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Anthropologie amérindienne

De
640 pages
Père fondateur de l’anthropologie américaine, Franz Boas consacre une partie de sa vie à l’étude des tribus indiennes de la côte nord-ouest des États-Unis. S’intéressant autant aux mythes, aux pratiques sociales, aux rites et aux arts qu’à la linguistique, à l’économie ou à l’anthropologie physique, il collecte récits, partitions musicales, photographies, statistiques, rêves et dessins.
Grâce à l’extraordinaire richesse des matériaux compilés lors de ses terrains, Boas propose une démarche fondamentale pour l’anthropologie : refusant de considérer une culture comme un îlot immobile, l’anthropologue s’attache à en retracer l’histoire et les changements, définissant une identité en perpétuel mouvement.
Sélection de textes traduits de l’anglais et de l’allemand, ce recueil propose pour la première fois les principaux textes de ce grand classique des sciences sociales, qui fut une des premières sources du travail de Marcel Mauss sur le potlatch et de Claude Lévi-Strauss sur les mythes.
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Franz Boas
Anthropologie amérindienne
Champs classiques
© Flammarion, 2017.
ISBN Epub : 9782081409255
ISBN PDF Web : 9782081409262
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081270817
Ouvrage composé et converti parPixellence(59100 Roubaix)
Présentation de l'éditeur Père fondateur de l’anthropologie américaine, Franz Boas consacre une partie de sa vie à l’étude des tribus indiennes de la côte nord- ouest des États-Unis. S’intéressant autant aux mythes, aux pratiques sociales, aux rite s et aux arts qu’à la linguistique, à l’économie ou à l’anthropologie physique, il collec te récits, partitions musicales, photographies, statistiques, rêves et dessins. Grâce à l’extraordinaire richesse des matériaux com pilés lors de ses terrains, Boas propose une démarche fondamentale pour l’anthropolo gie : refusant de considérer une culture comme un îlot immobile, l’anthropologue s’attache à en retracer l’histoire et les changements, définissant une identité en perpétuel mouvement. Sélection de textes traduits de l’anglais et de l’a llemand, ce recueil propose pour la première fois les principaux textes de ce grand cla ssique des sciences sociales, qui fut une des premières sources du travail de Marcel Mauss sur le potlatch et de Claude Lévi-Strauss sur les mythes.
Né en Allemagne, Franz Boas (1859-1942) émigre aux États-Unis à la fin des années 1880, où il devient directeur de la section d’anthr opologie du musée d’Histoire naturelle de New York puis professeur à l’universit é Columbia. Son approche à la fois théorique et empirique, ouverte à de nombreux domai nes, fait de lui un acteur majeur de l’évolution des sciences humaines.
Dans la même collection
Marc Augé,Pour une anthropologie des mondes contemporains. Les Cahiers de L'Herne,Claude Lévi-Strauss. Fustel de Coulanges,La Cité antique. Philippe Descola,La Composition des mondes. René Girard,Sanglantes origines. Maurice Godelier,Au fondement des sociétés humaines. Maurice Godelier,L'Énigme du don. Maurice Godelier,La Production des grands hommes. Bertrand Hell,Possession et chamanisme. Benoît de L'Estoile,Le Goût des autres. Lucien Lévy-Bruhl,La Mentalité primitive. Florence Weber,Brève histoire de l'anthropologie. Max Weber,L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme. Max Weber,Hindouisme et bouddhisme. Max Weber,Le Judaïsme antique. Max Weber,Sociologie de la religion.
Anthropologie amérindienne
PRÉSENTATION
UnebellelégenderacontequeFranz Boas s'éteignit, le21décembre1942,dans les brasdeClaude Lévi-Strauss, lorsd'undînerauquel tousdeux participaient à New York. Legrandsavant germano-aricain,alors âgéde quatre-vingt-quatreans,auraitainsi transmisdans sesderniers instants son charismed'anthropologueau brillant trentenaireexiléaux États-Unis. Unerencontreeut bien lieu, mais lesdeux hommes n'eurent sansdoutepas letempsdenouerderitables échanges scientifiques (lacorrespondanceconsereportelatraced'unecertaineconfusion, Boasayant semble-t-il commis unemépriseen identifiant Lévi-Strauss àunedame; cedernierécrivit à sonaîné qu'il neluien tenait 1 aucunementrigueurmaisqu'il tenait malgré tout àrectifiercepoint).
Franz Boas à bordduGermaniaenroutepourl'Arctique, 1883.
Lévi-Strauss fit étatdès sonretouren Europe,en 1943, puis à nouveaudansLaVoiedes masques, en 1975,du choc qu'avaitreprésenté pour lui ladécouvertedes sallesd'ethnologie indienne aménaes parBoasaumued'HistoirenaturelledeNew York, qui furent lethéâtredesaritable rencontreavec l'œuvreduspécialistedes mondes indiensd'AmériqueduNord:
Ilest à New York, écrivais-jeen 1943,un lieu magiqueoù lesrêvesde l'enfance se sontdonné rendez-vous ;oùdes troncs séculaires chantentet parlent ;oùdesobjets indéfinissables guettent le visiteuravec l'anxieuse fixitéde visages ;oùdesanimauxd'une gentillesse surhumaine joignent commedes mains leurs petites pattes, priant pourleprivilègedeconstruireà l'élulepalaisducastor, delui servirdeguideauroyaumedes phoques,oudeluienseignerdansun baisermystiquelelangage delagrenouilleoudumartin-pêcheur. Celieu,auqueldes méthodes muographiquesdésuètes, mais singulièrementefficaces, confèrent les prestiges supplémentairesdu clair-obscurdes cavernesetdu croulantentassementdes trésors perdus,on le visite tous les jours,deh 10 eures à 5 heures, à 2 l'AmericanMuseumof Natural History .
