10 Questions pour réussir son introduction en Bourse - Tout savoir sur la cotation des PME et ETI

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La relation entre les sociétés françaises de taille moyenne et la Bourse est aujourd’hui paradoxale : confrontées à la restriction du crédit bancaire, les entreprises n’ont jamais eu autant besoin du marché pour se financer. Et pourtant, les candidats à la Bourse restent encore trop peu nombreux. La situation doit évoluer, c’est une nécessité.


Quels sont les avantages de la Bourse pour une entreprise ? Quelles sont les conditions d’une introduction réussie ? Quels sont les contraintes et les risques de la cotation ? Comment réussir une fois en Bourse ? Quel est le calendrier d’une introduction en Bourse ? Quels sont les partenaires de l’opération ?


Autant de questions que se pose tout dirigeant de PME ou d’ETI qui envisage de faire le grand saut, d’ouvrir son entreprise au marché. Autant de questions que se posent également tous ceux que les marchés financiers et leurs mécanismes intéressent.


Cet ouvrage a pour objectif de répondre à ces interrogations, et à bien d’autres, de façon simple, claire et pédagogique, en cherchant notamment les réponses auprès des principaux intéressés : les patrons d’entreprises cotées. Ils apportent leur témoignage et leur expérience sur chacun des thèmes abordés dans ce livre.

Publié le : mercredi 1 mai 2013
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EAN13 : 9782297005777
Nombre de pages : 160
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introduction
Deux anecdotes illustrent, à mes yeux, l’objet et, je l’espère, l’intérêt de ce livre. La première m’a été rapportée par Frédéric Bedin, le président du directoire de Public Système Hopscotch. Par une belle journée d’été, alors que nous déjeunions ensemble, il m’a expliqué comment s’était déroulé son premier contact avec le marché : «C’était en 1998, je voulais introduire l’entreprise en Bourse. J’appelle la SBF, l’ancêtre d’Euronext, et je demande quelle est la marche à suivre. Mon appel s’est promené d’un service à l’autre pour finalement se perdre et je n’ai jamais eu le renseignement recherché. Heureusement que l'un de mes amis travaillait dans la communication financière. Il a pu m’orienter vers un intermédiaire spécialisé». Nous sommes quinze ans plus tard, les communications téléphoniques ne s’égarent plus au standard de NYSE Euronext et l’on trouve des brochures consacrées à l’introduction en Bourse sur le site internet de l’opérateur de marché. L’histoire, néanmoins, montre l’indispen sable besoin d’information et de proximité. La seconde est racontée par Philippe de Portzamparc, le président de la société de Bourse éponyme. «Au milieu des années 1980, je par ticipais à un colloque sur le financement en fonds propres avec l’ancien président de la Biscuiterie Nantaise, la célèbre BN. Lors du débat, il me souffle avec une pointe de regret « si le Second Marché avait existé au moment où j’ai dû céder ma société à des Américains, ça ne se serait pas passé comme ça !». Trente ans plus tard, les marchés (Euronext, NYSE Alternext) sont bien là mais les entreprises françaises n’ont pas spontanément le réflexe d’aller y chercher les capitaux dont elles ont besoin. 15
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Cet ouvrage a donc un double objectif. Tout d’abord montrer quela Bourse représente, plus que jamais, un outil indispensable pour assurer le financement, la croissance mais aussi l’indépendance de nos entreprises. CesPME(Petites et moyennes entreprises qui selon la définition de l’Insee emploient moins de 250 personnes et réalisent moins de 50 millions de chiffre d’affaires) etETIde taille intermédiaire qui ont un (Entreprises effectif compris entre 250 et 4 999 salariés et affichent des factura tions inférieures à 1,5 milliard) constituent le socle de l’emploi et de la création de richesse en France mais elles ne parviennent pas à se développer aussi bien que chez nos voisins allemands par exemple. Le second objectif est d’expliquer concrètementcomment se déroule une introduction en Bourse, de décrire dans le détail les partenaires qui accompagneront l’entrepreneur dans cette démarcheafin que les Frédéric Bedin qui frappent aujourd’hui à la porte du marché sachent à qui s’adresser. J’espère que ce livre apportera les réponses aux questions (j’en ai retenu 10) que se pose tout dirigeant de PME ou d’ETI qui envi sage d’introduire sa société en Bourse et que, plus généralement, il permettra à toute personne intéressée par les marchés financiers de mieux comprendre les mécanismes et les enjeux de la cotation.
