Attachement familial et agressivité

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Le climat psychologique familial influence le développement du caractère de l’enfant. Il crée un modèle de comportement socialement adéquat. La conservation du système de valeurs de la famille est essentielle pour l’identité de l’individu, tout comme pour la création et la mise en œuvre de l’éducation familiale.
Le sujet est actuel, par rapport au processus de réorganisation complète de la société ainsi que par rapport à la reconsidération de la famille en tant qu'unité de base.
Le présent ouvrage analyse les causes du développement des comportements agressifs chez les adolescents et propose des outils pratiques aux parents, aux enseignants et aux thérapeutes.


Publié le : vendredi 21 février 2014
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EAN13 : 9782332645333
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ISBN numérique : 978-2-332-64531-9

 

© Edilivre, 2014

Introduction

Le rôle du parent constitue, sans aucun doute, le plus riche, le plus responsable et portant la plus grande récompense dans la vie humaine. En l’adoptant, chacun de nous doit faire face aux plus graves défis de l’existence, aux choix relatifs au sens le plus profond de notre vie. L’apparition de l’enfant change radicalement le scénario vital.

L’incidence et l’interaction d’une série de facteurs sociaux, économiques, personnels, psychologiques, démographiques et d’autres, conditionnent l’apparition de nombreuses modifications de la famille pendant les différentes périodes historiques.

Parallèlement à l’évolution de la société et dans les conditions de la transition de la société moderne vers la société postmoderne, les relations personnelles et intimes se libéralisent de plus en plus et la variété des formes de famille réellement fonctionnant s’accroît de plus en plus. La plupart des auteurs définissent cela comme une tendance qui est commune pour le monde civilisé pris dans son entité. Par ailleurs, les tendances contemporaines de l’évolution de la famille s’adaptent à la spécificité nationale, étant influencées par les conditions sociales et économiques dans le pays concret. Pour ces raisons, de nombreuses définitions s’avèrent inadéquates à la situation contemporaine et à une société concrète.

Lespratiquesetlesrapportsparentauxaveclenfantsontmodeléségalementparlesressourceséconomiquesetculturellesdesparents,parleurniveausocialetculturel ;parleursidéesdelimageetdelintégrationfuturesdelenfantcesonteuxquidéterminentleniveaudelautonomieetde lautorégulationquiestalloué àlenfant,ainsiquelestechniquesdinfluence ;lamotivationetlecontrôle ;lestatutsocial,lesrôlesfamiliauxdesparents, ils sont aussi déterminés parlidentitésocialedelenfant ;parleniveaudelacohésiondelafamille,parlesprojectionsprofessionnellesledéterminant« réactif »delasocialisation.

Leclimatpsychiqueconstitue la composanteessentielledesrapportsauseindelafamilleparentaleinfluençantlaformationdes attitudes agressiveschezlenfant. Il est considéré comme l’indicede l’harmonie des rapports entre les conjoints, étant en fonction aussi bien de leurs particularités individuelles que de leur capacité à s’adapter mutuellement l’un à l’autre. Le climat psychique positif familial influe favorablement sur le développement du caractère de l’enfant en créant des conditions de la formation d’un modèle de comportement socialement adéquat chez lui. Aucontraire,lorsquelesrapportsentrelesparentssontexarcerbés etconflictuels,celase répercutenégativementsurlenfantquicommenceàexprimerunetendanceaccrueàimiter l’agressivité parentale.

La sauvegarde du système des valeurs de la famille est essentielle pour l’aide à la sauvegarde de l’identité nationale de l’individu, tout comme pour la création, sur le plan pratique, de moyens et de formes concernant la mise en œuvre de l’éducation familiale, tout cela prédeterminant l’actualité du sujet. La recherche est actuelle, également, dans le processus de la réorganisation complète de la société et de la décomposition de la famille en tant que son unité de base.

Par ailleurs, l’analyse des causes du développement du comportement agressif, sur le plan théorique, est importante dans le contexte de la violence de plus en plus croissante dans la société en son intégrité.

