Amérique Latine

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Ce livre est une véritable introduction à l'Amérique Latine. Il est organisé en deux parties complémentaires: "Rétrospectives 2003" présente une chronologie des évènements de l'année passée par pays; "Documents" fournit une analyse de quelques questions clés : développement, impunité, problèmes de la terre, peuples indigènes, fonctionnement de la démocratie, position des Eglises, etc. Informations de première main et analyses écrites par des Latinos-Américains font de cet ouvrage un instrument de travail indispensable
Publié le : jeudi 1 juillet 2004
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EAN13 : 9782296364233
Nombre de pages : 214
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Amérique latine
Chroniques pour 2004

@L'Hannattan,2004 ISBN: 2-7475-6649-8 EAN:9782747566490

Alain DURAND, éditeur et Nicolas PINET

Amérique

latine

Chroniques pour 2004

DIAL

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3
1026 Budapest

HONGRIE

L'Harmattan Halla Via Degli Artisti 15 10214 Torino ITAUE

Horizons Amériques latines Collection dirigée par Denis Rolland et Joëlle Chassin
La collection Horizons Amériques latines publie des synthèses thématiques sur l'espace s'étendant du Mexique à la Terre de feu. Les meilleurs spécialistes mettent à la disposition d'un large public des connaissances jusqu'alors souvent réduites, sur ce sous-continent, à quelques stéréotypes.

Déjà parus
KONDER COMPARATO Bruno, L'action politique des SansTerre au Brésil, 2004. TEITELBOIM Volodia, Gabriela Mistral, 2003. SALLERON D., Tingo Maria au Pérou. Comment j'ai failli devenir péruvien J,2003. ROLLAND D. et CHAS SIN J. (dir.), Pour comprendre la crise argentine,2003. COMBLIN J., Où en est la théologie de la libération, 2003. LANCHA C., Histoire de l'Amérique hispanique de Bolivar à nos jours, 2003. De AlMEIDA P. R. et de QUIEROS MATTOSO K., Une. histoire du Brésil, 2002. LANGUE F., Hugo Chavez et Ie Venezuela, 2002. PRADENAS L., Le théâtre au Chili: traces et trajectoires (XVIe -XXe siècle), 2002. PROCOPIO A., L'Amazonie et la mondialisation. Essai d'écologie politique, 2000. LE GOFF M., Jorge Luis Borges: l'univers, la lettre. et le secret, 1999. RIVE LOIS 1., Drogue et pouvoir. Du Mexique des princes aux paradis des drogues, 1999. ESCALONA S., La Salsa, un phénomène socioculturel, 1998. CAPDEVILA L., La dictature de Trujillo, 1998. BOHORQUEZ-MORAN C. L., Francisco de Miranda. Précurseur des Indépendances de l'Amérique latine, 1998. LANGUE F., Histoire du Venezuela, de la conquête à nos jours, 1998.

Avant-propos
La première partie de cet ouvrage contient des chroniques d'actualité présentant l'essentiel des événements qui se sont produits en Amérique latine durant l'année 2003. Elles sont classées par ordre alphabétique de pays, et par ordre chronologique à l'intérieur de chaque pays. Les événements concernant l'ensemble du continent ou telle ou telle de ses régions sont regroupés au début des chroniques par aires géographiques (Amérique latine, Amérique centrale, Amérique du Sud, Mercosur). Pour chacun des pays, nous donnons en tableau quelques données de base présentées par la revue Noticias aliadas1. Ce premier ensemble est suivi d'une série de dossiers thématiques dont les titres évoquent à eux seuls certaines questions clés du sous-continent: développement, impunité, problèmes de la terre, peu'ples indigènes, fonctionnement de la démocratie, position des Eglises, etc. Il s'agit toujours d'écrits provenant d'Amérique latine et traduits de l'espagnol ou du portugais.
I tLes sources utilisées par Noticias Aliadas sont les suivantes: Population : UNICEF 200] et INEI2002. Taux moyen de croissance: (1995-2000) CEPAL. PIB per capita: CEPAL Panorama SociaI1999-2000. Superficie: A]manaque The New York Times, ]999. Groupes ethniques: Idem, comparé avec Gufa del tercer mundo. Religions: Idem. Morta]ité et a]phabétisme : UNICEF, 2001. Pauvreté: CEPAL, Panorama social 99-2000. Chômage: OIT, Panorama Labora12000. Cfhttp://www.noticiasa]iadas.org/

