Sur le sentier mystérieux des nombres noirs

De
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Constat superficiel ou présomption gratuite, les sciences sont souvent considérées comme absentes des sociétés africaines traditionnelles. D'où l'effort fourni dans ce livre qui nous guide " sur le sentier mystérieux des nombres noirs ", pour faire état de la science dans l'Afrique noire traditionnelle. A travers un ouvrage riche en documents ethnographiques et en illustrations, l'auteur nous initie aux systèmes numéraires africains, oraux et écrits, propres au monde bantu. On apprend dans ce livre que les Africains disposaient de systèmes numéraires et se servaient des nombres aussi bien dans le domaine économique, monétaire, juridique, que dans celui de la musique et de la communication. Ces mêmes nombres symbolisaient les vertus intrinsèques et actives du Dieu Créateur et ses créatures. Dans son étude, l'auteur effectue certains rapprochements intéressants entre les cosmogonies bantu, antiques et modernes. Il parvient somme toute à relever certaines convergences surprenantes qui semblent exister entre la conception cosmogonique bantu de l'Univers et les lois qui régissent les phénomènes célestes décrites par la science moderne. Poursuivant son analyse, l'auteur finit par établir un parallélisme entre un récit mythologique luba de la création et un tatouage inscrit sur le corps d'une femme sungu. Cette découverte, basée sur l'interprétation du langage des nombres, pourrait constituer un premier pas sur la voie du décryptage d'autres messages tatoués, actuellement muets.
Publié le : mardi 1 novembre 1988
Lecture(s) : 68
EAN13 : 9782296162204
Nombre de pages : 236
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SUR LE SENTIER MYSTÉRIEUX DES NOMBRES NOIRS

~

MUBUMBILA MfIka

SUR LE SENTIER MYSTÉRIEUX DES NOMBRES NOIRS

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L'auteur adresse ses remerciements au Révérend Pasteur Nsenda Ilunga Joseph pour sa disponibilité et ses discussions fructueuses. Il est reconnaissant à Monsieur René Wora Rasayi et à tous ses amis qui ont bien voulu corriger le texte original de ce présent ouvrage.

@

L'Harmattan,

1988

ISBN: 2-7384-0222-4

A MpOYI MUNYA Bu KOLA, MUSANKA KALALA MUKOMA ET MBUYAMBA LUPUlSHI

BA MUELA NKANU

INTRODUCTION

It l

Le terme bantu,

dont

le singulier est

~,

signifie "homme", dans

le sens de la personne humaine. Ce terme a été initialementutilisé par Bleek pour désigner le nom générique des langues de l'Afrique
orientale, australe et centrale. En effet, les langues de ces régions
présentent un dégré des éléments élevé du lexique et et des formes grammaticales de caractères possédant

de st:ructures

communs. études

Elles

sont

par conséquent apparentées,

nombreuses l menées partout le montrent à suffisance.

et

les

linguistiques

Actuellement,

les

travaux

des

linguistes2

fournissent

des

précisions certains' sur

sur l'origine e't:
signalent presque que les la moitié

l'extension des bantu. Parmi ces travaux,
langues

~

qui trouvent

sont leurs

maintenant origines
e't: du

répandues dans

du continent,

la région

de la moyenne Benoué, aux confins du
recherches de détail,

Nigéria

Camerou~.
sur

D'autres
des points

s' opposen't:vivement
et proposent la en

à

de

telles de

conclusions

théorie

"fragmenta't:ion belt",

laquelle

situe

cette

origine

Afrique

occidentale,





l'on

trouve

actuellementles
Bien qu'il soit

ban't:u~

possible

de

distinguer
permet:,

des selon de

aires

culturelles

dans ses
communs

le monde bantu, rien
collaborateurs,

ne

F.

Van Noten et
physiques

de

trouver un ensemble

traits

aux bant:u pouvant les différencier nettement des africaines~ signalé Outre cette la considération, les

autres

populations
ont parlant

auteurs des

précédents

toutefois

proximité

biologique

populations

les langues

~,

proximité mise

en

évidence

par

les

conclusions

de J. Hiernauxj il est vrai que ces conclusions propos des populations actuelles.

on": été

faites

à

A

l' unicité

cul turelle,

et même
civilisation

biologique, bantu.

peut

s'ajouter

l'unité

et l'homogénéité
sur ce que

de la
pourrait

Ces

deux éléments reposent
que

l'on

appeler, la notion de bantuité, termes
avec soi

rapporte essaimer
quelques

J.E.G.

