mises en garde scientifiques, l'action politique n'est pas à la hauteur. Alors que les négociations internationales piétinent depuis vingt ans, les émissions de gaz à effet de serre (GES) continuent d'augmenter année après année. Les solutions politiques proposées ne sont pas suffisantes et souvent peu cohérentes avec d'autres mesures destinées à « stimuler l'activité ». De fait, nous sommes loin d'être en voie d'accomplir une transition écologique à la hauteur des enjeux.

Si rien ne change, nous risquons de franchir un seuil au-delà duquel il sera impossible de faire marche arrière. Au rythme actuel, une élévation de la température moyenne à la surface du globe de 2 oC pourrait être franchie d'ici 2030 et nous nous acheminerions vers une augmentation de 5 oC à 6 oC d'ici 2100{1}. Un bouleversement majeur dont nos écosystèmes et nos sociétés ne pourraient se remettre.

La transition écologique n'est donc pas un luxe mais une nécessité. Pour freiner l'emballement du système climatique, c'est notre modèle économique tout entier qui doit être revu afin de mettre en marche une transition ambitieuse, cohérente et juste. Si nous voulons gagner la course de vitesse et préserver des conditions de vie supportables pour l'humanité sur Terre, nous ne pouvons plus attendre.

Ce petit livre a pour objectif de rendre accessible à toutes et tous la question du changement climatique, dans des termes simples et clairs, en la reliant aux questions socio-économiques, car justice sociale et transition écologique vont nécessairement de pair. Nous voulons informer et donner des outils à toutes celles et ceux qui souhaiteraient comprendre et s'engager dans la bataille climatique.

Nous présenterons d'abord les enjeux de la crise climatique, ses causes, ses conséquences, et les liens entre questions environnementales et inégalités sociales. Nous verrons ensuite les principes d'une transition écologique juste, et nos propositions pour la mettre en œuvre aux niveaux international, national, local et individuel.

C'est plus grave que ce que l'on vous dit... mais les solutions existent !

Première partie

Les enjeux de la crise climatique

 

La question climatique a ceci de particulier qu'elle concerne tous les domaines : environnementaux bien sûr, mais aussi économiques et sociaux. De par sa nature même, il est impossible d'échapper au réchauffement, qui affecte déjà et continuera d'affecter tous les rouages de nos sociétés d'une façon ou d'une autre au cours du XXIe siècle.

Afin de clarifier les enjeux, un bref détour par l'explication scientifique est nécessaire pour comprendre la composition de notre atmosphère et son influence sur la température de notre planète et sur notre climat. Comment avons-nous pu influencer cette composition et provoquer ainsi un dérèglement majeur ? Qui est responsable de ce dérèglement ? Quels seront les impacts du réchauffement sur nos vies, notamment pour les populations les plus vulnérables ? Quelle a été jusqu'à maintenant la réponse politique et en quoi s'est-elle révélée insuffisante ? Nous tenterons d'apporter des réponses à toutes ces questions.

Chapitre 1
Comment en sommes-nous arrivés là ?

De la révolution industrielle à la crise systémique actuelle, comment en sommes-nous arrivés là ? L'histoire de la crise climatique est intrinsèquement liée à l'histoire de notre consommation d'énergie, et plus particulièrement au passage au XVIIIe siècle d'une économie fondée sur les énergies renouvelables à une économie propulsée par des ressources fossiles (le charbon, le pétrole, le gaz).

Les scientifiques ont commencé à soupçonner l'impact de ce changement majeur sur la composition de l'atmosphère dans les années 1950. Aujourd'hui encore, il reste difficile de concevoir que nous avons le pouvoir d'influer sur un système climatique planétaire... Et pourtant, cela ne fait plus de doute. Quatre-vingt-dix-sept pour cent des scientifiques considèrent en effet que le réchauffement observé au cours du XXe siècle est bien de notre responsabilité{2}.