Chapitre un
L’attachement dans la famille et l’éducation familiale. Modèles théoriques
du concept de la famille

1.1. Nature et fondements du modèle de la famille

Il existe de nombreux concepts et définitions de la famille. La littérature scientifique ne propose pas une définition de la famille qui soit unique et communément admise. Tout chercheur élabore sa propre définition en fonction de ses objectifs de recherche concrets et de sa perspective scientifique spécifique. On peut indiquer deux raisons essentielles pour la diversité des concepts et des définitions de la famille.

Premièrement, la famille fait l’objet de recherche et de théorisation du point de vue de diverses sciences comme la sociologie, psychologie, économie, etc. Se basant sur des indices démographiques et sur des sondages sociologiques, les sociologues présentent les tendances contemporaines de l’évoluition de la famille et des modèles familiaux modernes, ils examinent la famille dans son développement historique et recherchent les causes de l’image contemporaine des rapports familiaux et matrimoniaux.

La perspective sociologique permet la création d’une idée objective et complète de la famille dans la société moderne, des divers modèles familiaux – d’une part, en tant que forme, structure ; d’autre part – comme fonctionnement et répartition des rôles familiaux.

Par ailleurs, il existe de nombreuses théories psychologiques sur la famille, mais le plus souvent, l’intérêt à l’étude de la famille dans la psychologie est lié à l’application pratique de la théorie dans la consultaion familiale. L’intérêt des chercheurs-psychologues est porté sur la différenciation des critères d’évaluation de l’efficacité du fonctionnement de la famille ainsi que sur l’identification des problèmes concrets dans la famille. Le niveau psychologique de l’analyse englobe l’univers familial « en profondeur », le savoir psychologique en est susceptible d’enrichir considérablement l’idée de la nature et des particularités, du fonctionnement et de l’efficacité des formes de famille populaires et impopulaires.

L’approche multidisciplinaire et l’accroissement de l’intérêt de recherche scientifique à l’égard de la famille impliquent l’introduction du terme de « familiologie » afin de désigner ces ouvrages qui visent l’univers familial, et non pas la famille comme une abstraction.1 Dans le cadre de la familiologie, des psychologues, des sociologues et des chercheurs d’orientation scientifique la plus variée proposent différentes concepts et définitions de la famille.

La deuxième raison pour l’absence d’une définition commune du concept de la famille est le fait que « la famille est une communité changeant aussi bien comme forme, que comme modèle »2, c’est-à-dire, le concept de la famille est défini en fonction de la période historique et du modèle dominant de fonctionnement et de structuration de la famille qui en relève.

L’incidence et l’interaction d’une série de facteurs socioéconomiques, personnels et psychologiques, démographiques et d’autres, conditionnent l’apparition de nombreuses modifications de la famille pendant les différentes périodes historiques.

Parallèlement à l’évolution de la société et dans les conditions de la transition de la société moderne vers la société postmoderne, les relations personnelles et intimes se libéralisent de plus en plus et la variété des formes de la famille réellement fonctionnant s’accroît de plus en plus. La plupart des auteurs définissent cela comme une tendance qui est commune pour le monde civilisé pris dans son entité. Par ailleurs, les tendances contemporaines de l’évolution de la famille s’adaptent à la spécificité nationale, étant influencées par les conditions sociales et économiques dans le pays concret. Pour ces raisons, nombre de définitions s’avèrent inadéquates à la situation contemporaine et à une société concrète.

Malgré les difficultés de définir la notion de la famille, certains des auteurs proposent des définitions qui visent à englober tous les types de familles. Un exemple d’une telle définition est le suivant : « Un groupe dont la vocation est d’instituer et de régler la vie sexuelle et la naissance des enfants, mais bien que ce soit essentiel pour la formation du groupe familial, il continue souvent à exister même lorsque la relation sexuelle n’est pas satisfaisante ou la naissance des enfants est impossible, indésirable ou déjà réalisée »3

Ainsi le terme se rapporte à :

« а) un groupe primaire composé de deux parents et, d’au moins, un enfant, liés par le sentiment de la vie commune ;

b) des couples mariés ou non, sans enfants ;

c) un groupe d’un parent et d’enfants ;

d) un groupe d’enfants habitant ensemble qui avaient, initialement, un ou deux parents vivant avec eux ;

e) un époux avec plusieurs épouses légales ;

f) un groupe de parents (personnes proches) et leurs enfants qui vivent ensemble ».

