Autour de l'an quarante

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Une petite photo retrouvée fait resurgir son passé, l’auteur tire sur le fil de sa mémoire, détricotant son enfance. Famille, scoutisme, découverte d’une Algérie heureuse alternent avec la guerre qui semble vouloir le rattraper. La grande Histoire avec l’attaque japonaise sur Pearl Harbor n’étant pas sans conséquence sur la vie du petit garçon. Il se souvient…
Publié le : mercredi 2 juillet 2008
Lecture(s) : 150
EAN13 : 9782304009828
Nombre de pages : 153
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Titre
Autour de l'an quarante
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Titre Frédéric Garreau
Autour de l'an quarante Petite chronique 1935-1946
Autobiographie
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00982-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304009828 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00983-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304009835 (livre numérique)
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Pour Geneviève qui sait si bien raconter et faire revivre pour nos enfants et nos petits enfants les instants merveilleux de son enfance dans un paradis perdu entre Cherchell et Ténès, Gouraya un village d’Algérie au bord de notre mer. Pour Pierre-Olivier, Anne et Marie-Agnès nos enfants. Pour Thomas, Amélie, Anne-Sophie, Aymeric, Marie-Charlotte, Louis, Marie-Alix et Alexandre nos petits enfants.
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I.NURSERY
Qui suis-je ? Un mutant ? Un être hybride produit de l’union de la carpe et du lapin ? Un peu de tout ça peut-être ? Comment mes pa-rents, deux êtres aussi dissemblables par leur origine sociale, leur éducation, leur culture ont ils pu se rencontrer et décider d’unir leurs vies ? Mystère, je ne m’étais encore jamais autant posé la question ! Du reste je m’en moque, comme de l’an quarante ! « Frédéric ». Pourquoi ce prénom, bien peu employé à l’époque ? Peut être pour l’admiration que ma mère vouait à Frédéric Chopin dont elle avait beaucoup travaillé les Nocturnes, les Valses et les Mazurkas. Sans doute aussi par référence à Frédéric Mistral dé-couvert par mes parents en même temps que la Provence où ils s’étaient mariés. Maman eut vite fait de trouver un diminutif plus doux que ce prénom à consonance quelque peu germanique pour un bébé et trouva « Fridou ». Mon organe vocal déjà prometteur l’incita ensuite à décliner
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Autour de l'an quarante
Fridou en « Fridoudou la trompette » dont ra-pidement il ne subsista plus que « Doudou », encore utilisé aujourd’hui par quelques parents et de très proches amis d’enfance. Des premières années de ma vie, je sais peu de choses. Comme beaucoup plus tard mes pe-tits fils Louis et Alexandre, je suis né à la clini-que Sainte-Félicité à Paris, tout au bout de la rue de Vaugirard, dans le quinzième arrondis-sement. Cette clinique est aujourd’hui tenue par un ordre de religieuses sage-femmes. Quant à la veille de mon mariage j’ai eu besoin d’un certifi-cat de baptême, je n’ai reçu de la paroisse Saint-Lambert de Vaugirard qu’un simple certificat d’ondoiement. C’est donc dans la chapelle de la clinique que j’ai été ondoyé dans l’intimité fami-liale, sans tambours ni trompettes, sans cloches carillonnantes. J’ai tout de même eu une mar-raine, ma tante Marie-Louise, sœur de maman, mais qui était mon parrain ? Et pourquoi ce baptême escamoté ? . Je suppose que mes parents avaient alors une vie très pénible, et se débattaient au milieu de multiples difficultés. L’année 1935 marque le début d’une période troublée : conflits sociaux, grèves et manifestations politiques qui tournent à l’émeute. C’est aussi l’arrivée du cinéma par-lant, or Papa était violoniste et gagnait en grande partie sa vie outre quelques petits bou-lots en jouant dans les orchestres des grands ci-
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