Allongez-vous ! Les plus belles perles entendues p

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Le docteur Yann Simaï est psychiatre et amoureux des mots. C'est donc tout naturellement qu'il collectionne nos lapsus révélateurs,nos jeux de mots involontaires et inventions lexicales plus ou moins révélatrices ! Dans Allongez-vous !, chacun peut se reconnaître dans ces dérapages de l'inconscient qui font jubiler le psy qui est en nous ! C'est bien connu : une fois installé confortablement sur le fameux divan, le docteur doit nous laisser parler... et laisser notre parole révéler nos maux ! Questionnements existentiels, prises de conscience radicales, révélations personnelles surprenantes, voire déconcertantes... la liste est longue ! " Ma femme est hystéro-positive ", " Les jumeaux, ils sont souvent deux ", " Moi, je suis trop tenté par la tentation ", " Ça va loin... jusqu'à rien ! "... Quand le lapsus débarque, mieux vaut vous accrocher au divan ! Les bons mots des patients fleurissent à toutes les pages avec une généreuse spontanéité et une inventivité sans limite :" Ma fille est cyclotimide ", " J'ai des psychiatrices "... Décidément, le Docteur Yann Simaï est à l'écoute de ses patients !


Publié le : jeudi 3 septembre 2015
Lecture(s) : 8
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782360753987
Nombre de pages : 240
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Allongez-vous !

les plus belles perles
entendues par votre psy

Docteur Yann SimaÏ

Les Éditionsde l'Opportun

16 rue Dupetit-Thouars

75003 PARIS

http://www.editionsopportun.com

Éditeur : Stéphane Chabenat

Suivi éditorial : Clotilde Alaguillaume /

Servanne Morin (pour l’édition électronique)

Conception couverture : MaGwen Creative Management

ISBN : 978-2-36075-398-7

« Cette œuvre est protégée par le droit d’auteur et strictement réservée à l’usage privé du client. Toute reproduction ou diffusion au profit de tiers, à titre gratuit ou onéreux, de tout ou partie de cette œuvre, est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par les articles L 335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle. L’éditeur se réserve le droit de poursuivre toute atteinte à ses droits de propriété intellectuelle devant les juridictions civiles ou pénales. »

Ce document numérique a été réalisé par Pinkart Ltd

Introduction

Lapsus à l’oreille
ou allographes ?
Ici Freud !

Les potaches, les enfants, les fonctionnaires et les gendarmes n’ont sûrement pas attendu 1962 et l’humoriste Jean Charles pour enfiler des perles, mais c’est quand même lui et saFoire aux cancresqui ont fondé ce genre littéraire nouveau, consistant à collecter les mots d’esprit involontaires issus de tel ou tel gisement ostréicole. Dans la foulée, on a vu proliférer des écrins de perles de toutes origines et chaque correction du bac en ramène une bonne récolte. Avatar moderne, Internet en déverse quelques tonnes dès qu’on tape « perles » sur Google. On connait aussi lesBrèves de comptoir, patiemment recueillies depuis 1992 par Jean-Marie Gourio sur les rivages des bars parisiens mais là, il s’agit plutôt d’apophtegmes lumineux, de raccourcis corrosifs dans l’actualité : ce ne sont pas vraiment des perles au sens jeancharlien puisqu’elles sont « de culture », c’est-à-dire certes spontanées et marquées au coin du bon sens populaire, mais aussi réfléchies et formulées en toute conscience, en poussant sciemment le paradoxe pour faire rire ou pour choquer.

Or, s’il y a conscience, il y a censure. Et l’on peut préférer ce qui se trame en amont, l’inconscient qui pilote discrètement, l’huître qui ne sait pas vraiment pourquoi ça la démange mais qui sécrète une perle précieuse, au cas où… Inconscient.
Le grand mot est lâché. Il s’agit d’un monde obscur où se parle un langage incompréhensible. Chercher à dialoguer avec ses habitants est très aléatoire, sinon prétentieux. Ce modeste ouvrage se bornera à rapporter (avec le plus grand respect possible vis-à-vis des patients qui nous les ont, littéralement, confiées) les perles que nous collectionnons depuis une bonne trentaine d’années. Toutes sont authentiques, bien qu’artificiellement issues d’un « écrémage ». Arbitres, nous nous permettons l’arbitraire, puisque notre travail quotidien se résume essentiellement à écouter, en restant attentifs aux lapsus et doubles-sens perdus dans le brouillage de l’angoisse. Ces patients resteront évidemment anonymes, ainsi que les ambiguïtés dans leur discours. Dans certains cas, les lapsus leur sont restés inaudibles, dans d’autres ils ont servi de signes précieux pour indiquer un nouveau chemin de compréhension.

