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Anti-Onfray 2

De
322 pages
La parution du livre de Michel Onfray Le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne en avril 2010 a été la source d'une grande abondance de débats qui se sont cristallisés presque immédiatement, d'abord sous forme de deux livres : celui d'Elisabeth Roudinesco Mais pourquoi tant de haine ?, et celui d'Emile Jalley Anti-Onfray 1. Le débat général a produit environ 200 articles sur le Web, d'une grande qualité de contenu et dans une grande variété de champs, et dans le présent volume.
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Anti-Onfray 2
Les réactions au livre de Michel Onfray
Débat central, presse, psychanalyse théorique

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-12950-4 EAN : 9782296129504

Émile Jalley

Anti-Onfray 2
Les réactions au livre de Michel Onfray
Débat central, presse, psychanalyse théorique

L’Harmattan

Émile JALLEY, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé de philosophie, psychologue diplômé d’État, professeur émérite de psychologie clinique et d’épistémologie à l’Université Paris Nord. Principales publications Livres Wallon lecteur de Freud et Piaget, Paris, Éditions sociales, 1981. Wallon : La Vie mentale, présentation, Paris, Éditions sociales, 1982. Henri Wallon : Psychologie et dialectique, (avec L. Maury), présentation, Paris, Messidor, 1990. Atlas de la psychologie (H. Benesch), direction de traduction de l’allemand avec augmentation, Paris, Livre de Poche, 1995. Dictionnaire de la psychologie (W. D. Fröhlich), direction de traduction de l’allemand, Paris, Livre de Poche, 1997. « Psychanalyse, psychologie clinique et psychopathologie » : in Psychologie clinique et psychopathologie (R. Samacher et col.), Paris, Bréal, 1998. Freud, Wallon, Lacan. L’enfant au miroir, Paris, EPEL, 1998. La crise de la psychologie à l’université en France, tome1 : Origine et déterminisme, tome 2 : état des lieux depuis 1990, Paris, L’Harmattan, 2004. La psychanalyse et la psychologie aujourd’hui en France, Paris, Vuibert, 2006. Wallon et Piaget. Pour une critique de la psychologie contemporaine, Paris, L’Harmattan, 2006. La guerre des psys continue. La psychanalyse française en lutte, Paris, ibid., 2007 Critique de la raison en psychologie. La psychologie scientifique est-elle une science ? ibid., 2007. La guerre de la psychanalyse. Hier, aujourd’hui, demain, ibid., 2008. La guerre de la psychanalyse. Le front européen, ibid., 2008. Un Franc-Comtois à Paris. Un berger du Jura devenu universitaire, ibid., à paraître, 2010. Interventions 2008 - 2010 sur la crise de la psychanalyse et de la psychologie, ibid., à paraître, 2010. Anti-Onfray 1, Anti-Onfray 2, Anti-Onfray 3, ibid., 2010. Encyclopédies « Wallon Henri » : Encyclopaedia Universalis, tome 18, Paris, 1985. « Wilfred Bion » : ibid., tome 4, 1989. « Concept d’opposition » : ibid., tome 16, 1989. « Psychanalyse et concept d’opposition » : ibid., tome 19, 1989. « Psychologie génétique » : ibid., tome 19, 1989. « Les stades du développement en psychologie de l’enfant et en psychanalyse » : ibid., Symposium, 1989. « Les grandes orientations de la psychologie actuelle » : Encyclopédie médicochirurgicale, Paris, Éditions techniques, 1989. « Psychologie clinique » (en collaboration) : ibid., 1991. « La psychologie moderne » : Encyclopédie Clartés, Paris, Éditions Clartés, 1996. « Wallon Henri 1879-1962 » : Encyclopédie philosophique universelle. Dictionnaire : Paris, Presses Universitaires de France. 1992. Articles divers « Le thème du miroir dans l’histoire de la philosophie » : L’Unebévue, Paris, EPEL, n° 14, Hiver 1999. « Données pour un panorama bref, partiel et provisoire de la structure institutionnelle de la psychologie française aujourd’hui » : Psychologie clinique, Paris, L’Harmattan, n° 11, 2001, pp.185217. « Etat de la psychologie en France : déontologie, publications, gestion des carrières », Le Journal des psychologues, n° 184, février 2001, pp. 14-18. « La psychologie, une science fondée sur l’éthique ? », ibid., n°188, juin 2001, pp. 8-9. « La psychologie est-elle en crise ? », ibid., n° 213, déc. 2003-janv. 204, pp. 10-15. « Le retour de Wallon et Piaget », ibid., n° 244, fév. 2007, pp. 58-63.

Pour PIERRE JALLEY, notre fils BÉNÉDICTE JALLEY-MEURISSE, mon épouse et GISÈLE PONCHARD-BONNARD, ma mère En hommage aussi à mes deux psychanalystes Madame le Docteur Anny Cordié et Monsieur le Docteur Jean Gillibert

Bientôt seront tous morts ceux qui savaient de quoi il est question Philippe Sollers, France-Culture du 1er août 2010

Georges Philibert Charles Maroniez (1865-1933) : Abreuvoir en Flandre.

ANTI-ONFRAY 1, 2, 3
Sommaire des trois volumes, celui-ci étant Anti-Onfray 2

ANTI-ONFRAY 1
Sur Freud et la psychanalyse Sommaire En guise de bref discours de la méthode, 9 Chapitre 1 : Nietzsche déguisé en Charlot, 15 1.1. Une rhétorique de l’invective contre un Idéal du Soi à expulser, 15 1.2. La philosophie à coups de marteau organisant les jeux du cirque, 19 1.3. La caricature risible d’une idée géniale de Nietzsche, 24 1.4. Swift et Hegel : le grand homme assailli par les nains du jardin, 35 1.5. De la littérature sur la soi-disant littérature de la pensée freudienne, 37 Chapitre 2 : Freud habillé en satyre, 41 2.1. Freud et la philosophie : l’ambivalence n’est pas du tout la haine, 41 2.2. Une réelle incompétence en histoire de la psychologie, 44 2.3. L’imaginaire œdipien n’aurait jamais existé avant la fable freudienne, 50 2.4. D’autres aberrations en matière d’histoire des sciences, 56 2.5. La contrevérité sur l’absence de cas cliniques, 60 2.6. Un totalitarisme encore pire que celui reproché à l’adversaire, 61 2.7. La profanation des tombeaux comme genre littéraire nouveau, 65 Chapitre 3 : Gare aux chiens de garde, 73 3.1. La contradiction ingérable d’un renversement total de perspective, 73 3.2. Le problème difficile de l’ « influence » dans l’histoire des idées, 82 3.3. Une avalanche de contradictions chez un philosophe de métier, 91

7

Chapitre 4 : L’histoire des idées vue par Cadet Rousselle, 105 4.1. Une conception rudimentaire de la nature de la science, 105 4.2. La psychanalyse sauvage de l’inventeur de la psychanalyse, 116 4.3. Des oublis et des erreurs par ignorance ou par mauvaise foi, 124 Chapitre 5 : Tartuffe à la pêche en eau trouble, 141 5.1. La farce impayable du juif antisémite et complice des dictateurs, 141 5.2. L’histoire rocambolesque d’un complot universel, 160 5.3. La contre-histoire au détriment de la véritable histoire critique, 161 5.4. L’auteur masqué en Descartes qui s’avance masqué, 170 Coda, 175 Références, 183

ANTI-ONFRAY 2
Les réactions au livre d’Onfray Débat central, presse, psychanalyse théorique Sommaire Introduction : la psychanalyse vit toujours même combattue par les pouvoirs en place, 19 Chapitre 1 : Présentation du corps d’un auteur, 33
François-Xavier Ajavon : Michel Onfray, mini-Nietzsche, mais on le voit un maximum, Marianne, 26/5/2009, 33 François-Xavier Ajavon : Michel Onfray, Le libertaire libertin en psy-show-thérapie, id., 22/5/2010, 33 Gérard Miller : Edito : Freud, Nietzsche et Zavatta, 9/11/2009, 37 Patrick Pecatte : Les souvenirs d’enfance de Michel Onfray, 30/4/2010, 38 Gérard Glatt, 25 05 2010 : Portrait d’un philosophe, 25/5/2010, 44 Claude Guillon : Michel Onfray ou l’esprit de l’escabeau, 1/6/2010, 45