L.ensemble de ces documents ont paru tout au long de l'année 2003 dans le périodique DIAL. Que la publication de ces textes sous forme de livre soit l'occasion de remercier toutes les personnes qui collaborent d'une façon ou d'une autre à la publication de DIAL. Je veux nommer en premier lieu M. Nicolas Pinet, auteur des chroniques mensuelles ici reproduites, Mme Gabriela Solis, qui collabore avec moi-même à la sélection des textes et à la révision des traductions, ainsi que les autres personnes engagées dans des travaux divers indispensables à la parution régulière de DIAL: Mmes Marina Mejia, Laurence Frezier, Yvette Guevara, Yolande Durand et Anne Thierry, sans oublier Mme Isabelle Belkir et M. Antoine Bottaz. Je tiens à remercier particulièrement de leur collaboration bénévole les traductrices et traducteur dont le travail méticuleu~ repré~ente une aide inestimable tout au long de l'année: Mmes Jacqueline Blanchy, Annie Damidot, Jacqueline Liens et M. Gilles Renaud. DIAL dispose d'un site: http://www.dial-infos.org sur lequel se trouvent de nombreuses informations et des liens utiles à une meilleure compréhension de l'Amérique latine. Alain Durand Responsable de la rédaction de Dial Diffusion de l'information sur l'Amérique latine 38 rue du Doyenné 69005 LYON Tel 04 72 77 00 26 Courriel : dia13@wanadoo.fr

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Première partie

Rétrospective 2003

Chronique Amérique latine

Amérique
Janvier 2003

latine

Le Panorama de l'insertion internationale de l'Amérique latine et des Caraïbes 2001-2002, présenté jeudi 23 janvier par la CEP AL, met en évidence une diminution du commerce intrarégional, et particulièrement au sein du Mercosur (Marché commun du Sud). La tendance devrait cette année s'inverser à la hausse, d'après les pronostics de la CEP AL, profitant notamment du ralentissement de la crise argentine et de l'importance accordée au renforcement du Mercosur par la nouvelle équipe gouvernementale brésilienne.

Février 2003 Mardi Il février, les États-Unis ont proposé aux 33 autres pays qui participent aux négociations de la ZLÉA (Zone de libre échange des Amériques) d'éliminer progressivement, d'ici à 5 ans, toutes les barrières douanières sur les produits textiles et les vêtements. Le gouvernement de George W. Bush a déclaré qu'il prévoyait aussi d'éliminer les taxes sur près des deux tiers des biens industriels et de consommation importés par les ÉtatsUnis une fois que la ZLÉA entrerait en vigueur.
Les envois d'argent effectués par des ressortissants des Caraïbes ou d'Amérique latine installés dans les pays du Nord ont augmenté de 17,6% en un an, atteignant la somme de 32 000 millions de dollars en 2002, selon la BID (Banque interaméricaine de développement). C'est la région du monde qui reçoit le plus d'envois d'argent (un tiers du total), c'est donc aussi la région d'origine d'un grand nombre d'immigrants cherchant une situation meilleure.