Cette définition est incomplète et non pas tout à fait adéquate à la réalité. Une démarche appréciable pour définir la famille est la différenciation de ses principales fonctions. Les différentes approches sociologiques à l’égard de la famille insistent sur les fonctions similaires de la famille. L. Spasovska définit les principales fonctions de la famille, comme il suit : 4

FonctionséconomiquesLesfonctionséconomiquesdelafamillesontliéesàlaréalisationdetouslesaspectsducomportemlentéconomiquede sesmembresetdelafamilledanssonensembleréalisation dans le domaine du travail et perception de revenus, répartition des revenus entre les dépenses et l’épargne,organisation des tâches ménagères, et ce qui est le plus important du point de vue du présent ouvrage – réalisation du comportement consommateur.

Fonctionsexuelleetbiologiquedupointdevuedelasociété,ellecontribueàlasatisfactiondu besoinduncertaincontrôlesexuelsurlecomportementsexuelauregard delareproductiondelapopulation,etconcernantlindividuà la satisfaction de ses propres besoins sexuels.

FonctionsparentalesLapparitiondelenfantetsaprésenceauseindelafamillesontdirectementliéesàplusieursfonctionsfamiliales :sexuelle(laconceptiondelenfant),reproductive(sanaissance),celledeviequotidienneéconomique(sonélevage)etcelledesa socialisation(son éducation).Elles, toutes, contribuent, plus ou moins, à la reproduction sociale et biologique de la lignée et forment le phénomène de la parentalité.

Fonctions relatives à la reproduction spirituelle de l’individu – En tant qu’une communauté culturelle particulière, la famille garde, développe et transmet de génération en génération des valeurs spirituelles, des normes, des habitudes sociales, des orientations qui assurent son existence normale dans un milieu social déterminé. Dans cette optique, on distingue ses fonctions suivantes : culturelle, récréationnelle, éducative, communicative, la fonction concernant la réalisation de l’activité sociale de la personne dans ses trois normes essentielles – professionnelle, culturelle et éducative et sociopolitique.

Fonctions psychoémotionnelles – de ces fonctions dépendent la modération et la résistance psychiques, la santé psychique des personnes impliquées dans la famille. L’une des principales en est la fonction thérapeutique de la famille. La fonction émotionnelle comprend l’amour conjugal, l’affection entre les parents et les enfants et entre les enfants.

La réalisation des principales fonctions familiales subit un changement relatif à la décomposition du modèle de famillle traditionnel. Le changement est surtout lié à l’égalité entre lhomme et la femme lors de l’exécution des fonctions. Dans certains types de famille comme les familles monoparentales (constituées dun parent et dun enfant/ d’enfants) la plupart des fonctions sont accomplies par une personne. Chez ce type de familles, la fonction sexuelle, par exemple, n’est pas rattachée à la famille.

M. Dinkova remarque que les notions de mariage et de famille sont utilisées comme synonymes dans la vie quotidienne et, parfois, dans la littérature scientifique.5М. Dinkova propose les définitions suivantes :

Famille– « groupementhumaindebase,constituédeparents prochesoudeparentsproches etd’épouxquisontliéspardenombreusesactivitésconjointes,déterminéeshistoriquement vulareproductionbiologiqueetsocialedugenrehumain ».

Mariage– « unionentrelhommeetlafemme,approuvéeetrégléeparunesociétéconcrètequiviseàsatisfairecertainsbesoinssociauxetpersonnels »6

Cette distinction entre les deux notions reflète, plutôt, la perspective future de l’évolution de la famille ; cest pourquoi, dans le présent ouvrage, l’auteur examine la famille et le mariage comme synonymes.

