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Tortues marines de la Caraïbe

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76 pages

Les tortues marines sont-elles vouées à disparaître ? Apparus il y a 55 millions d’années, ces reptiles, dont l’ancêtre vivait au temps des dinosaures, se comptaient probablement par millions vers 2000 avant J.-C. Pourtant seulement trente ans ont suffi à menacer leur survie.

Autrefois déifiées, symboles de longévité, appréciées pour leur chair et leurs œufs, les tortues marines sont aujourd’hui fragilisées par la pollution et la destruction de leurs sites de ponte ; les chances de survie d’un nouveau-né sont évaluées à 1 pour 1 000.
Cependant, si l’homme est leur principal prédateur, leur rareté en a fait un animal emblématique respecté des jeunes générations et à fort attrait touristique : les experts estiment à 18 500 euros la valeur induite d’une tortue luth au Costa Rica. Cette espèce – la plus grande de toutes, et le quatrième plus grand reptile au monde – est, comme presque toutes ses congénères, inscrite sur la liste rouge de l’UICN comme en « danger critique d’extinction ». Elles font l’objet d’une protection spécifique, pourtant les stocks ont du mal à se reconstituer et les spécimens adultes se font rares.

Dans un texte court et didactique, agrémenté de nombreuses photos et d’aquarelles, Laurent Louis-Jean nous propose de mieux connaître ces tortues marines : comment se nourrissent-elles ? Comment s’accouplent-elles ? Comment se reproduisent-elles ? Un partage de savoirs pour les sauver de la menace, et permettre à chacun de participer à leur protection au quotidien.