Uneœuvrefondatriceet mal connue
L'hommagede Lévi-Strauss,en soulignant la fascination à la fois «enfantine »et «désuète » éveilléeparles métamorphosesanimalesdes mâts totémiquesetdes masques queBoasavaitréunis dans les sallesdumueet les pagesdeses livres, courait lerisquederenvoyercesderniersdans le « clair-obscur »d'uneapproche qui n'aurait pleinementrévélé sa teneur qu'à la lumièrede sa relecturestructuraliste. De fait, la présenteanthologieest la première publicationde textesde Franz Boasen langue fraaise, à l'exception notablede la traductiondeL'Art primitif(Primitive Art, 1927)dont la publication, initialement prévuedans lacollection « L'Espècehumaine»deGallimarden 1937, ne 3 vit finalement le jour qu'en 2001aux éditions Adam Biro. Le caractère tardifde cetteréception, pourtant inauguréeen France par les célèbresréférencesde l'Essai sur ledondeMarcelMauss (1925) à l'analysedu« potlatch » chez Boas, constitueà lui seulun fait significatifdel'histoirede l'anthropologiefraaise.Mais il tient certainement pourunepart à lafacturespécifiquedel'œuvre deBoas, constammentréticent à l'idéedecloresesrecherchesen formulantdes conclusionsdansde ritables livres,et qui préféraitréinventer sans cesse ses propresanalysesdansdesarticleset «rapports »austatut provisoire,expérimentalet souvent peuvisible. Aujourd'huiencore, ses textes n'ont pas fait l'objet,aux États-Unis,d'un travailddition quien favoriseladiffusion, mêmesi leur nurisation lesarendusenfinaccessibles. Lasélectiond'extraits quiest présentéeicidonneraune idéede l'extrême variétéde sa production, inventiveetdéroutante :récits, mythes, partitions musicales, photographies, statistiques, transcriptions linguistiques,rêvesetdessins complètentet informent letravaild'écritureproprementdit. Ladimensionencyclodiquedesrecherchesde Boas, héritagede ladéfinition globalisanteet ambitieusede l'anthropologie quiavait été initiéeen Allemagne par les frères Humboldtun siècle plus tôt, conjuguelesapportsdesciences quenousavonsaujourd'hui tendanceà isolerlesunesdes autres, comme la linguistique, la géographie, l'anthropologie physiqueet l'anthropométrie, la sociologie, l'histoiredesreligionsou l'histoirede l'art. Lesapportsde Boas à tous cesdomaines demeurentdéterminantset précis, quoique mal connus. Loinde tout éclectisme, les investigations multiformesde Boas sur ses terrains indiens fournissentaujourd'huiencoreune superbe leçonde science, non seulement parl'acuitédeses questionnements méthodologiques maisaussi parlafinesse avec laquelleil sutarticulersesengagementsd'intellectuelœuvrant pourplusd'égalitéet l'ouverture auxobjectionsde sesadversairesetaux contradictionsauxquelles le confronta l'avancéede ses propresrecherches.
Lafiguretutélaired'Adolf Bastian
En 1896, Boas écrivitun textedestinéau volumede mélangesen l'honneurd'Adolf Bastian (1826-1905) publié pourlesoixante-dixièmeanniversairedecedernier, quidirigeajusqu'à samort
4 lemued'EthnologiedeBerlin. Cetextefutundesderniers écrits parBoasen langueallemande: ilabandonnaensuitesalanguematernellecommelanguescientifiqueauprofitdel'anglais, y compris pourses correspondancesavecdes interlocuteursallemands. Lechoixduthèmen'était pasanodin : 5 pourrendrehommageà celui qui fut son mentorauMuseum fürVölkerkundeoù ilavait travaillé en 1885-1886avantde quitter l'Allemagne pour les États-Unis, Boas luioffritunarticledenseet synthétiquesurles sociétés secrètes chez les Indiens kwakiutl,dans lequel ilrésumait lerésultatde son travailethnologiquedeterrainet livrait ses hypothèses interprétativesd'unemanièreplusouverte qu'à l'accoutue. Leprivilègeaccordé parBoasaux tribus kwakiutl, choisies commepoint focalde sesrecherches, tintau fait que l'étudede l'organisation socialeetreligieusede cette population se présentait commeune énigme singulièrement « compliquée »,undéfi scientifique que Boasavait entreprisderelever,et qui était susceptiblede justifier,aux yeuxde Bastianetde sesanciens collèguesallemands, lechoixdeson installationauNouveauMonde. Dans lalignéed'un Alexandre von Humboldt, Bastian incarnaitun éland'explorationdumondesi irrésistibleque, bien souvent, ses collèguesdu muede Berlindemeuraient plusieurs moisdurant sans nouvellesde leurdirecteur, sachant seulement qu'il était parti pourdelointains voyagesenemportant samachineà écrire.
Couvertured'un volumed'hommages à Adolf Bastian, 1896.