Il simpose, pourtant, de faire une distinction obligatoire entre les notions de la famille et du ménage. Le ménage représente un groupe de personnes (ou une seule personne) qui ont un budget commun, se nourrissent ensemble, utilisent ensemble le logement et son ameublement. Le ménage peut être constitué d’une famille à part ou de plusieurs familles, ainsi que de diverses autres combinaisons de personnes vivant en cohabitation. Le ménage est l’unité de base de l’étude et de l’analyse du comportement consommateur. Les personnes qui vivent seules, forment une part considérable du groupe des ménages hors mariage. Une partie de ce groupe est constituée par les personnes âgées qui habitent avec des gens qui ne sont pas leurs proches. D’après D. Angel et des collègues, les couples, vivant en union libre, font partie du même groupe, mais en raison de la définion de la famillle, adoptée dans le présent ouvrage, il serait incorrect que ces couples soient classés comme non mariés. Cette catégorie pourrait, plutôt, englober des couples mariés dont les membres maintiennent une maximale autonomie, ci-inclus également, des ménages séparés.

Е. Todorova remarque que de nombreux chercheurs voient l’avenir de la famille dans la dite « famille hybride » dans laquelle les partenaires habitent dans des ménages à part en protégeant surtout leurs propres intérêts et besoins7. Le prototype de la « famille hybride » de demain est la famille monoparentale d’aujourd’hui. Les données démontrent que les ménages non mariés augmentent en nombre.

Le modèle de la famille nucléaire (qui peut être définie, grosso modo, comme constituée de parents liés par le mariage et de leurs enfants célibataires) s’affirme et prédomine dans la société industrielle. Avant, dominait la dite famille élargie qui, en général, était composée d’un noyau (parents et enfants) et de personnes proches (grands-parents, tentes, oncles, etc.). Le dernier modèle familial se caractérise par la cohabitation de plusieurs familles dans un ménage commun. Par la nucléarisation de la famille s’affirme le modèle « ménage-famille ».

Cet exposé démontre que, sur le plan démographique, le nombre des ménages s’accroît fortement tandis que le nombre des personnes dans un ménage baisse. Les tendances contemporaines de l’évolution des relations conjugales et familiales impliquent l’examen autonome de la famille et du ménage. Dans les conditions modernes, le modèle « famille-ménage » cesse de dominer à un tel point élevé. Mais la tendance que les ménages augmentent en nombre et que les membres du ménage diminuent, persiste. Cette tendance est, le plus probablement, liée à la taille du célibat, à la conclusion plus tardive du mariage et à d’autres aspects de la tendance à la restructuration de la famille.

1.2. Tendances de l’évolution du modèle familial
et des relations en lui

La tendance générale au changement de la famille est examinée dans le contexte de la société moderne, de la mondialisation, de l’échange rapide de l’information. М. Yachkova dit : « … le monde et la famille effectuent un tournant. Et comme la modérnité n’est autre chose que la mondialisation, que le respect de l’autre – le fond du tournant réside en la tolérence dans toutes ses dimensions : physique, spirituelle, émotionnelle, intellectuelle, celle de la vision du monde, religieuse, raciale, ethnique, internationale, intersexuelle, de rôle, etc. » 8

Par ailleurs, nombre d’auteurs réfutent la thèse populaire, défendue par les auteurs de littérature scientifuque et celle de science-fiction des années 70, apparue en résultat de la révolution sexuelle et postulant que les familles sont des formes vouées « à la disparition ».

On s’obstine à prouver la thèse qu’en résultat des tendances des 40 dernières années du XXème siècle, divers modèles familiaux apparaissent et sont réalisés, à l’échelle mondiale, mais le mariage reste la forme prioritaire de cohabitation et d’élevage de la progéniture, tout en étant aussi la valeur individuelle prédominante.

