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Au nom et au non du père

De
158 pages
Cet ouvrage traite de situations familiales triangulaires complexes, à partir d'éléments autobiographiques articulés par des concepts théoriques auxquels l'auteur essaie de donner un sens. Nom patronymique et Non interdicteur, dont le père demeure le représentant symbolique, y sont rapprochés. Cette approche de la fonction paternelle est d'autant plus importante, alors que l'autorité paternelle vient d'être remplacée par l'autorité parentale.
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Au nom et au non du père




















Du même auteur

Images de soi chez le bon et le mauvais élève au terme de
l’école élémentaire, thèse de doctorat de 3° cycle,
Université René-Descartes, Paris, 1985.

Images de soi et réussite scolaire, Psychologie scolaire,
n°52, p.5-50, 1985.

Sous la direction de R. Perron, Troubles cognitifs et
structures personnelles, Rapport collectif de fin de contrat
(CRL-CNRS), document multigraphié, Université Paris-
Sud et Université René-Descartes, 1987.

Images d’autrui, amour et réussite scolaire, Psychologie
scolaire, n°66, p. 7-31, 1988.Modes de classifications et
niveaux opératoires chez les enfants des CES et des SES,
de 13 à 15 ans, Psychologie scolaire, n°63, P. 5-52, 1988.

Sous la direction de R. Perron, Représentations de soi :
développements dynamiques, conflits, Ouvrage collectif,
Toulouse, Privat, 1991.

Avec R. Perron et J.-P. Aublé, L’enfant en difficultés.
L’aide psychologique à l’école, Paris, Dunod, 1994, (4°
édition 2005)

SURVIVRE malgré une maladie invalidante et
inguérissable : la maladie de Charcot, Paris, L’Harmattan,
2010.



Yves COMPAS






Au nom et au non du père





Préface de Roger Perron


















































© L'Harmattan, 2012
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56958-4
EAN : 9782296569584 Le bonheur est un rêve d’enfant réalisé à l’âge adulte