8

Chapitre 2 : Le débat central entre Élisabeth Roudinesco et Michel Onfray, 15/4/- 28/4/2010, 49
Élisabeth Roudinesco : Onfray et le fantasme antifreudien, Le Monde des livres, 15 ou 16/ 4/2010, 49 Élisabeth Roudinesco : Roudinesco déboulonne Onfray, 16/4/2010, 56 Élisabeth Roudinesco : Pourquoi tant de haine ? (Suite…), 19/4/2010. Élisabeth Roudinesco : Onfray projette sur l’objet haï, ses propres obsessions, 21/4/2010. Ce texte est à peu près identique aux deux précédents, et il est publié à nouveau à peu près sans changement dans le Livre intitulé Mais pourquoi tant de haine ? 56 Élisabeth Roudinesco : Interview exclusive avec Pierre Cormary, Surlering.com, 25/4/20 10, 58 Élisabeth Roudinesco publie un livre sur l’affabulation d’Onfray, annonce, Surlering.com, 2/5/2010, 60 Élisabeth Roudinesco : Onfray revisite son affabulation, 19/5/2010, 62 Élisabeth Roudinesco : Interactiv’, interview, 28/5/2010, 66

Chapitre 3 : Les contributions personnelles d’Onfray, 67
Michel Onfray : La diva des divans Où l’on apprend que je suis un masturbateur compulsif…, 15/4/2010, 68 Michel Onfray : Défections : Où l’on apprend qu’une séance non honorée doit toujours être payée…, 15/4/2010, 70 Michel Onfray : Et distinctions : Où l’on apprend que tous les psychanalystes ne sont pas des malades…, 15/4/2010, 70 Michel Onfray : Où l’on apprend ce qu’est la position du missionnaire, 17/4/2010, 71 Michel Onfray : Les patients, c’est de la racaille, 20/4/2010. Ce texte est repris sous la même forme dans : Freud, une chronologie sans légende, mai 2010, 72 Michel Onfray : Freud est-il décidément une chasse gardée et son œuvre interdite de relecture critique, 21/4/2010, 90 Michel Onfray : interview par Élise Lucet sur France 2, 23/4/2010, non reproductible. Michel Onfray : interview sur Arte, 23/4/2010, non reproductible. Michel Onfray : Freud aime Mussolini et la gauche l’aime…, 24/4/2010, transféré dans le ch. 20 : Les questions politiques : l’antisémitisme et la pensée d’extrême droite, 90 Michel Onfray : Éloge d’Élisabeth Roudinesco, 27/4/2010, 90 Michel Onfray : Une certaine « attention flottante » avec le fisc, 27/4/2010, 91 Michel Onfray : L’inquisition post-moderne, 1/5/2010, 91 Michel Onfray : Ni ce soir, mais jamais, 5/5/2010, 94 Michel Onfray : Le bal des faux-culs, suite…, 7/5/2010, 97 Michel Onfray : Psychanalystes, encore un effort si vous voulez être républicains, 7/5/ 2010, 98 Michel Onfray : Chez (mon ami) Denis Mollat, 9/5/2010, 98 Michel Onfray : Courrier du cœur, 9/5/2010, 99 Michel Onfray : Éloge de quelques philosophes nazis, transféré dans le ch. 21 : Les questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite, 12/5/2010, 99 Michel Onfray : Freud, une chronologie sans légende, mai 2010, 99 Michel Onfray : Salaud de philosophe de merde, 21/5/2010, 99

9

Michel Onfray : La psychanalyse et les psychanalystes ont fourni pas mal de thèmes aux théoriciens nazis, transféré dans le chapitre 21 sur Les questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite, 24/4/2010, 99

Chapitre 4 : Les grands dossiers de presse : Le Nouvel Observateur, Le Point, Marianne, Le Monde, Libération, Le Figaro, 101
Le dossier : Haro sur Freud ! À quoi sert la psychanalyse ?, Le Nouvel Observateur n° 2369 du 1-7/4/2010, 18-32, 102 Sylvain Courage : Haro sur Freud ! À quoi sert la psychanalyse ?, 18-19, 103 Marcel Gauchet : La psychanalyse permet de devenir soi-même, 20-22, 104 Denis Olivennes : propos recueillis par, 20-22, 104 Boris Cyrulnik : La rencontre de deux âmes, 24, 104 André Green : Aucun triomphalisme n’est justifié, 26, 104 Christophe André : Du respect mais pas d’idolâtrie, 28 104 Élisabeth Roudinesco : La révolution de l’intime, entretien du 1/1/2010, 30, 104 Paroles de lecteurs, 106, Guerdoux, Rachelli, 107, Ansermet, 108, Lemardelé, 109 Le dossier : Onfray déboulonne Freud, Le Point n° 1961 du 15/4/2010, 69-81, 110116 Émilie Lanez, 69-76, 110, Philippe Grimbert, 76-78, 113, Serge Hefez, 78-79, 114, Christophe André, 80-81, 115, Jacques-Alain Miller, 81, 116 Basile de Koch : Télésubjectif : Onfray-Freud : Un choc de titans, Valeurs actuelles, 15/4/2010, 63, 117 Le dossier : Le philosophe Michel Onfray publie un essai féroce, Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne. Julia Kristeva psychanalyste et auteur des Nouvelles maladies de l’âme lui répond, Nouvel Observateur n° 2372 du 2228/4/2010, 28-30, 90-94, 119 Julia Kristeva, Michel Onfray : Le fond du débat, propos recueillis par François Armanet et Gilles Anquetil, 90-94 ; Paroles de lecteurs, 28-30. Le dossier : Michel Onfray, l’intellectuel qui fait peur aux élites, exécute Freud. Le prêcheur laïc. Un pamphlet au mépris de la vérité historique, Marianne n° 679, 24-29/4/2010, 76-85, 122 Alexis Lacroix : Il exécute Freud, Michel Onfray, l’intellectuel qui fait peur aux élites, 76-78, 123 Judith Perrignon : Enquête : le prêcheur laïc, 78-84, 125 Philippe Petit : Un pamphlet au mépris de la vérité historique, 85, 128 Le dossier : Contre-enquête : Freud : pourquoi tant de haine ? Le Monde du 23/5/2010, 14-18, 129 Thomas Wieder : Freud, pourquoi tant de haine ? Décodage, 14, 130 Véronique Maurus, médiatrice : Freud déboulonné ?, 15, 133 Béatrice Gurrey : Ce débat si français qui fascine les intellectuels étranger, 16 transféré dans le chapitre 22 sur Les réactions de l’étranger, 16, 134

10

Samuel Lézé : La psychanalyse a des ressources pour résister, 16, transféré dans le chapitre 18 sur La position des sciences sociales, 134 Les dossiers de Libération des 26/4 (20), 3/5/ (24-25), 4/5/2010 (20), 134 Michel Crépu : Le divan dans de beaux draps, 26/4/2010, Rebonds, 20, transféré dans le chapitre 16 sur La position du milieu littéraire. René Major, Chantal Talagrand : Michel Onfray ou la folie raisonnante, 26/4/2010, Rebonds, 20, transféré dans le ch. 12 sur Le point de vue de la psychopathologie. Alain Badiou, Étienne Balibar, Jean-Luc Nancy, Michel Deguy : Attaques sur Freud ou la philosophie au bulldozer, 3/5/2010, Rebonds, 24-25, transféré dans le chapitre 13 sur La position des philosophes. Anne E. Berger : Plaidoyer pour la « psychologie littéraire », 3/5/2010, Rebonds, 24, transféré dans le chapitre 16 sur La position du milieu littéraire. Michel Onfray : Oui, Freud avait un goût pour le fascisme, 3/5/2010, Rebonds, 25, transféré dans le chapitre 20 sur Les questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite. Guillaume Mazeau : Onfray : faux paria, vrai populiste, 4/5/2010, Rebonds, 20, transféré dans le chapitre 17 sur La position de la science historique. Jacob Rogozinski : L’art de ne pas lire Freud, 4/5/2010, Rebonds, 20, transféré dans le chapitre 13 sur La position des philosophes. Le Figaro : Dossiers : Ces psys qui changent notre vie, Le Figaro Magazine, 5665 ; Un siècle de controverse : Le procès fait à Freud ; Le malentendu avec les lettres françaises, Le Figaro littéraire, 1-2, 135 Patrice de Méritens, Christophe Doré, Sophie Roquelle : Ces psys qui changent notre vie, Le Figaro Magazine, 17/4/2010, 56-65, 135 Paul-Francois Paoli : Le procès fait à Freud, Le Figaro littéraire, 29/4/2010, 1-2, déjà analysé dans Anti-Onfray 1, 136 Paul-François Paoli : Le malentendu avec les lettres françaises, Le Figaro littéraire, 29/ 4/2010, 2, transféré dans le chapitre 16 sur La position du milieu littéraire, 138

