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Alcoolisme et déficience sociale

De
180 pages
Cet ouvrage apporte un nouveau cadre conceptuel de référence pour aborder la question de la déficience sociale qui prend un sens lorsque les compétences essentielles pour relever les défis complexes de la vie ne sont pas observées chez l'individu. Une bonne connaissance de cette nouvelle vision est absolument requise pou pouvoir discuter des problémes associés à l'alcoolisme.
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ALCOOLISME ET DÉFICIENCE SOCIALE

Publications antérieures de l’auteur Marques S. M., Marcos transhistóricos do álcool, (1ª Edição), Vol I, Lisboa, Edições L. Lepori (Grupo Angelini), 1997, 98 p. Marques S.M., A Catarse que alimenta, Porto, Edições UFP, Universidade Fernando Pessoa, 2005, 118 p. Marques S. M., Perfil sócio-cultural do homo duriensis, (1ª Edição), Vol I, Famalicão, Edições da Trofa, 2006, 86 p. Marques S. M., Marcos Transhistóricos do Álcool, (2ª Edição), Vol II, Lisboa, Edições L. Lepori (Grupo Angelini), 2007, 144 p. Marques S.M., A Metadoxina no tratamento de doentes alcoólicos, Lisboa, Edições Angelini, 93 p.

© L'HARMATTAN, 2007 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-04017-5 EAN : 9782296040175

Manuel SILVA MARQUES

ALCOOLISME ET DÉFICIENCE SOCIALE
Vers une approche théorique et méthodologique

Préface de

Isabelle Oliveira

L'Harmattan

Sciences et Société fondée par Alain Fuchs et Dominique Desjeux et dirigée par Bruno Péquignot

Déjà parus

Claude DURAND, Les biotechnologies au feu de l’éthique, 2007. Bruno PINEL, Vieillir, 2007. Régis MACHE, La personne dans les sociétés techniciennes, 2007. Alain GUILLON, Une mathématique de la personne, 2005. Marie-Thérèse COUSIN, L’anesthésie-réanimation en France, des origines à 1965. Tome I : Anesthésie. Tome II : Réanimation. Les nouveaux professionnels, 2005. Fernand CRIQUI, Les clefs du nouveau millénaire, 2004. Karine ALEDO REMILLET, Malades, médecins et épilepsies, une approche anthropologique, 2004. Claude DURAND (sous biotechnologies, 2003. la dir.), Regards sur les

Pierre-Yves MORVAN, Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?, 2002. Jacques ARSAC, Y a-t-il une vérité hors de la science ? Un scientifique s’aventure en philosophie, 2002. Jean-Georges HENROTTE, Entre Dieu et Hasard : un scientifique en quête de l’Esprit, 2001. René GROUSSARD, Pierre MARSAL, Monde du vivant, agriculture et société, 1998. Alessandro MONGILI, La chute de l’U.R.S.S. et la recherche scientifique, 1998.

Préface
Il m’est particulièrement agréable de préfacer l’ouvrage du docteur Manuel Silva Marques. D’abord parce que ce livre foisonnant et rafraîchissant par son originalité se propose de reprendre au pied de la lettre un vieil énoncé de la doxa : « l’homme avec ses imperfections est admirable », mais aussi parce qu’il s’attaque à un thème important, celui de la « déficience sociale ». L’auteur ressent le besoin d’apporter une conscience nouvelle, un nouvel éclairage définitionnel du concept de « déficience sociale ». La pensée d’une nouvelle formulation de « déficience sociale » apporte une nouvelle problématique scientifique, celle d’avoir pour mission de penser autrement la déficience. La définition qu’il en donne est claire. L’auteur s’inscrit dans une médecine sociale qu’il oriente vers des voies originales et fécondes et qui passe par un nécessaire travail de collaboration et de coordination avec la communauté, la famille et l’individu. Par ailleurs, ce livre d’actualité brosse le tableau de l’un des phénomènes les plus dévastateurs de notre époque : l’abus d’alcool, de drogues et leurs effets nuisibles, funestes et redoutables sur l’esprit humain. L’auteur ne se contente pas d’identifier les causes probables de ces deux fléaux, mais il suggère une méthode psychocommunautaire riche en matière de traitement et de réhabilitation de personnes ayant des problèmes liés à l’alcool et à d’autres drogues. Une porte s’ouvre puisqu’il considère que le malade alcoolique n’est pas atomisé en tant que malade ni rejeté dans une catégorie particulière qui ne peut avoir de rapport social avec les autres. 7