Chronique Amérique latine

Mars 2003 La dernière phase des négociations de la ZLÉA (Zone de libreéchange des Amériques) a débuté lundi 12 mars à Puebla, près de Mexico. D'ici fin 2004, les 34 pays du continent américainà l'exception de Cuba - prévoient d'aboutir à un accord, qui pourrait entrer en vigueur en 2005. Face aux préparatifs de guerre, puis au conflit en Irak, les différents pays d'Amérique latine ont exprimé leur soutien ou leur opposition à une décision unilatérale. Le Chili et le Mexique - détenant tous deux un siège provisoire au Conseil de sécurité de l'ONU - le Brésil, le Pérou, le Venezuela et Cuba ont déclaré avec plus ou moins de fermeté leur opposition à une guerre déclenchée sans le soutien de l'ONU, et ce, malgré les pressions des États-Unis. L'Argentine a fait savoir qu'elle ne participerait d'aucune façon à l'effort militaire. La Colombie, le Honduras, le Nicaragua, Panama et El Salvador ont manifesté leur soutien à la politique états-unienne. Avril 2003 Selon une étude de la CEPAL (Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes), le chômage a atteint le chiffre le plus haut de l'histoire de la région en 2002 - 9,1%-, deux millions de personnes ayant perdu leur emploi durant l'année. Les réductions massives d'emplois de la part des grandes multinationales installées dans la région en sont une des causes - en 2001, 40% des 50 plus grandes multinationales annonçaient des suppressions de postes. Le deuxième Forum sur Sida et MST (maladies sexuellement transmissibles) s'est tenu à La Havane durant la seconde semaine d'avril. Les participants ont dénoncé le manque d'accès aux médicaments antirétroviraux considérés à l'heure actuelle comme les plus efficaces contre le virus. Selon les données de l'ONU, 170 000 personnes reçoivent actuellement ce traitement, principalement au Brésil, où, de même qu'en Argentine, au Costa Rica, à Cuba et en Uruguay, l'État assure un accès gratuit aux médicaments. Mais au Belize, en Bolivie, en Équateur, à El Salvador, au Guatemala, au Honduras, en 12

Chronique Amérique latine

Jamaïque, au Nicaragua, au Panama, au Pérou, et en République Dominicaine, le traitement fait défaut à plus de 55 000 personnes (données de 2001). Mai 2003 Du 28 avril au premier mai s'est tenue, à Buenos Aires, une rencontre pour la « Mondialisation de la vie pleine ». Convoquée par le Conseil latino-américain des Églises (CLAI en espagnol), sous les auspices du Conseil mondial des Églises, la rencontre a réuni plusieurs centaines de délégués des églises évangélistes, et publié une déclaration « Les églises évangéliques disent basta » critiquant sévèrement le modèle économique néo-libéral et proposant une série de changements. Elles prétendent représenter 15 à 20% de la population d'Amérique latine. La douzième conférence de chefs d'État d'Amérique latine, d'Espagne et du Portugal (novembre 2002) a chargé l'ancien président brésilien Fernando Henrique Cardoso de constituer une équipe pour étudier les modalités d'une plus grande présence internationale de la communauté. ibéro-américaine. Ce groupe de réflexion propose la création d'un secrétariat général permanent, et prévoit la constitution d'une union politique. La prochaine réunion de chefs d'État est prévue pour les 14 et 15 novembre, en Bolivie. Juin 2003 La visite à Brasilia du délégué au commerce états-unien, Robert Zoellick, le 27 et 28 mai,. dans le cadre des négociations de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA) a mis en évidence les différences de conception de l'accord: le Brésil demande des réductions aux subventions agricoles étatsuniennes, les États-Unis accepteraient de discuter cette réduction dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMe), à condition que l'Union européenne et le Japon s'engagent à faire de même. Le Brésil a proposé un accord 4 + I entre les quatre pays du Mercosur et les ÉtatsUnis, les États-Unis ont rejeté l'idée. Le Brésil se refuse à 13