Chapitre 5 : Interventions d’autres journalistes, 139
Myriam Chaplain-Riou : Michel Onfray déboulonne Freud et fait grincer des dents, 14/ 4/2010, 139 Jean-Clet Martin : Onfray/Roudinesco, 17/4/2010, 141 Robert Maggiori : Onfray jette un pavé dans la psychanalyse, Libération, 17/4/2010, 142 Yvan Najiels : L’abject Onfray ne recule devant rien, 18/4/2010, 144 Henri Roudier : Les 450 euros de Freud. L’affabulation arithmétique d’Onfray, 19/4/ 2010, 145 Pierre de Charentenais : Les intellectuels hooligans, 23/4/2010, 146 Nabil Farès : Différence entre critique et délation, 27/4/2010, 147 Jean-Luc Porquet : Le divan marquis, Le Canard enchaîné, 148 Librairie Rêvalire : Le crépuscule d’Onfray, splendeur et misère des courtisanes : Michel Onfray en martyr !, 4/5/2010, 149 Gérard Ponthieu : Onfray, Freud et les freudistes. Le crépuscule d’un débat religieux, 7/5/2010, 150 La planète psy dans tous ses états, éditorial, lemonde.fr, 7/5/2010, 153

11

Nicolas Romeas : Chute d’une icône populaire, non daté, 154 Jean-François Marmion : Sur le net, pour ou contre Michel Onfray, 12/5/2010, 156 Olivier Postel Vinay : Onfray déboulonne Freud, ses critiques aussi sont dans le déni, 17/5/2010, 158 Emmanuel Lemieux : Les tontons flingueurs, 17/5/2010, 159 M. Queen : Élisabeth Roudinesco répond à Michel Onfray dans Mais pourquoi tant de haine (L’affabulation d’Onfray), 27/5/2010, 162 Emmanuel Fleury : Pourquoi cette haine (de Michel Onfray à l’encontre de la psychanalyse) ?, 28/5/2010, 163 Zoé Azar : Hasardages : Élisabeth Onfray, 31/5/2010, 164 Alexis Lacroix, Le fond de l’air Onfray, Marianne n° 687, 19-25/6/2010, 166

Chapitre 6 : La défense doctrinale de la psychanalyse (1) 169
Jacques-Alain Miller, Michel Onfray : En finir avec Freud, Martin Duru, Alexandre Lacroix, Philosophie Magazine, février 2010, débat du 15/1/2010, 169 Jacques-Alain Miller : Communiqué à propos de Michel Onfray, 18/4/2010, 178 Emmanuel Debur : Onfray seul en scène, SudOuest.fr, 8/4/2010, 180 Geneviève Morel, psychanalyste : Commentaires en avant-première du livre de Michel Onfray contre Freud, sur une émission télé, 12/4/2010, 182 Vérités bonnes à dire : Michel Onfray chez Frank Olivier Giesbert et son livre sur Freud, 15/4/2010, 186 Léon-Marc Levy : Onfray ou la haine de Freud, 17/4/2010, 189 Frédéric Nathan-Murat : Droit de réponse à M. Onfray et au Livre noir de la psychanalyse, pour un enjeu de civilisation, article non daté, 193 Patrice Declerck : La psychanalyse sans illusion, Le Monde, 21/4/2010, 195

Chapitre 7 : La défense doctrinale de la psychanalyse (2) 199
Michel Guilloux : Onfray-Freud, de la haine du Père à la misère du philosophe, 21/4/ 2010, 199 Jean-Daniel Causse : Michel Onfray : un retour de l’obscurantisme, 2/5/2010, 201 Raphaël Draï : Approche freudienne du cas Onfray, Droit Science Po, Aix, 2/5/2010, 204 Gérard Huber : De l’introduction de la délation en philosophie, 3/5/2010, 205 Françoise Wilder : Dans les pas de Dan Brown, 3/5/2010, 218 Patrick Valas : Commentaires raisonnés, 7/5/2010, 219

Chapitre 8 : La défense doctrinale de la psychanalyse (3) 227
Jacques Sibony : Les analysants n’ont que faire de savoir si Freud était un héros ou pas, Le Monde, 7/5/2010, 227 Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste : Qui a peur de Michel Onfray, lemonde.fr, 7/5/2010, 230 Janine Abécassis, psychanalyste et universitaire : Se croire casseur d’idées, lemonde.fr, 7/5 /2010, 232

12

Leguil Clotilde, psychanalyste, membre ECF : Pourquoi il faut défendre Freud au XXIe siècle, Marianne 681, du 8-14/5/2010, 40, 233 Marie-Hélène Brousse : La vertueuse férocité de l’Inquisiteur, ibid., du 8-14/5/2010, 40, 241 Gérald Messadié : Ne tirez pas sur Freud ! Ibid., du 8-14/5/2010, 67, 243 Jean-Christophe Grellety : Onfray versus Freud, de l’ego des surfaces à ses profondeurs, 9/5/2010, 243 Alithia : Lectures de l’opération Onfray contre la psychanalyse, 10/5/2010, 244 Christophe Chaperot, psychiatre, psychanalyste : Faut-il encore répondre à Onfray ?, 10 /5/2010, 246 Anthony Balletano : Un beau-paquet cadeau : Onfray, Mijolla, Van Rillaer & Co., 12/5/ 2010, 249

Chapitre 9 : La défense doctrinale de la psychanalyse (4) 255
Chloé Salvan : Mais de quoi Michel Onfray est-il donc le symptôme ?, 14/5/2010, 255 Hervé Hubert : Ce que Michel Onfray apporte à la psychanalyse, 17/5/2010, 258 Yann Leroux : Comment les institutions de psychanalyse ont traité l’affaire Onfray, 20/5/2010, 262 Karim Sarroub : Michel Onfray ou la conversion d’un hédoniste en gredin de la pensée, 20/5/2010, 263 Xavier Lacavalerie : Onfray contre l’affreux Freud, 23/5/2010, 273 Frédéric Forest, François Pommier : Onfray : le chapitre manquant, lemonde.fr, 1/6/ 2010, 277 Clotilde Leguil : Nietzsche à la sauce noire des TCC, L’Âne, 26/6/2010, 279, 235 Joseph Macé-Scaron : Gourologie : Les petits tyrans du divan, Marianne, 26/62/7/2010, 78, 279 Jean-Pierre Chartier, psychanalyste : Faut-il brûler Michel Onfray ?, Journal des psychologues n° 278, Juin 2010, 6, 281

Conclusion : Sur Nietzsche et Freud, et aussi l’idéologie d’extrême droite, 285 Références, 311

ANTI-ONFRAY 3
Les réactions au livre d’Onfray Clinique, psychopathologie, philosophie, lettres, histoire, sciences sociales, politique, réactions de l’étranger Sommaire Introduction : le décret scélérat sur la psychothérapie, 19

13

Chapitre 10 : L’attitude des praticiens et usagers de la psychanalyse (1), 37
Vérités bonnes à dire : À propos de psychanalyse, 2/11/2009, 37 Marcel Rufo : Toi tu es le docteur des soucis ! Le Figaro Magazine, 16/4/2010, 39 Vérités bonnes à dire : Lettre ouverte à Laurent Joffrin sur Onfray et Freud, 18/4/ 2010, 45 Nilk the Coubert : Lettre ouverte à Michel Onfray….et Freud aussi…, non daté, 48 Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire : Le pamphlet contre S. Freud et la psychanalyse, une nouvelle imposture, communiqué, 30/4/2010, 51 Dominique Lanza, Patrick Rodel, Passifou, Thierry, Ternisien, pleinaile, Paul Machto, Ouzbek, Marielle Billy, Joël Martin, Cocchyme, loriot : Lettre au philosophe de gauche qui me séduisait, 30/4/2010, 52 Pierre Delion, pédopsychiatre : Réponse à Michel Onfray, 2/5/2010, publié dans É. Roudinesco : Mais pourquoi tant de haine ?, Paris, Seuil, 2010, 80-84, 55 Philippe Grauer, CIFP : À paraître le 27 mai au Seuil : Mais pourquoi tant de haine ? L’affabulation d’Onfray, 4/5/2010, 55 Fernando De Amorim : Un non événement, 5/5/2010, 56

Chapitre 11 : L’attitude des praticiens et usagers de la psychanalyse (2), 61
Patrice Ragni : Le crépuscule d’une idole, 7/5/2010, 61 Téri Feugeas, architecte : Lettre à Michel Onfray, lemonde.fr, 7/5/2010, 63 Emmanuel Fleury : À propos, 8/5/2010, 66 Echoterra : Onfray suite et fin, éditorial, 8/5/2010, 70 François-Régis Dupond-Muzart : En réalité, Michel Onfray veut sauver la psychanalyse contre Freud et les psychanalystes : une « psychothérapie » pour aujourd’hui, 8/5/2010, 70 Anne-Laure Barret : Avec des psys en banlieue, 16/5/2010, 71 Pascal Meunier : Vendez vos livres et laissez nous vivre ce qui nous fait du bien, 16/5/ 2010, 74 Myriam Illouz : Enseigner Freud dans l’Université populaire de Michel Onfray, interview, 19/5/2010, 75 Jean-Pierre Olié, psychiatre : La guerre des pys est-elle fondée?, 2/6/2010, 75