L’auteur réclame une société autre où il convient que nous agissions les uns avec les autres et par les autres, bref, que l’on constitue une communauté d’entraide. Selon lui, il est capital de créer des réseaux d’aide efficaces pour ceux qui souffrent d’un problème lié à l’alcool ou autres substances afin de préserver leur entourage. Manuel Silva Marques contribue avec sa méthode à l’épanouissement de tous les individus d’une société et non à une logique de discrimination et d’exclusion. L’auteur, par sa riche expérience, a mis en place un système ingénieux de supervision qui force l’« handicapé social » à respecter toutes les clauses du contrat émises lors d’un accord commun. Il a eu la brillante idée de rédiger des articles de loi spécifiques à la méthode qui placent l’« handicapé social » dans un contexte juridique rigide. Toute cette juridiction astreint le dépendant à suivre une norme, car il se sent dans l’obligation de ne brûler aucune étape de son contrat sous peine de sanctions sévères. Ainsi, l’addicte évolue dans un espace de droits et de devoirs envers les autres. La loi semble avoir ici une condition subjective, dans ce sens, justement qu’elle est le fruit de ses sujets. Elle ne tire pas tant sa valeur d’un schéma théorique, mais de son application pratique à un instant social donné. Enfin, l’« handicapé social » voit son existence régie par les règles d’une communauté. Il vivra dans l’espace que lui aura conféré cette communauté, et qu’il aura tant bien que mal adapté à sa propre volonté. Certaines méthodes de traitement sont-elles plus efficaces que d’autres ? À cette question et bien d’autres, l’auteur apporte des réponses concrètes, fruit de 25 ans de pratique clinique. Loin de théorie abstraite, il explique à travers des cas particuliers qu’il n’y a pas de fatalité, mais des solutions. Il propose une nouvelle approche s’inscrivant dans un domaine caractérisé par son haut degré de 8

complexité où les visions et les propositions réductrices, simplistes sont monnaie courante et à l’origine d’erreurs et d’échecs à répétition. Cet ouvrage devrait intéresser tous ceux qui s’inquiètent des ravages de l’alcoolisme et de la dangerosité des drogues dans notre société, ainsi que ceux qui cherchent une nouvelle façon d’y faire face. Plus précisément, cette méthode devrait servir aux personnes touchées de près ou de loin par cette terrible affliction, ainsi qu’aux agents médico-sociaux qui oeuvrent sur le plan clinique ou qui participent à la formulation de politiques et au développement de programmes sociaux. Isabelle Oliveira

