Baron de Breteuil, Lettres d'amour, mémoires de cour (1680-1715)

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Louis Nicolas, baron de Breteuil (1648-1728) fut un homme comblé. Esprit libre et pénétrant, séduisantet séducteur, ce cadet d’une illustre lignée obtient en 1699 la charge d’introducteur des ambassadeurs et des princes étrangers qu’il conservera jusqu’en 1715. Pénétrer à Versailles avec lui c’est entrer dans le royaume des symboles. Au travers de ses descriptions, il démonte les mécanismes du système de cour, de cette vie de perpétuelle représentation, tout en mettant en scène le roi, les princes, les princesses et les courtisans. Pas un geste, pas une attitude, pas un mot qui ne soient dictés par l’étiquette dont le roi est le grand maître et Breteuil, le grand prêtre. Cependant ces fonctions auliques n’empêchent pas le baron de Breteuil de mener une existence passionnée : il est le héros de deux histoires d’amour immortalisées par un roman qui compte parmi les chefs d’oeuvre de la littérature du XVIIe siècle et reste un témoignage essentiel sur l’expression des sentiments amoureux à cette époque. Des textes aussi différents que ceux que nous réunissons ici (un roman et des mémoires) expriment la complexité d’un homme du grand siècle qui ne se laisse pas enfermer dans le carcan des idées de son temps.
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EAN13 : 9791021009134
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la Biblio thèq ue d’Évelyne Lever la Biblio thèq ue d’Évelyne Lever
baron de breteuil
ouis Nicolas, baron de Breteuil (1648-1728) fut un
homme comblé. Esprit libre et pénétrant, séduisant
et séducteur, ce cadet d’une illustre lignée obtient en _xààÜxá wËtÅÉâÜ? 1699 la charge d’introducteur des ambassadeurs etLdes princes étrangers qu’il conservera jusqu’en
1715. Pénétrer à Versailles avec lui, c’est entrer dans le
royaume des symboles. Au travers de ses descriptions, il
démonte les mécanismes du système de cour, de cette vie de Å°ÅÉ|Üxá
perpétuelle représentation, tout en mettant en scène le roi, les
princes, les princesses et les courtisans. Pas un geste, pas une
attitude, pas un mot qui ne soient dictés par l’étiquette
dont le roi est le grand maître et Breteuil, le grand prêtre. wx vÉâÜ
Cependant ces fonctions auliques n’empêchent pas le baron
de Breteuil de mener une existence passionnée: il est le héros
de deux histoires d’amour immortalisées par un roman qui
ecompte parmi les chefs d’œuvre de la littérature du XVII siècle
DIKC@DJDHet reste un témoignage essentiel sur l’expression des sentiments
amoureux à cette époque.
Des textes aussi différents que ceux que nous réunissons
ici (un roman, des lettres et des mémoires) expriment la
complexité d’un homme du g rand siècle qui ne se laisse pas
enfermer dans le carcan des idées de son temps.
Présentation et appareil critique
evelyne lever
ISBN : 978-2-84734-582-7
Couverture: Louis XIV reçoit l’ambassadeur de Perse dans la
Galerie des Glaces à Versailles, Antoine Coypel (1661-1722)
(attribué à) © RMN/Gérard Blot.
Portrait de Louis Nicolas, baron de Breteuil
© Collection Château de Breteuil
Imprimé en France 03-09 21 m
baron de breteuil
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LOUIS NICOLAS BARON DE BRETEUIL
Lettres d’amour, mémoires de cour
1680-1715
ÉDITION ÉTABLIE PAR ÉVELYNE LEVER
La bibliothèque d’Évelyne Lever
TallandierDossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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© Éditions Tallandier, 2009, pour la présente édition 2 rue Rotrou, 75006 Paris
www.tallandier.comDossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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Qu’il me soit permis de remercier
chaleureusement
Henri-FrançoisdeBreteuilquiabienvoulum’ouvrir
sesarchivesfamilialesetmeconfierleprécieuxmanuscrit de son ancêtre pour en assurer la présente édition.