Chapitre 12 : Le point de vue de la psychopathologie psychanalytique, 79
Jean-Marie Durand : L’affabulation d’Onfray, 24/4/2010, 80 René Major, Chantal Talagrand : Michel Onfraye ou la folie raisonnante, Libération, 26/ 4/2010, 20, 81 Gérard Haddad : Lettre ouverte à Michel Onfray, Le Monde, 10/5/2010, 83 Philippe Grauer, CIFP : Onfray sur Canal accuse… un déficit de capacité à débattre, éditorial, 22/4/2010, 84 Jean-Jacques Moscovitz : Michel Onfray, un shérif de l’esprit ou version 2010 de Portnoy et son complexe, 24/4/2010, 85

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Henri Rey-Flaud : Sur le Racine mort, le Campistron pullule, lemonde.fr, 26/4/2010, 93 Jean-Louis Vanier : Réponse à Michel Onfray sur Freud et la psychanalyse, L’édito du psy, Œdipe, 2/5/2010, 94 Frédéric de Rivoyre : Lettre au professeur Freud, 5/5/2010, 96 Marc Strauss : Le ressentiment du philosophe, une demande d’analyse en souffrance, Le Monde, 7/5/2010, 100 Bruno Roger-Petit : Michel Onfray, Freud, l’argent, la psychanalyse et la télé, 9/5/2010, 102 Fernando De Amorim : Rendez-vous psychanalytique dans le 9ème, sans Michel Onfray, interview, 26/5/2010, 104

Chapitre 13 : La position des philosophes (1) : Bisson, Dugué, Pingeot, Quiniou, Badiou, Balibar, Nancy, Deguy, Rogozinsky, Duportail, 107
Frédéric Bisson : Lettre ouverte à Michel Onfray, 5/9/2009, 107 Bernard Dugué, scientifique, philosophe, écrivain : Michel Onfray, intellectuel taliban ou bienfaiteur de la philosophie ?, 23/4/2010, 109 Mazarine Pingeot : Michel Onfray/1, Le NouvelObservateur, 26/4/2010, 113 Yvon Quiniou : Michel Onfray, la rationalité freudienne bien mal comprise, 29/4/2010, 114 Alain Badiou, Étienne Balibar, Jean-Luc Nancy, Michel Deguy : Attaques sur Freud ou la philosophie au bulldozer, Libération, 3/5/2010, 24-25, 116 Jacob Rogozinski : L’art de ne pas lire Freud, Libération, 4/5/2010, 20, 119 Guy Félix Duportail, philosophe, Université de Paris 1 : Camera obscura, 4/5/2010, 120 Alain Badiou : De l’obscurantisme contemporain, Le Monde, 7/5/2010, 124

Chapitre 14 : La position des philosophes (2), Goldschmidt, Miclo, Godin, Mavrakis, Delorca, Roftus, Mary, 129
Marc Goldschmidt, philosophe : Freud et la vengeance des cancres, lemonde.fr, 7/5/ 2010, 129 François Miclo : La faute de l’abbé Onfray, 7/5/2010, 133 Christian Godin : Onfray, un philosophe-bulldozer, Marianne 2, 8/5/2010, 133 Kostas Mavrakis : Un combat d’ombres : les champions de Freud versus Michel Onfray, 10/5/2010, 135 Frédéric Delorca, essayiste : Badiou, Onfray, Freud…. Dawkins, Zenon, 10/5/2010, 138 Michel Roftus : Psychanalystes que faites-vous de Freud ?, 11/5/2010, 140 TR, Freud-Onfray ou l’exagération philosophique, 12/5/2010, 145 Arthur Mary : Onfray, l’aube d’une idole, 12/5/2010, 146

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Chapitre 15 : La position des philosophes (3), Fainsilber, Floury, Nunzio d’Annibale, Bruckner, Collin, Lelièvre, 147
Liliane Fainsilber : À tâtons, dans l’obscurité, le philosophe et le psychanalyste, 15/5/ 2010, 147 Nicolas Floury, Fabien Tarby : Onfray encore un effort pour être… philosophe !, 15/ 5/2010, 149 Nunzio d’Annibale : Onfray, la statue est finie, 19/5/2010, 151 Pascal Bruckner : Pourquoi j’aime le livre de Michel Onfray, 21 05 2010, 158 Denis Collin : Bref retour sur Michel Onfray, 26/5/2010, 160 Michel Roftus, philosophe : Vous n’aurez pas le dernier mot, 29/5/2010, 161 Franck Lelièvre : 700 à Caen mais pas d’Onfray, 11/6/2010, 163

Chapitre 16 : La position du milieu littéraire, 165
Crépu Michel, écrivain, directeur de la Revue des deux mondes : Le divan dans de beaux draps, Libération, 26/4/2010, 20, 165 Alain de Mijolla : Le malentendu avec les lettres françaises, Le Figaro littéraire, 29/4/ 2010, 168, Gide, Daudet, Breton, Romains, 170 Berger Anne E. : Professeure de littérature française et d’études de genre, Paris-8 et Cornell University : Plaidoyer pour une « psychologie littéraire », Libération, 3/5/2010, 24, 171 Philippe Sollers : Mon journal du mois, chronique, 29/5/2010, 173

Chapitre 17 : La position de la science historique, 175
La réplique d’Alain de Mijolla à Onfray, 9/3/2010, 175 Michel Onfray répond à de Mijolla : Pas de haine contre Freud, 1/3/2010, 179 Les interventions de l’historien Guillaume Mazeau Mazeau Guillaume : Onfray, l’histoire et l’extrême droite, 18/4/2010, 181 Mazeau Guillaume : Halte aux impostures de l’histoire, Le Monde, 21/4/2010, 183 Mazeau Guillaume : Les dérives de l’intellectuel médiatique, 22/4/2010, 183 Mazeau Guillaume : Onfray : faux paria, vrai populiste, Libération, 4/5/2010, 20, 183 Mazeau Guillaume : Retour sur l’affaire Onfray, 8/5/2010, 188

Chapitre 18 : La position des sciences sociales (1), 193
Les interventions de Roland Gori : Roland Gori : Jeux de cirque et tapage médiatique, SIUERRP, 18/4/2010, Colblog, Le Monde, 18/4/2010, L’Humanité, 21/4/2010, 193 Roland Gori : La psychanalyse heurte la culture du moment, Propos recueillis par Gilbert Charles, L’Express, 26/4/2010, 194 Jean-Claude Paye, Tülay Umay : Pour dénier la psychanalyse, tout est bon et, in fine, le succès assuré, 28/4/2010, 199 Samuel Lézé : Tout contre Freud, 28/4/2010, 203 Samuel Lézé : La psychanalyse a des ressources pour résister, 3/5/2010, 205 Jean-Claude Paye, Tülay Ulmay, À quoi sert Michel Onfray ?, 3 ou 9/5/2010, 207

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Michel Tort : La séance continue, 14/5/2010, 207 Samuel Lézé : La persistante autorité des psychanalystes, une énigme pour les sciences sociales ?, 28/5/2010, 213

Chapitre 19 : La position des sciences sociales (2), 217
Le blog de Philippe Petit (17/4 et 21/4/2010). Petit Philippe : Freud, Michel Onfray et les élites, Le blog, www.Marianne2.fr, 17/4/ 2010, 217 Petit Philippe : Onfray… à la recherche du lobby lacano-freudien, Le blog, www.Marianne2.fr, 21/4/2010, 217 Philippe Cohen : Onfray rejoint la pensée unique anti-internet, 19/4/2010, 222 Jean-François Kahn : Le fond de l’air est… Onfray, 19/4/2010, 223 Bernard Maris : Onfray moi peur, ColBlog, Le Monde, 27/4/2010, 225 Philippe Cohen : Feu sur Onfray ou sur la psychanalyse ?, Marianne, 16/5/2010, 226 Jacques Arènes : Un hédoniste pas si fun, 26/5/2010, 229 Paul-Marie Coûteaux : Freud, l’antimoderne, Le Figaro, 12-13/6/2010, 232

Chapitre 20 : Les questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite (1), 235
Fabien Trécourt : Psychanalyse : antisémite toi-même !, 19/4/2010, 236 Philippe Grauer : Onfray : en bas et extrêmement à droite, 19/4/2010, 236 Michel Onfray : Freud aime Mussolini et la gauche l’aime…, 24/4/2010, 238 Frédéric Schiffter : Précisions sur Freud et le nazisme, 29/4/2010, 242 Frédéric Schiffter : Michel Onfray ou la philosophie à coups de ragots, 29/4/2010, 242, 243 Christian Dubuis-Santini : Freud avec Marx, et Marx avec Freud, 1/5/2010, 247 Michel Onfray : Oui, Freud avait un goût pour le fascisme, Libération, 3/5/2010, 251 Gérard Courtois : La France partagée entre déprime et crise de nerfs, Le Monde, 3/5/ 2010, 252 Jacques Bouchard : La pensée détruite en s’attaquant au corps. Encore Auschwitz ?, 3/ 5/2010, 255

