Terminal n°70

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Au sommaire de ce numéro: Télévision et démocratie - L'entreprise à l'ère des nouvelles technologies de l'information - Les sciences cognitives: (se) creuser la tête pour trouver l'esprit, La diffusion des technologies de l'information dans les pays en développement: l'exemple des PME en Amérique latine, France Telecom: une réforme peut en cacher une autre…
Publié le : mardi 1 octobre 1996
Lecture(s) : 266
EAN13 : 9782296327221
Nombre de pages : 160
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EDITO L'Internet FORUM Télévision et démocraffe RESEAUX L'entreprise technologies MULTIMEDIA Les sciences cognitives: (se) creuser Isabelle Tellier 41 à l'ère des nouvelles de l'information. Thierry Isckia 19 Pie"e Musso 9

sous surveillance

Jacques

Vétois

3

la tête pour trouver /' esprit STRATEGIES La diffusion des technologies de l'information dans les pays en développement: /' exemple des PME en Amérique latine France Telecom: une réforme peut en cacher IDENTITES Ethique une autre. POUVOIRS

Calas Corréa Bernard

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et informatique

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AU DELÀ DES MOTS
Activité, REPERES La Science-fiction dans ~des enfants sur les NTI les représentations immatériel Armand Azjenberg 119

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Quelques groupes Informatique et Société en Europe et aux USA

(suite)
NOUVEllE Etunyme
BLOC--NOTES

Daniel Naulleau

143

Michel

Leydier

149 155
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Bulletin d'abonnement

terminal édité par le CIII- Terminal
(Centre d'information et d'initlatives sur l'informatisatlon

-terminal),

Président: Guy Lacroix @ Copyright: terminal/L'Harmattan. Directeur de publication: Jacques Vétois. Maquette: Agence AFTER Comité de rédaction: AJZENBERG Armand, BRIEFS Ulrich,

BUREAUD Annick, BURNIERMichel, DELAPIERREMichel, DESBOIS Dominique, DESCOLONGES Michèle, DURAND Jean-Pierre, LACROIX Guy, LAMARCHEThomas, LESlELDominique, NAULLEAU Daniel, PRADES Jacques, PRINCE Bemard, VETOISJacques, VITALIS André, WEISSBERG Jean-Louis, ZIMMERMANN Jean-BenoÎt

Relecture et corrections:

Sonia Debeauvais.

Adresse du comité de rédaction: 24 rue de la Chine F-75020 Paris, Télet Fax: +3301 403345 70
Email: vetois@terminal.ens-cachan.fr Internet: http://terminal.ens-cachan.frjTerminalj

Couverture: Michel Raby Commission paritaire: N°63526 (dépôt légal à parution)
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ISSN: 0997-5551/mprimé en C.E.E. terminalest édité avec le concours du Centre National

du Livre

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terminal / L'Harmattan, 1996
ISBN: 2-7384-4716-3

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L'Internet
Jacques Vétois

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sous surveillance.

Aux Etats-Unis,

la majorité

républicaine

à la Chambre

des

Représentants et .au Sénat a fait voter une loi pour protéger les mineurs contre les images pornographiques diffusées par certains selVeurs ou dans certains forums sur Internet (Communications Decensy Act): les fournisseurs qui leur donnent accès risquent des sanctions allant jusqu'à deux ans de prison et 5ppoo dollars d'amende pour transport de documents" indécents" . Cette loi était destinée à obliger les opérateurs à contrôler les contenus des selVices auxquels ils donnaient accès. Elle a entraîné une telle vague de protestations que les juges de la Cour Suprême ont statué qu'elle était contraire à la Constitution des Etats-Unis. En Allemagne en décembre dernier, après une enquête des autorités de Bavière, CompuselVe coupe brutalement l'accès à 200 groupes à "tendance pornographique". En mai dernier en France, la gendannerie perquisitionne chez deux fournisseurs d'accès à Internet, France Net et WorldNet et met en examen deux de leurs dirigeants pour "diffusion
d'images pédophiles".

A la demande du Ministre des Télécommunications,

François FilIon,

un amendement a été introduit dans le projet de loi sur les télécommunications qui doit être discuté au Parlement. Ce texte comprend trois volets :
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- le premier impose aux sociétés prestataires de seIVice de fournir des

logiciels pennettant à l'utilisateur (particulièrement aux parents) de bloquer l'accès à certains forums ou certaines pages des seIVeurs Web.