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Chapitre 1 Quels sont les avantages de la Bourse pour une entreprise ?
Il s’agit là, bien évidemment, de la première question qu’un entre preneur doit se poser avant d’envisager une entrée en Bourse. Face aux bouleversements, aux contraintes (voir chapitre 8) que générera inéluctablement la cotation, quels sont les avantages prévisibles qui permettront de faire pencher la balance vers cette nouvelle étape de la vie de l’entreprise ?
1.Un apport d’argent frais
C’est l’avantage qui vient le premier à l’esprit. Le plus évident, le plus immédiat. Le principe même d’un marché financier est d’orga niser la rencontre entre les investisseurs, qui détiennent des capitaux qu’ils veulent faire fructifier et donc placer au mieux, et des agents 17
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économiques (entreprises mais aussi États, collectivités locales…) qui cherchent des financements sous forme d’obligations (des sommes que leur prêtent les investisseurs pour une durée limitée en échange du versement d’un intérêt) ou d’actions (les montants investis dans la société en échange d’une part du capital). Dans cet ouvrage,nous nous concentrerons principalement sur les actions. La cotation en Bourse sous forme d’actions est, sauf exception,une première étape indispensable pour une entreprise qui souhaite ensuite accéder au marché obligataire. Il faut toute fois noter que celuici, qui était jusqu’à présent pratiquement fermé aux sociétés de taille petite et moyenne (la structure et l’organisation du marché faisaient que seuls les grands groupes y avaient accès), est en train de s’ouvrir apportant une nouvelle source de financement. Dans la très grande majorité des cas,l’introduction en Bourse se réalise sous forme d’une augmentation de capitall’entreprise : émet de nouveaux titres, représentant en général entre 10 % et 30 % du capital, qu’elle propose aux investisseurs. L'opération lui apporte l’argent frais dont elle a besoin pour assurer son développement tout en permettant de rééquilibrer sa structure financière si elle a eu recours jusquelà prioritairement à l’endettement bancaire au risque de fragiliser son bilan. Cette création de nouveaux titres peut être accompagnée d’une cession partielle d’actions par les actionnaires principaux qui sont souvent aussi les dirigeants de l’entreprise ou par des actionnaires minoritaires comme des fonds de capitalrisque ou développement qui ont accompagné jusquelà la croissance de la société et sou haitent profiter de l’occasion pour récupérer une partie de leur mise. Toutefois, la part des titres vendus doit rester minoritaire, les mar chés interprétant une sortie trop massive des anciens actionnaires comme un manque de confiance dans les perspectives de la société.
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Une fois cotée,celleci pourra utiliser à nouveau comme elle le souhaite ce levier de l’augmentation de capital pour financer sa croissance. Même si la période récente marquée par une évo lution boursière particulièrement défavorable depuis l’été 2008 l’a fait oublier :le rôle de la Bourse est avant tout de permettre aux entreprises de trouver les moyens de financement dont elles ont besoin. Par exemple, Naturex, le spécialiste de la nutraceutique (ingrédients naturels de spécialité d’origine végétale introduite en Bourse en 1996) a réalisé avec succès 6 augmentations de capital dont deux en février 2009 et octobre 2011, deux périodes pour tant très difficiles sur le plan boursier (voir à la fin de ce chapitre le témoignage de Thierry Lambert, le président du groupe). Si les projets sont là, si la stratégie est claire et si la société a prouvé par le passé qu’elle tenait ses engagements, les investisseurs sont prêts à apporter de l’argent même en pleine tourmente boursière.
