Aspects des cultes féminins au Maroc

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Au moyen d'enquêtes réalisées essentiellement dans le pays Zaer et au Zerhoun, au Maroc, auprès de femmes rendant des cultes à des génies, les auteurs tentent de cerner la personnalité d'Aïcha, maîtresse du désordre et de la fertilité. Les lieux et les modalités (offrandes, sacrifices, danses étatiques...) des cultes sont décrits. Les auteurs insistent sur les fonctions thérapeutiques, sociales et environnementales actuelles de ce culte qui prend de plus en plus d'ampleur auprès des femmes, mais aussi dans la cosmogonie des confréries marocaines.
Publié le : mardi 1 novembre 2005
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EAN13 : 9782296417151
Nombre de pages : 101
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Aspects des cultes féminins au Maroc

Histoire et Perspectives Méditerranéennes Collection dirigée par lean-Paul Chagnollaud
Dans le cadre de cette collection, créée en 1985, les éditions L'Harmattan se proposent de publier un ensemble de travaux concernant le monde méditerranéen des origines à nos jours.
Déjà parus

Nordine BOULHAIS, Histoire des Harkis du Nord de la France, 2005. Jean-François BRUNEAUD, Chroniques de l'ethnicité quotidienne chez les Maghrébinsfrançais, 2005. Ali HAROUN, Algérie 1962 - La grande dérive, 2005. Y oann KASSIANIDES, La politique étrangère américaine à Chypre (1960-1967), 2005. Abdelaziz RIZIKI, La diplomatie en terre d'Islam, 2005. Jean-Pierre CÔMES, La guerre d'Algérie et sesfantâmes, 2005. Louis Saïd KERGOAT, Frères contemplatifs en zone de combats. Algérie 1954-1962, 2005. Jilali CHABllI, Les finances des collectivités locales au Maroc, 2005. Yves SUDRY, Guerre d'Algérie: les prisonniers des djounoud, 2005. Samya El MECHAT, Les relations franco-tunisiennes. Histoire d'une souveraineté arrachée. 1955-1964,2005. M. FAIVRE, Conflits d'autorités durant la guerre d'Algérie, 2004. A. BENDJELID, J.C. BRULE, J. FONTAINE, (sous la dir.), Aménageurs et aménagés en Algérie: Héritages des années
Boumediene et Chadli, 2004.

Jean-Claude ALLAIN (Textes réunis par), Représentations du
Maroc et regards croisés franco-marocains, 2004. Ali KAZANCIGIL (dir.), La Turquie au tournant du siècle, 2004. Ibtissem BEN DRillI, La norme virginale en Tunisie, 2004. Clément STEUER, Susini et l'O.A.S., 2004. Arnel BOUBEKEUR, Le voile de la mariée. Jeunes musulmanes, voile et projet matrimonial en France, 2004.

Mohamed
l'enseignement

SQUALl,

L'institutionnalisation du

système

de

au Maroc. Evaluation d'une politique éducative, 2004.

Renée CLAISSE-DAUCHY et Bruno FOUCAULT

Aspects des cultes féminins au Maroc

Préface de Pierre Lory

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris

FRANCE
L'Hannattan Hongrie Kënyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina Faso Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm. ; BP243, KIN XI Université de Kinshasa Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE 1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

- ROC

www.librairieharmattan.com Harmattanl @wanadoo.fr diffusion. harmattan @wanadoo.fr ~L'Hannattan,2005 ISBN: 2-7475-9417-3 EAN: 9782747594172

PRÉFACE Les données et analyses que nous fournit Essai sur les cultes féminins au Maroc sont des éclairages précieux pour tous ceux qui s'intéressent aux pratiques cultuelles en terre d'Islam, ainsi qu'à la culture religieuse féminine. Depuis deux siècles déjà, les études dites « orientalistes », relayées par l'ethnologie, l'histoire et 1'histoire de la pensée, ont déblayé les voies de nos connaissances sur les civilisations islamiques. Elles suivaient deux voies principales. L'une, fondée sur l'étude des sources écrites, analysait les systèmes de pensée (théologie et philosophie, droit, littérature...) ; l'autre rendait compte d'études de terrain, d'ordre sociologique ou anthropologique. Dans les deux cas, il s'avérait malaisé de situer le rôle de la population féminine dans l'élaboration culturelle générale. Même si l'on écrivait sur les femmes à partir de documents ou d'enquêtes, il était rare que l'on puisse rendre compte de ce que cette population féminine pensait, ressentait, vivait, notamment dans le domaine si intime du rapport au sacré. Il fallait pour cela que la recherche fût menée par une femme, s'approchant des rituels et des discours avec assez d'empathie et de compétences pour en rendre compte avec précision, tout en élaborant un exposé clair pour le lecteur occidental. Le présent ouvrage vient apporter une nouvelle pierre à notre connaissance de cette culture féminine au Maroc. Les analyses qu'il présente, sous leur apparente simplicité, résultent de plusieurs années d'approches, d'échanges et de réflexion. Elles sont fort précieuses, car elles nous révèlent une dimension du rapport au surnaturel dont il n'est jamais fait état publiquement. Le lecteur remarquera vite combien il serait superficiel de qualifier ces rituels féminins de « magie ». La distinction entre « magie» et « reli-

