Afrique et monde arabe

De
Publié par

Etude des problèmes d'ajustement structurel et d'exclusion sociale (pauvreté, chômage) dans les pays arabes et ceux de l'Afrique noire.
Sommet social des Nations Unies (1995, Copenhague, Danemark)
Publié le : dimanche 1 janvier 1995
Lecture(s) : 235
Tags :
EAN13 : 9782296304284
Nombre de pages : 192
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

AFRIQUE ET MONDE ARABE
Echec de l'insertion internationale

LE SOMMET SOCIAL DES NATIONS UNIES Enlisement de l'Afrique et du Monde arabe ou départ d'un développement humain?

@ L'Hannattan, 1995 ISBN: 2-7384-3342-1

Samir AMIN HakimBENHAMMOUDA Bernard FOUNOU- TCHUIGOUA

AFRIQUE ET MONDE ARABE
Echec de l'insertion internationale LE SOMMET SOCIAL DES NATIONS UNIES Enlisement de l'Afrique et du Monde arabe ou départ d'un développement humain?

FORUM DU TIERS-MONDE
ÉDITIONS L'HARMATTAN

5-7, rue de L'École-Polytechnique 75005 Paris

Cet ouvrage constitue la contribution du Forum du TiersMonde (Dakar) au Sommet social des Nations-Unies (Copenhague, mars 1995). Les groupes de travail qui en ont préparé la matière ont bénéficié de soutiens financiers de la Coopération norvégienne, de celle des Pays-Bas, de la Coalition des Églises canadiennes pour l'Afrique et de Christian Aid (Londres). Par ailleurs le FrM coopère dans ce domaine avec l'UNRISD (Institut de Recherche des NationsUnies pour le Développement Social). La traduction des documents a été partiellement financée par l'ACCT (Agence de Coopération Culturelle et Technique, Paris). Que toutes ces institutions trouvent ici l'expression de nos remerciements. Cependant, selon la formule d'usage, nous rappelons que les opinions exprimées dans l'ouvrage n'engagent que leurs auteurs.

SOMMAIRE

I - L'importance du Sommet social des Nations-Unies (S. AMIN) II - Crise, ajustement et atomisation sociale dans le monde arabe (H. BEN HAMMOUDA) III - Afrique subsaharienne : Pour une alternative fondée sur l'élimination des facteurs de quart-mondialisation (B. FOUNOU- TCHUIGOUA) .4

9

139

7

I - L'importance du sommet social des Nations-Unies (Copenhague - Mars 1995)

1. Le sommet social des Nations-Unies qui se tiendra à Copenhague en Mars 1995 sera un événement important parce qu'il témoigne de la reconnaissance par la communauté internationale que les questions du développement appellent à des réflexions politiques, sociales, idéologiques et culturelles, et ne peuvent être réduites à leur seule dimension économique, la reconnaissance donc que le développement est un projet sociétaire, qu'il n'est pas le produit naturel de politiques de gestion et de l'expansion des marchés, mais le résultat éventuel de politiques de transformations pensées dans toutes leurs dimensions humaines et écologiques. Depuis quelques années la sonnette d'alarme avait été tirée. Pauvreté, chômage, désintégration sociale - qui sont les trois thèmes du sommet - ont partout dans le monde le vent en poupe. Au-delà des preuves factuelles innombrables et incontestables qui seront produites entre autres par les participants à cette conférence, nous produirons ici un seul chiffre, dont la triste éloquence n'appelle aucun commentaire:

9

le rapport entre le quintille des êtres humains les plus favorisés et celui des plus pauvres est passé en vingt ans, pour la planète entière, selon les Nations-Unies, de 30 à 1 à 60 à 1 ! S'accoutumant à cette véritable faillite de notre système, le discours dominant en a intériorisé les implications sauvages. « Il n'y a pas d'alternative» (There is No Alternative - le syndrome TINA comme on a pu l'écrire) ; il faut« vivre» avec le chômage et la marginalisation sociale (et non avoir l'ambition de les supprimer) ; l'économie et la société ne peuvent fonctionner qu'à plusieurs vitesses etc. Mais les peuples n'acceptent pas l'inacceptable, et leurs révoltes ont imposé la tenue de ce sommet. 2. Le succès, ou l'échec, de ce sommet dépendra de sa capacité, ou de son incapacité, à relier les trois thèmes « sociaux» qui définissent son ordre du jour à l'ensemble des autres objectifs que la communauté internationale a estimés à juste titre - fondamentaux, à savoir:

bases qui permettent d'en garantir la durabilité (<< sustainable
development» ), * La nécessité d'intérioriser dans le choix économique les exigences d'une sauvegarde de l'environnement naturel, qui conditionne la survie de la planète, * La nécessité d'assurer un traitement égal de tous les hommes et de toutes les femmes qui constituent l'humanité, * La nécessité de créer les conditions d'un épanouissement de la démocratie dans toutes ses dimensions, politiques et sociales, individuelles et collectives, pour tous les peuples, nations et communautés, en sauvegardant leurs identités propres. L'ensemble de ces objectifs constitue un projet sociétaire planétaire, définissant le «développement ». 3. Il n'y a pas d'action transformatrice efficace sans analyse scientifique aussi correcte que possible du fonctionnement du système qu'on se propose de faire évoluer dans la direction du développement souhaité. Le sommet ne peut donc faire l'économie de l'analyse du « système réellement existant », il 10

* La nécessité d'asseoir l'expansion économique sur des

ne peut lui substituer un discours idéologique au plus mauvais sens du terme sur les vertus du «marché» par exemple. Le sommet ne peut se contenter de justifier les propositions de réformes qu'il lui faudra recommander dans ses résolutions finales par des arguments moraux. Les vœux pieux - comme «l'ajustement à visage humain» - ne sont pas à la hauteur des défis. Le projet sociétaire planétaire de développement doit être assis sur des propositions de réformes fondées scientifiquement. La tâche n'est certainement pas facile. Elle exige la coopération de spécialistes dans tous les domaines des sciences économiques, politiques et sociales, un dialogue ouvert et permanent entre toutes les écoles de pensée et les représentants de toutes les idéologies politiques et de toutes les cultures, sans ostracisme. Elle exige donc un travail de longue haleine, conduit avec rigueur dans un esprit authentiquement démocratique. Car il ne s'agit de rien de moins que: * d'intégrer l'économique et le politique dans un projet cohérent et viable. Il n'y a pas de macro-économique bonne sans politique sociale et culturelle bonne, et vice versa, * d'assurer la cohérence entre la mise en œuvre des transformations proposées aux échelles nationales et à celle du système international. Aucun discours général sur l'incontournabilité de la mondialisation ne permet de faire l'économie de cette reconnaissance: l'interdépendance doit être négociée, encadrer et soutenir les développements nationaux nécessaires, corriger les inégalités de départ et non les laisser s'accuser. Reconnaître ces exigences, c'est comprendre donc que le développement n'est pas synonyme d'expansion des marchés. Or le discours dominant refuse de faire cette distinction. Ce discours implique que l'expansion des marchés «entraîne» nécessairement le progrès social et la démocratie et que les « difficultés» (les «poches de pauvreté », le chômage et la marginalisation sociale comme on dit) ne sont alors que «transitoires ». On ne se préoccupe pas de savoir si la durée de la transition en question sera de quelques années ou de plusieurs siècles! Jan Tibergen, avec la rigueur mathématique qu'on lui 11

