Au jeu du désir. Essais cliniques

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On connaît de Françoise Dolto Psychanalyse et Pédiatrie, sa thèse de doctorat (1939), rééditée par le Seuil en 1971, en même temps que paraissait le Cas Dominique, cure psychanalytique d'un adolescent. D'autres essais psychanalytiques sont à paraître au Seuil. Au cours de sa carrière, Françoise Dolto a, par ailleurs, publié de nombreux articles dans des revues spécialisées, devenus aujourd'hui introuvables. Ce sont les principales de ces interventions qui ont été ici réunies. Ecrits théoriques et cliniques qui jalonnent le cheminement de sa carrière de psychanalyste d'adultes autant que d'enfants.


Dans la diversité de ces essais est constamment étudiée la distinction entre besoins et désirs, si facilement confondus dans l'imaginaire tant de la mère et des éducateurs que de l'enfant en demande. Il apparaît clairement que le ressort de l'humanisation réside dans la reconnaissance du désir et non dans sa satisfaction : celle-ci n'étant accordée qu'aux besoins. Davantage : la maîtrise par l'adulte de son désir propre est la question à laquelle chaque enfant le soumet, tout au long de l'éducation. C'est à mettre au jour ces données essentielles et les impasses où le sujet se trouve, dès lors qu'on ne les reconnaît pas, que Françoise Dolto s'est efforcée dans son travail de recherche et de formation à la psychothérapie des enfants de nombreux psychanalystes, tant en France qu'à l'étranger.


