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Adolescence, maltraitance et placement

De
190 pages
L'éducation biographique a pour objectif de développer la capacité de l'adolescent à donner forme à son expérience biographique, ici de maltraitance et de placement. Il s'agit de réaliser et publier un livre d'histoires fictionnelles de résilience dont l'objectif est de travailler les stratégies passées et/ou présentes à partir du récit de leur vécu et du travail sur ce récit pour en faire une histoire/fiction.
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ADOLESCENCE,MALTRAITANCE ET PLACEMENT
CollectionHistoires de résiliences Dirigée par Michelle Van Hooland  La collectionHistoires de Résiliences propose de rendre compte d’histoires de personnes qui ont su ré sister et se construire face à une expérience de vie difficile telles que la maltraitance, la maladie, le deuil,…. La collection s’intéresse au vécu difficile du côté des savoirs, des processus de résistance et de construction. Elle est ouverte autant aux jeunes qu’aux adultes, aux professionnels qu’aux non-professionnels. Les histoires de résiliences peuvent être l’objet d’un travail à plusieurs voix : à une seule voix, à deux voix -entre un auteur et un facilitateur d’histoire, à différentes voix dans un cadre institutionnel par exemple de foyers de l’enfance. Les histoires de résiliences peuvent se présenter sous diverses formes : histoires de vie, comptes-rendus scientifiques mais aussi histoires fictionnelles de résilie nce avec notamment des contes.   Livres parus Van Hooland M., 2011, Maltraitance psychologique et résilience. Approche psychosociale et biog raphique. Paris : L’Harmattan. Van Hooland M., (Ed.), 2009, Histoires de résilience au foyer de l’enfance, Paris : L’Harmattan. Carhaix J. et Rennais B.L., 2009, Park our d’adolescents, Résister et se construire en foyer de l’enfance, Paris : L’Harmattan.  
 
Michelle Van Hooland         ADOLESCENCE,MALTRAITANCE ET PLACEMENT  Méthode d’éducation biographique pour la résilience
 
 
Chez le même éditeur   VAN HOOLAND M., 2011, Maltraitance psychologique et résilience. Approche psychosociale et biographique. Paris : L’Harmattan, 240 pages.  2009, Histoires de résilience au foyer de l’enfance, coll.( .), VAN HOOLAND M. Ed Histoires de résilience, Paris : L’Harmattan, 183 pages. L. et VAN HOOLAND M., 2009,CARHAIX J., RENNAIS B. lescents, er et se construire en foyer de l’enfance, coll. Parkoursd’ado résist Histoires de résilience, Paris : L’Harmattan, 60 pages. VAN HOOLAND M., 2008, Les contes du sac percé. Six petites histoires de   résilience. Paris : L’Harmattan. 64 p g a es.  (L’histoire communicationnelle M., 2006, MaltraitanceVAN HOOLAND  maltraitée), Paris. L’Harmattan. ncecommunicationnelle dans les récits d’enfa pag s. 303 e  M., 2005, La troisième personne. Maltraitance, résilience etVAN HOOLAND  :interactions verbales (Analyse psychosociolinguistique de témoignages). Paris L’Harmattan, 348 pages. VAN HOOLAND M. (dir.), 2005, Psycho-socioli nguistique. Les facteurs interactions verbales. Paris : L’Harmattan, 208 pages.psychologiques dans les  M., 2002, La parole émergente. Approche psycho-VAN HOOLAND  :sociolinguistique de la résilience. Parcours théorico-biographique. Paris L’Harmattan, 278 pages.VAN HOOLAND M., 2000, Analyse cri du langagetique du travail langagier :  taylorisé à la compétence langagière. Paris : L’Harmattan, 247 pages .      © LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96158-6 EAN : 9782296961586
 