connaît, a calculé que la mise en œuvre des politiques préconisées par la Banque mondiale finirait par résoudre les drames sociaux de notre époque dans exactement 908 ans (années, pas jours ou semaines). Ce discours dominant est donc de la nature d'un discours idéologique pur fondé sur une « théorie sans faits» - en réalité contredite par l'histoire - La théorie en question est celle du « marché pur» (ou du capitalisme pur dans un langage plus franc). Une théorie aussi distante de la réalité du « système (ou du capitalisme) réellement existant» que l'était la proclamation ad nauseam des «principes du socialisme» de feu le « socialisme réellement existant ». On a parfois suggéré que, pour cette raison, la lecture des documents dont la Banque mondiale inonde le marché doit être faite comme naguère celle de la Pravda: on peut deviner, si l'on sait lire entre les lignes, la nature des problèmes du monde réel, mais le texte évite toujours soigneusement de les analyser, se contentant de proclamer la validité éternelle des principes. L'histoire dément toujours les conclusions de ce genre d'exercice. Mais ce n'est pas la théorie qui est remise en question, c'est l'histoire qui a tort, parce qu'elle refuse de se plier aux principes. La méthode n'est pas différente de celle des intégrismes religieux. Les nécessités de la vie imposent quand même qu'on évoque la réalité. On le fait alors en accompagnant « la théorie sans faits» d'une collecte empiriste de «faits sans théorie ». L'exercice permet alors de proposer sans cesse des « success stories» (comme dans les feuilletons de la télévision), l'exemple de « miracles» celui de Saint-Domingue au XVIIIe siècle (devenu Haïti aujourd'hui), celui de la Côte d'Ivoire des années 1960 (dont on ne parle plus), celui de la Corée dont on rabâche les vertus aujourd'hui dans les médias populaires et les revues d'allure académique. L'opération permet l'illusion en permanence, de soutenir la crédibilité du discours idéologique parathéorique. Comme d'autres appareils de production idéologique, la Banque mondiale fait son «autocritique» superficielle - tous les vingt ans, ce qui lui permet de maintenir la permanence de son discours éternel. Le malheur est que, lassés par les discours creux, des praticiens du développement de bonne volonté se persuadent à leur tour que l'action peut être conduite sans théorie. Beaucoup 12

des DNG s'appliquent à s'attaquer aux drames sociaux en les prenant par ce qu'ils croient être leurs « racines ». Inscrits dans le cadre de macro-politiques et de macro-économiques défavorables, beaucoup de ces actions perdent leur efficacité comme les rivières insuffisantes dans le désert. Si néanmoins l'aile éclairée de l'establishment conservateur n'y voit toujours pas d'inconvénient majeur, c'est dans la mesure où cçs actions sans théorie peuvent être menées (voire soutenues financièrement s'entend) sans remettre en cause la soumission au dogme «qu'il n'y a pas d'alternative» (le TINA syndrom). Comme si l'histoire des sociétés humaines n'avait jamais cessé d'être celle du choix entre différentes alternatives! Un « dialogue constructif» peut alors être proposé entre les maîtres du discours idéologique vantant les vertus éternelles du marché - par ailleurs détenteurs des cordons de la bourse - et les activités du développement social. Les gagnants du jeu restent toujours les mêmes: il s'agit « d'ajuster» les sociétés malades aux «exigences» de l'expansion des marchés; il ne s'agit jamais du contraire, d'examiner quelles réformes pourraient ajuster le fonctionnement des marchés aux exigences d'un développement social acceptable. Le discours dominant élude donc systématiquement la question préalable véritable: comment sont générés les drames sociaux que ce Sommet examinera, par quels mécanismes « le système réellement existant» les produit et reproduit dans l'histoire contemporaine réelle. Question préalable à l'évidence à toute tentative de formuler des réformes efficaces qui pourraient mettre un terme à la production de la pauvreté et de la désintégration sociale. La Banque mondiale est probablement le représentant - le plus symbolique de ces partenaires forcément gagnants dans ce faux dialogue, dans lequel les dés sont pipés. Elle l'est jusqu'à la caricature. Il ne s'agit donc pas d'une «institution du développement », comme elle tente de le faire croire, mais simplement d'une maison de commerce au service exclusif de l'expansion des marchés des multinationales. Sa pratique doit être alors, par la force des choses, celle de gestionnaires sortis de « Business Schools» qui ne connaissent rien d'autre que l'art de vendre des chaussettes à un cul de jatte, comme le concluait un sociologue ayant obsérvé son personnel, de son Président Directeur général à ses experts volants. 13

4. La contribution modeste que le Forum du tiers-monde présente aux participants de ce sommet s'inscrit contre le courant dominant. Elle a l'ambition d'aider à rétablir l'esprit critique, à légitimer le souci de comprendre pour agir
efficacement.