Sutton

en

ces

"Etre

bantu,
de

c'était
et

perpétuellement,

transportant

un sac

semences

outils pour défricher et cultiver, se fixer
de Si é"tablir défini tivement dans des villages

temporairement permanents".

au à

lieu

Et

Su'C'Con

I, 2
de la conclure bantui té"
.

" aussi
Toujours

loin

qu'on

allât, on

conservait

le bantu,
qu'ils

sens

de

à propos de la
bantu dépendaient

civilisation du fer, et

Sutton
étaient

mentionne un peuple

que les premiers détenteurs

des secrets

de sa métallurgie~

Ces ils

bantu ou non

détenteurs une (ou

des secrets de la métallurgie du
des) philosophie (s)? A cette

fer,

avaient certains et

question,

réponden~

par

l'affirmative,

après

les

analyses

linguistiques,

d'autres par la néga~ive, après des observations ethnologiques:

Parmi les par~isans

de la "philosophie

bantu",

il existe

un

groupe

pour soutenir

l 'exis~ence d'une

"philosophie force),
de

ban~"

unique, tale~ la
ntu,

don~ autre
,

le concept est "force" (être groupe dénonce une telle
propose que l'homme

=

ou

for~i
.avec

Un

identité

l "'être"

"force"

e~

es~ un ntu, comme

tous les autres inviolable,

mais qu'il pourrait

possède en plus un caractère

sacré,

que

l'on

définir comme une volonté-d'être-avec-la-vie parmi-les-hommes7

Actuellement,

un

cer~ain

nombre

d'auteurs

dénoncent

avec

virulence

la

(ou

les)

philosophie(s)

bantu.

Ils

prétendent

que

les de

"ethno-philosophes" diversion, problèmes
assez sociétés

de la

bantuité

procèdent

à des
par~,

manoeuvres des ils

afin de dé~ourner poli tiques
s agit '

les peuples à eux~

de ces régions, D' autre

véritables démontrent

qui se posent

qu'il

d'un mythe,

qui donnerait à penser que dans

les

primitives (c'est à dire non occidentales), "ils ne saurait y avoir des croyances individuelles, des philosophies individuelles,

mais seulement des systèmes de croyances collectif~: de la philosophie bantu, il en existe un
au sujet de la contribution scientifique des

Outre ce problème
bien controversé,

autre,
bantu

au

patrimoine

de

l'humanité. l'absence

En

effet,

constat

superficiel

ou
est

présomption

gratuite,

des

traditions

scientifiques à l'égard

l'un des reproches négro-africain

majeurs

généralement

adressés

de l'héritage

bantu.

Pour Lévi-Strauss, "la contribution africaine est plus complexe, mais aussi plus obscure" (c'est nous qui soulignons); pour cet

I auteur,c'est

"seulement à une date récente qu'on a commencé à soupçonner l'importance

I, 3
de son rôle comme un "melting pot"

"lieu où toutes les influences

sont venues se fondre pour repartir ou toujours
transformées

se tenir en réserve,
nouveaux".

mais

dans

des

sens

Parlant

de

la

civilisation égyptienne, Lévi-Strauss admet que cette dernière "n'est intelligible que comme un ouvrage commun de l'Asie et de l'Afrique,,~2

Pour Cheik

Anta Diop, la contribution égyptienne,

africaine

noire dans l'édification

de la civilisation
n Iétait la source pas que

est

incontestable. mais plutôt le

Ainsi, lieu de

l'Afrique

le point

d' arrivée

départ,

de différents

savoirs,

un centre d'acceuil et de formation. les Noirs auraient
qui

Selon les travaux de Cheik Anta Diop,
rôle primordial dans toutes les influences

joué

un

par la suite repandues

dans le monde

égyptiennes ,14 antiqué~

se seraient

Cette

place

historique

et privilégiée

de l'héri tage

africain
"Celui-ci

a été
(passé

même reconnu

par Lévi-Strauss

qui l'a ainsi

décrite

africain

extraordinairement

fertile)

est,

d'ailleurs,

directement

attesté par la perfection des anciennes techniques du bronze l'ivoire, qui dépassent de loin dans ces doma~nes
. a la

et

de

tout
,,12
.

ce que

l'Occident

pra'tiquai't

meme epoque
-

A

Cet'te reconnaissance de

la primauté

de

la

technologie

noire

n'es't

pas du tout une nouveauté. En effet, Edouart Schuré en parlait déjà
au 19è siècle en déc::-ivant les premiers

affrontements préhistoriques race blanche
sphère

ent::-e les

Blancs

e't les Noirs
violente e't folle.