Il s’avère, également, que le mariage, bien que conclu plus rarement, reste encore la forme préférée de régulation des rapports entre les partenaires/ les parents.

La nature du changement dans la famille réside dans le fait qu’au passé il existait diverses formes matrimoniales de famille, mais la dominante n’en était qu’une, les autres faisant l’objet de réprobation, rejet et même répression sociaux, alors qu’aujourd’hui s’affirme une diversité complexe brassée de formes et modèles matrimoniaux et familiaux, mais avec une inclination au mariage ou au modèle traditionnel de la famille. 9

Les transformations de la famille retrouvent leur expression objective dans les changements démographiques des dernières décennies du XXème siècle. Elles, toutes, sont examinées comme les différents aspects, les facettes de la tendance globale au changement. Les tendances, observées dans le monde entier ainsi qu’en Bulgarie, sont les suivantes :10

L’âgeauquelleshommesetlesfemmesconcluentleurpremiermariagesaccroît,ilseformeunetendanceàlaconclusiondunmariagetardif ;

Le nombre de ceux qui ne concluent pas de mariage augmente ;

Lanatalitédiminueenpartieàcausedufaitquelesmariagessontconclusplustard,enpartiepuisquelenombredesenfantsnésetélevésdanslafamilledécroît ;

Le nombre des naissances hors mariage augmente ;

Le nombre des enfants dans la famille diminue ;

Le nombre des divorces s’accroît ;

Autrefoisdominaitlatendancequeleplusgrandnombrededivorcesaitétédanslesfamillesavecunousansenfant,alorsquelatendancemoderneestàlaccroissementdutauxdesdivorcesdanslesfamillesavecdeuxouplusieursenfants ;

L’infécondité volontaire s’accroît ;

Le nombre de ceux qui ont renoncé en pratique à avoir une famille et des enfants augmente.

Ces tendances tracent le tableau de la situation de la famille moderne.

Certes, il existe également de nombreuses autres formes de cohabitation :

Le concubinage hétérosexuel (cohabitation, union consensuelle) – C’est l’alternative la plus répandue du mariage légal monogame, elle est en présence dans toutes les sociétés avec le système européen de famille matrimonial, étant accepté le plus tranquillement par l’opinion publique. Ces unions sont un phénomène largement répandu aux pays scandinaves où elles s’affirment comme une norme. D’après la chercheuse célèbre E. McLean11 la nature des ces unions est difficile à décrire. Elle propose qu’elles soient examinées comme situées dans un continuum constitué, d’une part, d’unions avec un faible engagement émotionnel et avec des obligations mutuelles minimales et, d’autre part, d’unions avec un fort engagement émotionnel et avec des obligations mutuelles maximales. Elle distingue cinq types d’unions consensuelles :

1) réunion occasionnelle temporaire dans laquelle deux personnes partagent un logement commun, parce que cela est d’un intérêt mutuel, tout en maintenant des relations plus ou moins amicales ;

2) union fondée sur l’amour et orientée vers un soutien mutuel de l’évolution personnelle, dans laquelle le couple cohabite parce que cela lui fait plaisir ;

3) « mariage blanc » dans lequel le couple cohabite parce qu’il est enclin à une liaison permanente et désire vérifier s’il y aura du sens qu’il la réalise ;

4) alternative temporaire du mariage dans laquelle le couple assume l’obligation de conclure un mariage juridique lorsque des conditions propices s’y présentent ;

5) cohabitation constante ou presque constante dans laquelle le couple s’engage avec des obligations à long terme similaires à celles lors du mariage légal, mais sans la sanction légale et religieuse.12

D’après une autre chercheuse célèbre – V. Oppenheimer – la plupart des unions consensuelles sont liées à l’adaptation à la tendance à la conclusion plus tardive du mariage. 13

Ainsi, les individus évitent la privation sexuelle et la promiscuité, pouvant bénéficier de certains des avantages du mariage comme le budget commun et les économies. Ces unions conservent certains des avantages de la vie autonome – l’influence de cet engagement sur la vie future est moindre n’impliquant pas un engagement financier à long terme. De nombreux chercheurs rejettent la thèse que la cohabitation influe considérablement sur le mariage et sur la famille et considèrent que l’incidence peut être recherchée surtout dans le sens de l’instauration de l’égalité entre les conjoints, de l’affirmation d’un arrangement mutuel et d’un consentement mutuel en tant que principe des rapports.