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Introduction
Cet ouvrage s’intéresse à la notion de « déficience sociale » qui sera l’objet d’étude si particulier qui nous réunira ici. Au cours de notre démarche, plusieurs questions viennent à l’esprit, mais une en particulier attisera notre curiosité à savoir : la déficience sociale existe-t-elle ? Si oui, qu’est-ce que la « déficience sociale » ? S’il n’y a pas de doutes quand il s’agit d’une déficience mentale ou autre, en revanche, il est malaisé de définir la « déficience sociale ». Après avoir soulevé cette problématique, nous retiendrons qu’en raison d’une forte dose de culpabilité, la communauté scientifique a toujours écarté le problème de la « déficience sociale » de ses travaux de recherche. En ce qui nous concerne, nous apporterons une définition précise du néologisme « déficience sociale » qui est au coeur de notre analyse. Après plus de 25 ans de pratique clinique à essayer de cerner le concept de « déficience sociale », de la prévention à la prophylaxie, auprès de patients alcooliques et toxicomanes, nous avons réussi à échafauder des théories et des programmes d’actions qui sont le fruit d’un long apprentissage et d’un travail de longue haleine. Avant de poursuivre, il serait utile de rappeler que les organismes gouvernementaux et non gouvernementaux conduisent une politique alambiquée et insuffisante pour faire face à l’étendue du problème et des souffrances que l’alcool et les drogues occasionnent lors de leur passage. Souvent, le malade alcoolique ou toxicomane reste aux yeux de la société une figure honteuse cristallisant des pairs contemporains et servant de contre modèles dans la représentation d’une société vertueuse. Dès lors, nous

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avons essayé d’attirer l’attention des intervenants, des décideurs sur cette consommation excessive et régulière d’alcool et d’autres drogues illicites afin de repenser les actions, en vue de préserver et d’améliorer la santé de la population portugaise, mais le Portugal s’obstine à mener la politique de l’autruche. Face à ce sombre scénario, nous avons entrepris d’élaborer une méthode psycho-communautaire dans la prévention de l’alcoolisme et autres drogues illicites. Nombreuses furent les expériences qui nous ont permis d’approfondir nos connaissances et de mieux cerner ce problème de « déficience sociale » qui, à l’heure actuelle, atteint sans exception toutes les couches sociales, toutes les tranches d’âge, toutes les nationalités, religions et cultures. Cependant, il serait souhaitable de préciser que notre analyse portant sur le phénomène de « déficience sociale » s’arrête au groupe à risque des personnes alcooliques et toxicomanes. En effet ; pour mieux cerner le problème, nous parlerons dans cet ouvrage de « déficience sociale » que chez ce groupe d’individus. Par ailleurs, notre méthode psycho-communautaire à bas coûts, accessible à tous et efficace offre une solution alternative dans la lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie pour les couches sociales les plus défavorisées. Ainsi, nous avons voulu concevoir un outil de référence dans un pays où tous les modèles et programmes en vigueur n’apportent aucune réponse satisfaisante au problème et n’améliorent en rien la situation du Portugal. Pour ce faire, notre programme de recherche se situe aux confins de la psychologie, de la sociologie, de la psychiatrie sociale et disciplines adjacentes afin d’apporter des éléments de réponse concrets. Nous avons fini par trouver un dénominateur commun à ces diverses disciplines, celui de la santé 12

mentale communautaire. En outre, cette méthode est subordonnée à certains états actuels de la recherche qui abordent l’importance du rôle de la biochimie, notamment, celui des neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et les opiacés radicaux. Très rapidement, nous avons voulu revisiter le concept d’addiction à l’alcool et/ou aux drogues illicites sans pour autant nous écarter de l’objet de notre étude. En définitive, sous un angle pragmatique, il nous a fallu sélectionner un certain nombre de personnes à qui nous avons apporté de l’aide pendant neuf ans. Notre population cible fut soumise à deux structures, l’une publique (Département de psychiatrie et santé mentale de l’Hôpital São-João à Porto) et l’autre privée à but non lucratif (Ligue de prophylaxie et aide communautaire – LIPAC) dont les résultats ont été garantis par un suivi des patients d’une durée de 3 ans pour chaque individu. Ainsi, nous avons repris espoir car nous sommes parvenus à « normaliser » environ 424 patients qui représentent un taux de réussite de 60 %. En parallèle, nous avons également travaillé le concept de « maladie alcoolique » obtenant un pourcentage de 75 % de taux de réussite, mais nous avons décidé de ne pas référencer explicitement cette approche dans le présent ouvrage. Cette méthode psychocommunautaire retrace tout un travail en réseau qui a mobilisé la communauté à travers des figures-clefs et significatives du milieu qui, après une sélection rigoureuse, ont suivi un stage de formation d’environ 100 heures afin d’être promues au statut d’intervenants communautaires. Il est clair que, nous n’avons pas omis le rôle essentiel de la famille au sein de laquelle a été élu un porte-parole qui a joué le rôle de tierce personne, parfaitement disponible et le moins touché par la situation de l’addicte. Le corps professionnel qui s’encadre dans ce 13

