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Sur la nature du feu aux siècles classiques

De
264 pages
Les idées les plus importantes qui ont germé dans la tête des savants et des amateurs de physique ou de chimie en France aux XVII et XVIIIe siècles sur la nature de la matière, sur celle du feu et sur les sensations de chaud et de froid sont exposées dans cet ouvrage. On y voit s'opposer des conceptions héritées de l'Antiquité et d'autres qui sont dans leur verte jeunesse. Aristote, Paracelse, Gassendi, Descartes, Newton, Stahl, Lavoisier et beaucoup d'autres sont évoqués ou s'expriment.
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Robert Locqueneux
SUR LA NATURE DU FEU AUX SIÈCLES CLASSIQUES
Réf lexionsdes physiciens & des chimistes
Préface de Bernard Maitte
Sur la nature du feu aux siècles classiques
Réflexions des physiciens & des chimistes
Acteurs de la Science Fondée par Richard Moreau, professeur honoraire à l’Université de Paris XII Dirigée parClaude Brezinski, professeur émérite à l’Université de Lille La collection Acteurs de la Science est consacrée à des études sur les acteurs de l’épopée scientifique moderne; à des inédits et à des réimpressions de mémoires scientifiques anciens; à des textes consacrés en leur temps à de grands savants par leurs pairs ; à des évaluations sur les découvertes les plus marquantes et la pratique de la Science.
Dernières parutions Roger TEYSSOU,Une histoire de la circulation du sang, Harvey, Riolan et les autres, Des hommes de cœur, presque tous…, 2014Karl Landsteiner. L’homme des groupes sanguins,édition revue et augmentée, 2013. Jean-Pierre Aymard,Karl Landsteiner. L’homme des groupes sanguins, édition revue et augmentée, 2013. Michel Gaudichon,L’homme quelque part entre deux infinis,2013. Roger Teyssou,Paul Sollier contre Sigmund Freud. L’hystérie démaquillée, 2013. Gérard Braganti,Histoire singulière d’un chercheur de campagne. L’invention de l’exploration cardiaque moderne par Louis Desliens, vétérinaire, 2013. Jean Louis,Mémoires d’un enfant de Colbert, 2012. Elie Volf, Michel-Eugène Chevreul (1786-1889). Un savant doyen des étudiants de France. Des corps gras et de la chandelle à la perception des couleurs,2012. Roger Teyssou,Gabriel Andral, pionnier de l’hématologie. La médecine dans le sang, 2012. Yvon Michel-Briand,Aspects de la résistance bactérienne aux antibiotiques, 2012.Roger Teyssou,Charcot, Freud et l’hystérie, 2012. Djillali Hadjouis,Camille Arambourg, Une œuvre à travers le monde, 2012. Jacques Marc,Comment l’homme quitta la Terre, 2012. Georges Mathieu,La Sorbonne en guerre (1940-1944), suivi deJournal de la Libération de Versailles, 2011. Norbert Gualde,L’épidémie et la démorésilience, 2011. Jean-Pierre Aymard,Karl Landsteiner. L’homme des groupes sanguins, 2011. e Pierre Pageot,La santé des Limousins et des Périgourdins au XIXsiècle, 2011. Yves Delange,: Jean-Henri Fabre etConversation au bord de la Sorgue Louis Pasteur, 2011. André Audoynaud,D’un pays à l’autre. Chroniques d’un médecin colonial, 2011.