– Famille monoparentale (famille avec un parent) – Dans les familles monoparentales les enfants vivent en permanence avec l’un des parents qui assume, en principe, l’obligation de s’occuper d’eux. 14

La variété des familles monoparentales est grande du point de vue de leurs structure et situation économique. Il est nécessaire de faire la distinction entre la famille monoparentale maternelle et la famille monoparentale paternelle (les premières étant beaucoup plus nombreuses), entre les familles monoparentales qui sont le résultat d’une adoption, d’une maternité hors mariage, d’un veuvage ou d’un divorce ; la distinction en fonction de l’appartenance de classe et d’âge du parent, distinction suivant le degré de la participation de l’autre parent. Le groupe des mères solitaires qui font le choix d’élever seules leurs enfants est important de par son nombre. La distinction entre les familles monoparentales (diverses modalités) et la famille avec un seul parent (la personne élève seule son enfant dont l’acte de naissance ne comporte pas le nom de l’autre parent) est aussi essentielle pour la Bulgarie. Le dernier groupe s’accroît drastiquement dans notre pays.

– Famille binucléaire – Arens introduit le terme de la famille binucléaire pour désigner « une famille après le divorce dans laquelle l’enfant est membre d’un système familial constitué de deux noyaux – ménages – maternel et paternel ».15 Les familles se distinguent par le degré de la coopération entre les parents et par le temps que l’enfant passe avec chacun d’entre eux. A cette notion est associé le principe de la participation co-parentale dans laquelle les anciens conjoints reconnaissent le droit de l’autre de partager les privilèges et les responsabilités du parent.

– Famille recomposée – Chez ce type de famille « l’un ou les deux adultes ayant conclu le mariage ont des enfants d’une union précédente pour qui le principal lieu d’habitation est le nouveau foyer ».16 Avec l’accroissement des divorces et étant donné que la majorité des divorcés se remarient en deuxièmes noces et que ces nouveaux mariages incluent un adulte avec un ou plusieurs enfants du premier mariage, la famille recomposée se transforme en une forme de famille de plus en plus répandue et complexe. De nombreux auteurs soulignent que la famille nucléaire traditionnelle se distingue basiquement de la famille recomposée. Chez ce type de familles, enfants et parents construisent ensemble les rapports entre eux, ils y viennent avec leurs différents passé et souvenirs, conscience de soi, répartition des rôles, des habitudes et des attitudes.

– Couples homosexuels – Les couples homosexuels sont aussi examinés comme une alternative de la famille traditionnelle. D’après E. McLean, bien que la plupart des recherches soit consacrée au couple ou « à l’unité conjugale », à présent, on observe un intérêt accru, porté sur les parents homosexuels. En Bulgarie il y a des barrières que la loi impose à la légalisation des couples homosexuels et l’opinion publique n’en fait pas preuve de tolérance, c’est pourquoi la plupart des homosexuels gardent en secret leur orientation sexuelle et évoluent dans des cercles et communautés fermés. Pour ces raisons, en Bulgarie, les données sur ce groupe sont restreintes.17

Cette distinction des formes de famille est faite d’après E. McLean, certaines des formes non traditionnelles qu’elle mentionne, n’étant pas présentées. La distinction ne prétend pas être précise. C’est une différenciation faite grosso modo, vu l’existence d’une grande diversité de formes de familles au sein de chacun des groupes.

