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Altérité et mutations dans la langue

288 pages
Partant de l'inexistence d'ouvrages de stylistique s'appuyant sur les littératures francophones, ce volume propose différentes explorations de ces écritures composites, venant d'aires diverses : Afrique, Maghreb, Caraïbe, Océan indien, Chine, Québec, mais aussi Europe – Belgique et France. Ces littératures décentrées illustrent l'expérimentation stylistique vécue par l'écrivain de l'entre-deux langues, qui produit une poétique métamorphique de la langue et met en oeuvre une hybridation des cultures.
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Atit t tatins ans a an
P n stisti s ittats fancpns
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A cœ s tts Collection dirigée par Claire S TOLZ (Université Paris-Sorbonne) 1. Alia BACCAR-BOURNAZ, Essais sur la littrature tunisienne d’expression française , 2005. 2. Alya CHELLY-ZEMNI, Le sauveur dans Baaille  dan la monane de Jean Giono , 2005. 3. Noureddine LAMOUCHI, Jean-Paul Sartre, critique littraire , 2006. 4. Caherine VIOLLEt e Marie-Françoie LEMONNIER-DELpY (dir.), Mtamorphoses du journal personnel. De Rtif de la Bretonne à Sophie Calle, 2006. 5. Lia KURts-WöstE, Marie-Albane RIOUx-WAtINE e Mahilde VALLEspIR , éthique et significations , 2007. 6. Jean-Loui JEANNELLE e Caherine VIOLLEt (dir.), Genèse et autofiction , 2007. 7. Irène FENOgLIO (dir.), L’criture et le souci de la langue. écrivains, linguistes : tmoignages et traces manuscrites , 2007. 8. Irène FENOgLIO, Une auto-graphie du tragique. Les manuscrits de Le  Fai  et de L’avenir dure lonem de Louis Althusser , 2007. 9. Delhine DENIs (dir.), L’obscurit. Langage et hermneutique sous l’Ancien Rgime , 2007. 10. Aurèle CRAssON (dir.), L’dition du manuscrit. De l’archive de cration au scriptorium lectronique , 2008. 11. Lucile gAUDIN e geneviève sALVAN (dir.), Les registres. Enjeux stylistiques et vises pragmatiques , 2008. 12. Françoie RULLIER-tHEUREt, Faut pas pisser sur les vieilles recettes. San-Antonio ou la fascination pour le genre romanesque , 2008. 13. Valenina CHEpIgA, émile et un romain ,  araîre. 14. Vronique MONtéMONt e Caherine VIOLLEt (dir.), Le Moi et ses modèles. Genèse et transtextualits , 2009. 15. Ridha BOURKHIs e Mohammed BENJELLOUN (dir.), La phrase littraire , 2008. 16. salah OUEsLAtI, Le lecteur dans les poie de Stphane Mallarm , 2009. 17. Jean-Michel ADAM e Ue HEIDMANN, Le texte littraire. Pour une approche interdisciplinaire , 2009. 18. Françoie sIMONEt-tENANt, Journal personnel et correspondance (1785-1939) ou les affinits lectives , 2009. 19. samia KAssAB-CHARFI (dir.), Altrit et mutations dans la langue. Pour une stylistique des littratures francophones , 2010.
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Atit t tatins ans a an
Saia Kassab-Cafi (i.)
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© Bruylant-Academia s.a. Grand’Place, 29 B-1348 L OUVAIN -LA -N EUVE
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Ts its  pctin, ’aaptatin   tactin, pa  pc  c sit, ss p ts pas sans ’atisatin  ’it   ss aants it. Ipi n Bi.