"Mais la
Passionnée

n'en

étai't

qu Ià son enfance

dans la

animique,
c::-ises.

elle devai t traverser
Elle venait

bien

d'autres par les

et

de plus
Lutte

sanglantes

d' êt::-e réveillée à l'envahir
n' avaien't

at'taques de

la

race

noi::-e qui au début.

commençait

par le Sud de l'Europe.

inégale

Les

Blancs

d'autre
de pierre.

ressource

que

leurs

lances

et

leurs

flèches aux pointes

Les Noirs avaient des armes de les
ressources

fer,

des armures
des Noirs

d'airain,

toutes (les

d'une

civilisation
app::-irent

industrieuse...".

"Ils

Blancs
la

amenés
fon"te

en
des

captivité)
métaux et

deux choses capitales

l' éc::-i ture

sacrée
guerre.

"

"Le

mé,;al fondu
sac::-ée ~5

et

forgé,

c'é'tait

l'instrument

de

la la

l' écri tur",

fut à l'origine

de

la

science

e't de

tradi tj.on religieuse"

I, 4
Malgré (et tous ces témoignages, là peut être qui nous viennent de leur d'ailleurs de l'Occident, la contribution

c'est

l'origine

faiblesse)

scientifique

africaine

reste

néanmoins

la moins connue

du public.

Par

exemple, la

plupart et

(sinon

la

totalité)

des

ouvrages pas

publiés
systèmes

sur les nombre
numéraires involontaire, traditionnelles perfectionnés. sous-entendre dans les

les chiffres ne mentionnent 16 africains. En effet, cette omission, laisse supposer à

les

vraisemblablement
sociétés

tort que pas

les

africaines numéraires laissent développée

ne
que la

connaissaient

les

systèmes

Dans certains ouvrages, quelques insinuations
notion

même du nombre n'était pas
Dans

sociétés
limi

africaines.
tai t

ces

dernières,

dit-on,la

notion

du

nombre se _. 17

à une

perception

directe de la

pluralité

mater~elle.

De telles
réagir et à

présomp

ti ons

gratuites sur

poussent

les

jeunes

africains

à

s'exprimer de

le passé scientifique de l'Afrique noire,
passé ne s' inscri vent pas dans

même si les données
ac~uel

ce

le cadre

de la compétition

scientifique.

Ainsi,
la revue

un

certain

nombre muntu

des

travaux ont été récemment
Dans leur ensemble,

publiés dans les articles et des d'une

scientifique

du CICIBA.
mon'trer

de cette revue tendent à
témoignages

par

des

études

précises excellé

originaux que la civilisation bantu avait

part

en "tous les arts èt métiers dans le temps et l'espace" et d'autre
et les technologies n'y étaient 18 pas inconnues.

part que les sciences

Cet

ouvrage

s' inscri t

dans

le de

contexte

de

la
de

précédente la notion

démarche, du nombre

et se présente

comme un essai

compréhension

et

ses

différents

effets

dans

les

conceptions

traditionnelles

de

l'Afrique noirl.9

Dans

la première

partie

de

cet

ouvrage,

nous

exposerons

l'ensemble

des données ethnologiques relatives à
systèmes numéraires africains. Notre

la

notion

du

nombre

et aux

analyse

se parachevra

avec l'examen

I, 5
des données propres aux signes graphiques des tatouages

~.

Dans la deuxième partie, nous exposerons les données de la cosmologie lubJ.O Notre analyse ten;;era de souligner constamment l'importance
de l'expression symbolique du nombre de la et des de signes graphiques
Enfin,

dans

le récit my'thologique
essayerons d'établir
my'the

~
un
de

création

l'Univers.

nous
à des

parallélisme

entre et celui

le message
consigné les à

véhiculé l'aide

travers signes

le sur

luba tatouages

la des n'est

création
Sungu,

les

les

voisins

plus

proches

des Luba. des

Ce parallélisme consignés

qu Iune

tentative

précoce

du décryptage des
tatouages

messages

dans les signes

mystérieux

africains.