Qu’iltrouveicil’expressiondemaprofondegratitude
etdetoutemonamitié.
E.L.Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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SOMMAIRE
Introduction, par Évelyne Lever ..................... 13
Histoire des amours de Cléante et Bélise, roman............. 51
Lettres de la présidente Ferrand au baron de Breteuil .......... 91
Mémoires du baron de Breteuil. . ..................... 137
Réception d’ambassadeurs et de princes étrangers....... 143
Arrivée de l’ambassadeur de Perse à Paris (1715)...... 145
Journal de la réception du duc de Mantoue (1704). . . . 207
Du mariage du duc de Mantoue (1704). ........... 253
Fastes et deuils à la cour de France.................. 271
De la soirée et du lendemain de la première nuit que
Mgr le duc de Bourgogne et Mme la duchesse
de Bourgogne ont couché ensemble (23 octobre 1699) 272
Avènement du duc d’Anjou comme roi d’Espagne
(novembre 1700)............................. 275
Mort de Monsieur, frère du roi (9 juin 1701)........ 300
Mariage de Monseigneur le duc de Berry (juillet 1710) 312
La mort du dauphin (avril 1711) ................. 319Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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Mort du duc et de la duchesse de Bourgogne
(février 1712) ............................... 331
Mort du nouveau dauphin (mars 1712) . ........... 337
La mort du duc de Berry (mai 1714).............. 338
erLa mort de Louis XIV (1 septembre 1715)......... 343
Mémoire de ce qui s’est passé depuis le moment que
le roi Louis XIV a reçu le viatique jusqu’à sa mort arrivée
erle 1 septembre 1715 ......................... 344
Relation de ce qui s’est passé au parlement le lundi
2 septembre 1715............................ 358
Généalogie partielle et simplifiée de la maison Le Tonnellier
de Breteuil . . ................................... 374
Généalogie simplifiée de la maison de France
eau XVII siècle . 376
Index........................................ 379Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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PRINCIPALES ABRÉVIATIONS
A. N. : Archives nationales.
A. A. E. : des Affaires étrangères.
B. N. : Bibliothèque nationale.
M. C. : Minutier central des notaires parisiens.
Ét. : Étude.
Mss fs: Manuscrits français.
B. M. : Bibliothèque municipale.Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
Date : 19/2/2009 9h55 Page 12/384Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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INTRODUCTION
Sil’Histoiresembleavoirperdusonsouvenirdepuisprèsdetrois
siècles, Louis Nicolas, baron de Breteuil, qui connut la faveur de
Louis XIV, n’a guère suscité l’indifférence de ses
contemporains.
Issud’unelonguelignéedévouéeauservicedelamonarchie,négociateur avisé, séducteur impénitent, plutôt libertin, le baron de
Breteuil ne parvint pas à l’exercice de l’une des plus prestigieuses
chargesdelacoursansexciterbiendesjalousies.LaBruyèredépeint
ce diplomate rompu à toutes les subtilités auliques sous les traits de
Celse«l’Important»,l’hommequi«saitlesecretdesfamilles»etqui
«entredanslesplushautsmystères»duroyaume.Saint-Simon,qui
ne l’aime pas, reconnaît sa «science du monde». Dangeau et
Sourches notent scrupuleusement tous les actes de sa vie officielle.