Chronique Amérique latine

ouvrir à la concurrence quelques-uns de ses services, les ÉtatsUnis veulent accélérer l'ouverture de ce secteur. Au sommet du G-8, organisé début juin, à Évian, ont été invités les présidents de 12 pays en voie de développement, dont le Mexique et le Brésil, chargés de représenter les pays d'Amérique latine. Selon l'accord conclu le 24 mai au Pérou,

durant la réunion du Groupede Rio - intégré par 19pays latinoaméricains -, Lula et Fox ont réclamé la suppression des
subventions et du protectionnisme sur les produits agricoles, et un soutien international pour renforcer la justice et la démocratie dans le sous-continent. Les deux pays se disputent le leadership politique et diplomatique de la région. La 33èmeassemblée de l'Organisation des États américains, qui s'est tenue début juin à Santiago du Chili, a adopté la « Déclaration de Santiago sur la démocratie et la confiance citoyenne », proposée par le Chili et qui appelle à « fomenter la crédibilité et la confiance citoyenne dans les institutions démocratiques» menacées par la corruption et l'impunité qui recouvre certaines actions gouvernementales illicites. Les représentants des 34 pays semblent avoir choisi d'ignorer les priorités déclarées par le secrétaire d'État états-unien, Colin Powell: lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue et condamnation du régime cubain, exclu de l'OEA depuis 1962. Le groupe de Rio, durant sa réunion du 24 mai à Cusco, a accepté la proposition du président équatorien Lucio Gutiérrez, de demander au secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, d'exhorter les guérillas colombiennes à cesser les hostilités et à négocier une solution pacifique et définitive au conflit. L'initiative, nommée Consensus de Cusco, a été soutenue, le 10 juin, par l'Assemblée générale de l'OEA. Le groupe de Rio a déclaré que si l'effort de Kofi Annan échoue, il « cherchera, avec l'aide du secrétaire général de l'ONU et en coordination avec le gouvernement de Colombie, d'autres alternatives de solution ».

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Une entreprise états-unienne, ChoicePoint, collecte des informations sur les citoyens et les entreprises de pays d'Amérique latine et les vend à différents Bureaux du gouvernement, notamment aux Départements de Justice, de Transport et de Sécurité intérieure, ainsi qu'aux Bureaux des Alcools et du Tabac, des Armes à feu et des Explosifs. La firme a dû effacer de ses archives des données extraites des registres électoraux et concernant 75 millions de mexicains, après les plaintes du gouvernement de Vicente Fox. Sept pays latinoaméricains réalisent actuellement des enquêtes pour savoir qui fournit l'information et si ces opérations sont légales. Septembre 2003 Les évêques catholiques des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), de Bolivie et du Chili se sont réunis du 2 au 4 septembre à Montevideo, pour réfléchir aux défis que représente l'intégration de l'Amérique latine et pour analyser le projet de création de la ZLÉA (Zone de libreéchange des Amériques) d'un point de vue « éthique et moral ». Leurs principales objections à la ZLÉA sont qu'elle bénéficiera surtout aux pays les plus riches, comme le Canada et les ÉtatsUnis, au détriment des pays moins compétitifs, et qu'elle consolidera à l'échelle continentale un libéralisme « sauvage ». La cinquième conférence ministérielle de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), qui s'est tenue du 10 au 14 septembre à Cancun au Mexique et s'est soldée par un échec, semble marquer l'émergence d'un nouvel équilibre des forces entre les 146 pays membres. Quelques semaines avant la conférence a été créé le Groupe des 22 pays en voie de développement (G-22 - Argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Chine, Colombie, Costa Rica, Cuba, Équateur, Égypte, El Salvador, Philippines, Guatemala, Inde, Mexique, Pakistan, Paraguay, Pérou, Afrique du Sud, Thaïlande, Turquie et Venezuela). L'initiative cherchait à constituer un contrepoids réel lors des négociations avec les États-Unis, l'Union européenne et le Japon. Le G-22 a exigé des pays du Nord qu'ils honorent leur engagement concernant la suppression des subventions agricoles avant d'aborder les autres 15

