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Antimanuel du bon rebelle

De
164 pages
Quel est le visage de cette protestation sociale et politique qui ne cesse de se répandre de par le monde depuis 2011 ? Quelles sont les différences entre mobilisation sociale, mouvement social, mouvement anticapitaliste et mouvement antisystémique ? Quel est le rôle des mouvements antisystémiques d'Amérique latine dans le panorama mondial de la rébellion sociale actuelle ? Comment comprendre les rébellions de ces dernières années qui ont eu lieu et qui ont lieu en Europe, dans le monde arabe, aux Etats-Unis et en Amérique latine ?
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Quel est le visage de cette protestation sociale et politique
qui ne cesse de se répandre de par le monde depuis 2011 ? Si
cette protestation planétaire plonge incontestablement ses
racines dans la crise de 2008, dans la chute du Mur de Berlin en
1989 comme dans la révolution mondiale de 1968, ne peut-on
faire remonter jusqu’en 1789 ses origines ? Ou, mieux encore, Carlos Antonio AGUIRRE ROJAS
jusqu’à l’existence plus que millénaire des classes sociales ?
Quelles sont les diférences entre mobilisation sociale,
mouvement social, mouvement anticapitaliste et mouvement
antisystémique ? Et quels sont les rapports de ces mouvements
avec la situation actuelle de la crise du capitalisme ?
Quel est le rôle des mouvements antisystémiques d’Amérique
latine dans le panorama mondial de la rébellion sociale
actuelle ? Quels sont leurs rapports avec les gouvernements ANTIMANUEL
soi-disant «progressistes» latino-américains ? Et plus
largement, quelle doit être la position de ces mouvements face
aux gouvernements, à l’État et au pouvoir en général ?
Comment comprendre et faire comprendre les rébellions de
ces dernières années qui ont eu lieu, et qui ont lieu, en Europe, DU BON REBELLEdans le monde arabe, aux États-Unis et en Amérique latine ?
Notamment la durée, la portée et la signifcation universelle du
zapatisme mexicain ?
Guide
C’est sur toutes ces questions que portent les réfexions de
ce nouvel essai de Carlos Antonio Aguirre Rojas. de contre-politique
pour subalternes
anticapitalistes
Carlos Antonio AGUIRRE ROJAS est chercheur et professeur de l’Instituto et antisystémiques
de Investigaciones Sociales de la Universidad Nacional Autónoma de
México. Historien, il travaille actuellement sur les nouveaux mouvements
antisystémiques en Amérique latine et dans le monde. Ses livres sont publiés Traduit de l’espagnol (Mexique)
dans une quinzaine de pays. À l’Harmattan, il a déjà publié Fernand Braudel et par Solène Mallet
les sciences humaines (2004), L’Amérique latine en rébellion ; mouvements
antisystémiques et mort de la politique moderne (2008), Les leçons politiques
du néozapatisme mexicain (2010).
Illustration de couverture : © J. Allain / Jalka studio
ISBN : 978-2-343-03969-5
9 782343 03969517 €
Carlos Antonio AGUIRRE ROJAS
ANTIMANUEL DU BON REBELLE




ANTIMANUEL DU BON REBELLE






























































© L’HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-03969-5
EAN : 9782343039695 Carlos Antonio AGUIRRE ROJAS






ANTIMANUEL DU BON REBELLE

Guide de contre-politique pour
subalternes anticapitalistes
et antisystémiques





Traduit de l'espagnol (Mexique) par Solène Mallet































El marxismo no es un dogma, sino una guía para la acción.
Federico Engels

La emancipación de la clase obrera, debe ser obra
de la clase obrera misma.
Statuts de l’Association internationale des travailleurs,
1864.



 


 
INTRODUCTION



Luchar, fracasar, luchar de nuevo, fracasar de nuevo, volver
a luchar, y así hasta la victoria:
esta es la lógica del pueblo…
Mao Tse Tung,
Rejetez vos illusions et préparez-vous à la lutte, 1949.