Ce rôle de la Bourse dans le financement des PME et ETI reste pour l’instant très limité sur le plan macroéconomique. Dans une étude datée de septembre 2009, la Banque Centrale Européenne indiquait que seulement 1 % des PME de l’Union européenne avaient émis des dettes ou des actions ou fait appel à des investisseurs externes à l’entreprise. Même si ce résultat doit être relativisé – la Bourse s’adresse plutôt aux grosses PME et aux sociétés de taille intermé diaire (ETI) et ne concerne donc qu’une partie de l’échantillon évoqué par la BCE –, il souligne tout de même que la cotation n’entre pas, aujourd’hui, dans le « radar » de la plupart des chefs d’entreprises.
Mais les choses devraient inéluctablement changer. Les évolutions en cours et à venir de l’environnement bancaire avec la mise en place des règles Bâle III, beaucoup plus strictes en termes de capitaux propres et de liquidité, vont conduire (et ont même déjà conduit) les banques à réduire la voilure en matière de prêts aux entreprises.
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Et la crise de la dette européenne ne va faire qu’accélérer le proces sus. Les grands groupes cotés en ont déjà pris acte et ont fait évoluer la structure de leur financement pour l’aligner sur les pratiques américaines. Ils ont multiplié depuis 20082009 les émissions sur le marché obligataire, substituant les obligations aux crédits bancaires.
En 2011, selon les calculs du cabinet de conseil en services financiers B Finances, 69 % du financement par de la dette des sociétés du Cac 40 (hors entreprises financières) a eu pour origine des émissions d’obligations ou des placements privés. Les sociétés plus petites (au sein du SBF 80 ce taux tombe déjà à 33 %) eta fortioriles ETI et PME n’ont pas encore franchi le pas.
De la même façon, le canal du capitalrisque et du capital dévelop pement pourrait ne plus irriguer autant les PMETPI : reposant sur le fort effet de levier de la dette, il devra évoluer et ne pourra sans doute plus remplir le même rôle que dans les années 1990 et 2000.
2.Un accélérateur de croissance
Une étude de la Banque de France publiée en 2010 et portant sur les comptes consolidés de la période 20052008 de 455 entreprises cotées sur les compartiments B et C de NYSE Euronext et sur NYSE Alternext et les comparant à un échantillon de 4 423 sociétés non cotées montre qu’elles se développent plus rapidement. Ainsi leur chiffre d’affaires a crû, en moyenne sur la période, de 8,2 % par an contre 5,7 % et leurs effectifs de 5,1 % contre 1,8 %. Il en va de même pour la rentabilité. Les ratios rapportant le résultat d’exploi tation et le résultat net au chiffre d’affaires atteint, en moyenne, 5,7 % et 3,4 % pour les PME et ETI cotées contre 4,2 % et 2,1 % pour leurs homologues non cotées.
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Question de la poule et l’œuf : estce la cotation qui accélère le développement ou les entreprises en forte croissance sontelles plus enclines à aller en Bourse que les autres ? La réponse est sans doute entre les deux. Ce sont les sociétés les plus dynamiques et ambitieuses qui vont en Bourse et le fait d’être coté donne aux entreprises la possibilité de se développer plus rapidement. «Les sommes apportées par le marché sont des capitaux que l’on ne rembourse pas. Toutes les entreprises technologiques qui se sont développées sur la cote Ouest des ÉtatsUnis n’auraient pas pu le faire sans la Bourse» soulignait Jean Baptiste Bosson président de Lyon Pôle Bourse et ancien patron de PSB Industries lors d’un colloque organisé à Lyon en septembre 2011 et d’ajouter «ce sont même des capitaux gratuits puisqu’il n’est pas obligatoire de les rémunérer en versant des dividendes».