Robert Locqueneux Sur la nature du feu aux siècles classiques
Réflexions des physiciens & des chimistes
Préface de Bernard Maitte
Du même auteur Histoire de la Physique, collection "Que sais-je ?", Presses Universitaires de France, Paris, 1987 * Traduction allemande d'Andreas Kleinert, «Kurze Geschichte der Physik» (édition revue et augmentée), Göttingen, Vanderhoeck et Ruprech à 1989 * Traduction portugaise de Cascais Franco «Historia da Fisica» (édition revue et augmentée), aux éditions Europa-America (Portugal), 1989
Préhistoire et histoire de la thermodynamique classique, une histoire de la Chaleur, Société française d’histoire des sciences et des techniques, diffusion Blanchard, Paris, 1996
André-Marie Ampère, encyclopédiste et métaphysicien, en collaboration avec Myriam Scheidecker, EDP Sciences, Les Ullis, 2008
Henri Bouasse, un regard sur l’enseignement et la recherche, diffusion librairie scientifique et technique Albert Blanchard, 2008
Henri Bouasse, réflexions sur les méthodes et l’histoire de la physique, L’Harmattan, Paris, 2009 Histoire des idées en physique, Société française d’histoire des sciences et des techniques & Vuibert, Paris, 2009 Histoire de la thermodynamique classique, de Sadi Carnot à Gibbs, Belin, Paris, 2009 Science classique & théologie,Vuibert Adapt-SNES, Paris, 2010 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02466-0 EAN : 9782343024660
« L’histoire des sciences est en même temps celle des travaux, des succès & des écarts de ceux qui les ont cultivées ; elle indique les obstacles qu’ils ont eu à surmonter, & les fausses routes dans lesquelles ils se sont égarés ; elle ne peut dès-lors manquer d’être très-utile à ceux qui veulent suivre la même carrière » Macquer, “Discours préliminaire sur l’origine et les progrès de la chymie”,Dictionnaire de chimie, 2de édition, 1778.
Préface
Peu d’ouvrages s’intéressent à ce moment crucial du passage de la conception du Feu comme élément à la naissance de la thermodynamique. Robert Locqueneux, qui nous a déjà donné une belle histoire de celle-ci, comble avec ce nouvel et important ouvrage une grande lacune. Son «Histoire des théoriesdufeu», donne les grilles intellectuelles qui permettent, à chaque époque, d'interpréter les phénomènes où le chaud et le froid, dont la matière est le siège, sont impliqués. Elle peint les contextes, les présupposés, les œuvres des hommes, intégrées dans leurs visions du monde, leurs efforts pour donner naissance à des systèmes physiques ou chimiques continûment remis en causes. Ces différents moments ne sont pas seulement centrés sur les exemples connus et ici approfondis (les théories de la matière, de Descartes, ou de Newton), mais aussi sur celles de Malebranche, Privat de Molières, Euler et quelques autres, qui corrigent et perfectionnent la théorie de la matière et, par voie de conséquence, la théorie du feu de Descartes. Robert Locqueneux n’a pas non plus oublié les idées de s’Gravesande, ni celles de Boerhaave: toute l’Europe savante ne s’est-elle pas un moment tournée vers l’Université de Leyde pour apprendre la physique ainsi que la chimie et la médecine? La science est ainsi montrée comme une œuvre collective, comme pensée vivante sur le monde que les débats, les controverses, les différences fécondent. Pour nous faire comprendre ces problématiques où les frontières de nos actuelles disciplines les uns ou les autres étant sensés constituer le monde n'existent pas, où les sens des mots attachés aux concepts différent, l’auteur a choisi de nous donner des textes significatifs de ce que l'on peut, à différentes époques raisonnablement et contradictoirement penser des phénomènes où le chaud et le froid interviennent. Ces textes sont insérés dans l'histoire elle-même, la complètent, l'illustrent, montrent à la fois comment, à chaque époque, s’écrit la science, comment le discours scientifique modèle la façon de penser du temps, de même que la façon de penser du temps agit sur le discours scientifique. Cette manière de faire amène le lecteur de surprise en surprise : e interpréter le chaud et froid au XVIIsiècle ne peut se faire sans s'interroger dans le même temps sur le sec et l'humide, sur les quatre éléments e aristotéliciens