Dans

la

troisième

partie,

nous

rapprocherons

les

données

de

la

cosmologie luba aux connaissances antiques et à celles de la science moderne. en évitant Nous prendrons le soin de ne pas les confondre abusivement

de les ramener
au niveau de

au

même
souligner

dénominateur leurs

commun.
similitudes théoriques

Nous les
e"G leurs générales.

comparerons divergences Notre demarche

plutôt en vue de

leurs

concep"Gions

ne consistera pas à minimiser les mérites de la science
nous les soulignerons avec force) convergence mais à exprimer

moderne

(au contraire,

plutôt notre étonnement au niveau entre les lois

de la

qui

existerai"G conceptions

de la science moderne et celles des
bantu.

traditionnelles

Le sujet abordé dans cet ouvrage est largement controversé
littérature conclusions ne connaissent de leurs personnes occidentale. puissent Il est fort probable que certaines

dans la de nos

être

considérées des langues

comme hatives par ceux qui
africaines et le symbolisme

pas les nuances

métaphores.
qui

Par ailleurs,

nous craignons
dogmatique

de choquer certaines

gardent une vision

de la science moderne
de la science
spontanée

et qui la considèrent comme la fille al:née
grecque, fruit (semble-t-il) d'une génération

miraculeuse (elle serait

sortie du cerveau des
agréable

premiers penseurs grecs

comme

Minerve

casquée
de fourni:-

sorti du cerveau de Jupiter t
de nous le faire

f;

Si

tel

en

é"tai t

le cas, il serai"t
alors complémentaires

remarquer.

Nous les

essayerons informations

soit

oralement,

soit

par

écrit

nécessaires.

It

6

Nous signalerons des méthodes qui

cependant ont

que

cet les les

ouvrage anciens méthodes

n'abordera et les africaines

pas modernes

le restent

problème

conduit

à

leurs
pour

conclusions
l'instant

respectives
ésotériques.

car

Nous espérons
à l'oeuvre

que notre
entreprise
d'autres

contribution
initialement

apportera
par C.A.

.unepùrre supplémentaire Diop et activement édifiée

par

bien

en vue

d'éclairer

l'opinion

internationale

sur

le passé

africain.

I~RE PAR TIE

SYSTÈMES NUM~RAIRES

ET GRAPHIQUES BANTU

r,

DU PRINCIPE

DE LA CORRESPONDANCE

BIUNIVOQUE

A L'EXPRESSION

ET A LA CLASSIFICATION

DES NOMBRES

SELON LES TRADITIONS

AFRICAINES

VIVRE A L'AFRICAINE

"Vivre à l'afr'icaine"

est un slogan à la mode j on l'entend partout

et il s'exprime d'ailleurs diversement en fin de ce XXème siècle De l'Afrique aux Antilles ou en Amérique, via l'Europe, toutes
les Noires de perles à la mode en ont, de ces et de cauris et de toutes belles tresses Le pendantes floklore

ornées

les couleurs.

modernisé

ou pas
ananas,

s'écoute

se danse aussi bien chez soi qu'ailleurs. Les
les poissons fumés,

les bananes,

etc garnissent les rayons

des produits
africaine

exotiques

de

divers

super-marchés. rivalisent à la

La

li ttérature.

francophone

et anglophone

première

place'.

La médecine et la pharmacopée

traditionnelles

suscitent

dans le
et
tourisme,

monde des
l'aide

initiatives

d'une

nouvelle

discipline

médicale

pharmaceutique

de plantes médicinales. Le s'abattent sur

"safari", avec

le

humanitaire
voix mais

l'Afrique

de s slogans

à

mul tiples l'image à la

d'expression identique pour ramener
prise dans un coin donné mais rapidement
asphyxié

au

monde
élargie

effrayante,

dimension

d'un

continent,

en voie d'être

par un

désert

grandissant

bien que globalemen~

riche géologiquement.

Mais "vivre à l'africaine", paisible et quelques fois
ou villes modernes

c'est vivre par ailleurs comique,

une, coexistence

de

grouillantes

jolies

cités

et de villages

tradi~ionnels

d'un calme séduisant.