Serait-il possible, par l’écriture de quelque « manuel »,
d’« enseigner » ce que sont la rébellion et la révolution ? Bien
sûr que non. Serait-il au moins possible, par l’intermédiaire
d’un texte écrit, de transmettre et de reproduire de manière
pédagogique les principales « leçons » que nous fournissent
tous les mouvements de lutte, d’insoumission, de rébellion et de
transformation radicale qui se déploient aujourd’hui sous nos
yeux, ou ceux qui se sont développés tout au long de l’histoire
de l’humanité ? L’idée de s’essayer à la « transmission » et à la
« reproduction » pédagogiques de ces « leçons » n’est-elle pas
celle de la position ridicule selon laquelle le savoir se situerait
exclusivement du côté de celui qui transmet, face à un auditeur
ou à un lecteur ignorant qui recevrait passivement ce savoir
concentré dans les textes écrits ou dans les discours prononcés ?
Mais s’il était possible, au contraire, que ce « manuel » (ou
précis) d’expériences et de luttes ne fasse que montrer les
chemins pour que ceux qui observent et reconnaissent lesdites
expériences puissent avancer dans un effort personnel et pour
leur propre compte à l’avenir ? Dans la mesure où la forme y est
toujours atténuée, et bien qu’elle ne perde pas pour autant de sa
puissance, en aucune façon cette position ne suppose que la
raison et la vérité constituent un patrimoine personnel, et que
cet acte de « démonstration » et d’« illustration » desdits
« chemins » suffira à les imposer.
C’est pourquoi, loin de parler de « manuels », de « guides »
ou d’« abrégés de prescriptions » divers, nous proposons un
Antimanuel du bon rebelle, c’est-à-dire un simple résumé de
certaines thèses, interprétations et explications qui, visant à

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instaurer avec le lecteur un véritable exercice dialogique – au
sens développé par Mijail Bajtin, permette d’évoquer et de
transmettre un ensemble de réflexions et d’expériences
d’interprétation sur les mouvements sociaux passés et présents,
ainsi que sur les diverses formes de rébellion, de lutte et de
révolution pouvant susciter chez le lecteur interprétations et
efforts de réflexion similaires ou équivalents à ceux que nous
présentons ici. Il s’agit donc de proposer entre auteur et lecteur
un simple échange d’expériences diverses, échange ayant pour
but d’alimenter, en premier lieu, une meilleure compréhension
des différents mouvements sociaux d’opposition qui seront
évoqués et, en second lieu et par-dessus tout, l’action consciente
de chacun des lecteurs potentiels de cet Antimanuel.
L’objectif de ce petit texte est donc de stimuler l’exercice
collectif nécessaire d’échange d’expériences et de réflexions,
exercice aujourd’hui promu et développé par les mouvements
anticapitalistes et antisystémiques les plus avancés et,
notamment, par le mouvement indigène néozapatiste mexicain
si intéressant. Cet échange de voix et d’opinions doit faire
« croître et fleurir la parole juste » afin de la diffuser et de
rendre possibles les consensus et les accords, mais aussi la
transparence sur les différences, les visions opposées et les
problèmes non encore suffisamment résolus ni clarifiés.
Notre contribution à cet échange de « nombreux mondes »,
réels et intellectuels, nous amène à reprendre les routes
critiques de la contre-histoire et des contre-mémoires
subalternes, pour dresser une reconstruction, à contre-pied des
vérités établies et des explications simplistes aujourd’hui
dominantes, tant de l’histoire des mouvements d’opposition et
de lutte des cinq siècles du périple historique capitaliste, que
des profils des principaux mouvements anticapitalistes et
antisystémiques du Mexique, de l’Amérique latine et du monde
entier.
Et ce, non seulement pour accéder aux multiples racines
historiques des thèmes de notre recherche, mais en outre pour
établir de façon précise et détaillée en quoi consiste la profonde
nouveauté singulière des mouvements antisystémiques et
anticapitalistes actuels par rapport aux mouvements précédents
d’opposition et de lutte contre le système capitaliste mondial.