 
Introduction
 
L’adolescent maltraité placé en institution (foyer de l’enfance, Mecs) peut avoir développé une résilience avant son placement puisque 1. le placement est consécutif d’une situation de maltraitance et 2. la résilience se développe face à ce type de situation. Comment évaluer, promouvoir, soutenir cette résilience pendant le placement ? Comment faire en sorte que le placement ne soit pas perçu comme une situation de stress générant des stratégies dysfonctionnelles d’ajustement l’entraînant vers une rupture de résilience ou encore vers desconduites transitoires inadaptées? Comment faire en sorte que le placement en foyer de l’enfance, par exemple, qui est un placement d’urgence, d’évaluation et d’orientation, dans un temps relativement court, puisse être le lieu de l’évaluation et l’orientation de l’adolescent résilient ? Comment faire en sorte que le placement en internat éducatif spécialisé (Mecs), qui peut être plus long, participe à cette construction identitaire ? Tout d’abord, il y a à connaître cette résilience passée et ensuite à la travailler pendant le placement. D’un point de vue psychosocial, la résilience de l’enfant/adolescent psychologiquement maltraité corres pond à un processus de construction psychologique, de définition et forma tion de soi (une personnalisation) qui aboutit à une compétence. Dit autrement, face à un événement de vie, la maltraitance psychologique familiale, l’enfant/adolescent met en place, à partir de ses ressources, un ensemble de stratégies de construction, les stratégies de personnalisation. Ceci a pour issue une compétence : la compétence d’apprentissages. A l’âge adu lte, différentes voies sont possibles pour retravailler son vécu d’enfant maltraité parmi lesquelles se trouve celle du récit fictionnalisé de l’enfance maltra itée résiliente. Qu’il soit sous forme d’une autobiographie réalisée seul ou sous forme d’une histoire de vie réalisée avec un tiers, la narration écrite ou orale a pour particularité de retravailler les stratégies passées, de les transformer en ressources biographiques pour soi et les autres. La narration écrite ou orale a cette particularité parce que celui qui racont e, à l’écrit ou à l’oral, s’érige en
8 humain, en une personne digne d’être entendue, comme le contraire de ce qu’il a été dans la maltraitance : la narration favorise l’expression de son émotion, sa position d’humain dans le langage, le travail de son identité dans un champ socioculturel et relance le projet de soi. D’un point de vue psychosocial et biographique (Van Hooland, 2011), la résilience de l’adulte ex-enfant maltraité s’exprime dans le récit de vie, écrit ou oral, parce que ce récit met en acte un processus de personnalisation qui aboutit à une capacité : la capacité à donner forme à son expérience biographique de maltraitance. Dans la mesure où les adolescents résilients ont, parmi leur capacité de résilience, celle qui consiste à parler d’eux et dans la mesure où le récit de vie est utilisé auprès d’adolescents placés (Abels, 2000) et auprès d’adolescents scolarisés (Delory-Momb erger, 2002) à travers le principe d’une éducation biographique, alors une éducation biographique pour la résilience est proposée. Elle a pour objectif de développer la capacité de l’adolescent à donner forme à son expérience biographique, ici, de maltraitance et de placement c’est-à-dire de transformer son savoir biographique et ses stratégies de rési stance et de construction en ressources. Dans le contexte de la protection de l’enfance, cette action éducative biographique répond à la socialisation et la régulation de l’émotion puisque la personnalisation est complémentaire à la socialisation et les stratégies émotionnelles font partie de cette personnalisation. Pour leur permettre de dépasser d’éventuelles stratégies dysfonctionnelles, de transformer leurs st ratégies passées, pour relancer leur résilience, une action éducative selon le principe d’une pédagogie de projet est proposée à des adolescents volontaire s : participer à un projet, celui de réaliser et publier un livre d’histoires fictionnelles de résilience dont l’objectif est de travailler les stratégies passées (celles de l’enfance maltraitée résiliente) et/ou présentes ( celles du placement) à partir du récit de leur vécu et du travail sur ce récit pour en faire une histoire/fiction. Le présent ouvrage expose cette méthode de travail biographique. Un choix a été fait concernant la présentati on de la méthode afin que le lecteur puisse soit aller directement à la définiti on de la méthode et à ses différentes phases, soit lire la progression de l’app lication de la méthode auprès de deux adolescents. Ainsi, dans la première partie, se trouvent la définition psychosociale de la résilience personnalisation dans le premier chapitre et dans le second chapitre, la présentation synthétique de la méthode d’éducation biographique pour la résilience développée en foyer de l’enfance ou en Mecs. La deuxième partie propose, quant à elle, les différentes phases de travail de la méthode d’éducation bi ographique : phase 1. de préparation à
 
 
 9 la production de l’histoire, phase 2. de production de l’histoire, phase 3. de révision/réécriture et phase 4. de socialisation. Le lecteur trouvera dans les troisième et quatrième parties l’appli cation de la méthode auprès de deux adolescents. Ainsi, la troisième partie est plutôt centrée, d’un point de vue éducatif, sur l’évaluation de la transf ormation des stratégies à partir des différentes phases de travail alors que la quatrième partie porte sur l’évaluation réalisée par les professionnels et adolescents avant, pendant et après la méthode d’éducation biographique pour la résilience. C’est dans cette partie que les adolescents sont présentés par les professionnels. Ces deux parties présentent la manière d’évaluer le travail et la présence des stratégies de personnalisation. Ces deux parties doivent être envisagées sous l’angle d’une démarche qualitative de recherche-action. Elles se terminent par une synthèse générale sur la transformation effective des stratégies des adolescents par la méthode d’éducati on biographique pour leur résilience. Pour comprendre les exemples, le lecteu r peut avoir besoin de se munir des deux ouvrages1:Histoires de résilience en foyer de l’enfance(Van Hooland (Ed.), 2009) dans lequel se trouvent les histoires réalisées par Romain et Parkour d’adolescents. Résister et se construire en foyer de l’enfance (Carhaix et Rennais, Van Hooland, 2009) dans lequel se trouvent les textes de Jim Carhaix. Le choix2 pour Romain et Jim Carhaix s’appuie sur leurs nombreuses et différentes productions et sur leur présentation différente par les professionnels. La méthode d’éducation biographique pour la résilience est une méthode de promotion et de soutien de la résilience, entendue comme résilience personnalisation. Ce qui est proposé dans cet ouvrage doit servir de guide et non de modèle à suivre à la lettre puisque toute pédagogie de projet doit non seulement s’adapter à la situation renc ontrée et aussi permettre à l’adolescent de suivre son propre projet de construc tion de compétence. Ainsi, s’il y a une éducation socialisante avec un principe essentiel, la fictionnalisation du récit du vécu, et des étapes incontournables dans les rencontres avec les différentes séquences, à l’intérieur de celle-ci, l’adolescent doit pouvoir se personnaliser.
                                                      1L méthodeaussi été développée dans une MECS en 2011 avec deux a  a adolescentes dont la publication du livre est en cours : Linda R. et Liss E., (à paraître),Je pourrais faire un livre… Fiction en Mecs, Paris : L’Harmattan. 25 foyers de l’enfance auprès de 19 adolescents.Le projet a été proposé dans