www.academia-bruylant.be
ISBN 13 : 978-2-87209-964-1
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E j’cri en françai en buan dan la lanue même ur cee fii, ce oraculaire, cee ermanence, cee rucure immobile, que rerene dan mon arcour l’arabe, rauma e race. Cela en quelque ore lainie en moi l’arabe. Voyez comme le rivae erai arabe i le françai ai cee nerie qui forme de vaue venan ’craer ur e aillie. L’criure erai au rula cee bordure dchiquee, oreue, ravaille avec an de ervrane rae, au lue de cume. A. Meddeb, « Le alimee du bilinue. Ibn ’Arab e Dane » , Du Bilinguisme, 1985
La vieille rammaire claique ère mmère anine normaivemen correce e oue la manique ehiquemen ranquille de onon de jadi on  redfinir d’urence dan le chao inaaiable d’un univer dcomo/recomo dconrui/reconrui en eruelle variaion de viee e de forme dan la errifiane coninui de mamorhoe infinie e de muaion lobale ououflane. Bien loin du em d’anan Nou omme ou de MUtANts! Frankienne, Galaxie Chaos-babel , sirale 2006
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Dans son roman Malemort (1975), Édouard Glissant écrit : Il raiquaien an hiau ni remblemen ce chane (comrenan eu-êre dan l’avenir qu’il fallai enendre changez le mot e an remblemen ni cure enrerendre le neuf lanae – quel ? – e  eine e ueur e douleur e en ivree de decene balancer a ynae dan le herbe de deu cô (…) C’est peut-être en partant de ce changez le mot , pour entreprendre le neuf langage , que nous pourrions définir la ligne conductrice de ce volume. L’intention initiale de la rencontre qui réunit autour de ce thème,  Carthage, en février 2009, l’ensemble des contributeurs était,  l’heure où l’écriture d’expression française dans le monde se diversifie de plus en plus, de problé -matiser les mutations langagières de cette turbulente littérature plus ou moins excentrée , et dont l’étendue des variétés ne cesse de s’amplifier. Considérant également que les notions de norme et d’ écart (par rapport  un centre pres -criptif – qu’il s’agit aussi de redéfinir, comme réalité ou utopie) sont bel et bien (re)devenues problématiques, il fallait poser la question cruciale de l’al -térité dans la langue, dans son patrimoine sémantique et générique, ainsi que de ses modes de régénération. Cette considération,  la faveur de laquelle les concepts de pureté et d’ impureté , tout comme ceux d’ universalité  et de singularité , étaient une fois de plus interrogés, nécessitait la mise en place d’un observatoire expé -rimental. Celui-ci est composé de critiques et chercheurs explorant pour la plupart ces domaines interstitiels, où s’inventent les montages inouïs  d’un style qu’on pourra  l’occasion qualifier d’ hybride , qui sera hésitant ou flam -boyant, habité par une source fantasmatique ou farouchement délié d’elle, s’alliant des confluents hétérogènes. L’exploration porte sur les différentes manières de revivification de la langue : que se passe-t-il lorsque le contour lexico-sémantique du mot cesse de paratre monolithique , quand l’univers de représentation qu’il charrie interfère avec celui d’une autre langue résur -gente, arrimant deux imaginaires linguistiques – au moins –  la constella -tion sémantique du terme ? C’est cette stylistique des altérités croisées et de leurs résultantes dont nous avons souhaité esquisser quelques-unes des lignes, en évaluant certaines altérations du tissu sémantique de la langue,
Présentation
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laquelle en ressort sans doute moins monocorde et plus chimérique – au sens biologique –, plus vive et créative. Il y a dix-huit ans, Judith Butler faisait paratre aux États-Unis un ouvrage qui allait remettre en question les cloisonnements catégoriels des genres et la notion même de genre inné 1 . Dans le champ des lectures stylistiques, au-del des travaux qui ont reposé les termes de la discipline en en rappelant l’his -torique, se sont attachés  en suivre les évolutions (D. Combe, G. Molinié) ou en ont proposé une reconception  (J.