Chapitre 21 : Les questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite (2), 259
Catherine David : Le courage de Freud, 4/5/2010, 259 Diane Furet : Onfray-Roudinesco : place au psychodrame, Libération, 5/5/2010, 260 Collectif « Les mots sont importants » : Proposition de loi pour l’interdiction de Michel Onfray dans l’ensemble de l’espace public, 5/5/2010, 261 Laura Sokolowski, psychanalyste : Freud et la montée du nazisme, 8/5/2010, 268 Laura Sokolowsky : À propos d’Onfray, 10/5/2010, 271 Michel Onfray : Éloge de quelques philosophes nazis, 12/5/2010, 274 Michel Onfray : La psychanalyse et les psychanalystes ont fourni pas mal de thèmes aux théoriciens nazis, 24/5/2010, 274

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Faysal Rida : Sur la bouche : retour freudien sur une « bonne blague » onfresque, 31/5/ 2010, 277

Chapitre 22 : Les réactions de l’étranger, 281
Lettre de Mikkel Borch-Jacobsen à Jacques Bénesteau, CIFP, 18/4/2010, 281 Béatrice Gurrey : Ce débat si français qui fascine les intellectuels étrangers, Le Monde, 3/5/2010, p. 16, 282 Jacques Van Rillaer : Les légendes freudiennes de Mme Roudinesco, 6/5/2010, 284 Mikkel Borch-Jacobsen : Le crime de M. Onfray ?, Avoir suggéré que Freud n’était pas de gauche, Le Monde, 7/5/2010, 289 Oscar Caballero : Onfray contra Freud, 9/5/2010, 293 Marlène Belilos, psychanalyste : À Onfray, la psychanalyse en Iran, au nom de Freud, 10/5/2010, article envoyé aujourd’hui à Rebonds, Libération, en réponse à l’article de Onfray du 3/5/2010, 294 Le devoir (Canada) : Un livre provocateur - Polémique en France autour de Freud, 10/ 5/2010, 294

Conclusion : Pour en finir avec la guerre des psys, 297 Coda : privatisation, cyberpolice, hypercapitalisme éditorial, 322 Références, 335

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Introduction : la psychanalyse vit toujours même combattue par les pouvoirs en place
Une lecture rapide et soucieuse d’un bilan d’ensemble pourra d’abord se concentrer sur cette introduction puis sur la conclusion de notre livre (40 pages) et faire de même avec le suivant Anti-Onfray 3 (56 pages), soit environ 100 pages, quitte à entrer ensuite dans le détail aux endroits qui attireront plus particulièrement l’intérêt. Même à ce niveau, on pourra toujours abréger la lecture en ne suivant que les caractères spéciaux, en gras ou en italiques, qui sont de nous avec parfois la mention de nos initiales EJ.

Ce que l’on peut appeler le dossier Onfray forme une configuration relativement complexe présentant trois champs différents d’objets et de problèmes. Le premier est le livre lui-même de Michel Onfray, Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne, dont l’analyse proprement dite a donné lieu à la publication chez le même éditeur (L’Harmattan) en juin 2010 de notre livre intitulé Anti-Onfray 1. Le deuxième est l’ensemble des textes qui organisent le débat proprement dit entre Élisabeth Roudinesco et Michel Onfray : formé d’« articles » et parfois d’interviews plus ou moins longs, il est très limité dans le temps, à peine une quinzaine de jours (du 15 au 28 avril), et occupe un volume relativement limité aussi : quatre articles principaux - deux pour chacun des deux partenaires - et moins d’une vingtaine d’autres (2 pour Élisabeth Roudinesco et 16 pour Michel Onfray). De cet ensemble fait partie le livre d’Élisabeth Roudinesco Mais pourquoi tant de haine ? paru en mai 2010, qui reprend l’une de ses deux principales interventions en y joignant une autre contribution nouvelle

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d’elle-même plus cinq autres textes (Mazeau, Godin, Lelièvre, Delion, Gori) (mai 2010, Seuil, 89 pages). L’ensemble des textes d’Onfray forme environ 50 pages, ce qui ajouté à ceux d’Élisabeth Roudinesco représente environ 150 pages. Le troisième champ, et dont on se demande s’il ne serait pas tout aussi intéressant, sinon peut-être davantage, est formé par le retentissement très important sur le Web des deux champs d’événements précédents, représentés tant par le livre de Michel Onfray lui-même que par le débat consécutif entre celui-ci et Élisabeth Roudinesco. Ce troisième ensemble s’organise en presque 200 textes plus ou moins longs formant en tout cas quelque 500 pages, donc un volume presque aussi important que le livre d’Onfray, bien plus en tout cas que le volume du débat proprement dit entre les deux adversaires. Il nous a semblé que ces contributions diverses pouvaient se classifier, tout en suivant l’ordre chronologique, en un certain nombre de rubriques formant deux séries susceptibles de donner lieu à l’organisation de deux volumes à intituler Anti-Onfray 2 et Anti-Onfray 3.
Première série (Anti-Onfray 2) : Présentation de l’auteur Michel Onfray (chapitre 1), Débat central entre Élisabeth Roudinesco et Michel Onfray (Chapitre 2), Contributions personnelles de Michel Onfray (chapitre 3), Grands Dossiers de presse : Nouvel Observateur, Le Point, Marianne, Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Figaro magazine, L’Express, Valeurs actuelles (chapitre 4), Interventions d’autres journalistes (chapitre 5), Défense doctrinale de la psychanalyse (chapitres 6 à 9). Deuxième Série (Anti-Onfray 3) : Attitude des praticiens et usagers de la psychanalyse : (Chapitres 10 et 11), Point de vue de la psychopathologie psychanalytique : (Chapitre 12), Position des philosophes : (Chapitres 13 à 15), Position du milieu littéraire : (Chapitre 16), Position de la science historique : (Chapitre 17), Position des sciences sociales : (Chapitres 18 et 19), Questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite : (Chapitre 20 et 21), Réactions de l’étranger : (Chapitre 22).

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Deux caractéristiques de ce vaste ensemble de textes sont très frappantes. La première qui, en dépit de leur grande diversité, leur prête un trait essentiel commun, est qu’ils sont à peu près tous favorables à la psychanalyse, bien davantage en tout cas que dans le discours public. Et ce fait est en lui-même déjà très surprenant. La seconde caractéristique assez frappante, c’est la grande qualité en général de la plupart de ces textes, en ce qui concerne leur contenu de pensée. Le mérite du livre d’Onfray, s’il en avait un, serait donc en tout cas d’avoir été le déclencheur d’un débat français d’une vivacité et d’une

valeur de contenu quelque peu surprenantes, ceci dans une situation générale que l’on décrit comme critique, si ce n’est même adonnée à une

grande morosité. Il n’est pas tout à fait certain que c’est cet effet-là qu’ait attendu l’auteur, peut-être même à beaucoup près. Car, insistons-y encore, l’un des caractères notables de ce volume important d’interventions, c’est que celles franchement favorables au livre d’Onfray sont rarissimes, tout autant que celles franchement défavorables à la psychanalyse. J’envisage comme utile de ce point de vue de procéder par la suite à un sondage plus précis. La répartition des ces textes se fait de la manière suivante : Grands Dossiers de presse : 9, Nombre de journalistes et écrivains : 41 textes, Autres journalistes : 20 textes, Total journalistes : 61 textes, Défense doctrinale de la psychanalyse : 33 textes, Attitude des praticiens et usagers de la psychanalyse : 18 textes, Point de vue de la psychopathologie psychanalytique : 11 textes, Total de la psychanalyse : 62 textes, Position des philosophes : 23 textes, Position du milieu littéraire : 8 textes, Position de la science historique : 7 textes, Position des sciences sociales : 16 textes, Questions politiques : antisémitisme, racisme et pensée d’extrême droite : 17 textes, Réactions de l’étranger : 7 textes, Total : 201 textes.

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La vitalité et l’organisation originale, sur un mode aussi bien défensif qu’offensif, de la psychanalyse française sont perceptibles de manière bien plus évidente sur le registre du Web que sur celui des autres médias tels que la télévision, la radio et la presse.