Un modèle climaticide

Pendant des siècles, l'énergie disponible pour le développement de nos sociétés était limitée aux forces animales et humaines ainsi qu'à des sources d'énergie renouvelables (moulins à eau, à vent, bois). L'invention de la machine à vapeur à la fin du XVIIIe siècle constitue un tournant majeur en ouvrant la voie à une accélération de la production et à une exploitation toujours plus grande des ressources naturelles. Les énergies fossiles, le charbon, puis le pétrole et le gaz naturel à partir des XIXe et XXe siècles, assurent la croissance économique. C'est ainsi que l'économie moderne émerge, améliorant les conditions de vie matérielles de nos ancêtres et faisant passer la population humaine de 1 à 7 milliards d'habitants en un peu plus de deux cents ans.

Or la combustion de ces énergies fossiles a une conséquence majeure : elle libère dans l'air des gaz à effet de serre (GES) à un rythme supérieur à ce que les forêts, océans et sols sont en capacité d'absorber, provoquant une accumulation de ces gaz dans notre atmosphère.

Graphique1

Graphique 1. L'augmentation exponentielle des émissions mondiales de dioxyde de carbone (1750-2000, en millions de tonnes)

Source : Carbon Dioxide Information Analysis Center (CDIAC), « Global, Regional, and National Fossil-Fuel CO2 Emissions », 2006.

Les gaz à effet de serre, responsables du changement climatique

Les gaz à effet de serre, comme leur nom l'indique, agissent comme le vitrage d'une serre : ils laissent passer les rayons du soleil et retiennent leur chaleur. Plus leur concentration dans l'atmosphère est élevée, plus la température sur Terre grimpe. Nous percevons ce phénomène dans notre vie courante : il fait souvent plus froid l'hiver par ciel clair que par temps couvert car les nuages, composés de vapeur d'eau en suspension, emprisonnent la chaleur. Ce phénomène naturel a permis le développement de la vie : sans lui, la température moyenne à la surface de notre planète serait d'environ – 18 oC au lieu des 15 oC moyens actuels{3}.

Globalement, la vapeur d'eau est de très loin le premier GES présent dans l'atmosphère, mais l'activité humaine a très peu affecté les quantités de ce gaz. Le principal moteur du réchauffement climatique est bien les émissions de dioxyde de carbone (CO2), en raison de l'activité humaine, à hauteur de 76 %{4}.

D'autres GES dont les émissions augmentent avec l'activité humaine doivent également être pris en compte, en particulier le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O), l'ozone (O3) et les gaz fluorés (HFC, PFC, SF6). Selon le Giec (voir l'encadré ci-après), le méthane a un pouvoir réchauffant environ vingt-huit fois plus puissant que le CO2 mais ne reste qu'une dizaine d'années dans l'atmosphère, contre environ un siècle pour le second. Le méthane serait ainsi responsable de 16 % du réchauffement global actuel{5}.

Les rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec)

Le Giec est un organisme créé en 1988 par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) auquel contribuent des milliers d'experts et scientifiques du monde entier, qui synthétisent l'ensemble des travaux sur le climat publiés par les chercheurs sur une période de quatre à cinq ans. Ce groupe travaille sur le lien entre activité humaine et changement climatique, sur les impacts du changement climatique et sur les solutions possibles pour atténuer la crise et s'adapter à ses premiers effets.

Les rapports du Giec forment un socle scientifique accepté par tous et une base commune pour les négociations internationales aux Nations unies. Dès le deuxième rapport de 1995, la responsabilité humaine dans les changements climatiques est confirmée. Du troisième rapport de 2001 au quatrième en 2007, les prévisions sont de plus en plus pessimistes, au point que l'institution subira des pressions politiques pour atténuer ses conclusions et recommandations. Le cinquième rapport a été publié en 2014 et introduit la notion de budget carbone, sur laquelle nous reviendrons.

Graphique2

Graphique 2. Évolution des émissions de...

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