Ilestaussilehérosdel’Histoire des amours de Cléante et de Bélise,l’un
edesplusbeauxromansdu XVII siècle,quenousalaissélaprésidente
1Ferrand,samaîtresse etquenouspublionsiciainsiquelerecueildes
1. Ce roman tomba dans l’oubli au siècle suivant, mais en 1880, un érudit,
Eugène Asse, exhuma les Lettres de la présidente Ferrand au baron de Breteuil et
l’Histoire des amours de Cléante et de Bélise qu’il publia ainsi que les poésies
d’Antoine Ferrand. Cet ouvrage avait été revu d’après les éditions originales. En
1983, M. René Bray et Mme Isabelle Landy-Houillon ont donné une nouvelle
éditiondesLettresdeBélise(Lettres portugaises et autres romans d’amour par lettres…,
Paris, Garnier-Flammarion, 1983). Ses derniers éditeurs, très admiratifs du talent
de Mme Ferrand, considèrent que ses lettres représentent, en quelque sorte, la
version parisienne des Lettres portugaises. Si la qualité littéraire de l’œuvre de
Mme Ferrand est évidente, nous nous sommes efforcés de montrer ici, en citant
diverses sources d’archives inédites, que la romancière ne fut pas guidée par sa
seule imagination. Elle s’est bel et bien inspirée de la réalité même si ses lettres,
comme c’est vraisemblable, ont été recomposées pour la publication afin d’obéir
aux règles de ce genre narratif comme le pensent la plupart des critiques depuis
M.JeanRoussetjusqu’àMmePlacellaSommella(«Undestinataireabsent:lecas
du baron de Breteuil», in Mélanges offerts à Roger Duchêne). Ajoutons enfin qu’il
eexiste deux manuscrits de ce roman. Ils datent de la fin du XVII siècle. L’un
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LETTRES D'AMOUR, MÉMOIRES DE COUR
lettres qu'elle lui adressa. Ces textes précéderont les extraits
des
MémoiresdeLouisNicolasdeBreteuil,IntroducteurdesAmbassadeursde1699à1715.
Le 14 septembre 1648, Louis Nicolas naquit à Montpellier où
résidaient alors ses parents, son père exerçant depuis le 15 octobre
1646 les fonctions d’intendant du Languedoc. En 1637, il avait
épousé Chrétienne Le Court, la jeune veuve de Nicolas de
2Bragelogne, maître d’hôtel ordinaire du roi . Avant la naissance de
Louis Nicolas, elle lui avait déjà donné six fils qui – fait rarissime
pour l’époque– jouissaient tous d’une excellente santé. Elle
devait
encoremettreaumondeunefilleprénomméeChrétienne.Messire
LouisLeTonnellierdeBreteuil,seigneurdeBoissetteetdeRuville,
poursuivaitàMontpellierunebrillantecarrièrequ’ilavaitcommencée comme conseiller au parlement de Bretagne en 1632, puis au
parlement de Paris cinq ans plus tard. En janvier 1644, il avait été
pourvu d’une charge de maître des requêtes et nommé conseiller
d’État avant de représenter le souverain dans une province qui
devait être violemment agitée par les troubles de la Fronde. Le
pouvoir de l’intendant y fut alors contesté par le parlement
de
Toulouse.RappeléàParis,aprèsêtreparvenuàsurmonterlessédi3tions , Louis Le Tonnellier de Breteuil n’allait pas tarder à
endosser de nouvelles responsabilités. Il devint intendant de la généralité
de Paris puis, le 23 octobre 1657, le jeune Louis XIV – ou plutôt
Mazarin–luiconfialaredoutablechargedecontrôleurgénéraldes
Finances qu’il conserva jusqu’en 1665, date à laquelle lui succéda
Colbert. Comblé d’honneurs, conseiller d’État ordinaire du roi, il
mourut le 18 janvier 1685, à l’âge de soixante-seize ans,
ayant
manifestélavolontéd’êtreinhumé«leplusmodestementquefaire
sepourrait»danslachapelledeNotre-Dameenl’égliseSaint-Jean4en-Grève,saparoisse .
se trouve à la Bibliothèque nationale (B. N. Mss fs 4040-4041), le second à la
bibliothèque municipale de Toulouse (Mss 848 C 32).
2. Contrat de mariage entre Louis Le Tonnellier de Breteuil et Chrétienne
Le Court par-devant Bonneau et Gallois, le 7 juillet 1637.