"Vi vre

à l'africaine", enfants

c'est

aussi

savoir
ou

s'iden~ifier

femmes

ou hommes,

ou adultes,

citadins

villageois,

intellectuels

ou illettrés, travailleurs ou chômeurs etc. Mais qu'on soit
ou l'autre, au

l'un sur la route ou sur le sentier, dans la voiture ou
à la

à pieds, du sort

li t ou la

table, au champ ou au bureau,...l'ironie la lutte pour la survie. C'est vrai que et
universelle,

reste

même

la lutte pour la vie est une donnée naturelle mais son degré de développement
frappant car "vivre à l'africaine",

en Afrique est
c' est

par~iculièremen~ se battre,

véritablement

au sens strict

du mot, et on se bat pour tout et pour rien, on

2

se

bat

même

pour ne
pour

pouvoir se

vivre

qu'une s'instruire,

lueur

de

temps,

pour

manger,

pour et

se marier, surtout

reproduire,

instruire.
une culture.

..

et

aussi

s'exprimer,

défendre

une idée,

Mais niée en cette

quelle à une voie d'être cul ture,

culture? certaine

La culture époque, déformée ni vel ée

africaine, à et une

celle-là autre et Au plùs à le souvent

qui

a

été

actuellement sujet, que dire; africaine débat est de les les

actualisée, les les et étrangers africanistes leurs on

normalisée. en grand le leur; des il savoir mot l'élite idées;

prétendent ont ont au niveau mais au un

autochtones; missionnaires a le sien.

disciples

Et, intéressant

s'affronte et de réfl~chi

toujours en passant les

devient

houleux, lequel

rapidement

l'échange différente

combat

culturel

dans inégales}

guerriers

de tendance

se battent

à armes
question est-il

L'enjeu noir fonder

du combat est-il un

peut

se

réduire tous les

à une autres,

L'africain capable de

une civilisation

homme comme ?2

A cette un oui et

question, d'aucuns

les par

uns

répondent être.

par

un non;

les

autres

par

un peut

Devant laquelle

l'ampleur

du

problème bien

de composer sentons et

la

"personnalité pour bien pieuses que l'éventuel démuni. paroles dire

africaine",

avec

il faudrait
noir, négateurs ou de nos nous des

développement Entre de ou les nos propos maîtres que

du continent sévères défenseurs choisir?

nous

racistes pères

les

spirituels,

encore

Chanter dans

la

négritude l'acteur

ou exercer est généralement et surtout sa mort les de nature

son

style

oratoire

dans pour Il

un

roman

lequel

martyrisé, de est créativité inévitable. ni de

exploité, se nous

torturé, sortir importe tout par que

dépourvu d'un peu

d'imagination

labyrinthe d'accuser il nous

dans lequel
éternellement semble vain de

autres vouloir

les

accabler, l'Afrique" Nous pensons

comme, des

"développer

actions

d'éclat

propagandiste.

3

les efforts permanents de la recherche de à des réflexions pertinentes, et

la

vérité,

conduisant

initialement à

individuelles

mais

à la longue

collectives

aboutissant

des

gestes

concrets,

ont quelque chance de contribuer de l'ignorance de ses propres

efficacement à libérer l'Afrique problèmes et de l'empêcher de

s'embourber dans un débat de faux problèmes.

Cet

oU'l'age

veut ébaucher quelques

éléments

de
En

réflexion effet,

sur un
notre

autre aspect du slogan "vivre
perspective,

à l'africaine".

dans

"vivre à l'africaine" serait une pratique quotidienne vitesse;

à

double

la première
consisterait

serait

lourde,

laborieuse

mais

indispensable: ancestrales

elle

à

approfondir

les

traditions

africaines

en vue d'en dégager les grandes
seconde manuels tactique 2000j
élaboration

lignes vitesse pour

théoriques et la scientificité des principes; la sera plutôt d'ordre de

un

enseignement africain de l'an pas dépourvues des notions d'autre part
d'arguments

on offrira ainsi aux africains n'étaient
disposer

la possibilité de se rendre compte que leurs traditions scientifiques d'une part, et de
crédibles

pour

la

défense

de

leur

personnalité,

de leur pa~rimoine

culturel

et de leurs droits.

