22 mai 1848 LIBERTÉ

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Il s’agit de l’édition électronique du livre de 85 pages ‘22 mai 1848 Liberté’ sous la direction de Joslen JONAZ, paru aux éditions Nécessité de la Martinique . Ce livre ‘22 mai 1848 Liberté’ est fait autour de la brochure revue et corrigée d’Armand NICOLAS parue en 1962 intitulée ‘la révolution anti esclavagiste de mai 1848 à la MARTINIQUE’. En Introduction, Joslen JONAZ fait le parallèle avec l’apartheid des afrikaners et parle de la pseudo résilience prônée par certains. Il analyse aussi l’aspect économique de l’abolition avec l’indemnité accordé aux colons. Il valorise surtout les ‘Neg Mawon’ ou nègres- marrons qui avaient toujours refusé l’esclavage. Puis Bertin NIVOR donne sa vision artistique des ‘Neg Mawon’ ou nègres- marrons, lui qui avait peint en 1972 ce fameux neg mawon au coutelas. Amand NICOLAS fait à la demande de JONAZ une analyse 54 ans après la sortie de sa brochure sur le 22 mai. Cette brochure ‘la révolution anti esclavagiste de mai 1848 à la MARTINIQUE’, revue et corrigée par une 5 ieme édition en 2014 se trouve à la fin du livre.


Publié le : lundi 7 juillet 2014
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EAN13 : 9791093159010
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22 mai 1848 LIBERTE Joslen JONAZ Bertn NIVOR Armand NICOLAS
REMERCIEMENTS SPECIAUX Armand NICOLAS Bertin NIVOR Fernand PAPAYA pour les Editions JUSTICE Thierry NEGI Paul MIEVILLY PAO & visuels : Bissap Multimédia : Manélo EDITIONS NECESSITE Tous droits réservés ISBN / 979-10-93159-00-3 Pour le livre imprimé . MAI 2014
SOMMAIRE Neg Mawon, Ni tro Lontan Vive les Neg Mawon - Joslen JONAZ Bertin NIVOR et ses Neg MAWON entretiens 54 ans après - Armand NICOLAS entretiens La révolution antiesclavagiste de mai 1848 à la Martinique rmand NICOLAS
Joslen JONAZ Neg Mawon, ni tro lontan Vive les Neg Mawon En préambule au travail historique d’Armand NICOLAS, avec sa brochure sur le 22 mai 1848 parue dès 1962, après sa fameuse conférence publique d’avril 1960, j’ai voulu donner la parole à un artiste de renom, Bertin NIVOR, pour ses illustrations symboliques, les «Neg Mawon», dont il a voulu doter son pays, la Martinique. Mais au préalable, je voudrais apporter des éléments supplémentaires à la réflexion culturelle que nous devrions tous avoir, sur cette période sombre de notre histoire commune, au sein de la Caraïbe. C’est pourquoi j’ai interviewé l’Historien lui-même, Armand NICOLAS, sur l’évolution des choses, afin de pouvoir préparer l’avenir, en tenant compte du passé. Et comme a dit Frantz FANON, «à chacun de savoir quelle est sa mission». Moi, j’ai choisi d’accomplir la mienne, c’està-dire permettre à la vérité historique de se transmettre, d’une manière ou d’une autre. J’avais déjà tenu à parler des Neg Mawon avec honneur et respect lors de la réalisation de mon CD musical Mizik VertPré, (Colonies & Compagnies, Dub Neg Mawon). Cela me permet de saluer chronologiquement l’action d’artistes comme Bertin NIVOR, avec son premier dessin du Neg Mawon en 1972, Djo DEZORMO, avec le titre « Pli Bèl Datt », sorti en 1974, Simon JURAD en 1978 avec le titre « CailleNou » (Ki Koulè Nou, Nwè), KASSAV’ & Cie (Tim Tim Bwa Sek en 1984, Anba Chenn-la en 1985, Gorée en 1986), les Métal Sound (Cale de Bateau en 1996), Ronald RUBINEL (Ethnikolor en 1998, pour les 160 ans de la Commémoration de l’abolition de l’esclavage en Martinique) avec son « 22 mé 1848 », Marchall et S‘D avec « Free Dom » Patrick SAINTELOI, Eugène MONA, KALI, Admiral T,… etc. Djo DEZORMO témoigne de sa chanson « Pli Bèl Datt » dans mon documentaire sur le Drapo Martinique (visible surwww.vimeo.com/20321214).