Pour parachever le tableau des modèles de familles modernes, il faut décrire les changements des rôles traditionnels des époux, et les rôles modernes de la femme et de l’homme dans la famille. Pour ce faire, il est nécessaire d’examiner le modèle traditionnel. Ce modèle traditionnel est celui de la famille nucléaire déjà mentionné. C’est le modèle de base dans le paradigme du fonctionnalisme structurel, le paradigme qui domine au milieu du XX s. et dans le cadre duquel se développe la sociologie moderne de la famille.

D’après les structuro-fonctionnalistes la famille nucléaire représente un couple de deux parents, unis par le mariage qui cohabitent avec leurs enfants dans un logement commun. 18 Le groupe, ainsi formé, ne peut pas être réduit et il accomplit des fonctions fondamentales pour le maintien de l’intégration sociale, principalement moyennant la socialisation. La famille nucléaire fonctionne comme une unité autonome, ses membres ne réalisant que peu de contacts étroits en dehors de ses limites et cela la rend plastique et correspondant au maximum aux exigences de la société industrielle. D’après l’historien de la famille E. Shorter, le trait caractéristique de la famille nucléaire est qu’elle est ostensiblement séparée, confinée, même isolée du reste du monde. 19 Les confins (physiques, économiques, juridiques et émotionnels) n’existent pas sous une telle forme, ne sont pas tellement exprimés dans la majorité des divers modèles de famille modernes. Un autre trait caractéristique de la famille nucléaire d’après le théoricien principal du fonctionnalisme structurel Talcott Parsons est la répartition des rôles parmi ses membres sur la base des critères de sexe et d’âge. T. Parsons introduit la notion de « axe instrumental expressif » et distingue deux types d’activités – instrumentale et expressive.20 L’activité relative aux rapports du groupe avec les situations externes est instrumentale. Se basant sur la pratique imposée historiquement, les fonctionnalistes admettent qu’au sein de la famille nucléaire, le père, en tant que leader de la famille, se spécialise dans les activités instrumentales parce qu’il fait vivre sa famille / en gagne sa vie /. L’activité expressive est liée à l’intégration et à l’unité du groupe, au maintien des rapports interpersonnels. C’est pourquoi la mère, d’ordinaire ne travaillant pas professionnellement, porte la responsabilité du climat psycho-émotionnel dans la famille et de son unité. D’après Parsons, les rôles instrumental et expressif sont naturellement inhérents respectivement – à l’homme et à la femme et cette différenciation des rôles est absolument nécessaire au fonctionnement de la famille et de toute la société.

D’après Parsons, la différenciation des sexes et des rôles est le mécanisme de base qui prévient la concurrence destructive, la compétition entre les époux et exerce son effet stabilisateur sur le mariage et sur la société.

En d’autres mots, le modèle nucléaire ou le modèle familial traditionnel est basé sur le mariage juridique entre les parents, sur la vie au foyer commun, sur une stricte répartition des rôles dans laquelle l’homme est le leader de la famille (il travaille et en assure les finances) et la femme est avant tout ménagère (elle prend soin des enfants et unit la famille). Teacheman et des collègues affirment que « le nombre des familles nucléaires composées de deux parents hétérosexuels dont le père travaille et la mère est ménagère, ainsi que de leurs propres enfants (non pas adoptés) a diminué jusqu’au point auquel ce modèle familial s’est transformé d’une norme en une exception. ».21

Beaucoup de chercheurs étudient les causes de la décomposition du modèle familial traditionnel. On réfute la conception populaire que le changement dans le statut économique de la femme et sa réalisation dans la sphère du travail professionnel après la Seconde guerre mondiale est la cause principale de la décomposition de la famille nucléaire.22 D’après ce concept, les changements du modèle familial sont expliqués de manière trop simpliste et cela bloque la recherche d’explications alternatives.

1.3. Style parental, pratique éducative et formation de la personnalité

La question de l’éducation occupe une place considérable dans la psychologie sociale encore pendant les années 30 de notre siècle. On en connaît plusieurs approches.

LapprochedeRollinsetThomas,Maccoby,PurtiosetDesmes’articule autour de deux principales dimensions de l’influence parentale.

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