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En effet, la nouveauté radicale de ces récents mouvements
rebelles va au-delà de la redéfinition du statut de rébellion,
puisqu’elle redéfinit tout l’ensemble des principaux éléments
qui les composent, depuis leur objectif général et leur stratégie
globale jusqu’à leurs formes immédiates d’organisation, de
travail et d’action, en passant par leurs demandes générales et
particulières, leur mode de relation avec les autres acteurs,
groupes et classes sociales, leurs profils idéologiques
spécifiques, ou encore leur positionnement face à des
thématiques centrales telles que celles du pouvoir, de la
résistance ou du type de société nouvelle à laquelle ils aspirent.
Ainsi, loin de vouloir enseigner la rébellion radicale,
anticapitaliste et antisystémique à qui que ce soit, ou de
chercher à donner des leçons à des lecteurs supposés passifs et
vides de savoirs, loin aussi de prétendre indiquer de manière
dissimulée « les chemins » que les autres doivent suivre, cet
Antimanuel du bon rebelle entreprend bien plus modestement
de présenter et d’échanger, en empruntant des voies
compliquées et imprévisibles, certaines « pistes » de réflexion
et d’explication des profils de l’ensemble des principaux
mouvements anticapitalistes et antisystémiques actuels, ainsi
que de leurs diverses racines historiques. Profils qui, dans leur
ensemble, déterminent les modes d’insoumission et de rébellion
radicale actuels et, avec eux, les formes de lutte et d’action à
l’encontre du système capitaliste mondial caduque et toujours
plus destructeur.
La rébellion, radicale et insoumise, a heureusement refait
surface en 2011, avec un élan d’une force et d’une énergie
énormes, envahissant de sa présence salutaire la majeure partie
du globe terrestre. Une rébellion dont l’étendue, loin d’avoir
disparu en 2012 et en 2013, semble ne s’être que
momentanément dissipée pour accumuler de nouvelles forces et
revenir, avec peut-être plus de force et d’ampleur, dans un futur
très proche.

Comme nous avons pu le constater, cette rébellion insoumise
et si énergique est de retour et déferle partout sur notre planète.
En effet, suite à un certain repli qui, comme toujours, a nourri
les désenchantés, le découragement et les justifications d’un

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petit nombre, cette révolte sociale massive et généralisée a
refait irruption avec force au cours des dernières années. En
outre, bien loin de s’éteindre ou même de diminuer, cette
rébellion semble croître de jour en jour. Ainsi, en 2011,
s’inaugurait de manière claire une nouvelle éclosion mondiale
de luttes et de protestations sociales, couvrant en premier lieu,
telle une véritable marée, quasiment tout le monde arabe, la
Tunisie et l'Égypte, de même que le Bahreïn ou le Maroc, le
Yémen et la Syrie.
Ce qui se dessina alors ne fut non pas un « printemps » arabe
mais bien plus ; ce fut le point de départ d’un nouveau cycle
plus long, composé non pas d’une mais de plusieurs saisons de
l’année, et non pas d’une mais de plusieurs années, d’une
nouvelle insubordination sociale généralisée de tout le monde
arabe, qui loin de s’être éteinte renaît actuellement dans un
vaste sentiment anti étatsunien qui s’étend jusqu’à cette
immense partie du monde qu’est la civilisation islamique. Et si
en 2011 les révoltes populaires du monde arabe visaient leurs
gouvernements respectifs, et semblaient entre 2012 et 2014
prendre comme cible radicale l’impérialisme et le
gouvernement des États-Unis, les subalternes arabes se
soulèveront peut-être demain contre le système social capitaliste
et contre l’ensemble pernicieux de ses structures économiques,
sociales, politiques, culturelles et civilisationnelles.
D’autre part, la protestation sociale s’est peut-être fait sentir
de manière plus puissante encore dans différents pays d’Europe
comme la Grèce, l’Espagne ou le Royaume-Uni, indiquant que
loin d’avoir étouffé son désir de rébellion et de révolution,
l’Europe a une fois de plus vibré au diapason de la rébellion qui
souffle aujourd’hui absolument partout. De même que dans le
monde arabe, la protestation y est plus vive que jamais, tenant
en échec les gouvernements grec et espagnol et avançant au
Portugal, tandis qu’elle attend l’occasion de se manifester en
Italie ainsi qu’en Angleterre, en Irlande, en France ou encore en
Allemagne.
Cette rébellion a également gagné la ville de New York sous
le nom qui lui serait par la suite attribué de "Occupy Wall
Street", se propageant peu à peu sur tout le territoire des
ÉtatsUnis jusqu’à toucher plus de 1 200 villes, en un déploiement