« Réyabilitasyon » de Patrick SAINT-ELOI, (sorti en 1998 sur l’album « Lovtans ») réclame un monument à la hauteur du crime commis et un procès équitable en comparaison avec celui de la Shoah reconnue par l’ONU comme crime contre l’Humanité. Cette chanson se trouve aussi sur le double CD Zoukolexion Vol. 2, dernier album paru de PSE. Il y a un autre aspect que je voudrais aborder concernant les symboles. D’abord le drapeau aux quatre serpents, faisant l’apologie du crime de l’esclavage, qui flotte encore allègrement de nos jours sur bon nombre d’établissements publics et représente la Martinique sur internet. Mis en place depuis le 04 juillet 1766, c’était le pavillon flottant des bateaux négriers. Il y a aussi le jardin traditionnel, (« jaden-ya » dont Bertin NIVOR évoquera les aspects dans sa partie), que les esclaves ont développé du fait de la ruse des colons, qui refusaient de respecte l’obligation de nourrir leurs serviteurs. Ils ont, sans ambages, forcé les esclaves à cultiver le samedi un lopin de terre qu’ils leur allouaient afin de se nourrir. Ainsi ‘Konpé Lapen’, le béké colon, n’avait plus à dépenser pour donner à manger ses esclaves. Extraits du code noir Art. 22.: Seront tenus les maîtres, de faire fournir, par chacune semaine, à leurs esclaves âgés de dix ans, et au-dessus, pour leur nourriture, deux pots et demi mesure de Paris, de farine de manioc, ou trois cassaves pesant chacune deux livres et demie, au moins, ou autre chose à proportion ; et aux enfants depuis qu’ils sont sevrés, jusqu’à l’âge de dix ans, la moitié des vivres ci-dessus. Art. 23.Leur défendons de donner aux esclaves de l’eau de vie de cannes, ou guildive, pou : tenir lieu de la substance mentionnée en l’article précédent. Art. 24.: Leur défendons pareillement de se décharger de la nourriture et subsistance de leurs esclaves, en leur permettant de travailler certains jours de la semaine, pour leur compte particulier. En 2013, j’ai voulu et réalisé un DVD vidéo documentaire s’intitulant « 1848, le 22 Mai Retrouvé », en hommage au parcours d’Armand NICOLAS, né en 1925, premier historien à
révéler la vérité cachée de l’insurrection des esclaves le 22 mai 1848, et à avoir extrait cette vérité des archives françaises. Des témoins comme Alain LEGARES parlent de ce combat militant qui était engagé en Martinique dans les années soixante-dix, période faste de propagande de cette histoire. J’insiste pour honorer les Neg Mawon, exemple d’unité, car la division instaurée par la théorie de contrôle des esclaves de Willie (William) LYNCH, Béké Caribéen anglophone, diffusée et enseignée en 1712 en Virginie, aux colons des Etats-Unis, perdure toujours, à commencer pa ces querelles politiques stériles comme des combats de coqs, «konba kok», (comme si nous étions dans un pitt), pour un pseudo pouvoir local qui émoustille ces leaders assoiffés d’argent e de pouvoir au lieu de défendre l’intérêt premier du peuple. Lynch savait que sa théorie pouvait perdurer durant des siècles et même des millénaires. Extrait de la théorie de Willie LYNCHprononcé au bord du fleuve James(Ce discours a été dans la colonie de Virginie en 1712. Lynch était un propriétaire d’esclaves anglais des Caraïbes. Il fut invité pour enseigner ses méthodes aux propriétaires d’esclaves.) J’ai aperçu le corps d’un esclave mort pendu à un arbre quelques kilomètres en arrière. Vous ne perdez pas seulement des réserves de