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Actualité du concept d'anomie

De
258 pages
Malgré sa célébrité due à Durkheim, le concept d'anomie est un concept qui n'est que peu mobilisé pour appréhender la nature du lien social tel qu'il se décline aujourd'hui. Pourtant, le concept mérite un meilleur sort. Dans cet ouvrage l'approche pour le comprendre s'articulera autour de la définition qu'en donne Émile Durkheim. Ce « mal de l'infini », Durkheim l'oppose à l'impératif du devoir, à la nécessité de la discipline qui grandit l'homme alors que l'anomie conduit l'individu au suicide...
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ACTUALITÉ DU CONCEPT D’ANOMIE Le mal de l’inni
Actualité du concept d’anomie
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection «Logiques Sociales» entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions Deguise-Le Roy, Éric Letonturier, Sylvie Pflieger, Bernard Valade (dir.),La générosité, 2013 Stefania PONTRANDOLFO,La dissolution identitaire d’une communauté rom. Ethnographie d’une disparition, 2013. YANGet Z XiaominHENG Lihua,文 化 與 管 理Culture et management,2013. Suzie GUTH (dir.),Saul Alinsky, Conflit et démocratie locale, 2013. Yamina MEZIANI etPierre VENDASSI (coord.)VOCATION SOCIOLOGUE,Les politiques à l’épreuve des sociologues, 2013. Leila JEOLAS, Hagen KORDES,Risquer sa vie pour une course. Parcours de vie d’une jeunesse brésilienne accro aux courses illégales de voiture et de moto,2013. Rachida BOUAISS,Collégiennes en quête de beauté,2013. Alexis FERRAND,La formation de groupes de jeunes en milieu urbain. Pratiques spatiales et rapports sociaux,2013. Servet ERTUL, Jean-Philippe MELCHIOR, Éric WIDMER,Travail, santé, éducation. Individualisation des parcours sociaux et inégalités, 2013. Pascal VALLET,Les dessinateurs. Regard ethnographique sur le travail de dessinateurs dans des ateliers de nu, 2013. Yannick BRUN-PICARD,Géographie d’interfaces. Formes de l’interface humanité/espaces terrestres, 2013.
Franck-Pascal Le Crest
Actualité du concept d’anomie Le mal de l’infini
© L'Harmattan, 2013 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-29380-6 EAN:9782336293806
« Cette société est-elle en mesure d’apaiser la faim, peut-être plus spirituelle que matérielle qu’elle fait naître en nous ? »,Raymond Aron A la mémoire de Jacques Rigaut  etde Philippe Girard
SOMMAIRE PRÉFACE...................................................................................9INTRODUCTION :..................................................................21I. L’ACTUALITÉ DES CONDITIONS D’ÉMERGENCE DE L’ANOMIE. .............................................................................29II. QUELQUES REPÈRES HISTORIQUES ET SÉMANTIQUES DE LA NOTION D’ANOMIE....................71III. LE CONCEPT D’ANOMIE CHEZ GUYAU..................103IV. EMILIE DURKHEIM, UNE SOCIOLOGIE DE L’INTÉGRATION NORMATIVE, CRITIQUE DU « MAL DE L’INFINI » L’ANOMIE.........................................................131V. LA VALEUR HEURISTIQUE DU CONCEPT D’ANOMIE ............................................................................161VI. LA PROBLÉMATIQUE IDENTITÉ DE L’INDIVIDU CONTEMPORAIN ................................................................191CONCLUSION. .....................................................................209BIBLIOGRAPHIE .................................................................239TABLE DES MATIERES......................................................247
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Préface Dans quelle mesure les sociétés occidentales restent-elles capables de fabriquer le type d’individu nécessaire à leur fonctionnement continué ? La famille se décompose et se recompose ; l’éducation n’est plus investie commepaideiapar les élèves. La religion est en perte de fidèles. La nation n’est plus qu’une idéalisation dérisoire. L’individu se trouve confronté à une société dans laquelle les valeurs et les normes qui transcendaient ses appétits sont remplacées par le niveau de vie et le bien-être qui les aiguise. L’individualisme qui en découle revendique l’arrachement de tout a priori qui déterminerait l’être social. Ce qui est donc en jeu, ce n’est rien moins que la question de la cohérence du lien social. Le problème se pose d’autant plus que la personnalité dans une société qui tend à s’organiser exclusivement à partir de la consommation n’a pas de principe d’intégration. Or pour Castoriadis, il ne peut y avoir de société qui ne soit pas quelque chose pour elle-même, qui ne se représente pas comme étant quelque chose. Une société existe parce que les individus qui la composent participent à ses significations imaginaires, à ses normes, ses valeurs, ses mythes, ses traditions, parce qu’ils partagent la volonté d’être de cette société. La nation, nous apprend Renan, c’est un plébiscite de tous les jours. Or la crise des sociétés occidentales peut être saisie par référence à cette représentation manquante, à ce que la société ne peut plus se poser comme quelque chose. Je ne dis pas que les sociétés anciennes offraient le bonheur ou la vérité. Je me situe à un point de vue de fait: leproblème est que ce sont les significations faisant une société qui sont ébranlées. Ce qui est en crise aujourd’hui, c’est bien la société comme telle pour l’homme contemporain en raison du processus de privatisation qui est à l’œuvre depuis les années 60. Il faut se rendre à cette évidence que les tourainiens théorisent : nous vivons le déclin de l’idée de société, i.e. d’une certaine représentation collective de la vie sociale ; d’ailleursla sociologie contemporaine a délaissé l’idée de totalité et par là même l’idée de société. Pour beaucoup, l’idée de société est devenue inutile. Elle n’a pas en effet résisté à la
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