3. Pour l’intendance de Louis Le Tonnellier de Breteuil à Montpellier, cf.
Devic et Vaissette, Histoire générale du Languedoc, 1876, t. XIII par E. Roschac,
p. 251, 252, 273, 274, 285, 293, 298, 307, 325, 329, 330, 357.
4. Testament olographe de Louis Le Tonnellier de Breteuil, 15 janvier 1685.
A. N., M. C., Ét. XC 269.
14Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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INTRODUCTION
Si son propre père Claude Le Tonnellier de Breteuil, conseiller
5d’État, procureur général de la Cour des aides, mort en 1630 ,
n’avait pu veiller au «cursus» de ses enfants, Louis Le Tonnellier
de Breteuil assura de son vivant l’établissement de ses sept fils et de
sa fille. L’aîné François († 1705), marquis de Fontenay-Trésigny,
devint intendant des Finances. Il épousa Anne de Calonne de
Courtebonne dont il eut François Victor, marquis de Breteuil,
secrétaire d’État à la Guerre. Antoine († 1696) et Louis († 1712),
tous deux chevaliers de Malte, s’illustrèrent dans la carrière des
armes l’un sur mer, l’autre sur terre. Antoine mourut chef
d’escadre des galères. Louis, qui se distingua lors de toutes les
campagnes du règne, fut promu maréchal de camp. Jean-Baptiste
(† 1668), lui aussi chevalier de Malte, mourut trop jeune pour
suivre l’exemple de ses frères. Charles Achille († 1708), seigneur
de Ruville, chevalier de l’ordre de Saint-Lazare, qui avait épousé
Madeleine Testart de La Guette, fut capitaine de vaisseau.
L’évêché de Boulogne échut à Claude, seul enfant voué à l’Église.
Quant à Chrétienne, elle eut la chance d’épouser le marquis de
Saint-Blimont, son père étant assez fortuné pour la doter après
avoir permis l’établissement des aînés.
Dernier des fils, Louis Nicolas risquait de se voir pourvu de
quelque bénéfice ecclésiastique ou d’un emploi moins prestigieux
que celui de ses frères. Il n’en fut rien, bien qu’il eût commencé sa
carrière plus tardivement que tous ses proches. Demeurant à Paris,
rue de Paradis, chez ses parents, protégé par Seignelay, il semble
plus préoccupé par les plaisirs de la vie mondaine que par la
stratégiedesplacesàconquérirdansl’arméeoulamagistrature.Silacour
l’attire déjà de façon irrésistible vers 1670, il n’y recherche pas
encore de fonction officielle. On le rencontre dans toutes les
promenades à la mode, dans les salons, dans les bals. D’un
tempérament ardent, il bouleverse bien des cœurs. «Il avait, quand je le vis
pourlapremièrefois,toutcequelajeunesseadeplusbrillantetses
actions, qui étaient déjà accompagnées de la politesse que vous lui
connaissez, l’ encore d’un enjouement qui ne sied bien qu’à
cet âge.» Ainsi le décrit la présidente Ferrand qui éprouva pour lui
la plus vive des passions alors qu’elle n’était encore qu’une très
5. Claude Le Tonnellier de Breteuil avait épousé le 18 janvier 1607 Marie
Anne Le Fèvre de Mormans, nièce du garde des Sceaux Le Fèvre de Caumartin.
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LETTRES D'AMOUR, MÉMOIRES DE COUR
jeunefilleetqu’ilvenaitd’atteindresesvingtetunans.Lesportraits
conservés par ses descendants nous représentent assurément un bel
hommed’unestatureimposante,lataillebienprise,leregardaltier,
où passe néanmoins un éclair de malice, les lèvres bien ourlées, les
mainsfinesetnonchalantes.