valeurs par la pendaison, vous avez des soulèvements, les esclaves s’enfuient, vos collectes ne rapportent pas le bénéfice maximum, vous souffrez d’incendies occasionnels, vos animaux sont tués. Messieurs, vous savez quels sont vos problèmes; Je n’ai pas besoin de les énumérer, je suis ici pour vous présenter une méthode afin de les résoudre. Dans mon sac ici, J’AI UNE METHODE COMPLETE POUR CONTRÔLER VOS ESCLAVES NOIRS. JE GARANTIS A CHACUN D’ENTRE VOUS QU’ÉTANT INSTAURÉE CORRECTEMENT, ELLE CONTRÔLERA LES ESCLAVES PENDANT AU MOINS 300 CENT NNÉES. Ma méthode est simple ; N’importe quel membre de votre famille ou de votre entourage peu l’utiliser. J’ai tracé les grandes lignes d’un certain nombre de différences parmi les esclaves, et je prends ces différences et les rends plus grandes. J’utilise la MÉFIANCE ET L’ENVIE pour la commande. Ces méthodes ont fonctionnées dans ma modeste plantation des Antilles et cela fonctionnera dans tout le sud. Prenez cette simple petite liste de différences, et méditez dessus. u top de ma liste il y a L’AGE, mais il est là seulement parce qu’il commence par A. La seconde est COULEUR ou teint, il y a L’INTELLIGENCE, la TAILLE, le SEXE, la TAILLE DES PLANTATIONS, le STATUTS dans les plantations, L’ATTITUDE des propriétaires, si les esclaves vivent dans la vallée, sur une colline, à l’est, à l’ouest, au nord, au sud, ont les cheveux fins, cheveux bruts, ou sont grands ou courts. Maintenant que vous avez une liste de différences, je donnerai un contour d’action, mais avant à celui, je vous assure que LA MEFIANCE EST PLUS FORTE QUE FONT CONFIANCE, ET L’ENVIE EST PLUS FORTE QUE L’ADULATION, LE RESPECT OU L’ADMIRATION. L’esclave noir, après réception de cet endoctrinement, sera « autoréapprovisionnant » pour des CENTAINES d’années, peutêtre des MILLIERS. N’oubliez pas que vous devez monter le VIEUX mâle noir contre le JEUNE mâle noir, et le JEUNE mâle noir contre le VIEUX mâle noir. Vous devez utiliser les esclaves a peau FONCÉE contre les esclaves à peau CLAIRE, et les esclaves à peau CLAIRE contre les esclaves à peau FONCÉE. Vous devez utiliser la FEMELLE contre le MALE, et le MALE contre la FEMELLE. Il faut également que vos domestiques blancs et les contrôleurs se méfient de tous les noirs, mais il est nécessaire que VOS ESCLAVES FASSENT CONFIANCE ET DEPENDENT DE NOUS. ILS DOIVENT NOUS AIMER, NOUS RESPECTER ET NE FAIRE CONFIANCE QU’A NOUS UNIQUEMENT. Messieurs, ces kits sont vos clés pour la commande. Utilisez-les. Que vos épouses et vos enfants les utilisent, ne manquez jamais une occasion. Utilisez cette méthode de façon intense pendant une année, les esclaves eux-mêmes resteront perpétuellement méfiants. Merci messieurs » Willie Lynch Nous devons méditer et prendre exemple sur l’action à la fois individuelle et collective des Neg Mawon, qui ont su faire fi des divergences personnelles pour faire corps autour d’une idée commune et ainsi faire peuple. Chacun d’entre eux était « an nonm vayan doubout’ » ayant refusé l’infamie de l’esclavage. Cet exemple de courage, de force, d’intrépidité, a remonté sa rivière personnelle, en effectuant sa propre introspection. Se retrouver dans les bois après avoir bravé le risque de sévices durablement dommageables pour sa vie et s’être enfui de l’infâme habitation était comme un