Cette contribution est proposée dans deux rapports, l'un concernant l'Afrique subsaharienne, l'autre le monde arabe (l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient). Ces rapports proposent une analyse concrète des mécanismes qui, dans cette région du monde, ont engendré la catastrophe sociale. Ils le font en tentant d'intégrer l'économique et le politique, d'articuler les causalités internes et les causalités externes. Ces rapports ont bénéficié des travaux menés dans le cadre des activités du Forum du tiersmonde au cours des dernières années par une cinquantaine d'intellectuels de la région, dont les noms et les contributions sont répertoriés en annexe. Aux lecteurs de juger de leur qualité scientifique et de leur force de conviction. Nous voudrions ici, dans cette présentation générale, proposer une grille de lecture qui aidera peut être à surmonter la démission de l'esprit critique qu'on nous propose, ou tente de nous imposer. Dans cet esprit on examinera successivement: * Les raisons de l'épuisement progressif du projet développementaliste des « décennies du développement» (les années 1960 et 1970) ; * La nature de la crise du système contemporain « réellement existant» et celle des objectifs prioritaires que sa gestion impose, * Les conséquences de la gestion de la crise, entre autres par les programmes improprement qualifiés d'ajustement structurel. Cette gestion permet-elle de voir le bout du tunnel, ou au contraire se solde-t-elle nécessairement par l'aggravation de la crise économique, sociale et politique? * Les linéaments d'une alternative humaniste et sociale.

14

L'épuisement guerre

des modèles développementalistes

de l'après-

1. Pendant les trois premières décennies de l'après Seconde Guerre mondiale, le développement avait été la préoccupation majeure de tous les régimes et les succès enregistrés étaient non négligeables. Ces succès reposaient sur l'efficacité des trois projets en vigueur à l'époque: (i) le projet de Welfare State en Occident développé; (ii) celui du soviétisme à l'Est; (iii) celui de la modernisation accélérée du tiers-monde. Tous ces projets avaient en commun le fait qu'ils opéraient dans le cadre d'économies nationales autocentrées ou s'assignaient l'objectif de les construire (pour les pays de l'Est et du Sud). Ils différaient par la conception de leur rapport à l'économie mondiale: conception ouverte pour les pays de l'Ouest développé, ouverture « négociée» pour les pays du Sud, quasiautarcie pour les pays de l'Est. Ils différaient également par la nature des hégémonies sociales promouvant le développement en question. Mais cette diversité ne doit pas faire oublier la similitude profonde des objectifs finaux: le bien-être matériel par le développement, le renforcement de la position de la nation dans le monde. La généralisation de la croissance était le produit commun d'une évolution politique favorable aux nations « pauvres» et aux masses populaires d'une manière générale, au détriment de la logique unilatérale de la rentabilité du capital, une évolution produite par la défaite du fascisme. En Occident, celle-ci avait créé un rapport de forces considérablement plus favorable aux classes ouvrières qu'il ne l'avait jamais été dans l'histoire antérieure. Ce rapport nouveau constitue la clé qui permet de comprendre ce qu'on a appelé le «Welfare State », le compromis historique capital-travail. La victoire de l'Union soviétique et la révolution chinoise ont également créé des conditions internes et internationales stimulant le développement des Pays de l'Est et, par contrecoup, de ceux de l'Ouest (en obligeant précisément le capital à s'ajuster au compromis historique social-démocrate). Le débat sur la nature sociale de ce développement socialiste ou non - et ses contradictions internes à l'origine de son effondrement, ne doit pas faire oublier l'effet stimulant que la compétition politique Ouest-Est a eu. Simultanément la montée des mouvements de 15