- le deuxième étend les compétences du Comité Supérieur de la Télématique, placé sous le contrôle du Comité Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), qui donnera un avis sur la confonnité des seIVeursà la loi française et publiera des recommandations en ce qui concerne la déontologie et la protection des consommateurs.

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- le troisième

dédouane les fournisseurs d'accès des foudres de la justice

à condition bien évidemment qu'ils suivent les directives du Conseil
Supérieur de la Télématique.
Du point de vue technique, Ie comité World Wide Web Consortium a

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défmi une nonne PICSl pour classifier le contenu des dizaines de milliers de serveurs qui existent dans le monde; reconnue par Compuserve, Microsoft, IBM... PICS pennet le filtrage de l'accès à certaines ressources de l'Internet tout en laissant à l'utilisateur (ou à ses parents, ou à la direction de l'école ou à la présidence de l'université) la maîtrise de son outil de filtrage. Pour cela, chaque serveur sera noté à partir de plusieurs critères (violence, érotisme, extrémisme politique (?)...) à la manière des films ou des émissions de télévision. fi faut ajouter que les notes pourront provenir d'organismes ou d'associations différentes et indépendantes. Cette nonne pourra être implantée dans les logiciels de navigation tels Netscape ou Mosaic des utilisateurs fmaux, mais également sur les serveurs des prestataires de seIVice, ceux des écoles ou des universités, dont les responsables pourront ainsi contrôler les documents Web consultés à partir de leur installation. Il y donc convergence aux niveaux politiques, administratifs et techniques pour instituer une censure sur Internet et ne plus laisser fonctionner l'auto-régulation actuelle jugée par beaucoup de politiques comme trop libérale. Pourtant, et la quasi totalité de la communauté des internautes est d'accord avec cela, Internet n'est pas un vide juridique. L'auteur de l'émission d'une infonnation publique sur Internet est responsable du contenu de cette infonnation et il est identifiable. Le.responsable éditorial d'un service, lorsqu'il existe (liste de diffusion avec modérateur, page Web d'un organisme ou d'une association...), est co-responsable avec l'auteur2, et la loi régissant la liberté de la presse s'applique. Par exemple pendant qu'en France, on légiférait dans l'urgence pour protéger nos enfants de la pédophilie sur Internet, la cour de justice de Binningham (Royaume Uni) jQgeait "sereinement" et condamnait deux citoyens britanniques à des peines de prison pour avoir produit et émis sur Internet des infonnations à caractère pédophile. Alors pourquoi un tel acharnement médiatico-juridique sur des non événements? Pourquoi ce rapprochement avec les problèmes liés à l'audiovisuel et à la télévision? Alors que les problèmes ne sont pas les mêmes: sur Internet, chacun est à la fois récepteur et émetteur. L'influence de plus en plus notable des lobbies de la droite religieuse aux USA et en
1. Platform for Internet Content Selection. G. Klein et E. Parody, PICS, la censure à la carte, Planète Internet N°9 2. Pour une intégration sereine et un développement harmonieux d'Internet dans la société française. Rapport de l'AUI ( Association des Utilisateurs d'Internet) 4

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Europe l'explique en partie. On peut faire un parallèle avec la radicalisation de leur lutte contre l'avortement qui ne désavoue pas vraiment les commandos anti-IVG. D'autre part, les réglementationsqui se mettent en place en France préparent le partage du gâteau Internet entre les grands opérateurs et rentrée en force de la publicité et des activités commerciales. Rappelons-nousque la mise en place des organismesde régulation de l'audiovisuel a sonné le glas des radios associativesdes années 80 et pennis la montée en puissance de véritables monopoles privés. Jusqu'à maintenant, l'esprit libertaire faisait bon ménage avec le libéralisme des grandes finnes dans la défense de la liberté d'expressionsur Internet. Les campagnes actuelles montrent que ce compromis ne durera pas, car celles-ci préfèrent un réseau aseptisécomme une galeriemarchande, avec de belles vitrines et de larges avenues, au foisonnementactuel proche de la vie associative,culturelleet universitaire.
12/07/96 Il

Chers(es) lecteurs(trlces) et abonnés(ées),

Le comité de rédaction vous prie d'accepter ses excuses pour le retard pris dans la publication de la revue. Nous avons beaucoup investi de temps dans la préparation d'un numéro spécial consacré à Internet et négligé quelque peu la préparation des numéros habituels. Ce numéro spécial paraîtra en novembre sous la fonne d'un numéro double N° 71n2. Tenninal retrouvera ensuite le cours nonnaI de sa parution.