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points prévus en 2001 à Doha, ce qui a provoqué l'échec de la conférence. Selon un rapport publié lundi 22 septembre par le Fonds d'éducation du Groupe de travail sur l'Amérique latine (LAWGEF), le Centre pour la politique internationale (CIP) et le Bureau de Washington pour l'Amérique latine (WOLA), l'aide militaire attribuée par les États-Unis à l'Amérique latine a été plus que multipliée par 3 durant les 5 dernières années. Les militaires colombiens constituaient en 2002 la moitié des latinoaméricains participants aux programmes états-uniens d'entraînement militaire. Octobre 2003 Une réunion de l'Organisation des États américains (OEA) sur le. thème « Pauvreté, équité et inclusion sociale» s'est tenue début octobre sur l'île de Margarita, au Venezuela. La déclaration finale, nommée « Déclaration de Margarita », a été adoptée par les 34 gouvernements du continent (à l'exception de Cuba qui ne fait pas partie de l'OEA) vendredi 10 octobre. Les signataires s'engagent à combattre de façon urgente la pauvreté, l'exclusion sociale et les inégalités, priorité étant accordée aux groupes les plus vulnérables, les indigènes, les femmes et les enfants. Lundi 27 et mardi 28 octobre étaient réunis à Mexico les chanceliers, ministres de la défense et autres représentants des 34 pays membres de l'OEA pour discuter des questions de sécurité et de défense à l'échelle continentale. Le document final, intitulé « Déclaration sur la sécurité des Amériques », et souscrit par les 34 pays, élargit considérablement la définition des menaces à la sécurité - incluant le terrorisme tout comme l'extrême pauvreté, les catastrophes naturelles comme les violations des droits humains. Chaque pays jugera quelles sont les plus importantes et agira en conséquence. Novembre 2003 Le rapport annuel du Latinobaromètre, qui organise des enquêtes dans les différents pays du sous-continent, indique que 16

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80% des interrogés considèrent que la corruption a augmenté depuis l'année dernière. L'Assemblée générale de l'ONU (Organisation des Nations unies) a adopté, jeudi 30 octobre, une nouvelle convention prenant acte de la gravité de la situation et proposant diverses initiatives aux gouvernements et législateurs des pays du monde. La Convention contre la corruption pourra être ratifiée par les gouvernements lors d'une réunion organisée entre le 9 et le Il décembre au Mexique. Le dynamisme commercial de la Chine, entrée à l'OMC (Organisation mondiale du commerce) fin 2001, provoque des réactions contrastées selon les pays d'Amérique latine. Pour le Mexique, l'exportation massive de produits chinois à bas prix représente une concurrence très forte, notamment sur le marché états-unien, où la Chine vient de lui prendre sa place de second plus important fournisseur. Les ventes de la Chine sur le marché extérieur ont crû de 22% en 2002, ce qui représente le taux de croissance le plus élevé du monde, plaçant le pays au rang de cinquième exportateur mondial. Des dizaines de maquilas (filiales de multinationales) implantées dans les zones franches mexicaines ont quitté le pays pour s'installer en territoire chinois: ces entreprises, qui employaient un peu plus d'un million de Mexicains en 2001, n'en emploient plus que 821 000. D'autres pays, comme l'Argentine, le Brésil et le Chili, ont vu leurs exportations de matières premières (fer, soja, cuivre) augmenter significativement sous l'effet de la demande chinoise. Et les importations de produits chinois ne représentent pas un danger pour eux du fait d'un taux de change favorable ou de l'absence de concurrence que représentent les produits importés pour la production locale. Le treizième sommet ibéro-américain s'est réuni durant la deuxième semaine de novembre, dans la ville de Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie. Les présidents et chefs d'État participants ont exprimé leur solidarité avec le pays invitant et créé un « Fonds d'assistance économique de libre disponibilité ». La déclaration finale souligne l'importance du maintien du système démocratique comme forme de gouvernement. Elle fait également état de l'urgence de la mise en place de politiques 17