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d’une ampleur que n’avait pas connue cette nation depuis les
années 1960. Cette rébellion, loin de paraître être achevée,
semble se préparer pour une nouvelle reprise d’actions et de
manifestations plus radicales.
Comme dans le reste du monde, cette révolte complexe a
également atteint l'Amérique latine, donnant naissance au vaste
mouvement estudiantin – puis estudiantin-populaire – chilien,
ainsi qu’aux protestations énergiques des étudiants et du peuple
colombiens. Ces deux mobilisations globales des sociétés
chilienne et colombienne, semblent avoir entamé un deuxième
chapitre de leur développement, reprenant la lutte et la défense
des revendications et des exigences toujours non satisfaites par
leurs gouvernements respectifs.
Cette vague de protestation sociale massive et généralisée,
après avoir ainsi été particulièrement visible au cours de l’année
2011, et avoir persisté, bien que de manière moins notoire,
jusqu’à aujourd’hui, pourrait facilement se manifester demain
dans n’importe quel pays d’Asie, en Australie, en Afrique ou en
Amérique latine, notamment au Mexique.
Il est certain qu’une partie importante des causes immédiates
de ces révoltes de l’année 2011, comme de celles auxquelles
nous assistons aujourd’hui un peu partout, sont les effets
multiples de la crise économique profonde et devenue évidente
au cours du dernier trimestre 2008. Cette crise, déconcertante et
inimaginable pour les capitalistes, n’est pourtant que la partie
visible de l’iceberg d’une crise économique plus profonde et
toujours en cours, d’une crise cyclique capitaliste semblable à
la grande crise de 1929-1933 et dont, si les premiers symptômes
se sont manifestés fin 2008, les effets persistent actuellement et
continueront d’agir dans les années à venir, en Grèce, en
Espagne, en Italie, mais aussi en Angleterre et dans les pays
capitalistes plus développés que sont la France, l’Allemagne et
naturellement aussi les États-Unis, ainsi qu'à la périphérie du
capitalisme appelée auparavant « tiers-monde » et désignée
aujourd’hui comme « les pays du Sud ». Cette crise ne pourra
rien faire d’autre que de s’aggraver, et de continuer d’agir sur
les économies de toujours plus de pays, jusqu’à avoir des effets
à faire pâlir l’énorme dépression mondiale de 1929-1933.