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Bill Gates devlendra-taoll un jour Président des Etats-Unis en suivant Ilexemple de Sylvio Berlusconi ou de Ross Perrot. Les chefs dlentreprise de communication tentent, non sans succès, dl importer les techniques des médias audiovisuels dans la scène politique dont la légitimité traverse une crise sans précédent. Nous publions Ilintervention de Pierre Musso, enseignant-chercheur aux Universités de Paris-I Sorbonne et Paris-IX Dauphine, au colloque IIDémocratie et médiasl à Avignon en juillet95. Pierre Musso est le concepteur du projet de IIMétafort

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d'Aubervilliersll, projet en cours de réalisation au coeur de la banlieue Il parisienne, et qui vise à créer une communauté de créatiorr hybridant techniques contemporaines, création artistique et innovation sociale, en faisant se rencontrer créateurs, chercheurs, industriels, acteurs sociaux et culturels, pour réaliser en commun des projets.

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[Les intertitres sont de la rédaction]

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Télévision
Pierre Musso

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et démocratie

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e présente ici quelques réflexions sur la problématique "démocratie et médias", à partir du cas de l'audiovisuel, surtout de la télévision, qui est aujourd'hui le média essentiel, ne serait-ce que par le temps que lui consacre chaque téléspectateur européen: plus de trois heures en France, 3h 40 par jour même, en incluant la programmation par magnétoscope; près de quatre heures en Espagne, au Portugal ou en GrandeBretagne. .. Durant une année, plus de temps est passé devant le petit écran qu'à l'école ou au travail. La télévision est un rapport et non un objet.
En effet, le rapport social qu'elle constitut: (avec toutes ses médiations et les conflits dont elle est l'objet) est réduit par la théorie fonctionnaliste dominante à une technique, à un instrument, à un objet. La télévision n'est pas un objet ou un outil technique, encore moins un simple instrument (notamment "de manipulation"), elle est d'abord un lien social, c'est-à-dire le rapport d'une société à elle-même.

La télévision structure le rapport social qu'entretiennent les sociétés contemporaines avec leur mémoire, leurs représentations et leur imaginaire, c'est pourquoi elle est au coeur des démocraties. Pour mettre en perspective les rapports de la télévision et de la démocratie, on est donc obligé d'étudier son histoire et de différencier l'approche selon sa géographie: la télévision varie beaucoup entre l'Europe latine et l'Europe anglo-saxonne, celle du droit romain et celle de la common law, les nations dont l'État est unitaire et celles dont l'État est fédéral, etc.
Autrement dit, on ne peut traiter des médias et de la télévision en particulier, de façon générique. Karl Popper y invitait dans son petit texte, même sic' est sur un mode nostalgique: à ses débuts, dit-il, la téiévision "était
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relativement bonne" et ajoute "il est vrai qu'à l'origine la concurrence était quasiment nulle et que la demande du public ne s'était pas encore
développée" 1.

On peut discuter son jugement sur la qualité de la télévision, en
revanche le passage du monopole public à la concurrence, puis son exacerbation, semble essentiel pour comprendre les enjeux actuels des rapports audiovisuel-démocratie.

Les trois états de l'audiovisuel
Après-guerre quand la télévision est née comme phénomène social de masse, une opposition simple avait été établie entre un média "tenu" par une dictature, qui devenait ipso facto, un outil de propagande et un média détenu par un État démocratique et républicain qui garantissait, via son monopole public, le pluralisme des opinions. Dans ce schéma, c'est la nature de l'État qui est première: qui contrôle l'État, contrôle les médias audiovisuels et peut donc contrôler et éduquer l'opinion publique. C'est l'application de la "théorie des effets" des médias censés influencer mécaniquement les opinions. C'est cette approche qui a dominé les politiques de communication des années 1950-60 en Europe du Sud. Mais.le contrôle de la télévision, particulièrement de l'infonnation, par le pouvoir fut fortement critiqué par le mouvement social, parce que durant les années 60, la doctrine du monopole public avait été poussée à son paroxysme: le monopole public s'était identifié au monopole politique du parti au pouvoir, gaullisme en France, démocratie-chrétienne en Italie. Ce modèle fut dominant en Europe. Mais cette doctrine du pluralisme