gion » est finalement assez arbitraire, elle mutile la compréhension des comportements observés. Car la conception que se font les Marocains impliqués (Gnaoua et bien sûr les femmes pratiquantes elles-mêmes) relève d'une vision du monde structuré, d'un rapport à la nature, d'une articulation face à l'Islam officiel qui méritent l'attention. Dans l'Islam commun, il faut s'en souvenir, les « démons» (djinns) existent bel et bien, le Coran et la Tradition prophétique en font état de manière tout à fait explicite. Il est déconseillé de rechercher le rapport avec eux, mais ce rapport est tout à fait possible. Le consensus social admet qu'il puisse avoir lieu pour un motif honorable (thérapeutique, apotropaïque, « magie blanche»). En ce sens, les femmes dont il sera question au cours de ces pages insèrent leurs croyances et leurs pratiques dans celles de la société musulmane environnante. Ce serait une erreur d'appréciation que d'y voir un reliquat païen, étranger à la religion dominante - à moins de reconnaître que cette dernière a effectivement assumé et fait siennes bien des croyances qui la précédaient. Par ailleurs, le développement des courants mystiques soufis et du chérifisme (vénération de la descendance du prophète Muhammad) a fait admettre l'idée de la circulation universelle de l' énergie divine (la baraka) à travers les personnes désignées comme saintes (les wali-s). Les pratiques dont il sera question dans les chapitres qui suivent sont autant d'exemples de tentatives de capter cette baraka par des moyens rituels - même si ceux-ci se démarquent très nettement des rites et cérémonies pratiques dans le soufisme courant. La culture féminine marocaine a conservé l'idée que cette énergie toute chargée de bénédictions (et de dangers potentiels pour ceux qui agissent mal) est à la disposition de tous ceux/celles qui l'invoquent. Les pratiques concernées divergent de celles pratiquées par les soufis et les mara-

bouts, lesquelles sont effectuées par des hommes toujours, et de façon « diurne », en plein jour et à l'aide de supports scripturaires (versets du Coran en particulier). Les rituels dont il sera question ici concernent presque exclusivement le milieu féminin et sont de nature plus « nocturne». Peu ou pas liés à la culture écrite, scripturaire, ils obéissent à une logique du symbole, de "1'association, d'un imaginaire archaïque enrichi sans doute d'apports africains. Pour autant, il ne faudrait pas figer ces représentations dans un cadre de reliquats d'une époque passée. Le lecteur constatera combien la mythologie évoquée varie d'un lieu à un autre, d'une personne à une autre, évolue dans le temps et selon les circonstances. Cette fascinante plongée dans l'imaginaire féminin contemporain au Maroc laisse entrevoir la richesse de ce domaine, et sa vigueur.
Pierre LORY,Directeur d'études à l'École pratique des hautes études

SOMMAIRE AVANT-PROPOS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

CHAPITRE I - L'ORDRE DU MONDE. . . . . . . . . . 7 I. HOMME ET COSMOS 9

II. ENVIRONNEMENT NATUREL ET CULTES FÉMININ S 12 CHAPITRE II - L'ENQUÊTE: INTERLOCUTEQRS ET DOCUMENTS, METHODES ET DIFFICULTES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 CHAPITRE III - LES CULTES INSTITUÉS. . . . . 25

I. L'OCÉANE ET LA MAÎTRESSE DU SEBOU: AÏSHA EL-BAKHIA ET AÏSHA MULAT L'OUED. . . . . . . . 25 A. Lalla Aïsha EI-Bakhia, descriptif. . . . . . . . . . . . 27 Aïsha Gnawia, avatar d'Aïsha EI-Bakhia . . . . . . . . 28 Aïsha EI-Bakhia la sainte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 B. La maîtresse du fleuve. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 II. LES COMPAGNES DES SAINTS DU ZERHOUN 31 A. Ce que disent nos interlocuteurs. . . . . . . . . . . . 33 B. Perceptions et hiérarchies des espaces sacrés selon les pèlerines. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
C. Les lieux de culte.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39

Sidi-Ahmed-Dghoughi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 Sidi-Ali-Ben-Hamdouche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 Aïsha-Sudania. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 Aïsha-Hamdushia 43 D. Les présents de Lalla F. 46 E. Les modalités du culte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 Les gardiens du culte. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47

Sacrifices et thérapie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 Témoignage d'une pèlerine. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53 CHAPITRE IV - LES AUTELS ÉPHÉMÈRES. . . 55

I. AÏSHA ZAERIA 55 A. Récits et explications des pèlerines. . . . . . . . . . 55 Fatuma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55 Lalla Fatna 59 B. Les offrandes à Lalla Aïsha Zaeria 60 II. LES AUTELS PRÈs DES KOUBBAS. . . . . . . . . .61

CHAPITRE V - LES AÏSHA : GÉNÉALOGIE ET RITUELS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63 I. LA GÉNÉALOGIEDES AÏSHA 63

II. CODE DES OFFRANDES ET DES SACRIFICES 63 A. Règles du sacrifice. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 B. Les génies exigeants et les autres. . . . . . . . . . . . 67

CHAPITRE VI - ESSAI DE SYNTHÈSE. . . . . . . .69 CONCLUSION: AÏSHA QANDISHA . . . . . . . . . . . 79 BIBLIOGRAPHIE.
ANNEXE.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89

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