Sigmund FREUD





























A mes parents, Gisèle et René

A mon fils, Patrick, et à sa maman, Jeannine

A mon épouse, Maryse, et à son petit fils, Luca


































Préface de Roger Perron

Après un premier livre profondément touchant (Survivre,
malgré une maladie invalidante et inguérissable), Yves
Compas nous donne ici un texte qui en est le
prolongement, tout à la fois autobiographie, témoignage,
et vision du monde.
Autobiographie, claire, simple, vraie, d’un homme qui au
soir de sa vie se bat contre une maladie terrible et s’aide en
ce combat de la mémoire de ce qu’a été cette vie, de ce qui
l’a peuplée de joies, de deuils, d’espoirs, de déceptions, de
renaissances, c’est à dire de tout ce qui fait une vie
humaine. De tout ce qui fait qu’elle a été vécue, et bien
vécue.
Témoignage de la force du désir de vivre, de la vitalité
d’un esprit qui refuse de se résigner à la trahison du corps,
et qui trouve les moyens de continuer à exister dans la
durée. Ce qui fonde la spécificité de la vie humaine, c’est
bien en effet le sentiment d’exister dans la durée : j’ai été
je suis, je serai… moi : c’est cette permanence qui me
définit en tant que je suis moi. L’existence personnelle se
soutient du temps : d’un côté le temps du passé remémoré
- d’où la valeur vitale de l’autobiographie - et de l’autre le
temps d’un avenir affirmé possible et nécessaire. Ces deux
projets d’écriture, Survivre, puis le présent ouvrage,
auront eu pour Yves Compas cette fonction de soutenir la
lutte ; car écrire et publier un livre, cela demande des
années : on ne saurait accepter de déserter avant d’avoir
achevé la tâche. L’avenir est possible puisqu’il est
nécessaire.
Vision du monde, faite d’abord, précisément, de cet
enracinement de la vie dans l’amour du travail bien fait et
mené à terme. Il y a du bon artisan chez Yves Compas, à
l’image de ceux qu’enfant il admirait dans ses Ardennes
natales. Enseignant, entraîneur sportif, psychologue
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scolaire, thésard (je peux en témoigner), formateur au
niveau universitaire, il a toujours fait en sorte que ce qui
devait être fait soit bien fait et bien achevé. C’est une
question de morale : on se le doit à soi-même. Mais on le
doit aussi aux autres, ceux dont on a sollicité la confiance
et qui vous ont fait confiance. Ceci surtout lorsqu’il s’agit
d’enfants et d’adolescents en difficulté : on le leur doit
s’ils ont demandé de l’aide, et plus encore s’ils n’en
demandaient pas mais si on les a persuadés de la nécessité
d’être aidés… Ce qui ressort à l’évidence de cette
autobiographie, c’est en effet le sentiment d’une vie qui se
justifie d’être au service d’autrui, et d’abord de ces enfants
et adolescents à qui Yves Compas a beaucoup donné.
Par amour. Il ne faut pas avoir peur du mot, il ne faut pas
qu’une vaine pudeur en écarte : l’amour est le leitmotiv de
cette autobiographie. En relisant ce texte remarquable,
mémoire m’est revenue d’une chanson qui enchantait
mon enfance, et qui sans doute est restée aussi dans la
mémoire d’Yves (je cite de mémoire, mais c’est mieux
ainsi):
Parlez moi d’amour,
Redites moi des choses tendres,
Votre beau discours, mon cœur n’est pas las de
l’entendre
Pourvu que toujours vous me disiez ces mots
suprêmes :
Je vous aime…
C’est donc bien d’une vision du monde qu’il s’agit ici.
D’un monde humain où Yves Compas privilégie ce besoin
profond d’aimer et d’être aimé. Les moralistes en ont
discuté depuis l’aube des temps : aimer pour être aimé, ou
bien aimer parce qu’on est aimé ? Les deux sans doute, car
est assez vaine l’opposition entre les deux thèses qui
contrastent le caractère premier de l’égoïsme ou de
l’altruisme ; il suffit de voir l’échange des regards entre
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une mère et son nourrisson pour savoir que ce qui est
premier, c’est l’amour entre deux personnes, la mère et un
bébé fondé en tant que personne par cet amour même…
Ce qui est premier, c’est cet amour unissant deux
personnes. S’agit-il du paradis perdu que nous
chercherions ensuite à faire revivre ? Peut-être, mais
l’ambition est belle, et vaut d’en soutenir sa vie. Il m’a
semblé, à lire Yves Compas, que sa vie en a été soutenue :
en témoignent les nombreuses références à l’amour
maternel qui jalonnent son texte.
Bien sûr, le psychanalyste que je suis devenu a une vision
du monde moins optimiste. Il a été conduit à une
conception de la vie psychique où s’opposent l’amour et la
haine, et par là même la vie et la mort ; une vie psychique
perçue comme produit d’une très longue évolution où la
vie ne s’est développée et ne se soutient que de combats…
Je craindrais quant à moi que nous n’en ayons gardé
quelque chose. Le déplorable vingtième siècle dont nous
sortons à peine fut assez peuplé d’horreurs pour nourrir
quelque pessimisme. Dans la plus modeste quotidienneté
de son travail, le psychanalyste n’a que trop d’occasions
de constater, à l’échelle individuelle, ces affrontements de
l’amour et de la haine… Mais, somme toute, c’est bien
aussi une vision du monde… Je ne me hasarderais pas à
prétendre que l’une est meilleure que l’autre : chacune
vaut ce que vaut la vie dont elle est le produit et dont elle
se soutient.
Ce que j’admire en Yves Compas, c’est son optimisme
quant à la nature humaine. Qu’il en soit remercié.

Roger Perron - novembre 2011
























A mon père : extrait modifié de la chanson de Daniel
Guichard :
Mon vieux
J’aurais pu, c’était pas malin
Faire avec lui un bout d’chemin
Ça l’aurait p’t’êt’ rendu heureux
Mon vieux
Mais quand on a juste quatre ans
On n’a pas le cœur assez grand
Pour y loger toutes ces choses là
Tu vois
Maintenant qu’il est loin d’ici
En pensant à tout ça, j’me dis
« J’aimerais bien qu’il soit près de moi »
Papa…