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Attentats — Les événements qui ont changé le monde

De
224 pages

« Si l’histoire ne se réduit pas au choc des civilisations, le choc des civilisations est au cœur de l’histoire... »

Les gratte-ciel, le métro et les gares sont les cibles privilégiées pour un attentat de grande ampleur.

L’après-11 septembre a vu la terreur djihadiste se répandre partout dans le monde, frappant indistinctement les Occidentaux et leurs alliés.

Cette chronique retrace l’histoire mondiale du terrorisme : les meetings, les institutions ou encore les lieux publics touchés par ce nouveau fléau du XXIe siècle.


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Éditions Chronique
La terreur djihadiste frappe tous azimuts
Derrière les attentats qui frappent partout dans le monde les intérêts ou les symboles de l’Occident se profile un rêve séculaire : l’unification d’un monde musulman pourtant très divisé. Mais il ne faut pas s’y tromper, le potentiel révolutionnaire de l’islamisme radical, qui est énorme, a remplacé celui du communisme à l’époque de la guerre froide. L’après-11 septembre va voir la terreur djihadiste se répandre partout dans le monde, frappant indistinctement les Occidentaux et leurs alliés. Ainsi, ce sont successivement la Tunisie, pays musulman mais moderniste (attentat-suicide contre la synagogue de Djerba revendiqué par Al-Qaida le 11 avril 2002), l’Arabie Saoudite, visée pour son alliance stratégique avec Washington (attentats-suicides à Riyad le 12 mai 2003), l’Indonésie, frappée pour ses liens historiques avec les Américains et son islam syncrétique (attentat contre l’hôtel Marriott de Jakarta le 5 août 2003 revendiqué par la Jamaah Islamiyah), l’ONU, assimilée par les islamistes à la domination occidentale, frappée lourdement (22 morts, dont le représentant de l’ONU en personne) le 19 août 2003 à Bagdad, le Comité international de la Croix-Rouge, symbole de l’humanitaire occidental, frappé à Bagdad le 27 octobre 2003, qui sont visés. Puis les attentats reprennent contre les Occidentaux en Arabie Saoudite, où Al-Qaida revendique des assassinats de ressortissants étrangers. À partir de 2004, les islamistes parviennent à étendre leurs réseaux en Europe. Décidée à faire plier l’Espagne qui s’est engagée aux côtés des Américains, la composante maghrébine de l’islam radical frappe le 11 mars 2004 à Madrid. Le 7 juillet 2005, la Grande-Bretagne, pourtant longtemps soupçonnée de complaisance face à l’islam radical (on parlait du « Londonistan »), est à son tour victime de la terreur djihadiste. Quatre explosions consécutives dans le métro et le bus font 56 morts et plus de 700 blessés. Deux ans plus tard, durant l’été, à Londres et à Glasgow, en Allemagne et au Danemark, plusieurs projets d’attentats sont déjoués.
Une idéologie politique
Lorsque Mahomet a fait sa prédication, au début du VIIe siècle, l’islam a d’abord été le drapeau de l’affirmation arabe, puis s’est étendu à de nombreux peuples (les Turcs, les Perses, les Javanais, les Malais, et diverses ethnies des Indes ou d’Afrique noire…), dont les cultures et les langues étaient différenciées depuis longtemps. Certes, durant des siècles, de nombreux peuples musulmans cherchèrent à réunifier l’islam dans des califats sur lesquels ils s’efforcèrent de conserver la prééminence (comme c’est le cas des empires omeyyade, abbasside, seldjoukide, fatimide, ottoman…), mais ils n’y parvinrent jamais, et l’islam ne fut réellement uni que sous les quatre premiers califes. Le monde musulman contemporain, loin de constituer un pouvoir politique réunifié, forme donc un ensemble complexe d’acteurs : États, mouvements rebelles au sein des États, réseaux transnationaux qui interagissent avec le reste du monde, suivant des critères qui sont plus souvent d’intérêt que de religion. À la fracturation politique du monde musulman s’ajoute une fracturation théologique, qui celle des chiites contre les sunnites ; en outre, à l’intérieur du monde sunnite, plusieurs écoles juridiques déterminent des pratiques de l’islam variant d’une aire géographique à une autre. Il y a donc une géographie politique et culturelle de l’islam qui va à l’encontre, à bien des égards, du lieu commun d’un bloc musulman