Apparemmentsisûrdesoi,DonJuannetardapasàsuccomberà
l’amour.Ils’épritdesacousineMarieAnneLeFèvredeCaumartin
deMormansquiréponditàsaflamme.«ToutcequelesGrâcesont
jamais eu de charmes était sur son visage, écrit encore la présidente
Ferrand. Un teint d’une blancheur surprenante et si vive qu’elle
éblouissait;le front grand et uni;des yeux bleus biencoupés […];
lessourcilslargesetépaisetquelanature,pourrehausserl’éclatdesa
blancheur, avaitfaitplusbrunsquesescheveuxquiétaientblonds;
le nez d’une proportion admirable; la bouche petite et
extrêmement façonnée; des lèvres unies et vermeilles comme le corail; les
dents fort petites et fort blanches; les joues d’un tour merveilleux;
le menton un peu en pointe; la gorge incomparable; la taille un
peupetitemaisfortfineetunairsimignonetsinobledanstoutesa
personne que les plus grandes et les plus régulières beautés
frappaient beaucoup moins les yeux que les agréments qui larendaient
toute brillante…» Louis Nicolas voulut convoler en justes noces.
Unetelleunionauraitdûseprésentersouslesmeilleursauspices.Le
pèredeMlledeMormans,LouisLeFèvredeCaumartin,conseiller
auparlement,étaitmorten1657.Lajeunefillevivaitalorsavecson
frère,fortliéavecLouisNicolas;ilnepouvaitmettred’obstacleàce
mariage. Cependant, pour des raisons que nous ne sommes pas
parvenus à élucider, Louis Nicolas se heurta à l’opposition de sa
propre famille. Mais le fougueux jeune homme décida de
passer
outreauxobjurgationspaternellesetd’épousersecrètementsacousine. Étant donné le lien de parenté qui les unissait, il sollicita
l’autorisation du pape et obtint du Saint-Père une bulle datée du
11 novembre 1674 «portant dispense d’affinité pour raison de
6mariage ». Le 29 novembre, un prêtre nommé Pratel bénissait les
7deux amants et leur délivrait un certificat de mariage . Savaient-ils
6. Inventaire après décès de Marie Anne de Mormans, 14 août 1679. A. N.
M., C., Ét. LXXXVIII, 249.
7. Ibid.
16Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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INTRODUCTION
que les actes de ce type étaient dépourvus de la moindre valeur et
quel’Assembléegénéraleduclergéde1670lesavaitinterdits?
Même s’ils le croyaient autorisé par les lois de l’Église, Louis
Nicolas de Breteuil et Marie Anne de Mormans ne pouvaient
officialiser leur lien et vivre sous le même toit. Louis Nicolas
continua d’habiter chez ses parents mais prit également une sorte
de pied-à-terre rue Sainte-Anne et sa femme s’installa en l’abbaye
du Chasse-Midi où résidait déjà sa sœur. Le recevait-elle dans sa
chambre du couvent dont une tapisserie «façon de Rouen» et un
miroir à bordure de bois noir étaient les seuls ornements, où le lit
à hauts piliers, également de bois noir tournés à vis, et les quatre
fauteuils de noyer couverts de toile constituaient l’essentiel du
8mobilier ? Ou bien, en robe et manteau de velours vert, se
9rendait-elle discrètement chez lui ? Le petit appartement de la
rue Sainte-Anne était beaucoup plus confortable que celui de
l’abbaye. Le cabinet de Louis Nicolas comprenait un bureau et
plusieurs fauteuils; une tapisserie de Bruxelles et une vingtaine de
tableaux dont le portrait du roi et le sien propre ornaient les murs.
Dans la chambre attenante à cette première pièce trônait un
somptueux lit couvert de damas vert à franges d’or entouré de six
10fauteuils garnis de même étoffe . Quel que fût le refuge de leurs
amours, celles-ci faisaient jaser. Dès 1675, on chansonna Mlle de
Mormans.
Jamais à l’âge de quinze ans,
A-t-on fait voir autant d’adresse,
Que nous en a montré Mormans,
Se retirant chez une abbesse:
Pouvait-elle avecque sa sœur
Croire en sûreté son honneur?