retour aux sources. S’enfuir était pour lui la recherche d’intégrité et de survie, s’écarter du «Babylon system», dénoncé par Bob MARLEY, qui est un vampire assoiffé d’énergie humaine. Il savait qu’au dehors, il trouverait une situation moins pire à coup sûr, sinon la mort qui lui était préférable. Il savait qu’il y avait un prix à payer, mais choisissait cette option car au bout, il y avait l’espoir d’être libre et quoi de mieux que de retrouver la liberté, même sans dédommagement. Et quand, après l’abolition, les colons ont réclamé d’être dédommagés de leurs pertes matérielles, (à près de 20.000 € par tête de bétail en fait d’esclave, réf. loi du 30 avril 1849), les anciens esclaves ne pensaient, quant à eux, qu’aux bienfaits de la liberté retrouvée. En ce sens l’analyse pertinente de Bertin NIVOR me convient avec ses symboles des Neg Mawon. Nous avons eu un peu trop de héros nationaux qui l’ont joué à l’occidentale, ou en solo, et qui n’ont pas fait corps ou peuple avec le peuple, comme leI and Ides jamaïcains. Oui, le tanbouyé Romen a été le déclic, l’allumette qui a fait exploser l’étincelle de la révolte du 22 mai 1848 à la Martinique.Ce concours de circonstance aurait bien pu avoir lieu dans d’autres colonies comme la Guadeloupe. Nous Martiniquais, n’avons aucun mérite particulier, aucune gloriole à en tirer. Les frères Guadeloupéens n’ont aucune gêne à avoir si leur abolition du 27 mai s’est faite sans lutte héroïque. Leur libération provient en effet du conseil du Gouverneur ROSTOLAN, qui, après avoir pris l’arrêté d’abolition le 23 mai en Martinique, a averti son confrère de l’île soeur, LAYRLE, Gouverneur de la Guadeloupe, de procéder de même immédiatement, afin d’éviter une gangrène. L’essentiel est bien d’avoir mis fin à ce crime contre l’Humanité. En Haïti, au moment de son abolition, le 04 février 1794 (décret du 16 pluviôse an II), la Convention ne prévoyait aucune indemnisation des colons. En 1825, la France n’hésita pas une seule seconde à réclamer 150 millions (puis 90 millions) à cette première république noire pour l’étouffer dans l’oeuf, sous peine d’invasion. Il serait bon de lire l’article 5 du décret d’abolition du 27 avril 1848, qui suivait l’exemple anglais du 28 Août 1833, avec le bill d’émancipation. Cet article 5, qui était une simple déclaration de principe pour rassurer les colons, prévoyait clairement que l’Assemblée Nationale règlerait la quotité de l’indemnité qui serait versée aux colons. Et l’on ne doit point parler ni de repentance ni de réparation ? Pourquoi ce « deux poids - deux mesures » ? - Qui a créé le crime ? - Qui l’a codifié ? - Qui l’a légiféré ? - Qui s’est enrichi au dépend des esclaves ? - Qui a indemnisé les colons ? Le Siècle des Lumières, c’est nous, c’est-à-dire notre labeur, notre énergie, notre moteur, notre souffrance qui a enrichi le développement de l’économie et le financement des recherches en France. Mais il n’y a pas de reconnaissance au pays des Droits de l’Homme, de la Liberté de l’Egalité et de la Fraternité. L’actualité frontiste de refus-négation de célébration 2014 nous le prouve. La loi N° 285 du 30 avril 1849 et le décret N° 29 du 24 novembre 1849, publié en juin 1850 à la Réunion stipule ceci : Si on estime que 500 francs-or correspondent à 20 000 €, le calcul mathématique est simple:1 Franc-or équivaut à 40 €. Pour la Martinique, avec 74 447 esclaves indemnisables à hauteur de 425 franc-or l’unité, cela fait en équivalence euro :...
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