Plusieurs remarques s’imposeraient à cet égard, formulables à partir d’informations issues tant de la presse que des textes du corpus psychanalytique consultable sur le Web. Voici les principales dont les contenus donnent des indications qui d’emblée ne sont pas toutes convergentes, ce qui pose un problème d’interprétation générale. La médiatrice du Monde, Véronique Maurus, remarque, début mai, que, parmi les réactions sur le livre d’Onfray parvenues au Journal, la répartition se fait à peu près par moitié pour et contre l’un et l’autre camp, avec un léger avantage à la psychanalyse. Une communication plus récente, venue d’un article d’Alexis Lacroix dans Marianne du 19-25/5/2010 indique que la contre-offensive freudienne, emmenée par la parution du livre d’Élisabeth Roudinesco, n’aurait marqué jusqu’alors aucun point. Parmi les propos tenus par les communicants de la psychanalyse sur le Web, on remarque également avec intérêt les suivants. Quelqu’un affirme que dans la période actuelle, les « médias » (la télévision et la presse, veut-il signifier ?) sont moins favorables à la psychanalyse qu’ils ne l’étaient dans la période antérieure, et font davantage de place aux positions adverses que précédemment. Celles-ci se plaignent de n’avoir pas pu se défendre de manière efficace lors de l’affaire du Livre noir de la psychanalyse en 2005, cependant que l’on aurait reconnu en général depuis que leur camp est sorti plutôt vaincu de la confrontation de l’époque. Cette hypothèse que les voix des deux camps seraient à peu près équilibrées dans le public, serait un phénomène curieusement homologue à ce qui se passerait dans le champ de la politique française, sans que par ailleurs le phénomène en question recouvre la distinction classique entre droite et gauche - qui est tout autre chose. Ce phénomène ne s’accorde tout de même pas très bien non plus avec le constat d’une forte et consistante présence de la psychanalyse sur le Web.

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De ce point de vue, quelqu’un fait remarquer que les psychanalystes actuellement présents sur le Web sont des intervenants dont les manifestations y sont connues comme habituelles et régulières. Mais qu’en revanche la consultation des sites officiels de la douzaine des principales associations psychanalytiques n’y laisse apparaître aucune espèce de réaction, plutôt une sorte d’étrange silence officiel des autorités de la psychanalyse sur cette affaire Onfray. Un autre auteur du Web fait remarquer aussi que le très grand succès du livre d’Onfray ne signifie pas pour autant l’approbation de ses thèses, que celui-ci peut être dû en bonne partie à la curiosité, même chez des lecteurs qui en définitive n’y souscriront pas volontiers. Il n’est pas impossible que la très forte représentation d’intervenants favorables à Onfray sur le Web, dont beaucoup sont des psychanalystes - à peu près la moitié d’eux, n’exclut pas le fait qu’il existe à peu près tout autant de ses partisans, qui n’estiment pas nécessaire ou peutêtre même ne sont pas capables de s’exprimer de manière cohérente sur le Web. Il est même très difficile de le savoir, sauf à étudier de près les centaines de réactions de deuxième niveau, quand il en existe, à ces quelque 200 textes de premier niveau. On est donc en présence d’une constellation assez compliquée de phénomènes distincts, dont l’interprétation d’ensemble n’est pas très aisée. Ce qui est certain, c’est que le nouveau paradigme formé par la critique de la psychanalyse, la valorisation du cognitivisme et la promotion des thérapies cognitivo-comportementales, est poussé par un front commun, complexe mais effectif, des autorités politiques, médiatiques et médicales : en tout cas, la conjonction de la double pression politique et médicale se perçoit de manière absolument transparente au niveau de la

lutte qui s’exprime depuis longtemps mais avec une intensité croissante dans les champs connexes de la psychologie universitaire et de la psychologie professionnelle. Ce qui ne signifierait pas pour autant que la faveur de la psychanalyse et de l’approche psychoclinique en général soit en régression au niveau du public d’une façon correspondante tout aussi marquée que semblerait l’impliquer le vacarme pesant des tambours de la propagande

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officielle. En fait, il semblerait que persiste une assez forte activité culpeut-être là une tendance compressive, sinon répressive, qui marquerait le paysage socioculturel français.

turelle et scientifique de la psychanalyse, quitte à ce que celle-ci subisse aussi une occultation médiatique de plus en plus marquée. Ce serait

La psychanalyse vit toujours, même si on l’invite beaucoup moins à paraître en public que ses adversaires, ceux-ci par exemple sous le visage des neurosciences - un autre personnage encore que les autres dans la coalition précédente, dont l’aguichage s’impose de plus en plus au public par le canal tant des hebdomadaires que des émissions télévisées. Il est
clair qu’une forte pression impose de plus en plus au public éclairé la consommation des neurosciences, sans que lui soit ouverte la perspective intellectuelle compréhensible, s’il y en avait une, d’une association et d’une compatibilité entre celles-ci et la psychanalyse, perspective philo-

sophiquement envisageable bien que difficile à discuter et à ajuster dans le réel. Je voudrais enfin aborder un sujet délicat : Onfray se défend de l’accusation d’antisémitisme, du fait de promouvoir le concept absurde d’un Freud antisémite (Dossier du Point, p. 75 : « Freud est antisémite »), associé à celui tout aussi aberrant d’une « science juive et nazie » (Roudinesco), tous deux requis en fait par les implicitations de son discours à l’emporte pièce, qui est son style familier. Hegel disait que « l’homme est son action même », ce que traduit le proverbe populaire que l’on juge l’arbre à ses fruits. Or il est incontestable, même si Onfray s’en récriait avec une entière bonne foi, que la promotion triomphale de son livre et la réponse énergique qu’y a faite sa principale adversaire, se sont accompagnées de la manifestation de tels abominables sites de propagande antisémite, où en particulier le nom de celle-ci subit des assauts d’injures odieuses et d’invectives infâmes. Si le lecteur doute de ce que j’avance ici, qu’il aille y voir lui-même sur le Web, et il sera servi. De tels phénomènes, aussitôt enfouis dans le refoulement de la conscience publique, n’en laissent pas moins celui qui les constate stupéfait, atterré. Telles sont pourtant les fleurs vénéneuses de notre beau paysage français, en sa glorieuse actualité. Pourtant, les choses sont simples. Il est clair que la critique radicale, à l’explosif et sur un ton sans nuance - ce n’est pas du tout l’esprit de finesse qui reste tout de même l’apanage des Lumières - des trois monothéismes que met en œuvre Onfray dans certains de ses ouvrages pré-

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cédents s’accompagne de l’anathème jeté sur Iaweh, la Trinité chrétienne et Allah. C’est d’une entière logique intellectuelle, surtout chez un
auteur passionnel dont l’activité de jugement déborde naturellement en invective. On débouche alors sur le beau résultat d’une conjonction de

l’antijudaïsme, de l’anticléricalisme et de l’islamophobie en prime. Vous pouvez donc rentrer à la maison après le marché, votre cabas bien rempli. Onfray l’insistant se croit le vrai disciple de Nietzsche le subtil, chez qui la critique de l’esprit du ressentiment propre à la conscience chrétienne n’a pas du tout la même couleur : c’est la galoche à côté de l’escarpin. La profession appuyé d’un athéisme intégral se retrouve à l’époque contemporaine par exemple chez les philosophes américains Dennett et Dawson. La question est de savoir, comme toujours à propos de l’athéisme théorique, s’il s’accompagne d’un esprit de tolérance dans le domaine de la religion comme en d’autres d’ailleurs. Il se pourrait que cer-

taines manifestations modernes de l’athéisme, de couleur très agressive comme celui d’Onfray, accompagnent de manière plus ou moins consciente le nouveau paradigme de l’homme-machine qui envahit la contreculture néolibérale. Du reste Onfray s’affirmerait, comme Bouvard et Pécuchet, ami de la science et des techniques, « technophile » dit-il. Dans ses formes philosophiques anciennes et modernes l’athéisme revendiqué ou au moins assumé (Épicure, certains Libertins du XVIIe siècle, certains Encyclopédistes - D’Holbach, Diderot) s’accompagne naturellement d’une éthique de la tolérance. Les grandes philosophies modernes, depuis la période connue sous l’expression de Von Kant bis Hegel (De Kant à Hegel) assument pour la plupart un athéisme de fait, qui peut faire l’objet d’un discours théorique dans certains cas (Feurbach, Marx), mais pas toujours. En tout cas, on se demande si la charge violente d’Onfray contre l’« idole » Freud ne serait pas la conséquence étrange, via l’antijudaïsme, de son athéisme philosophique militant de base. Parmi les contributions du site nommé « Nonfiction » géré par Sébastien Vaumoron, et rencontré récemment par moi, j’ai pris connaissance avec une certaine surprise de celles de Pierre-Henri Castel et d’Alain Juranville, qui, en tout état de cause intéressantes, se montrent plutôt très positives à l’égard du livre de Michel Onfray. Liberté étant reconnue à chacun de juger en son âme et conscience, je voudrais sim-

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plement dire que je trouve cela assez étonnant de la part d’esprits connus comme si distingués, et pour qui j’ai une grande estime personnelle, tous deux normaliens et agrégés de philosophie. Tellement que je ne peux y voir rien d’autre qu’un symptôme caractéristique du trouble intense qui marque la période actuelle, du fait de la perte de repères fiables dans

l’évaluation du contexte très compliqué des débats où se trouvent prises à l’heure actuelle la psychanalyse, la psychologie, les neurosciences, les sciences cognitives, les sciences humaines, et bien entendu la philosophie.