intra-institutionnelentra en crise à la fin des années 60 : en France, les
manifestants de mai 68 lançaient "Libérez l'ORTF" ; il en ira de même, en Italie, durant "l'automne chaud" de 1969. Le pluralisme intra-institutionnel -philosophie dominante aprèsguerre- va donc céder la place à la pluralité inter-institutionnelle, à la multiplication des acteurs privés et publics: le pluralisme des opinions est désonnais censé être garanti par la pluralité des acteurs. Ainsi, la suppression du monopole entraîna-t-elle une multiplicité de radios et de télévisions à l'échelle nationale et locale selon les pays: par exemple, en Italie, on dénombra jusqu'à 1200 télévisions locales au début des années 80. A la
1. Karl Popper et John Condry, La télévision: un danger pour la démocratie, page 23. Anatolia Editions. 1994. 10

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même époque, la France supprime le monopole public de programmation pour la télévision et les radios. Mais la critique du mouvement social des années 60-70 fut appuyée par les publicitaires et les annonceurs qui cherchaient des débouchés sur les médias audiovisuels, voulant se libérer des mécanismes rigides de répartition des recettes publicitaires établis après-guerre, entre télévision publique et presse écrite. L'Italie faisait alors figure de nouveau modèle, puisque la première en Europe, elle avait libéré ses ondes. Du milieu des années 70 au milieu des années 80, cette pluralité des acteurs privés-publics, nationaux-locaux entraîna de nombreux déséquilibres; un ministre italien put parler du "far-west de l'éther". C'était l'époque des radios et télé-pirates, porteuses d' "expressions alternatives". En France, la même problématique apparaît vers 1985, avec la création de chaînes commerciales, le rapport Bredin sur les "nouvelles télévisions hertziennes" et l'annonce par le Président de la République du lancement de 80 télévisions locales qui ne virent d'ailleurs jamais le jour. Ce foisonnement se stabilise durant les années 80 autour d'un "système mixte" privé-public dont le principal problème devient alors celui de l'équilibre entre deux secteurs, sur le modèle britannique BBC-ITV qui était la référence en ce domaine depuis l'après-guerre. Il fallait sortir du désordre des ondes généré par la fin du monopole public, au profit du marché et de la société civile rapidement confondus dans un anti-étatisme consensuel, de type libéralo-libertaire.

Les enjeux actuels
Depuis une dizaine d'années, la question posée est désonnais celle de la limitation des excès de la déréglementation, du marché, de la puissance des groupes de communication et ce d'autant plus que les nouvelles technologies du multimédia risquent de multiplier les discriminations, notamment par les systèmes à péage. Les nouveaux maîtres de l'audiovisuel sont les annonceurs, les programmateurs et les détenteurs des portefeuilles de droits audiovisuels, à commencer par Hollywood. Les hollywoodiens2 ont étendu leur pouvoir économique dans l'audiovisuel européen. Faut-il rappeler que la communication est le premier poste d'exportation de la balance commerciale des Etats-Unis, et que 80% des flux de programmes dans le monde sont américains ?
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2. Expression
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d'Alberto Abruzzese dans Elogio del tempo nuovo. Perchè Berlusconi ha vinCosta &Nolan, Gênes, Mai 1994.

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Après que la France, l'Italie, puis la Grnnde-Bretagne aient selVi tour à tour de modèle pour les rapports médias-démocratie, le nouveau référent, c'est désonnais l'Amérique. Les débats sur la régulation des médias se ramènent à la recherche de contrepoids et contre-pouvoirs aux excès du marché. TIsportent sur la nature des pouvoirs des autorités de régulation, sur les dispositifs anti-concentration, sur la protection des minorités, sur la nécessité d'un seIVice public "minimum", devenu contrepoids du marché... comme le fut PBS, Public Broadcating System aux USA, à la fin des années 60 pour compenser les excès des grands networks. Bref, en quarnnte ans, s'est opérée en Europe, une véritable inversion de problématique sur les rapports médias audiovisuels-démocratie. Pour le dire rapidement, on est passé du "tout-État" au "tout-marché", du tout-politique au tout-économique, du téléspectateur traité comme électeur au téléspectateur consommateur, du téléspectateur-citoyen au téléspectateur-client,de la télévision bien-public à la télévision-produit et selVice... Disons que l'espace plébiscitaire a cédé la place à l'espace publicitaire. On peut résumer ce constat par ce que nous avons appelé une sorte de "loi des trois états" de l'audiovisuel: cette évolution de la télévision pourrait être ainsi fonnulée, "la télévision d'abord considérée comme un bien public, est devenue un produit, avant de se transformer en service"3. En effet, on constate que la régulation de la télévision -en Europe du Sud- est passée depuis l'après-guerre, par trois phases successives: le monopole public avec un financement exclusivement public à son origine, puis un système mixte privé-public avec un financement redevance-publicité -c'est encore la situation actuelle- et enfin, se dessine un système de télévision numérique et de vidéo-selVices payés directement par un télespectateur-client, soit par abonnement, soit à la consommation. Le télespectateur-citoyen et électeur (modèle RAI ou ORTF des années 60), est devenu consommateur de programmes et de produits (la "ménagère" du modèle Berlusconi ou TF1 des années 80), et pourrait se transfonner rapidement, en un client-abonné (le "branché" du club Canal Plus ou Direct TV aux Etats-Unis). L'extension de la mercantilisation des médias audiovisuels a été rendue possible par la crise de la représentation politique et des institutions étatiques, particulièrement des services publics nationaux.
3. Nous avons longuelnent développé cette analyse dans la revue Médiaspouvoirs (numéros