Autant d’esprit, autant d’appas, de jeunesse et de charmes,
Avec sa sœur ne pouvait pas
Demeurer sans beaucoup d’alarmes;
8. Ibid.
9. Ibid.
10. Ibid.
17Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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LETTRES D'AMOUR, MÉMOIRES DE COUR
Car souvent l’exemple d’autrui
11Nous induit à pécher aussi .
Le 27 octobre 1675, dans le plus grand secret, Marie
Anne
accouchad’unefillequifutbaptiséelejourmêmeenl’égliseSaint12Nicolas-des-Champs sous le nom d’Anne Louise Le Tonnellier .
D’aprèslaprésidenteFerrand,àlacourcommeàlaville,onsuivait
avec un tendre intérêt cette romanesque histoire que les héros
prenaient tant de soin à cacher. On disait Louis Nicolas
«éperdument amoureux d’une de ses parentes qui s’était depuis peu
enfermée dans un couvent pour l’amour de lui; qu’elle était l’une des
plus belles personnes du monde et la plus digne d’attacher le cœur
d’unhonnêtehomme;etqu’[il]luidonnaittouslesmomentsqu’il
pouvait dérober au soin de sa fortune». En société, on allait même
jusqu’à excuser les distractions d’un amant qui «avait une violente
passion dans la tête», ce qui l’empêchait d’«avoir une exacte
régu13laritépourautrechose ».
Louis Nicolas de Breteuil songeait pourtant à son établissement.
Le21janvier1677,lecomtedeRuauxdémissionnadelachargede
lecteur ordinaire du roi en faveur de Breteuil qui assura ce service
dès la fin du mois suivant. Sans l’agrément exprès du souverain, il
eût été impossible d’exercer cet office purement honorifique
assurantàsontitulaireleprivilègedela«premièreentrée».Seulsétaient
admisau«petitlever»deSaMajestélepremiergentilhommedela
Chambre en exercice, le grand maître de la garde-robe, le premier
valet de chambre en quartier et le lecteur du roi. Princes du sang,
ducs et pairs, grands officiers de la Couronne et autres courtisans
attendaient dans l’antichambre la «seconde entrée» à l’occasion de
laquelle ils pénétraient dans la chambre royale selon un
protocole rigoureusementétabli quelemonarque pouvait
parfoismodi14fierselonsoncaprice .Dansunecouraussihiérarchiséequel’était
11. Chansonnier du Recueil Maurepas, B. N., Mss fs 21619, fol. 229. Cité
par E. Asse, Les Lettres de la présidente…, p. 199.
12. Inventaire après décès de Marie Anne de Mormans.
13. Histoire des amours de Cléante et de Bélise.
14. Cf.ÉzéchielSpanheim, Relation de la cour de France en 1690,«Desdiverses
entrées au lever du roi», Éd. Ch. Schefer, Paris, 1882, p. 145-147.
18Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
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INTRODUCTION
celle de Louis XIV, on imagine aisément ce que représentait
l’obtentiond’unepareilledistinction.
Quelquesmoiss’écoulèrent,semble-t-ilfortheureusementpour
le nouveau lecteur du roi. Mais bientôt, Marie Anne fut la proie
d’unmalmystérieuxà laquelle unechanson del’époque
faitcruellement allusion:
J’ai résolu de baiser tout à l’heure
La charmante Mormans
Car j’ai bien peur que la pauvrette meure,
Si ce n’est promptement.
Eh! Je dirai, si le clergé murmure,
Eh! J’ai la tonsure, moi
Eh! J’ai la tonsure.
Louis Nicolas résolut alors d’épouser officiellement celle qu’il
considérait comme sa femme depuis 1674. Au mois de mai
1679,
ilreçutunenouvelledispensedupape.Le21juinétaitconclupar15devant notaire un contrat de mariage en bonne et due forme .