Le lapsus est le plus souvent révélateur, mais le double-sens n’existe qu’en fonction de l’interlocuteur, de ses présupposés (ainsi, il faut avoir l’esprit singulièrement mal tourné pour entendre un double sens dans la suite des mots anodins suivante : « les obsèques au Mans ? », mais quand on entend : « notre fille n’est pas très belle mais nous l’aiderons », est-ce totalement fortuit ?…). En littérature, cela s’appelle un allographe. Quand il est très pur, il y a homophonie et donc ambiguïté. S’il procède plutôt de l’approximation, de l’à-peu-près, on sera dans le calembour plus ou moins volontaire. Face à une vraie homophonie, le seul décideur entre ce sens-là et un autre serait le correcteur d’orthographe. Mais nous, auditeur privilégié et transcripteur qui nous arrogeons le droit d’épingler l’ambiguïté, le seul fait de sortir telle citation de son contexte, de la mettre en exergue en supprimant les scories intercalées, permet au lecteur d’accepter qu’il puisse exister un sens avant l’essence.

Un allographe, quand il peut être entendu dans un sens irrévérencieux, devient kakemphaton (« à cause de ce cochon, voilà le couple détruit »). Kakemphaton n’était pas un pharaon. Allographes et kakemphatons ne seront pas les seules figures de style cumulées dans cet ouvrage. On relèvera facilement des mots-valises et beaucoup de « brèves de divan » où un hybride Gourio/Freud aurait bien du mal à séparer conscient et inconscient. Et d’ailleurs, Lacan lui-même avait-il remarqué que « le père », en verlan, devient perle ? Plus scolairement, de studieux rhétoriciens pourraient classifier les perles par genre, il y aurait alors des contrepèteries, des adynatons, des épanalepses et des syllepses, sans doute des pataquès et des oxymores, sûrement des zeugmes. Ainsi armé « jusqu’au-dedans », chacun pourra repartir traquer l’oxymore et en rapporter de pleines bourriches.

Il m’a semblé moins guindé de classer mes tropes (mes psychotropes !) en fonction des personnes qui les ont motivés. Ainsi trouvera-t-on une rubrique « ma femme » ou « mon fils », etc. On notera que certaines perles ont été polies par certains de mes confrères, tant il est vrai que personne n’est à l’abri du lapsus – surtout si l’on se surveille pour ne pas en proférer – et que les médecins et psychiatres représentent une profession particulièrement exposée. Nous-mêmes… 

P.-S. : Au fait, on dit des lapsus ou dès la psy ?

Mon fils

Mon fils,
il est grand pour
sa taille.

À cette époque,
j’étais à charge de mes enfants…
Euh, je veux dire, j’avais
mes deux enfants à charge.

On n’a
qu’un seul
fils
unique.

Quand j’ai appris
qu’il fumait des pétards
depuis ses treize ans,
ça m’a fait l’effet d’une bombe,
j’ai dégoupillé.

Je tricote pour
mon futur bébé.
J’espère que j’aurai
pas de problèmes
obstétricaux.

Mon fils idylle,
il finira par
se faire piquer…

C’est à lui
de s’aider.

Quand ils
étaient absents,
mes enfants,
j’étais toujours
là avec eux.

Mon fils
est trop atteint
par la folie
des rollers.

Vous savez pas
ce qu’il m’a fait,
mon fils ?…
Un priapisme !

Mais dis-leur,
que tu te
drogues pas !

Mon fils,
il a plus envie
de s’app’ler
Station.

J’ai plus le droit d’aller chercher
mes gamins à l’école,
c’est l’attristante sociale
qui me les amène directement.

Mon fils est
ado, il grandit
trop vite,
il a de la kiné
juvénile.

Mon fils, je vais
l’encorriger
à ne plus fumer
du hash.

Ça l’a mis en pétard
d’être arrêté pour si peu
de cannabis sur lui.

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