Chronique Amérique latine gouvernementales en faveur des secteurs les plus défavorisés. Durant la même semaine, divers leaders de mouvements sociaux latino-américains, dont notamment Evo Morales, député indigène et meneur de l'opposition qui a forcé à la démission le président Gonzalo Sanchez de Lozada, avaient organisé une Rencontre sociale alternative, qui a mis l'accent sur la défense des ressources énergétiques, le rejet de l'intégration commerciale, la fin de l'économie de marché et la revendication des terres indigènes. Ils réclamaient notamment la suspension des né~ociations commerciales avec les États-Unis au sujet de la ZLEA (Zone de libre-échange des Amériques ALCA, selon le sigle espagnol). La huitième conférence ministérielle des Amériques, qui débuta jeudi 20 novembre à Miami, s'est conclue le jour même, un jour plus tôt que ce qui était prévu, les ministres des 34 pays américains (tous, sauf Cuba), s'accordant sur la Déclaration finale. Les négociations sur la ZLÉA, qui devraient se conclure en janvier 2005 pour ensuite entrer en vigueur à la fin de la même année, étaient jusque-là entravées par les divergences de conception du Brésil et des États-Unis. La Déclaration finale, préparée par les deux pays coprésidents, propose une version plus souple de l'accord, qui laisserait aux différents pays la liberté de choisir l'étendue de leurs engagements et de leur ouverture. Cette mesure permet ainsi de laisser de côté les points de friction entre les deux pays: les États-Unis se refusent à diminuer leurs subventions agricoles, qui réduisent artificiellement les prix et sont, comme le leur reproche le Brésil, une forme de concurrence déloyale; ce dernier refuse d'introduire dans la ZLÉA des accords concernant les services, les commandes gouvernementales, les investissements étrangers et les droits de propriété intellectuelle. Le gouvernement veut en effet que ces derniers points soient discutés au sein de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), où il compte des alliés de poids (Inde, Chine, Afrique du Sud). Mercredi 19 novembre se concluait aussi, dans la même ville, le Forum d'entrepreneurs des Amériques. Une dizaine des plus grands groupes industriels états-uniens a fait connaître son rejet de la « nouvelle vision de la ZLÉA » proposée par Washington et Brasilia. Cette même 18

Chronique Amérique latine

semaine, les organisations de la société. civile opposées à la ZLÉA se réunissaient elles aussi à Miami, et donnaient à connaître leurs propositions en un document intitulé « Alternative pour les Amériques ». Décembre 2003 En juin 2004, lors de l'Assemblée générale de l'Organisation des États américains (OEA) qui se tiendra à Quito, devra être élu le nouveau Secrétaire général de l'institution, en remplacement du colombien César Gaviria, qui occupe actuellement le poste. Trois candidats s'opposent déjà: le costaricain Miguel Angel Rodriguez, qui déclare bénéficier du soutien de la majorité des pays, le ministre de l'Intérieur chilien, Miguel Insulza, dont la candidature est soutenue par le Brésil et l'Argentine, et l'actuel président de El Salvador, Francisco Flores, proche du gouvernement Bush et soutenu par les ÉtatsUnis, membre de poids de l'OEA.

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Chronique Amérique centrale

Amérique

centrale

Janvier 2003 La première phase des négociations commerciales entre les États-Unis et les cinq pays d'Amérique centrale du groupe G-5 (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras et Nicaragua) a débuté lundi 27 janvier, à San José (Costa Rica). Les neufs réunions prévues au cours de l'année devraient aboutir en décembre 2003 à un accord commercial préparant la mise en place de la ZLÉA (Zone de libre-échange des Amériques). Les ministres de la Santé de six pays d'Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Honduras, Guatemala, Nicaragua y Panama) ont conclu jeudi 29 janvier un accord avec les grands laboratoires pharmaceutiques prévoyant une baisse de prix d'environ 50% sur 14 médicaments contre le sida.

Février 2003
La première phase des négociations commerciales entre les États-Unis et les cinq pays d'Amérique centrale du groupe G-5 (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua) s'est achevée fin janvier sans résultats concrets. Mars 2003 Dans les capitales politiques et économiques du Guatemala, du Honduras, du Nicaragua, du Costa Rica et du Salvador, la pollution atmosphérique dépasse le seuil maximum défini par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce problème affecte plus de 80 millions de Latino-américains, selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL), causant des troubles de santé parfois mortels (asthme, allergies, infections respiratoires. . .).