processus de réhabilitation et de « normalisation » de l’« handicapé social » se résume à un psychiatre, un psychologue clinique, une infirmière et une assistante sociale. Enfin, notre méthode psycho-communautaire a déjà attisé la curiosité d’universités, d’instituts, à l’échelle nationale et internationale, qui ont manifesté un grand intérêt pour ce travail jugé incontournable dans la normalisation de la « déficience sociale ». Les excellents résultats obtenus à partir de l’application de cette méthode révèlent, d’une part, son efficacité, et d’autre part, un moyen alternatif aux modèles déjà mis en place voués la plupart du temps à l’échec.

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Déficits sociaux dans la communauté

1. Santé et communauté
1.1. Médecine familiale et santé publique
Dans notre approche, la problématique de l’addiction prend racine dans et avec la communauté, qui devra assurer un rôle moteur dans la prophylaxie et dans tout le processus d’insertion, d’habilitation et de réhabilitation de la personne en crise. En effet, toute communauté doit s’attacher à préserver la santé de ses membres permettant aux personnes, de façon individuelle ou collective, d’augmenter leurs mécanismes de défense contre la maladie à travers le développement d’aptitudes personnelles, de la réorientation de services, du renforcement de l’action communautaire qui rentabilisera, au maximum, toutes leurs ressources et potentialités du milieu. Ainsi, lors d’une intervention au niveau de la santé communautaire il faut, tout d’abord, penser à faire un relevé des potentialités et une estimation des besoins (diagnostic), par le biais d’une analyse judicieuse de leur environnement, des styles de vie de ces individus et de tout un système d’assistanat (famille, ami(e)s, voisins…) qui identifie les moyens disponibles afin de mettre en place un programme d’intervention (action) qui soit en accord avec les besoins ressentis par la communauté. À présent, nous pouvons mettre en évidence l’originalité et la façon d’être d’un agent communautaire qui « travaille avec la population et non pour la population », c’est-à-dire que, toute l’intervention provoque une mobilisation de la communauté dans un réseau de prestations de services. 17

À l’échelle institutionnelle, le rôle des centres de santé primaires qui constituent un élément significatif du milieu, au côté de la mairie, de l’école et de la paroisse, sont ceux qui représentent le mieux la communauté. Les centres de santé primaires étant un pôle dynamisant et de rassemblement de toutes les activités médico-sanitaires préventives et/ou curatives partant de l’unité nucléairemédecine familiale, où l’on doit contempler non seulement les aspects curatifs, mais aussi et par-dessus tout, la promotion de la santé, dans la pratique et dans la défense de la qualité de vie à travers des styles de vie salutaires, organisés et ressentis comme support socioculturel de cette même communauté.

1.2. La santé mentale communautaire
Conscients du rôle majeur que joue le secteur de la santé dans la communauté, nous avons décidé de nous axer sur les aspects de la santé mentale communautaire qui a pour objectif premier de produire des comportements normalisés en communauté. Nous considérons que les objectifs spécifiques passent par la création d’attitudes politiques, sociopolitiques, législatives et régulatrices dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la justice et du travail en vue d’améliorer les aspects physiques, psychosociaux et socioculturels et, si nécessaire, s’engager sur le terrain grâce à l’organisation de services simples, systématiques en réseau, de façon à améliorer le fonctionnement des structures du milieu, les plus aptes à entrer dans des situations problématiques susceptibles d’être amenuisées. La santé mentale communautaire dépend de la constante amélioration de la qualité de vie de la communauté, en 18

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