Je ne vais pas m’étendre ici sur ce que j’ai déjà développé dans Anti-Onfray 1 sur les réserves à faire concernant la simple déontologie formelle des pratiques argumentatives de Michel Onfray. En voici trois : Premièrement, en présence d’une vingtaine de textes contradictoires et complémentaires, par exemple sur l’opinion de Freud à propos de la philosophie, Onfray n’en retiendra qu’un (celui de 1896) et jettera tous les autres à la poubelle, sans crier gare ni même citer de façon précise celui qu’il retiendra. Deuxièmement, il invente des faits qui n’existent pas. Dire que Freud n’a jamais rien dit ni écrit contre le nazisme est faux, c’est un mensonge : je cite toujours dans Anti-Onfray 1 une demi-douzaine de textes qui montrent le contraire, et qui d’ailleurs étaient largement connus par le livre classique de Jones. Pourquoi fait-il cela ? Est-ce par ignorance ou par mauvaise foi ? Troisièmement, il isole des parties d’un contexte pour évaluer l’ensemble de ce contexte à partir du rapport dès lors faussé que la partie entretient, par illusion de perspective, avec le tout. Ses constructions sur

Goering, Dollfuss et Mussolini résultent de cette technique de falsification par glissement métonymique. Ayant jadis été formé à l’École normale par Jean Hyppolite et Louis Althusser, je suis peut-être un dinosaure, mais j’ai beaucoup de mal à concevoir que l’on travaille ainsi, et en outre que l’on puisse se laisser attraper par des gens qui travaillent de cette manière. Les guerres freudiennes aussi violentes qu’épisodiques pourraient bien être un problème français. C’est au moins une question qu’il y a lieu

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de poser d’autant plus que nous avons la fâcheuse habitude de ne pas nous intéresser et de n’être guère être renseignés sur ce qui se passe dans les pays étrangers, même les plus importants. Un ami d’études de jadis installé aux États-Unis depuis longtemps et qui lit des ouvrages spécialisés en histoire de la psychologie américaine me rapporte des informations d’un contenu très différent de ce qui passe en France à propos de Freud, et de ce que nous aurions tendance à croire qui se passe aux États-Unis à ce même sujet. Dès le 12 mai, en ce qui concerne l’impression qu’Onfray lui fait à la télévision, où on le voit déjà paraître à propos de l’affaire récente, mon ami me demande comment s’explique une telle « monstruosité, par l’état de l’opinion, une sorte de décomposition culturelle, en un mot la décadence. C’est la superficialité érigée en idéal. On peut voir en ce personnage le cynique, le rhéteur, le sophiste, une incarnation de la parfaite mauvaise foi, bien dans la lignée des « nouveaux philosophes » ! » Une autre fois il ajoute : « quintessence du sceptique, de l’ambitieux avide de célébrité à tout prix » et que pour lui, « un abîme sépare la critique constructive d’un système de pensée et la fureur iconoclaste qui n’est qu’un symptôme évident de décadence culturelle. » Il décrit aussi comme très sensible dans ce qu’il voit des interventions d’Onfray « une misérable sophistique, un réductionnisme simpliste, un parti pris de démolition systématique, des interprétations tendancieuses et erronées de Nietzsche, une mauvaise foi fondamentale, de modernes jeux du cirque (expression reprise aussi par d’autres auteurs en France) » Dans la même période, mon correspondant ajoute que « Les élucubrations de cet Onfray le font penser à un autre iconoclaste… Emmanuel Faye. Ce Professeur des Universités s’est acquis une renommée quasi universelle avec son ouvrage intitulé Heidegger, l’introduction du nazisme dans la philosophie. Il le mentionne entre autres pour avoir fait des émules sur le marché de la culture US, dont le zèle ne connaît pas de limites : un des traducteurs et commentateurs d’Heidegger a même suggéré que l’on censure définitivement toutes ses œuvres, (un pas de plus et on devrait les brûler... ! La Kristall Nacht à l’envers en quelque sorte !). À ceux qui objectent timidement qu’il faudrait peut-être faire un sort à part à ses ouvrages purement et authentiquement philosophiques, il est répondu que ces derniers sont totalement incompréhensibles (parce que

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dénués de sens), tandis que tout ce qui est clair n’est rien d’autre qu’une théorie métaphysique (et donc une apologie) du nazisme. » On remarquera que mon correspondant me rapporte ici le même type de raisonnement pars pro toto qu’on a vu Onfray développer à propos d’Hitler, dans Anti-Onfray 1, que l’on ne va pas sauver en partie à cause de ses autoroutes, pas plus que son ami Freud du reste, en proposant qu’il conviendrait par exemple de faire le tri entre ce qu’on peut garder et ce qu’il convient de jeter à la poubelle. Non, tout à la poubelle. Mon correspondant américain ajoute qu’il n’est pas difficile d’imaginer, selon lui, le calcul sous-jacent d’Onfray : s’il parvenait à accréditer l’opinion que Freud était un menteur, un faussaire, un mythomane, un véritable charlatan, et en plus un obsédé sexuel et - pourquoi pas, pendant qu’on y est, un antisémite, ce seraient tous les psychanalystes, qu’ils soient freudiens, lacaniens, jungiens et autres qui seraient discrédités dans l’opinion et aux yeux de leurs patients, et regardés comme des escrocs et des charlatans cupides. Il est donc essentiel d’opposer à ses soi-disant arguments, à ses assertions délirantes, des faits précis, bien documentés, des témoignages corroborés par des sources totalement fiables. S’agissant de faits et non d’interprétations. Il faut mener jusqu’au bout une déconstruction, qui mette pleinement en lumière les incohérences et les contradictions (EJ : justement, il y en a partout). S’agissant de Freud, il me dit avoir constaté qu’il continue de jouir aux USA, même auprès de ses critiques, du prestige et du respect reservés à ceux qu’on appelle des « pionniers ». Même si l’analyse freudienne a régressé pour des raisons qui tiennent à la culture (Time is money : on veut des résultats rapides), on ne lit rien de valable qui remette en question son génie. Certes, chez les psychiatres, une réaction assez répandue quand on mentionne le nom de Freud, est un sourire de commisération accompagné de la question : « Ne pensez-vous pas que Freud est un peu « démodé » ? » Mais sans rien d’agressif dans le ton. En réalité, on constaterait même, faisant actuellement mode aux USA, une sorte de « backlash » antipsychiatrique consistant dans le rejet par l’opinion publique des références tyranniques aux neurosciences et aux thérapeutiques médicamenteuses - mobilisant l’ensemble des praticiens en force de vente des grands laboratoires pharmaceutiques - et qui s’accompagne parfois d’une sorte

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de retour à Freud : regardons un peu du côté de la Psyché et de l’histoire des patients !
Comme d’habitude, et en tout cas sur ce point, la France serait en retard d’une dizaine d’années au moins sur ce qui se passe aux USA. Ce

qui n’empêche pas les Français de toujours considérer comme excellent d’essayer de suivre les Américains à la course, alors que leur véritable intérêt serait pour eux de suivre leur propre génie national. Toujours à propos de Freud, mon correspondant cite « un excellent ouvrage (The story of psychology) qui a pour auteur Morton Hunt. Cette « histoire de la psychologie écrite par un Américain pour les Américains » présente deux caractéristiques : la première est d’être très « selfcentered », sauf pratiquement deux exceptions touchant la prise en compte de chercheurs et penseurs étrangers : Freud et Piaget. Chose tout de même étonnante, car il y a belle lurette que Freud et Piaget n’occupent plus une place de choix dans les Histoires de la psychologie rédigées en langue française. Voyez même le Que sais-je ? de Reuchlin daté de 1957 !
neurosciences occupent une place privilégiée dans ce livre (ce qui ne nous surprend pas) cependant que leurs conclusions y sont passées au crible de la critique (ce dont nous n’avons absolument pas l’habitude en un tel domaine). Or, s’agissant de Freud, l’auteur du livre lui rend hommage - et c’est ce qui est aussi assez surprenant dans un livre mettant en vedette les paradigmes cognitiviste et neuroscientifique posés en France comme régulièrement exclusifs de la psychanalyse. Le chapitre consacré

La deuxième caractéristique est que la psychologie cognitive et les

à Freud s’intitule : Sigmund Freud : un explorateur des profondeurs (« explorer of the depths »), et dans le conflit qui dès l’origine a existé tout de même entre les admirateurs et les détracteurs acharnés de la psychanalyse (de nombreux noms sont cités), Hunt prend nettement parti pour les premiers. Mais, très curieusement, à l’appui de sa thèse (Freud est un génie, il a découvert un nouveau continent, il a affecté et pénétré la culture occidentale, il était un chercheur modeste et fondamentalement honnête…, exactement le contraire de ce que beugle Onfray) l’auteur invoque des témoignages et jugements formulés par des tenants de la psychologie cognitive et des neurosciences (ce qui sur ce point encore nous stupéfie).