-M. Adam), un constat s’imposait : celui de l’inexistence d’études ou de manuels basés sur des corpus apparte -nant aux littératures dites francophones. L’idée de ce volume est donc née de ce creux qui attend. Son objet est une investigation des manières singu -lières, des profils particuliers produits par quelques-uns des tenants de ces littératures, ancrées dans des lieux décalés par rapport aux axes principaux, quoiqu’en constante référence  eux. Pour paraphraser J. Butler, la question  poser ne peut-elle pas être celle-ci : y a-t-il, avec ces littératures, ou tout au moins dans certaines de leurs expressions, «  trouble dans la langue » ? Partant de cette interrogation, nous nous devions d’envisager les liens entre l’estimation du trouble que la langue est susceptible de subir et le statut très souvent bilingue, voire plurilingue, des auteurs du corpus. La lecture de ces littératures, que l’on a tendance  enclore dans l’aire connotée de la post-colonialité, n’engage-t-elle pas d’abord le renouvellement du regard porté sur la langue recomposée qui s’y trouve mise en œuvre ? Et de fait, l’avè-nement de ce que l’on nomme altérité ne s’accomplit-il pas par le style, juste -ment via une altération plus ou moins visible, plus ou moins revendiquée de la langue – c’est--dire en entrant en conflit avec elle ? De quelle manière le style figure-t-il, dans la gestion de ses codes de référence et la diversité des reliefs qu’il dessine, sous l’apparence d’une continuité ou en termes de franche rupture, l’expérimentation des altérités ? L’hypothèse est bien que cette expérimentation produirait une tonalité singulière lorsque elle prend effet au sein des littératures  de l’intranquillité  (Fernando Pessoa), celles-l mêmes qui s’imprègnent d’une autre langue – langue autre , seconde ou étrangère, léguée ou mise  distance –, l’investissent, la chahutent, produi -sant peut-être la bi-langue de A. Khatibi…  Comment le style conduit-il cette expérimentation, et surtout de quelle manière va-t-il en incarner, par ses
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1  Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion , Paris, La Découverte, tr. fr. 2005.
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Présentation  
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accidents, la crise  ? Dans ces zones de turbulences, aires dinterculturalité et/ou de bilinguisme, son exercice s’accomplit-il au risque de la langue, ou au bénéfice de sa régénération ? Tels sont les questionnements inhérents  la réflexion engagée ici, lesquels renvoient  des problématiques partagées par des communautés aux univers de croyance et de connaissance hétérogènes et qui devraient permettre de dégager des pistes de réflexion multiples, mais surtout connexes, en relation avec le style. Au vrai, cette réflexion trouve son point de départ dans cette interro -gation essentielle : peut-on continuer  considérer le rapport  la langue, du point de vue de ces littératures francophones, comme on l’a toujours plus ou moins considéré, c’est--dire hiérarchiquement fondé sur une dynamique tensionnelle verticale où langue dominante  et langue dominée  (car tout est toujours censé se jouer selon cette bipolarité) s’affrontent implicitement, s’interpénètrent sans toutefois jamais renoncer  afficher leur irréductible différence, ou leurs opacités respectives, dans une raideur qui ne serait que le symptôme de leur impossible relation ? Il nous semble qu’il devrait être possible aujourd’hui de concevoir l’avè -nement stylistique émergeant dans ces littératures – qu’il faut cependant craindre de toujours penser séparément de la littérature tout court – hors du rapport langue volée /langue appropriée , trop lourdement chargé de relents postcoloniaux. Sortir de cette ornière signifie également consentir sinon  dissocier du moins  alléger  l ’appropriation de la langue des déterminismes, tant historique que géographique, en tout cas géopolitique – contrainte qui risque toujours, par excès idéologique, d’appauvrir le sens et de restreindre les possibilités interprétatives. Après tout, l’usage du bleu dans un certain type de peinture, ou la constance de tel minéral chez tel sculpteur n’est pas nécessairement une preuve de son engagement politique ni forcément l’in -dice symbolique d’une quelconque idéologie qui trouverait l son incarna -tion – ou ne serait pas que cela, si cela était. Apprendre  envisager la langue française – surtout dans ces littératures francophones – comme un matériau plastique, dans l’esprit d’un art de l’espace – qui puisse certes, au plan du langage utilisé, être justifié par une double assise socio-historique, mais que l’on accepte de délier du joug de cet héritage , aussi générateur d’effets puisse-t-il être, implique sans doute de s’y attacher selon un angle « néo-structura-liste »,  la faveur duquel l’attention  la langue se retrouverait enfin pour elle-même :  une attention qui replacerait cette littérature dans le concert
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