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Laurent Louis-Jean Préface de Jean Lescure du Muséum national d'histoire naturelle
Tortues marines de la Caraïbe
2013
La migration des tortues marines dans les Antilles françaises – © Laurent Louis-Jean/SCITEP
Les ancêtres des tortues marines vivaient déjà au temps des dinosaures. Cent soixante-quinze millions d’années leur ont été nécessaires pour conquérir la mer. Discrètes et silencieuses, elles ont longtemps vécu dans une relative sécurité, préservées par une fécondité remarquable. Mais seulement trente ans ont suffi pour les vouer à une disparition certaine. L’homme –nous– ce prédateur redoutablement efficace, est leur ennemi numéroun. De leurs origines à leur cycle de vie, de leur extermination annoncée à leur protection active par les associations et les bénévoles, c’est l’histoire que raconte ce petit guide, synthèse simple et complète des connaissances actuelles sur des animaux devenus emblématiques, à la fois familiers et mystérieux. Pour (ré ?)apprendre à les connaître et participer à leur sauvegarde au quotidien, ou simplement pour le plaisir de savoir.
Tortues marines de la Caraïbe
Une famille vaste et ancienne De la couleur de l’herbe : la tortue verte À chaque espèce son habitat Une reproduction bien orchestrée Périlleuses émergences Vulnérables et menacées Des associations actives et impliquées Des progrès réels, bien que timides Les tortues, témoins de la mémoire collective Contribuer à la protection des tortues à terre Principales caractéristiques des espèces Pour aller plus loin Les bons gestes
Préface
Pour qui a eu la chance de vivre cet instant, la ponte d’une tortue marine est un spectacle unique. Voir soudain apparaître à la surface de la mer cette forme arrondie, qui bientôt sort de l’eau, se traîne sur la plage, s’arrête, souffle, bat le sable de ses grandes nageoires, puis, avec une agilité incroyable, creuse un trou de ses pattes arrière pour y pondre une centaine d’œufs tout ronds, tout blancs, qui tombent au fond du trou, relève aujourd’hui d’une chance inouïe.
Dans les années 1970, à la période de la ponte, c’est par centaines qu’on les comptait sur les plages de l’ouest de la Guyane mais on n’en voyait presque plus sur les plages des Antilles.
En 1977, une équipe de chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle part en Guyane pour faire l’état des lieux des populations locales de tortues marines, et préparer la mise en place de la préservation de ces animaux. Les directions de l’Environnement n’existaient pas encore, elles n’ont vu le jour qu’en 1994. Aux Antilles, au début des années 1990, c’est grâce à l’action concertée d’entités aussi différentes qu’étaient les directions de l’Agriculture, de l’Équipement, des Douanes, des Affaires maritimes, de la Forêt ainsi que des Comités des pêches et de quelques associations que nous devons le départ du travail considérable qui a probablement sauvé ces animaux de leur disparition annoncée.
Les tortues marines semblent revenir peu à peu aux Antilles et, si on peut déplorer que la scène soit encore rare, elles ont bien failli disparaître totalement dans cette région. Aujourd’hui, alors qu’il ne s’agit plus de légiférer, mais d’agir, c’est grâce aux efforts constants des bénévoles souvent réunis au sein de réseaux locaux, des pêcheurs, des membres de clubs de plongée et de jeunes chercheurs passionnés comme Laurent Louis-Jean que ce travail peut se poursuivre. Et grâce à cet ouvrage, à la fois complet, succinct et précis, chacun d’entre nous pourra apprendre à connaître ces animaux exceptionnels et contribuer à les sauvegarder.
Ce n’est que comme cela qu’à la tombée de la nuit, au même endroit qu’au début de notre histoire, mais deux mois plus tard, le sable pourra encore frémir et s’ouvrir… Et que des dizaines de petites tortues pourront surgir, sortir du sable, ramper de toute la vitesse de leurs petites pattes, dévaler la plage, atteindre la mer, nager de toutes leurs forces et disparaître… et peut-être revenir pondre vingt ou trente ans plus tard.
Jean Lescure du Muséum National d'histoire naturelle
Reconstitution de Proganochelys, l’ancêtre des tortues – © SOPTOM.
Une famille vaste et ancienne
Venues de la préhistoire
Terrestres comme marines, il n’y a guère qu’en Antarctique que l’on ne trouve pas au moins une espèce de tortue, parmi près de 300 espèces connues. D’une adaptabilité exceptionnelle, elles ont su s’acclimater aux milieux les plus divers. Malgré cela, la moitié des espèces est aujourd’hui menacée de disparition.
Apparues au Trias, il y a 220 à 230millions d’années, elles sont contemporaines des dinosaures. Ce sont des reptiles, comme les lézards et les crocodiles. Les espèces marines ne sont venues que bien plus tard, il y a environ 55millions d’années.
L’ensemble des tortues constitue l’ordre des Chéloniens, qui possèdent tous une carapace. Celle-ci est généralement dure, constituée d’os, de cartilage et d’écailles de kératine. Chez la tortue luth,Dermochelys coriacea, la dossière, plus souple, a l’apparence d’un cuir épais.
L’ancêtre de toutes les tortues,Proganochelys, mesurait environ 90centimètres de long. Sa carapace était plate et l’animal était pourvu de solides épines sur la tête et la queue.
Au cours de l’évolution, les tortues perdent leurs dents mais leur bec, très coupant, est d’une efficacité redoutable. Chez les espèces marines, sa forme témoigne du régime alimentaire de l’animal. Il est plutôt arrondi chez les herbivores, pointu chez les carnivores.
note : La science des reptiles se nomme l’herpétologie.
La tortue tient son nom du latin médiéval Tartarus « lieu des enfers », en raison de son allure inquiétante.
À la différence de leurs cousines terrestres, les espèces marines et certaines d’eau douce n’ont pas la possibilité de rétracter le cou et les membres. Mais toutes ont une respiration pulmonaire, comme l’homme, et pondent à terre dans des nids qu’elles creusent dans le sol.
Bien qu’il arrive qu’on les voie par groupe de deux ou trois, elles sont plutôt solitaires, sauf en période de reproduction où mâles et femelles se rencontrent pour s’accoupler.
Ces animaux ont inspiré nombre de naturalistes et d’explorateurs. C’est le cas de l’île de la Tortue, qui doit son nom à Christophe Colomb.
Dipsochelys dussumieri, la tortue géante des Seychelles, est la plus grosse des espèces terrestres. Les mâles peuvent peser jusqu’à 300kg, pour une taille de 1,20m. Elles sont capables de vivre jusqu’à 200 ans – © SOPTOM.
Mystérieuses tortues marines
L’essentiel des observations directes porte sur la période de reproduction où, sur un temps très court, les tortues marines rejoignent les côtes et se retrouvent pour s’accoupler et venir pondre à terre. Hormis les espèces côtières, il est assez rare de les croiser en mer. En fonction de leur habitat, la coloration de leur carapace et de leur plastron constitue un camouflage parfaitement
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