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Chronique Amérique centrale

Avril 2003 Les négociations en vue d'un accord de libre-échange entre les pays du groupe G-5 (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua) et les États-Unis se poursuivent. Les représentants des 6 pays se sont réunis le 3 avril à San Salvador, et le 10 à Washington. Le secteur agricole est un de ceux qui posent le plus de difficultés dans les négociations - il représente un tiers de la population active d'Amérique centrale. Les pays du G-5 ont demandé au gouvernement états-unien qu'il cesse de subventionner ses exportations agricoles, ce qu'il se refuse à faire si le Japon et les pays européens ne font de même. Le G-5 a donc proposé d'autres solutions, comme d'imposer une taxe de protection ou des quotas d'importation aux produits étatsuniens subventionnés. Les 347 000 travailleurs immigrés d'El Salvador, du Honduras et du Nicaragua, ayant bénéficié du Statut de Protection temporaire (TPS en anglais) autorisant le séjour de ressortissants de pays souffrant de conflits armés, catastrophes naturelles ou autres circonstances exceptionnelles, sont dans l'incertitude au moment où s'achève la troisième période de prolongation du TPS. Le gouvernement états-uni en doit annoncer avant le 5 mai (Nicaragua et Honduras) et le 9 juillet (El Salvador) s'il prolonge le statut pour la quatrième fois. Ces travailleurs envoient chaque année entre 300 et 400 millions de dollars à leurs pays respectifs. Octobre 2003 La huitième ronde de négociations d'un possible traité de libreéchange entre les cinq gouvernements d'Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Honduras et Nicaragua), et le gouvernement états-unien s'est tenue, durant la 4ème semaine d'octobre à Houston. Les discussions ont abouti sur quelques accords concernant les investissements mais les résolutions sur les secteurs sensibles comme l'agriculture et les textiles ont été reportées à décembre.

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Chronique Amérique centrale

Décembre 2003 Le Guatemala, El Salvador, le Honduras et le Nicaragua ont conclu, mercredi 17 décembre, des accords de libre-échange avec les États-Unis. Le Costa Rica a refusé l'ouverture du marché des télécommunications et des assurances - qui sont actuellement monopoles d'État -, que réclamait, lors des dernières négociations, le groupe mené par Robert Zoellick, le représentant des États-Unis. Le ministre du commerce extérieur costaricain, Alberto Trejo, a finalement choisi de ne pas signer l'accord. Les discussions reprendront en janvier 2004.

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Chronique Amérique du Sud

Amérique

du sud

Avril 2003 Vendredi Il avril, la réunion à Brasilia des présidents péruvien et brésilien, Alejandro Toledo et Luiz lnâcio Lula da Silva, a prévu pour juin 2003 la signature d'un accord de libre-échange entre Pérou et Mercosur (Marché commun du Sud). Cet accord pourrait ouvrir la voie à des négociations entre le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et la Communauté andine de nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela). Un accord a aussi été signé prévoyant la construction en 2004 d'un pont sur l'Acre, un fleuve frontalier. Les ministres de la défense des pays d'Amérique du sud, réunis pour la première fois, mercredi 23 avril, à Rio de Janeiro, ont décidé de renforcer la coopération et l'intégration militaire de la région. Une autre réunion devrait avoir lieu au Chili, juste avant la Conférence interaméricaine de sécurité, prévue pour octobre. Mai 2003 Les attentats du Il septembre 2001, le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme », et la réanimation du Traité interaméricain d'assistance réciproque (TIAR) ont renforcé les discussions sur la sécurité dans la région. Mais il n'y a pas, pour l'instant, d'accord en la matière pas plus qu'il n'y a de doctrine militaire commune. Le gouvernement équatorien s'est donné comme priorité le renforcement de la Communauté andine de nations (CAN Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou et Venezuela) et son intégration avec le Mercosur (Marché commun du sud). Va dans ce sens la visite du président équatorien Lucio Gutiérrez à son homologue brésilien, Luiz lnâcio Lula da Silva, le 26 mai. Selon les déclarations de la ministre des Relations extérieures, Nina Pacari, l'accession à la présidence de la CAN de
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