ou sur les trois éléments paracelsiens,. Au XVIIIsiècle, Nollet en vient à penser chaleur, lumière et électricité comme un même objet diversement perçu ou modifié, à l’époque même où la plupart des chimistes français sont séduits par le phlogistique que Stahl a introduit dans la chimie allemande. A la fin du siècle, Lavoisier substituera le calorique au phlogistique, passant d’une matière du feu à une autre, chacune d’elles étant féconde un temps. En voulant ainsi donner une idée juste de l'état des connaissances en physique et de la chimie aux différents moments de leur histoire, Robert Locqueneux met en scène des conflits et montre que
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diverses interprétations peuvent parfois être faites d'un même phénomène, sans que les connaissances du temps permettent de les départager. Il donne des leçons de physique lorsqu'il détaille certains épisodes de l'histoire: par exemple, dans l'étude de la capacité des gaz pour la chaleur, il met en évidence le fait que les physiciens peuvent manipuler un concept sans voir qu'il en englobe plusieurs, qu'il faudrait distinguer. Il décrit à égalité les différentes tendances qui s'affrontent en une époque: celles qui rétrospectivement ont marqué l'évolution vers nos modernes théories comme celles qui ont conduit à une impasse ; celles qui ont été oubliées et celles qui se sont révélées - beaucoup plus tard - fécondes...
Mais faire de l'histoire des sciences, c'est aussi s'intéresser aux publics auxquels étaient destinés les articles, les livres, les lettres. Il ne faut pas perdre de vue que la chimie est, le plus souvent, une affaire de métallurgistes, de médecins et de pharmaciens, qu'en physique expérimentale et en chimie, la distinction entre monde savant et public cultivé n'est guère pertinente: elle ne le deviendra qu’avec le triomphe e complet de la physique mathématique. Au XVIIIsiècle, par exemple, Nollet, dans sesLeçons de physique expérimentale,veut à la fois dispenser à ses lecteurs une formation physicienne, leur inculquer différents modes de raisonnements, les initier aux diverses pratiques de laboratoire, leur donner une somme de connaissance. Son texte touche aussi, avec succès, les « gens du monde », les publics des salons, les lettrés. Pour tenir compte de la variété des auteurs qui contribuent ainsi à la réflexion, Robert Locqueneux n'a pas e hésité à nous présenter ces amateurs, intervenant jusqu'au milieu du XIX siècle dans le débat des idées, ces apprentis apothicaires devenus de grands scientifiques. Il n'a pas mis de cloison entre les mémoires scientifiques originaux et des ouvrages destinés alors à un public cultivé. Ne nous étonnons pas d’y rencontrer une grande dame, la Marquise Du Châtelet, et un grand poète, Voltaire. La première a tenté d’introduire la philosophie de Leibniz en France, le second y fut l’un des propagateurs de celle de Newton. Cette leçon d'histoire nous montre que l'évolution des idées en science est toujours faite, à toute époque, de continuités et ruptures. On peut, par simple commodité, diviser la physique du feu et de l'énergie en deux parties : avant et après les œuvres des Lavoisier et Laplace. Mais Lavoisier et Laplace sont des héritiers, des partisans de la matérialité du feu : voici la continuité ; leur théorie des états de la matière s'ouvre vers de nouveaux développements: voici la rupture. Tels Janus, ils sont, à la fois, tournés vers le passé et l'avenir.
L’ouvrage de Robert Locqueneux nous est précieux, puisque, je me répète, la période qu’il étudie est celle, cruciale, qui voit la disqualification du Feu en tant qu’élément pour en faire autre chose. Les idées nouvelles qui s’énoncent alors déclinent le « jeu des possibles » portées par les différentes
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conceptions (du monde, de la physique, de la chimie) qui s’opposent à l’époque étudiée et vont permettre l’émergence de la thermodynamique. Ce livre est indispensable à qui veut comprendre que la science est une œuvre collective, nourrie des débats qui l’animent.
Bernard Maitte Professeur émérite, Laboratoire SCité, Université de Lille 1.
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