Autopsie d'une rupture française

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Les co-auteurs de ce livre sont deux Français musulmans, l'un d'origine marocaine et l'autre d'origine algérienne. L'un vit à Casablanca et l'autre à Nancy, l'un est président d'une école supérieure en informatique et l'autre est professeur à l'Université de Lorraine. Après les diatribes des Zémouriens et leur cortège de « C'était mieux avant », après les attentats effroyables du 7 janvier, ils ont décidé d'écrire un livre pour montrer à leurs concitoyens français qu'il n'y a aucune raison d'avoir peur des musulmans. Ils y mettent en exergue ce qu'ils considèrent comme des aberrations creusant de jour en jour le fossé républicain entre les deux communautés.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
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EAN13 : 9782140010583
Nombre de pages : 156
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KamelSMAÏLIet MohamedDIOURI
Autopsie d’une rupturefrançaise
Les Noirs et les Arabes : une chance pour la France
Autopsie d’une rupture française
Les Noirs et les Arabes : une chance pour la France
Kamel Smaïli et Mohamed Diouri Autopsie d’une rupture française Les Noirset les Arabes : une chance pour la France
© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09381-9 EAN : 9782343093819
INTRODUCTION
Et un et deux et trois… Un soir du 12 juillet 1998, la France venait de décrocher son premier titre de coupe du monde devant 1,3 milliard de téléspectateurs. Une seule couleur : bleue, un seul pays : France, une seule devise : « On peut mourir tranquillement » et surtout une seule religion d’amour : « Aimez-vous les uns les autres ». La France était unie, rayonnante et surtout redevenue un pays qui fait rêver. Le football possède cette capacité de faire tomber les barrières et de faire oublier, ne serait-ce que le temps d’un match la couleur Black, Blanc ou Beur (BBB). Il n’y a plus aucun signe distinctif, comme le disait l’Émir Abdelkader, un homme politique, philosophe et théologien algérien : «Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, vous saurez ce qu’il est». La France est devenue adepte de la maxime de l’Émir, même si beaucoup ne le connaissent pas. Les joueurs ont gagné la coupe du monde au nom de la France, on sait donc ce qu’ils sont. Évidemment certains ont trouvé à rechigner et sont allés scruter à la loupe la couleur des cheveux de certains ou le talent de chanteur des autres à l’exécution de la Marseillaise. Mais à l’époque, seulement des marginaux idéologiques réfléchissaient de la sorte, ce n’était donc pas important.
Ce soir-là un certain Zidane, dit Zizou, ouvrit la marque à la 27ème minute et récidiva à la 46ème. Le français Zidane venait de libérer la France du poids de ce match et Emmanuel Petit acheva le travail à la 93ème minute. Quel exploit ! Quel beau pays cette France qui gagne avec les enfants qu’elle a engendrés, adoptés ou naturalisés. Le jour de gloire est vraiment arrivé !
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Deux jours après le président de la République Jacques Chirac a invité, à la traditionnelle «garden party» du 14 juillet à l'Élysée, l'équipe de France de football championne du monde, en présence de 4000 jeunes. Pendant la présentation au public de la coupe du monde, il commet un lapsus en déclarant «Et voici la Coupe de France...la coupe du monde pardon !». Le lapsus n’en était pas vraiment un, la coupe du monde était devenue la coupe des Français tout simplement. Jacques Chirac, à l’époque, a vu sa côte de popularité bondir de 15 points dans le baromètre d’Ipsos.
La France allait bien, mais c’était l’année où une loi dite Aubry a été proposée, elle a été tant décriée, une loi plus connue sous le nom de RTT (Réduction du Temps de Travail). Cette loi, dont la polémique est toujours d’actualité à l’heure où nous écrivons ces lignes, a été généralisée à l’ensemble des entreprises en 2002. L’idée, sur le papier était altruiste, mais en pratique, elle a conduit plusieurs années plus tard à un imbroglio pour les créateurs d’emplois. Cette loi, en effet, devait créer de nouveaux emplois et permettre aux gens de consacrer plus de temps à leurs familles. Mais les familles avaient plus besoin d’argent que de temps libre. Beaucoup plus tard, plus exactement en 2008, la France, comme plusieurs pays européens, a été frappée par une crise économique drastique dont elle n’est pas encore tout à fait sortie.
Un terrain propice au développement des inégalités s’installait insidieusement : la crise des subprimes qui a mis en danger les banques américaines et par ricochet l’ensemble du système bancaire mondial, le fort taux de change de l’euro par rapport au dollar (plus de 1,60 dollar pour un euro), le cours du pétrole très élevé, plus de 140 dollars le baril, alors qu’il était à 12 dollars l’année où «le
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jour de gloire est arrivé», les 35 heures qui ont fait de la France un pays inefficient en termes de productivité.
Ce cocktail a fait que le black, blanc, beur incolore commençait à reprendre des couleurs. La France a commencé à perdre son triple BBB (Black-Blanc-Beur), elle n’a désormais plus qu’un double B (Black – Beur) sur lesquels il faut focaliser tous les problèmes du pays. La France a définitivement perdu son triple B et quelques années plus tard, elle a également perdu son triple Aauprès de l'agence de notation financière Fitch Ratings.
Il est peut être humain lorsqu’un individu est confronté à des problèmes d’aller chercher les causes ailleurs qu’en lui-même. La peur du chômage, la peur du lendemain, la peur tout court engendre un repli sur soi-même et comme le dit Michael Moore, le cinéaste américain qui s’est opposé à Bush : «L’ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voici l’équation». Cette réaction animale fait que l’on commence à se méfier de l’autre. L’autre c’est n’importe qui, mais surtout celui qui est différent et la différence est laissée à l’interprétation de chaque individu. L’égoïsme s’installe parce que l’important c’est le moi.
Pour illustrer ce sentiment, tournons-nous vers un personnage légendaire et atemporel : Djeha. Ce personnage est connu pour être malin, égoïste, mystérieux, roublard, idiot parfois, ou feint d’être idiot. On attribue à cet énergumène, que les Arabes et les Turcs se disputent, plusieurs histoires dont le contenu est à méditer. Une des histoires est appropriée dans le contexte qui nous intéresse ici.
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