libération dans le tiers-monde - la liquidation de la colonisation - et la capacité des régimes issus de leurs victoires de mobiliser à leur profit les conflits Est-Ouest ont favorisé la croissance des économies du Sud, prodigieuse par beaucoup de ses aspects. En ce qui concerne les pays du tiers-monde, il ne s'agissait de rien de moins que de «rattraper », c'est-à-dire de gommer les effets historiques de la polarisation mondiale. Certes l'inégalité dans le développement des sociétés humaines marque toute l'histoire connue depuis la plus haute antiquité. Mais c'est seulement à l'époque moderne que la polarisation devient le produit immanent de l'expansion mondiale d'un système qui a, pour la première lois dans l'histoire, intégré dans une même logique économique l'ensemble des peuples de la planète. La polarisation moderne a revêtu des formes successives, en rapport avec l'évolution du système. La modalité qu'on pourrait qualifier de « classique» s'organise à partir de la révolution industrielle qui définit désormais les formes centrales du capitalisme, tandis que les périphéries (progressivement toute l'Asie Japon excepté - et l'Afrique, qui s'ajoutent à l'Amérique latine) restent rurales, non-industrialisées, et, de ce fait, spécialisées du point de vue de leur participation à la division mondiale du travail dans les productions agricoles et minérales. Ce trait majeur de la polarisation s'accompagne d'une seconde caractéristique du système, non moins importante: la cristallisation des systèmes industriels centraux comme des systèmes nationaux autocentrés, construits parallèlement à l'édification de l'État national. Pris ensemble, ces deux caractéristiques rendent compte des dimensions dominantes de l'idéologie de la libération nationale constituée en réponse au défi de la polarisation: (i) l'aspiration à l'industrialisation, synonyme de progrès libératoire et moyen de « rattrapage », (ii) l'aspiration à la construction d'États nationaux à l'instar des modèles centraux. L'idéologie de la modernisation est définie par ce contenu essentiel de la conception de la modernité. L'expansion de l'après-guerre a donc été produite par l'ajustement des stratégies du capital aux conditions sociales que les forces démocratiques et populaires lui imposaient. Le contraire exactement des politiques dites d'ajustement de notre époque! 16

2. La période de l'après-guerre (1945-1990) est celle de l'érosion progressive des deux caractères définis plus haut. Elle est en effet celle de l'industrialisation des périphéries, inégale certes mais facteur dominant que le mouvement de libération nationale s'emploie à accélérer. Elle est simultanément celle du démantèlement progressif des systèmes productifs nationaux autocentrés centraux et de leur recomposition en tant qu'éléments constitutifs d'un système productif mondial intégré. Cette double érosion est la manifestation nouvelle de l'approfondissement de la mondialisation. Celle-ci a progressi vement rongé l'efficacité des gestions de la modernisation par l'État en même temps qu'apparaissaient des dimensions nouvelles du problème, mondiales d'emblée (le défi de l'environnement à l'échelle planétaire). Le système mondial est alors entré dans une phase de crise structurelle à partir de 1968-1971, crise dont il n'est pas sorti, s'exprimant par le retour massif et tenace du chômage en Occident accompagnant l'affaiblissement de la croissance et l'érosion du Welfare State, l'effondrement des régimes du soviétisme, de graves involutions dans certaines régions du tiers-monde généralement accompagnées par un endettement extérieur insupportable. Ainsi ont été recréées des conditions favorables à la mise en œuvre de la logique unilatérale du capital. Or cette logique ne crée pas par elle-même la croissance, encore moins le développement (une croissance forte accompagnée du plein emploi et de l'amélioration de la répartition du revenu en faveur des classes populaires). Fondée sur la recherche exclusive du meilleur rendement financier à court terme du capital, elle tend au contraire à générer une répartition inégale, aux échelles sociales et internationales, qui entraîne dans une spirale stagnationniste. 3. L'accumulation de ces transformations débouche donc sur l'effondrement des équilibres caractéristiques du système mondial de l'après-guerre. Elle ne conduit pas d'elle-même à un nouvel ordre mondial mais à un «désordre mondial ». Le chaos qui marque notre époque provient du triple échec du système: (i) qui n'a pas développé des formes nouvelles d'organisation politique et sociale transgressant l'État national, une exigence nouvelle de la mondialisation du système productif; 17

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.