Les sommes levées en Bourse permettent ainsi d’accélérer la crois sance interne ou externe. Si l’on conserve l’exemple de Naturex évo qué cidessus, la société a multiplié son chiffre d’affaires par 66 et son bénéfice par près de 90 depuis son entrée en Bourse en utilisant abondamment les augmentations de capital pour financer à la fois son développement propre et surtout ses multiples acquisitions.
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Dans le domaine des tests, une société comme Eurofins Scientific est passée en 15 ans du statut de PME à celui d’un groupe présent dans plus de 30 pays et dépassant la barre du milliard de chiffre d’affaires. Si l’achat d’autres sociétés, cotées, via des OPA (offres publiques d’achat amicales ou non) ou non cotées, grâce aux fonds levés en Bourse et la stratégie de croissance externe la plus simple, la Bourse offre d’autres possibilités : utiliser ses actions comme monnaie d’échange en payant une acquisition en titres sans faire appel aux actionnaires. Par exemple, en 2011, Bigben Interactives, éditeurs de jeux vidéos et fabricants d’accessoires pour consoles a lancé une offre sur Modelabs, spécialiste des accessoires pour télé phone en proposant, pour l’essentiel, de remettre aux actionnaires de Modelabs des titres Bigben Interactives.
3.Un facteur de notoriété
Avec l’entrée en Bourse, la société change de catégorie aux yeux de ses partenaires : clients, fournisseurs, banquiers. La cotation est un gage de solidité, de sérieux, en particulier aux yeux des Anglo Saxons. Ceuxci disent ainsi que l’entreprise, en étant cotée, passe du statut de «private company» à celui de «public company», une différence de vocabulaire qui traduit bien la notoriété nouvelle de la société qui s’ouvre au grand public. La Bourse fait gagner du temps et facilite les contacts. Elle remplace des campagnes de publicité et de lobbying. Le patron d’une société de « Medtech » rapporte ainsi l’anecdote d’un voyage aux ÉtatsUnis où les premiers mots de ces interlocuteurs eurent trait à la cotation de la société.
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Cette notoriété vaut également sur le plan du recrutement. Une société cotée sera plus attirante pour des cadres de haut niveau ou de jeunes diplômés à fort potentiel. Cette attirance se manifeste de deux façons. Tout d’abord par un effet « carte de visite » : il est toujours plus gratifiant pour un salarié d’avoir participé au développement d’une société cotée dont le suc cès sera nécessairement plus médiatisé que celui d’une affaire non cotée. Sur le plan financier ensuite. La cotation permet de mettre en place des systèmes d’actions gratuites et de stockoptions capables de séduire les talents dont l’entreprise a besoin et de différer des rémunérations élevées.
4.Un moyen de mieux structurer l’entreprise
Cela peut paraître constituer une contrainte, c’est en fait un fac teur d’efficacité et donc de développement : la cotation en Bourse permet à la société de mieux se structurer, de passer à l’âge adulte en gommant les « à peu près », les facilités, les zones d’ombre, les anomalies qui, avec la force de l’habitude, sont devenues nor males pour les membres de l’entreprise mais sautent aux yeux des investisseurs qui jettent un regard extérieur et neuf sur la société et son organisation… La cotation, le fait de s’exposer au marché, au grand public, impose transparence et clarté. La moindre faille, le plus petit flou sont immédiatement sanctionnés. «La Bourse est une formidable école de rigueur, de positionnement dans la stratégie et donc de remise en cause de certains aspects de l’entreprise» souligne Pascal Imbert, président du directoire de Solucom, cabinet de conseil en management et systèmes d’information et aussi président de Midd leNext, l’association représentative des valeurs moyennes cotées. Et d’ajouter «cela amène à communiquer de façon claire, lisible et simple. Même lorsque les marchés sont perturbés, cela a des effets vertueux en 24
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