opposé à d’autres blocs de civilisation. Pourtant, qui pourrait nier que l’idée unitaire est en train de gagner du terrain dans le monde musulman ? L’islamisme, cette idéologie politique fondée précisément sur le rêve d’unification, avance à grand pas. Les islamistes refusent à l’islam son histoire, c’est-à-dire le fait qu’il se soit fracturé politiquement et théologiquement à mesure que le temps passait. Ce qu’ils veulent, c’est ramener l’islam en arrière, à son « âge d’or », celui du premier siècle où il était « pur et uni » avant que les peuples, leurs traditions (comme les confréries en Afrique ou dans le Caucase, par exemple), leurs intérêts, leurs frontières ancestrales n’adaptent le message universel de l’islam à la mode locale. Ainsi donc, à mesure que l’islamisme gagne dans l’islam, la carte de la géographie musulmane, et de ses points de contact avec les autres civilisations, s’embrase. Afrique, Caucase, Asie centrale, Maghreb, Moyen-Orient, sous-continent indien, Asie du Sud-Est, et jusqu’aux sols américain et européen, rares sont les territoires qui échappent à l’affirmation de ce qu’il faut bien appeler la nouvelle idéologie anti-occidentale et tiers-mondiste. Souvenons-nous de la guerre froide et de l’Empire soviétique. À l’époque, c’est-à-dire avant 1990, le communisme était le ciment transnational de tous les mouvements identitaires qui s’opposaient à l’Occident. Puis, lorsque l’URSS envahit l’Afghanistan, l’islam sunnite, agressé par le communisme, s’allia à l’Amérique pour résister. Au même moment, l’islam chiite iranien venait attester qu’une voie révolutionnaire anti-occidentale était possible en dehors du socialisme. Le communisme s’effondra au début des années 1990 et, deux ans plus tard seulement, l’islamisme sunnite se retournait contre les États-Unis. Nous sommes, depuis, entrés dans l’ère d’un islamisme sunnite aussi mondial que radical, l’ère d’une nouvelle idéologie de contestation de l’impérialisme « croisé et juif » américain et israélien (au Moyen-Orient) ou russe (en Asie centrale et dans le Caucase). Dès lors, il se passe dans le monde musulman ce qui se passait à l’époque de la guerre froide dans l’ensemble des pays du tiers-monde : une logique globale simplificatrice récupère et instrumentalise tous les abcès locaux. En qualité de musulmans, séparatistes (en Tchétchénie, au Kosovo ou aux Philippines) et nationalistes (Palestine) intègrent ainsi la « cause supérieure » de la révolution islamique mondiale. La complémentarité entre local et global est de mise. Qui, en effet, peut apporter à ces réseaux islamistes internationaux, grouillant de militants déracinés et apatrides issus d’une immigration ratée, un meilleur appui de terrain qu’une guérilla locale ? Inversement, alors que, faute de parrainage soviétique, la plupart des mouvements de libération nationale sont en perte de vitesse depuis la fin de la guerre froide, qui, mieux que l’islamisme global, peut donner à ceux-ci un second souffle, à la fois révolutionnaire et financier ? À côté d’un altermondialisme stérile, car privé d’une puissance qui le soutienne, l’islamisme apparaît bel et bien comme le seul véritable internationalisme révolutionnaire capable de porter des coups à l’« ennemi israélo-américain ». Or, cette nouvelle forme de bipolarité entre un nouveau « monde libre », celui de la démocratie à l’occidentale, et un nouvel « empire du Mal » – c’est-à-dire le « terrorisme international » et l’« axe du Mal » qui le soutiendrait, pour reprendre la phraséologie américaine – est d’autant plus explosive qu’elle n’est pas seulement une construction idéologique. Elle est la traduction contemporaine d’une constante de l’histoire : le choc des civilisations chrétienne et islamique.
Lyon
23 octobre 1882
n attentat à la bombe imputé aux anarchistes blesse un employé d’un restaurant surnommé ’Assommoir.
5 mai 1886
Chicago – Une bombe explose en plein meeting
Les projecteurs de l’actualité sont encore une fois braqués sur cette ville : quatre jours après la manifestation de masse qui s’y est déroulée, un attentat s’est produit aujourd’hui. La bombe a éclaté au beau milieu de la place du Haymarket, tuant six policiers et blessant de nombreuses personnes venues participer à un rassemblement de protestation contre de récentes violences policières. Il semble que l’acte criminel soit l’œuvre de l’organisation Black International, la branche anarchiste de l’Internationale socialiste issue du courant marxiste. Ce fait divers éminemment politique s’inscrit dans la droite ligne des tout derniers événements. Le jour du 1er mai, le leader anarchiste August Spies avait pris la parole devant les grévistes de l’usine McCormick. Il soutenait leur combat depuis qu’en février ces ouvriers s’étaient trouvés en conflit ouvert avec leur direction. Mais ceux-ci, enhardis par le mouvement de solidarité qui s’était exprimé ce 1er mai, avaient attaqué un groupe de briseurs de grève qui prenaient la relève d’une autre équipe. Les forces de l’ordre, qui tentaient d’intervenir, ont été accueillies par des jets de pierres et ont répliqué en ouvrant le feu, tuant quatre manifestants. Ce bilan tragique a suscité la réaction immédiate de Spies par le biais d’un tract intitulé la « circulaire de la revanche » et qui appelait à prendre les armes. Le message a été entendu et, aujourd’hui, une foule de 3 000 personnes avait pris place sur Haymarket Square pour écouter Spies et deux de ses compagnons, les internationalistes Albert Parson et Samuel Fielden. Ce dernier, par son remarquable talent d’orateur, eut tôt fait de la galvaniser. Mais revenons aux faits : au moment où