Nous

exposons

dans

cet

QuvraS1;e

les

systèmes

numéraires

africains:

ces

derniers ont 3,4,5
.

été
effort

tirés
était

de
de

données
rassembler africains

ethnographiques
toutes les

for't

éparp illées

Notre

données

rel!'ltives a:'x systèmes

numéraires

en général,

ou bantu
d'établir

en particulier, de rechercher leur principe de base et ê, 7 leur éventuelle classification.

4

A. Sur le principe

de la correspondance

biunivoque.

De toutes

les traditions etc), les

africaines
tradi tions

(philosophiques, scientifiques

mythologiques, sont les moins

historiques,

connues.

La

notion du nombre

est

une des

traditions

scientifiques

qui

s'est dégagée

peu à peu au cours

des siècles.

De l'avis étrangère

des spécialistes, au comportement nombre

la notion

du nombre

n'est pas totalement Ainsi,

de certains animaux.
d'espèces d Ianimaux,

que dans un certain
par des signes non

il arrive mère prouve la ou
la
plusieurs des directe

équivoques,

qu'elle sait si un
perception

de ses petits

lui ont été enlevés. Cette

quantités concrètes, qu'il convient de distinguer de

faculté

de comptage, est généralement appelée sensation numériqu~.

Il est possible
des de ancêtres la pluralité de

d'imaginer
l' Homme matérielle. se

que

la notion
à

du nombre

dans

l' espri t

1 imi tai t

cette

perception

directe

Dans

le cas

des peuples africains, le chemin parcouru pour
les nombres d I une

arriver

à

concevoir

manière abstraite est actuellement
tous les autres peuples

inconnu.
de notre

Il en est d' aiJ.leurs de même pour
planète.

Mais

l'analyse

de

multiples africaines

documents

ethnographiques

provenant certaines continent

de diverses régions
techniques

montre

les

traces

de

de numération anciennement utilisées sur le

noir.

En effet, selon une

il est apparu formule

que les nombres proche

étaient à celle
.

évalués décrite Ces

ou

calculés Torday étaient

relativement

par

et Joyce au sujet des rendez-vous Bambala 9
généralement

derniers

fixés

de

la

manière

suivante

"Demain

(lakela)

5 tu après bâton. sui te. total. et
te

ne

viendras demain "Pour plaçant Lorsqu'on

pas" ( luna) un jour autant

et tu

on pose ne viendras tu bâtons

un bâton pas" viendras qu'il compte je les

par et faut bâtons. on

terre.. pose et

.

"Le encore ainsi

jour

un
de le

encore de

ne

pas". pour fait puis

atteindre l'addition je viendrai

a fini. tant

l'autre de jours

VOl.r Il

dit: .

"Pendant

dormirai.

.

10

Cette que de

opération nous la sommes,

élémentaire. est selon

apparemment les et les par deux appelé

banale

pour le de la

les

modernes clé de
11

spécialistes, conséquent la sens:

principe faculté

découver1;e
Ce

du nombre est dans

compter.

principe

corresDondance autant de

". b loUnl. voaue;

c'est

à dire

unique

jours

que

de bâtons,

autant

de bâtons

que de jours.

On et (à

retrouve celle de

actuellement la
I

la des

correspondance anglaise par ensembles la

biunivoque l'exprime par

sous one

de

différentes formes: un point

une .locution

to one

théorie

notion de bijection
et un seul de

d un ensemble B).

A correspond

un point

l'ensemble

La

base

essentielle

du principe qui est une

de la des

co~spondance opérations qui

biunivoque,

c'est

la comparaison

tient

compte

de l'observation

humaine

du monde environnant.
quand il on l'oeil s'agit sait ou en peut de collections qu'elle quanti être ne pas d'obje1;s
difficile

Si la ou pour élevée.

comparaison qui objets Dans ces

est se de

facile

d'êtres les

ressemblent, nature différente cas.

est

té suffisamment un instrumen1;

derniers

de mesure
d'objets

suffisamment
tous

précis: déjà même dans le cas de collections
la
confiance En

identiques, fois ne

qu'on
effet.

peut

faire

à

la

vue de

est volume

certaines identique

hasardeuse.

un tas de bananes
un

contient pas nécessairement groupes

même nombre

d I éléments. donnée

De même. deux

de chèvres

occupant une surface
de bêtes.

ne renfermentpas non plus un même nombre

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