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33 du 1er trimestre 1994 et 37 du 1er trimestre 1995)

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A l'omnipotence des partis politiques au pouvoir sur les médias audiovisuels,s'est peu à peu substituéle pouvoirindustrielet financierdes grandes entreprises de communication: TF1, Canal Plus ou la CLT en France, Berlusconi en Italie, Léo Kirch ou Bertelsmann en Allemagne,
Rupert Murdoch aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, etc. Mais leur domination n'est pas qu'économique, elle est aussi symbolique et idéologique. Ces entreprises de communication produisent des images et de l'imaginaire. Là encore Hollywood, berceau des industries de l'imaginaire, avait ouvert la voie. Les hollywoodiens, c'est-à-dire les groupes de communication, y compris Européens, ne veulent pas seulement dominer économiquement
leur secteur, mais cherchent à maîtriser toute la réalité sociale, y compris la sphère politique.

Crise du politique et médias
Ainsi l'entrée de Silvio Berlusconi sur la scène politique italienne (ou de Ross Perrot en Amérique) n'est pas un accident ou une fantaisie, mais une démarche profonde poussée jusqu'au bout, et quelquefois avec succès. Le chef de l'entreprise moderne de communication sait produire les nouvelles fonnes de la mise en scène télévisuelle et politique. C'est pour cette raison et non pas simplement parce qu'il était propriétaire de trois chaînes privées, que Berlusconi a su traverser l'écran pour entrer en politique4. Berlusconi a su importer et imposer dans le champ de la représentation politique, les techniques de mises en scène de la télévision commerciale généraliste. n a fait rêver et a poursuivi dans le champ de la représentation politique, le travail de l'industrie du divertissement et de l'imaginaire.
Face à la crise généralisée de la représentation politique, des partis et des médiations sociales, les fonnes traditionnelles du contrôle social se font différemment: moins par censure ou manipulation - quoique 'TImisoara ou
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la guerre du Golfe invitent à une vigilance pennanente - que par la surinformation, la pseudo-transparence du "tout-savoir-sur-tout" et "en temps réel". Ce culte de l'immédiat, devenu culture médiatique, est même un des critères du bon fonctionnement des démocraties. Dans le flot continu de sons, images et informations, tout est confondu, mélange des genres et des rôles

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4. Voir notre article avec Guy Pineau dans Le Monde Diplomatique de juillet 1995.