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Nous pensons cependant que si cette crise économique, dont
les effets restent pour le moment très difficiles à prévoir, prend
les proportions mentionnées, elle n’est pourtant que l’une des
nombreuses manifestations d’un processus plus vaste et encore
plus profond, celui de la crise structurelle que vit le système
capitaliste mondial depuis environ quatre décennies. Crise
structurelle que nous pouvons considérer comme la crise
terminale de ce système capitaliste mondial, dont la
construction a commencé il y a 500 ans. Cette crise terminale
n'affecte pas uniquement le niveau de l'économie, mais elle se
traduit également par la crise et l’effondrement progressifs de
tous les États de tous les pays du monde, ainsi que par la
délégitimisation croissante et sans retour de toutes les classes
politiques de tous les pays. En outre, elle induit une aggravation
aiguë de toutes les contradictions sociales et une augmentation
démesurée de la violence sociale sous toutes ses formes, qui
transpire aujourd’hui par tous les pores des sociétés les plus
diverses de la planète. Cette crise terminale du capitalisme
surgit de surcroît comme une véritable crise morale, une crise
des valeurs de toutes les sociétés actuelles, dans un climat triste
et altéré au sein duquel l’idéologie bourgeoise toujours
dominante tente de continuer d’imposer et de reproduire un
égoïsme effréné, allié à une compétitivité sans limites et à une
perte de tout ce qui relève d’une quelconque éthique. Tout cela
mène à un manque total de perspectives d’avenir pour les
nouvelles, mais aussi pour les anciennes et les actuelles
générations de travailleurs, sur un chemin qui semble tout droit
conduire à la catastrophe, tandis que persiste encore ce système
capitaliste terrible et de plus en plus destructeur.
Si les rébellions des années 2011, 2012 et 2013 obéissent
tant aux causes immédiates qui découlent de la crise
économique cyclique de 2008 qu’à cette toile de fond d’une
véritable crise générale de la civilisation capitaliste, elles sont
aussi, à un autre niveau de considération, le maillon le plus
récent d’une chaîne ou d’un cycle de protestations qui, comme
l’exprime clairement Immanuel Wallerstein, a débuté le
er1 janvier 1994 dans les montagnes du Sud-Est mexicain.
erIl est en effet clair qu’est né au Chiapas, le 1 janvier 1994,
le nouveau cycle de la protestation mondiale qui a donné

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naissance à l’ensemble des mouvements sociaux qui essaient
aujourd’hui, partout sur la planète, de s’assumer et de se définir
de façon claire comme de véritables mouvements
antisystémiques, c’est-à-dire comme des mouvements dont les
profils devront caractériser tous les mouvements sociaux de
eprotestation réellement radicaux au cours du XXI siècle. Ces
mouvements sont très différents des mouvements sociaux qui se
développèrent avant la date emblématique de 1968 et la
Révolution culturelle mondiale qu’elle symbolise. En effet,
nous pensons qu’entre 1968 et 1994 a mûri, lentement mais
sûrement, une véritable mutation de longue durée dans
l’histoire des mouvements sociaux de protestation à l’encontre
du capitalisme, mutation qui lentement a mis un terme, puis fait
disparaître, les mouvements sociaux caractéristiques de tout le
e eXIX siècle et des deux premiers tiers du XX siècle, pour peu à
peu commencer à concevoir, avec difficultés et dans divers
mouvements d’avancée et de recul, les nouveaux mouvements
sociaux qui, à l’heure actuelle, forment l’ensemble de la
rébellion mondiale. Nous avons donc assisté, entre 1968 et
1994, à une étape de transition nette au sein de la longue
histoire des mouvements d’opposition au capitalisme, étape
pendant laquelle les anciens mouvements sociaux
anticapitalistes pré-1968 s’éteignent progressivement tandis que
les mouvements antisystémiques actuels apparaissent et
commencent à affirmer, à partir de cette date devenue
eremblématique du 1 janvier 1994, leurs profils nouveaux et
radicalement différents.
C’est ainsi qu’en 1994, fait son apparition sur la scène
publique ce que nous pourrions considérer comme le premier
mouvement social nouveau, clairement et entièrement
antisystémique – d'où peut-être son caractère de « modèle » –
premier mouvement radicalement différent de tous les
mouvements sociaux antérieurs qui, par son irruption, va
préparer le terrain pour rendre le reste de l’ensemble des
mouvements antisystémiques visibles et de plus en plus
présents, ceux-là mêmes qui mûrissaient depuis 1968.
Aussi n’est-ce pas un hasard si, peu de temps après ce mois
de janvier de 1994, se tint en 1996, sur les territoires rebelles du
Chiapas indigène, la Première Rencontre Intercontinentale

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