Publié le : vendredi 31 janvier 2014
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EAN13 : 9782021157734
Nombre de pages : 352
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Du même auteur
Psychanalyse et Pédiatrie Seuil, 1971 « Points Essais », n° 69, 1976 Le Cas Dominique Seuil, « Points Essais », n° 49, 1974 Lorsque l’enfant paraît (t. 1) Seuil, 1977 « Points Essais », n° 571, 2007 Lorsque l’enfant paraît (t. 2) Seuil, 1978 « Points Essais », n° 572, 2007 Nouveaux Documents sur la scission de 1953 (en collab. avec Serge Leclaire) Navarin, 1978 Lorsque l’enfant paraît (t. 3) Seuil, 1979 « Points Essais », n° 573, 2007 L’Évangile au risque de la psychanalyse (t. 1) (en collab. avec Gérard Sévérin) Seuil, « Points Essais », n° 111, 1980, 2002 Enfants en souffrance Stock, 1981 L’Évangile au risque de la psychanalyse (t. 2) (en collab. avec Gérard Sévérin) Seuil, « Points Essais », n° 145, 1982 Séminaire de psychanalyse d’enfants (t. 1) (en collab. avec Louis Caldaguès) Seuil, 1982 « Points Essais », n° 220, 1991, 2002 La Foi au risque de la psychanalyse (en collab. avec Gérard Sévérin) Seuil, « Points Essais », n° 154, 1983
L’Image inconsciente du corps Seuil, 1984 « Points Essais », n° 251, 1992, 2002 Séminaire de psychanalyse d’enfants (t. 2) (en collab. avec Jean-François de Sauverzac) Seuil, 1985 « Points Essais », n° 221, 1991 Enfances Seuil, « Points », n° P600, 1986, 1999 Dialogues québécois (en collab. avec Jean-François de Sauverzac) Seuil, 1987 Quand les parents se séparent (en collab. avec Inès Angelino) Seuil, 1988 et « Points Essais », n° 587, 2007 Autoportrait d’une psychanalyste (texte mis au point par Alain et Colette Manier) Seuil, 1989 « Points », n° P863, 2001 Lorsque l’enfant paraît (édition complète en relié) Seuil, 1990 Séminaire de psychanalyse d’enfants (t. 3) Inconscient et destins (en collab. avec Jean-François de Sauverzac) Seuil, « Points Essais », n° 222, 1991 L’Enfant du miroir (en collab. avec Juan-David Nasio) Payot, 1992, 2006 Solitude Réédition : Gallimard, 1994 « Folio Essais » n° 393, 2001 Articles et conférences T. 1. Les Étapes majeures de l’enfance Gallimard, 1994 « Folio Essais », 1998
Articles et conférences T. 2. Les Chemins de l’éducation Gallimard, 1994 « Folio Essais », 2000 Article et conférences T. 3. Tout est langage Réédition : Gallimard, 1995, 2002 La Difficulté de vivre Réédition : Gallimard, 1995 La Cause des enfants « Pocket », n° 4226, 1995, 2007 L’Éveil de l’esprit Nouvelle pédagogie rééducative LGF, n° 13710, 1995 Destins d’enfants Gallimard, 1995 Quelle psychanalyse après la shoah ? (en collab. avec Jean-Jacques Moscovitz) Temps du non, 1995 La Sexualité féminine Gallimard, 1996 « Folio Essais », 1999 La Cause des adolescents « Pocket », n° 4225, 1997, 2003 Le Sentiment de soi Gallimard, 1997 Parler de la mort Mercure de France, 1998 L’Enfant dans la ville Mercure de France, 1998 L’Enfant et la Fête Mercure de France, 1998 Articles et conférences T. 5. Le Féminin
Gallimard, 1998 L’Enfant, le Juge et la Psychanalyse (en collab. avec André Ruffo) Gallimard, « Françoise Dolto », 1999 Paroles pour adolescents ou le Complexe du homard (en collab. avec Catherine Dolto-Tolitch) Réédition : Gallimard, « Giboulées », 1999, 2003 Le Dandy, solitaire et singulier Mercure de France, « Le Petit Mercure », 1999 La psychanalyse nous enseigne qu’il n’y a ni bien ni mal pour l’inconscient : 30 décembre 1987 (en collab. avec Jean-Jacques Moscovitz) Temps du non, 1999 Les Évangiles et la Foi au risque de la psychanalyse (t. 2) Gallimard, 2000 Père et Fille Une correspondance (1914-1938) Mercure de France, 2002 Parler juste aux enfants Entretiens Mercure de France, 2002 Entretiens Les Images, les mots, le corps (avec Jean-Pierre Winter) Gallimard, « Françoise Dolto », 2002 Lettres de jeunesse (1913-1938) Gallimard, 2003 La Vague et l’Océan Séminaire sur les pulsions de mort (1970-1971) Gallimard, « Françoise Dolto », 2003 Une vie de correspondance (1938-1988) (édition établie et présentée par Muriel Djéribi-Valentin) Gallimard, « Françoise Dolto », 2005 Parler de la solitude
(textes choisis et présentés par Élisabeth Kouki) Mercure de France, 2005 Mère et fille Une correspondance (1913-1962) Mercure de France, 2008 Archives de l’intime Gallimard, 2008
ISBN 978-2-02-115773-4
re (ISBN 1 publication : 2-02-005922-3)
© Éditions du Seuil, 1981
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Cet ouvrage a été numérisé en partenariat avec le Centre National du Livre.
On lira, dans cet ouvrage, des essais psychanalytiques de styles très diérents : ils sont le témoignage d’un travail de trente ans (1946-1978). Il s’agit d’articles, d’études, de conférences, pour la plupart parus dans des revues dont les numéros sont devenus introuvables. Tout ce qui est publié dans ce volume a été relu et retravaillé. On ne s’étonnera donc pas si l’on y trouve parfois de plus amples développements que dans la publication originale. On ne retrouvera pas, dans ce premier volume, plusieurs travaux : sur la régression (1958), sur la libido féminine (1960), sur les pulsions de mort (non paru), sur l’évolution du narcissisme de la naissance à la vieillesse (non paru). L’essai qu’on lira sur personnologie et image du corps est l’ébauche première (parue en 1961) d’un travail clinique et théorique, que j’ai poursuivi depuis lors, concernant l’image du corps et le schéma corporel ; travail que je compte publier par la suite. Ainsi s’amorce l’édition de ce que je considère — essais et séminaires — comme le témoignage de mon questionnement continuel au cours de mon métier de psychanalyste : questionnement et réflexions théoriques que je livre aux psychanalystes, mes collègues.
1 1. A propos de la fonction symbolique des mots
petite histoire vraie d’un bébé, d’un chapeau et d’un premier rire aux éclats
Freud a écrit que c’est le jeu duFort ! Da ! — en français « Coucou ! Ah, le voilà ! » — qui est à l’origine du langage. Les phonèmes « Coucou ! », qui signifient : « parti », expriment la certitude, partagée avec un autre humain, de l’existence de l’objet, autant que « Ah, le voilà ! » qui signifie : « je le reconnais, de nouveau, moi, lui, toi, nous, dans l’absence et la présence ». Je me rappelle avec émotion un jeu avec un bébé de neuf mois, que je rencontrai un jour au jardin public avec sa mère. Il était assis dans son landau. J’étais, à l’époque, une très jeune fille. Il ne me connaissait pas. Sa mère le disait ralenti et sauvage. Il ne parlait pas encore et, pour l’amuser, je lui donnai mon chapeau qui avait, me semblait-il, attiré sa main droite et son regard. Jedis : — Chapeau. en lui présentant l’objet, mais il ne voulut pas y toucher. Puis, je changeai l’objet d’orientation en l’air, à distance, ce quimodifiaitsa forme et ses contours, et je répétai : — Chapeau. L’enfant, qui n’avait d’abord pas voulu toucher l’objet, tendit de nouveau la main droite, la même qu’il avait tendue vers lui quand je l’avais encore sur la tête et, mis en confiance, il accepta sans la retirer que je fis toucher à cette main le chapeau. Le chapeau fut ensuite déposé par moi devant lui sur la couverture du landau. Il l’observa attentivement sans y toucher, ses deux mains posées sur la couverture de part et d’autre. Tout en parlant avec sa mère, j’approchai le chapeau de sa main gauche : qu’il retira, tout en laissant sa main droite près de l’objet. Je lui dis alors : — Prends le chapeau. Et, avec mes mains, j’approchai du chapeau ses deux mains. Il me regardait, intrigué de ce contact tactile peut-être, laissa ses mains telles que je les avais placées. Je lui dis : — Oui, le chapeau de la dame. Puis je remis le chapeau sur ma tête. Il tendit alors les deux mains. Je le lui rendis et, tout heureux, ill’empoigna. Il se mit à le soulever de ses deux mains, les bras tendus, et à le faire retomber sur sa couverture pour le soulever à nouveau et le rabattre encore. A chacun de ces gestes, je disais : — Beau chapeau. Il semblait ravi, très occupé par l’objet. Après un petit moment de ce jeu, plus vite que ne vont les mots pour le dire, le chapeau étaitpar-dessus bord, à droite de la voiture. La maman dit : — C’est son jeu favori, c’est pourquoi je ne lui donne rien ; tout est aussitôt par terre.
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