il prononçait les derniers mots de son discours, 180 policiers ont fait irruption pour disperser la manifestation. À la seconde où Fielden dialoguait avec le chef de la police et protestait des intentions pacifiques du meeting, un éclair jaune a fendu l’air et est retombé au milieu des uniformes bleus, semant la panique dans leurs rangs. La bombe lancée par une main anonyme venait d’éclater, déclenchant le tir aveugle des forces de l’ordre. Cette « revanche » a été considérée par l’homme de la rue comme une piètre consolation. La protestation de nombre d’habitants se résumait dans ce cri : « Pendez-les d’abord et jugez-les après ! » Il a suffi à provoquer une série de rafles et de perquisitions dans le milieu anarchiste. Si, hier encore, l’opinion publique regardait les grévistes comme des soldats menant un juste combat pour des conditions de vie décentes, aujourd’hui, elle les prend pour de vulgaires criminels. LeNew York Timesallé jusqu’à écrire que est « l’attentat avait été prémédité et exécuté de sang-froid ». De plus, tout le mouvement syndical risque d’en subir les retombées. Le mouvement anarchiste avait profité d’une situation économique préoccupante et de l’incompétence des hommes politiques à trouver des solutions pour s’implanter dans le milieu ouvrier au sein de multiples corporations avant de prospérer au cours des deux dernières années. Ce courant pense que « le seul moyen de parvenir à l’émancipation de l’humanité est la rébellion ouverte de la classe opprimée contre le système économique et les institutions existantes ». Il reste que l’usage de la violence, qui trouve son accomplissement dans cet attentat à la bombe, a profondément choqué l’opinion. Ce type d’action risque de se retourner contre les anarchistes d’abord, mais aussi contre le mouvement syndicaliste en général.
Le 20 août, les prétendus responsables de l’attentat à la bombe du 5 mai dernier à Haymarket Square ont été identifiés et arrêtés. Tous appartiennent à la mouvance anarchiste. Le juge Joseph Gary a estimé que l’incitation à « la sédition, au tumulte et à l’émeute » était un motif suffisant de condamnation. Parmi les huit accusés, sept viennent d’être condamnés à mort, notamment Spies, Sparsons et Fielden, les trois orateurs qui s’étaient exprimés au cours du meeting sanglant. Mais l’interrogatoire n’a pas permis d’établir qui avait lancé l’engin meurtrier et ce jugement ne résout rien. L’agitation sociale persiste et les ouvriers restent déterminés à obtenir la satisfaction de leurs revendications.
Lyon
8 février 1887
Deux bombes explosent derrière le palais de justice, près d’un poste de police : l’attentat, attribué aux anarchistes, blesse six personnes dont le commissaire.
9 décembre 1893
Une bombe explose au Palais-Bourbon
Hier, à 4 heures de l’après-midi, le député de Reims, M. Louis Mirman, quittait la tribune de la Chambre des députés, où il venait de s’exprimer, pour laisser la place à l’orateur suivant quand une lueur fulgurante a soudain éclairé l’hémicycle ; un éclair, suivi d’une violente explosion, a fait trembler l’hémicycle. Une grêle de petits projectiles – il s’agissait de clous – se répandit, blessant des parlementaires et du public. Des cris de douleur jaillissaient de toute part tandis que le président du Conseil, Charles Dupuy, lançait : « Messieurs, la séance continue ! » Évidemment, la séance ne pouvait plus continuer… Il fallut, d’abord, secourir et évacuer les blessés ; heureusement, il n’y a aucun mort. L’abbé Lemire a été le plus gravement touché. La bombe avait été lancée de la tribune ; aussi, après avoir bloqué toutes les issues, la police décida-t-elle de contrôler l’identité des visiteurs présents, y compris les blessés. L’un d’eux a particulièrement retenu l’attention ; c’était un barbu aux cheveux roux, blessé à la jambe, un certain Auguste Vaillant dont les doigts étaient piquetés de traces de poudre. Il a été immédiatement conduit à l’Hôtel-Dieu. Mais la police ne l’avait pas lâché. Un de ses limiers, l’inspecteur Agron, dépêché auprès de lui, l’a habilement interrogé et a obtenu, dans la nuit, ses aveux complets sur son lit d’hôpital et sans aucune difficulté. Il dit avoir voulu blesser plutôt que tuer. Il avait d’ailleurs pris la précaution de bourrer sa bombe de clous et non de balles… La bombe était une marmite à renversement de sa propre composition. S’il n’avait pas été gêné au moment de son geste, la bombe, au lieu d’exploser en l’air, aurait, affirme-t-il, « couché 100 députés au sol ». Ce fils naturel d’une servante et d’un gendarme, qui a eu une existence difficile, voulait venger Ravachol et faire parler de lui. Avant l’attentat, il avait pris soin d’aller chez un photographe pour se faire faire des portraits tant il était sûr de retenir l’attention de la presse ! C’est la première fois que des anarchistes s’attaquent au Parlement et cette provocation intrigue...
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