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où l'on voit le journaliste devenir animateur, critique littéraire, présentateur de jeux. Fiction et réalité sont mêlées à l'extrême. L'infonnation fabrique I'événement et pas I'inverse. La redondance et la répétition entremédias vaut preuve. Cette pseudo-transparence consensuelle et séductrice qui évacue les conflits, Gilles Deleuze l'a bien nommé 1'''équivaloir généralisé". Tout se vaut. Dans cet "équivaloir généralisé", seule compte la dernière information : l'immédiat l'emporte, immédiat entendu au double sens de vitesse et de suppression des médiations. La culture de l'immédiat occupe l'espace libéré par la crise des médiations sociales et politiques. Or la démocratie de type occidental s'est organisée par la multiplication des médiations, à commencer par la production conceptuelle et la représentation politique. C'est pourquoi le temps de la démocratie est un temps plutôt lent, celui qui est nécessaire aux débats, à la réflexion, à la consultation et à la délibération. Il y a aujourd 'hui, un problème majeur pour gérer ces deux temporalités superposées, celle des médiations et celle des médias. L'interprétation, le jugement, la formation, les grilles de lecture de l'image sont essentielles pour repérer, décrypter, débattre et participer à une société démocratique dont la conflictualité est partie intégrante. L'immédiat, la transparence, l'interactivité qui sont autant de figures de la religion moderne de la communication heurtent de front les formes de la démocratie avec ses médiations. Les entreprises de communication tendent à dominer, mais leur emprise s'étend à la production symbolique. C'est ce que Antonio Gramsci avait appelé" l'américanisme", et qui est devenu le nouveau mécanisme régulateur de nos démocraties. La production de sens et d'imaginaire collectif est portée de plus en plus par les entreprises de communication: les publicitaires n'ont été qu'une avant-garde pour l'écriture de ces nouveaux langages dont les nouveaux héros se nomment Bill Gates, le fortuné PDG de Microsoft inventeur des langages logiciels ou Steven Spielberg qui a crée le dernier-né des studios d 'Hollywood, le bien nommé "Dreamworks".

5.Alberto

Abruzzese, O.C.,page 66.

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Comme l'écrit le sociologue Alberto Abruzzese," les hollywoodiens ont vaincu sur le terrain concret de la politique, ils veulent gouverner la chose publique, ils veulent être souverains sur la réalité sociale"5. Face à cette puissance économico-symbolique des groupes de communication, les politiques ont cru trouver une réponse de facilité, issue de l'expérience italienne des années 70, la "lottizzazione", c' està-dire le partage de pouvoir ou d'influence sur les médias. La bipolarisation politique qui se dessine dans la plupart des pays d'Europe sur le modèle anglo-saxon, serait censée garantir une nouvelle forme de pluralisme, via l'influence de chacun auprès, ou à l'intérieur, des grands groupes de communication. Cette bipolarisation anglo-saxonne est aussi une caractéristique de cet "américanisme" de la régulation des médias et des fonnes de la démocratie. Mais les partis les plus faibles sont écartés de ce jeu politico-économique. Après le pluralisme interne à l'institution audiovisuelle publique d'après-guerre, puis la pluralité institutionnelle désordonnée des médias des années 70-80, se dessinerait une nouvelle fonne de pluralité partagée entre groupes de communication et courants politico-culturels dominants, à l'échelle des nations (exemple Kirch-Bertelsmann en Allemagne) et de l'Europe. Le problème majeur demeure d'inventer et de construire un nouvel espace public d'expressions et de créations, pour organiser démocratiquement et faire vivre les expressions minoritaires, alternatives, dans leur diversité, ainsi que les différents types de médias locaux, nationaux et internationaux. Cela signifie d'abord favoriser cette diversité en la considérant comme une richesse, notamment par des coopérations, et ne pas laisser le nivellement s'opérer par l'américanisme des régulations, phénomène aussi structurant que l'américanisation des programmations. Cela revient à penser un "Nouveau Service Public" puisqu'il ne peut se définir que par sa capacité à innover et à traiter la diversité. Cela signifierait aussi des investissements massifs dans I'industrie

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des programmes audiovisuels pour garantir le pluralisme des esthétiques, des expressions et des courants de pensée. N'est-il pas paradoxal que l'industrie audiovisuelle mobilise en Europe, moins de 0,3 % des PIB nationaux? 15

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De façon plus fondamentale, il faut réduire l'écart paradoxal entre d'une part, I'hégémonie de quelques groupes de communication sur l'audiovisuel accompagnée d'une faiblesse industrielle, et d'autre part le fait que la télévision est devenue la première pratique individuelle et sociale, paradoxalement la seule pour laquelle on demeure autodidacte. C'est pourquoi il est urgent de construire des dispositifs, des fonnations et des lieux pour expérimenter et développer une maîtrise sociale et culturelle des nouvelles techniques d'infonnation6.
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6. D'où l'importance de projets innovants comme le Métafort d'Aubervilliers, surtout qu'il vise à associer les populations de banlieue à ce processus de création et d'innovation. L'ambition élevée de ce projet est à la hauteur des enjeux. Reste évidemment, à lui en donner ou à en conquérir, les moyens. Voir Le Métafort d'Aubervilliers. Techniques contemporaines, création artistique et innovation sociale, sous la direction de Pierre Musso et Jean Zeitoun. Editions Charles Le Bouil. Paris 1995. 16

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