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Ainsi un très grand nombre des « concepts fondamentaux » de Freud peuvent rester valides (après expérimentation !), alors que toutefois la psychanalyse en tant que thérapie ne retient absolument plus l’attention, les seules thérapies efficaces étant de nature cognitive. Donc - et c’est là
aussi une attitude étrange dont le contexte français n’a absolument pas l’habitude - on accepte une validation de la théorie de la psychanalyse, en

même temps qu’on procède à une mise entre parenthèses de sa pratique. Il y aurait donc un clivage entre le legs théorique et l’applicabilité de la psychanalyse comme thérapie. En France, on envoie tout valdinguer à la fois, au moins sur ce plan : si la thérapie est à revoir, c’est que la théorie n’est pas bonne, ce qui est d’une grande imbécillité logique.

Une autre fois, mon correspondant dit être tombé sur un article de vulgarisation de CNN intitulé « Les psychologues s’inspirent-ils encore de Freud ? » L’occasion est fournie d’évaluer cette question par la Conférence annuelle de l’APA (Association Américaine de Psychanalyse), qui compte environ 3 000 Membres, ce qui reste certes bien peu pour ce pays gigantesque que sont les USA. Une introduction du document spécifie que Freud est reconnu comme l’un des « plus grands » (greatest) penseurs » du 20ème siècle - on ne s’exprime plus volontiers ainsi depuis bien longtemps et où que ce soit en France, même chez les psychanalystes (Freud un penseur !? Mais vous n’y pensez pas : un clinicien de génie, oui !) - et qu’il est le fondateur de la « psychothérapie contemporaine ». Certes, tout ce qu’il faut appeler sa « métapsychologie » (ou sa philosophy) a été, nous dit-on encore, jeté par-dessus bord (répulsion très américaine pour tout ce qui est le théorique pur), par exemple la trinité id-egosuperego, le complexe d’Œdipe, etc., mais, par contre, la découverte majeure de Freud, à savoir l’Inconscient, continue d’être le pilier majeur de la pratique thérapeutique : « Un grand nombre de professionnels spécialistes de la santé mentale continue de se référer à la psychanalyse, même si celle-ci a été en partie marginalisée par les approches béhavioristes et biologiques (neurosciences). Les concepts et idées de Freud occupent une place essentielle dans la gamme des thérapies contemporaines. » Donc même si la relation patient-analyste tend à devenir de plus en plus un dialogue, une connexion interactive (plutôt qu’un examen du patient par un « expert »), et en dépit des critiques relatives au manque de données expérimentales permettant de vérifier l’efficacité des thérapies de longue durée, de plus en plus de thérapeutes non-psychanalystes utilisent les idées de Freud.

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Et à l’ordre du jour de la prochaine conférence de l’APA figure la question suivante : comment appliquer les idées de Freud dans le contexte moderne qui est le nôtre ? Tout cela est très intéressant, parce que là encore, dans un champ de référence différent du premier, on sent un climat complètement différent de l’actuel climat français. En particulier, on n’est pas fanatique de l’évaluation à tout prix, comme dans « la folie » qui sévit actuellement en France, qui reste bien le pays de Fouquier-Tinville en même temps que
de Gribouille, avec pour leur cousin germain Ubu Roi.

Un autre fait intéressant, que l’on signalera rapidement, est qu’il y a une sorte d’antinomie curieuse entre la position de Hunt et celle exposée par après de l’APA. Le premier admet la validité de la théorie, mais pas de la thérapie propres à la psychanalyse. Tandis que l’APA, tout en gardant l’inconscient (critiqué et même rejeté par Onfray, et il faut le faire en 2010), admet l’invalidation d’une grande partie de l’appareil métapsychologique, mais en tenant à la thérapie (même injectée de plus d’interactivité). Je vais interrompre cette brève excursion dans ce que j’ai pu apprendre ces temps-ci de la mentalité américaine touchant les idées relatives au débat qui nous intéresse à l’heure actuelle, pour conclure rapidement qu’il y a là de quoi, pour les Français, se poser des questions par

rapport à ce débat furieux d’un caractère presque médiéval par sa couleur de croisade et/ou d’inquisition. La mobilité mentale dans le flux dia-

lectique de la circulation des thèmes idéologiques apparaît dans le contexte français actuel comme complètement enkystée, bloquée dans des positions extrêmes et sans souplesse. Il ne faut pas s’imaginer que les positions négationnistes des Freudbashers puissent représenter l’ensemble des opinions états-uniennes sur la psychanalyse. Les USA sont un pays immense où se produit un énorme brassage d’idées, et où peuvent coexister des positions très différentes. Il est plutôt concevable que ces positions négationnistes occupent un statut plutôt minoritaire, peut-être même retardataire. Mais se pose alors la question de savoir comment elles ont été accueillies avec un tel succès dans certains pays européens (en Belgique déjà, semble-t-il) mais en tout cas de façon très attendue en France. Probablement parce qu’il aurait
existé en France un terrain politico-institutionnel très bien préparé à

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partir d’une petite minorité agissante, plus exactement d’un noyau médical bien inséré dans le tissu politique, cependant que la structure délabrée de l’université de psychologie, entre autres facteurs, n’a jamais permis à la psychanalyse d’organiser de contre-offensive efficace, pour tou-

tes sortes de raisons que nos analyses antérieures nous ont permis de comprendre assez bien depuis longtemps.
On songe évidemment aussi à toutes les autres formes de conflits politiques et sociaux ayant existé en France : Guerre de religions, Anciens et Modernes au XVIIe siècle, Girondins et Jacobins, Classiques et Romantiques, et aussi parti de l’ordre et parti du mouvement au XIXe siècle, Commune et province en 1870, affaire Dreyfus, Front populaire et Ligues fascistes, résistants et collaborateurs entre 1939 et 1945. Il y aurait là matière à réflexion.

Je souhaite profiter encore de l’occasion de cette introduction pour signaler une bévue lâchée par moi - errare humanum est - à propos du fait que je n’avais pas de souvenir précis de la mention de la masturbation infantile dans les Trois essais sur la théorie de la sexualité. Ce qui est quand même une énormité qui a dû m’échapper un jour de grande fatigue, peut-être explicable, sinon tout à fait excusable, par le fait que j’ai écrit ce livre de 185 pages en 15 jours. On peut lire en effet dans le chapitre 2 de cet ouvrage consacré à la sexualité infantile que le paragraphe 4 (pp. 79-90, Gallimard, 1962) s’intitule ni plus ni moins que « Les manifestations sexuelles masturbatoires ».

J’en profite également pour donner un erratum provisoire des erreurs matérielles laissées dans la fabrication définitive du volume AntiOnfray 1, en attendant que peut-être on en refasse un jour les épreuves.
Erratum provisoire : p. 19 : en ce qui le concerne ; p. 21 : faite du reste ; p. 25 : par-delà, p. 26 : neuroscientifiques, psychanalyse ; p. 27 : puisque ; p. 47 : confessions, littéraire ; p. 49 : plus ; p. 53 : qu’à moitié vrai ; ce qui, en toute rigueur, est ; p. 55 : hellénique ; p. 57 : sadomasochiste, ultraréactionnaire ; p. 60 : découvert ; p. 61 : alors 12 ; p. 69 : quelque chose ; p. 71 : psycho-biographique ; p. 74 : disciplinaires ; p. 78 : toujours, transfigurés, entendre, imagination ; p. 82 : à jamais prendre ; p. 92 : a formulé ; p. 94 : déclaré ; p. 95 : pas vraiment ; p. 97 : on a du mal ; p. 99 : soucieuse ; p. 101 : mais ; 107 : clinique ; p. 125 : 1916, 1917, 1925, plus 1932 ; p. 128 : dizaines, peut-être pas, invisible ; p. 139 : mentionne, nullités ; p. 145 : parisienne ; p. 148 : gâchent ; p. 156 : complètement ; p. 160 : postfreudiens ; p. 162 : dépend ; p. 166 : Freud. ; p. 178 : sont ; p. 179 : dès la moindre violation, confirmé ; p. 180 : attendre, voie. Quatrième de couverture : a mené la tâche.

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