MarieAnneLeFèvredeMormansyestqualifiéede«fillemajeure,
jouissant de ses droits», ce qui prouve clairementque l’union
célébrée cinq ans plus tôt n’était pas reconnue. Comme dans tous les
actes de ce type, les deux parties s’engageaient à se marier à l’église
«le plus tôt que faire se pourrait». Le contrat fut signé rue du
Temple, en l’hôtel de François Le Fèvre de Caumartin, chevalier,
seigneur de Mormans, frère de la jeune épouse. Elle l’avait choisi
pour témoin ainsi que ses cousins, Louis François Le Fèvre de
Caumartin, chevalier, seigneur de Boissy, conseiller d’État
ordinaire, Louis Hubert de Caumartin, conseiller au parlement, et
Isidore Lotin de Charny, conseiller au Grand Conseil. Aucun
membre de la famille de Breteuil n’accompagna Louis Nicolas. Le
notaire a simplement noté que le futur époux «disait avoir le
consentement»desesparents.Onnepouvaitêtreplusvague.
Un mois plus tard, le 19 juillet, Marie Anne, «gisant au lit,
15. Contrat de mariage entre haut et puissant messire Louis Nicolas Le
Tonnellier de Breteuil, chevalier, conseiller du roi en ses conseils, lecteur
ordinaire de la Chambre du roi, et Marie Anne Le Fèvre de Mormans. A. N.,
M. C., LXXXVIII, 249.
19Dossier : tallandier304428_3b2 Document : Memoires_304428
Date : 19/2/2009 9h55 Page 20/384
LETTRES D'AMOUR, MÉMOIRES DE COUR
malade […], considérant la certitude de la mort et l’incertitude de
l’heure», faisait venir le même notaire pour lui dicter ses dernières
16volontés . À notre grande surprise, le nom de Louis Nicolas – pas
plus que celui de leur fille – n’apparaît pas une seule fois dans ce
testament. Ce n’est pas son mari mais son frère qu’elle désigne
comme exécuteur testamentaire. Elle le charge de faire dire mille
messes basses dans l’église de son choix. Outre les legs qu’elle fait
aux pauvres de la paroisse Saint-Nicolas-des-Champs (paroisse de
Louis Nicolas), à l’Hôpital général, à son confesseur, elle laisse sa
vaisselle d’argent à sa gouvernante en gage d’amitié.
Le jeudi 3 août, Louis Nicolas de Breteuil et Marie Anne de
MormansétaientenfinunisdevantDieu.Ilsreconnaissaientàcette
occasion qu’il «avait été procréé d’entre eux une petite fille […],
17laquelle était ainsi rendue légitime ». Pendant la nuit du lundi 7
aumardi8août,MarieAnneexpira.Elleavaitvingt-sixans.
Ce mariage célébré in extremis et le testament de Mlle de
Mormansrestent bienénigmatiques. Pourquoi
résolut-elled’ignorerdanscetacteultimel’hommeauquelelleavaittoutsacrifié?Ses
dernières résolutions cachaient-elles un drame ignoré?Sessuccès à
la cour avaient-ils grisé Louis Nicolas au point de l’éloigner de son
épouse secrète? Considérait-elle que Louis Nicolas avait abusé de
sa candeur en lui proposant un mariage sans valeur et qu’il s’était
comportécommeunséducteur?Sonconfesseuravait-ilconvaincu
la malheureuse qu’elle devait expier ce que l’Église pouvait
regardercommeuneviedepécheresse?Nulnesauraitledire.Devenue
officiellement baronnedeBreteuil,MlledeMormansemportason
secret au tombeau.
Les mémoires du temps n’évoquent pas le triste dénouement
d’une liaison qui avait fait les délices des salons. Seule la présidente
Ferrand en a conté le détail dans l’Histoire des amours de Cléante et
de Bélise, et les lettres qu’elle écrivit à Louis Nicolas de Breteuil y
18font parfois allusion . Elle parle du «désespoir» où la mort de sa
16. Testament de Mlle de Mormans, A. N., M. C., Ét. LXXXVIII, 249.
17. Inventaire après décès de Marie Anne de Mormans.
18. «Enfin j’appris, écrit-elle, que cette aimable personne était morte, que
peu de moments après sa mort, on avait su que Cléante l’avait épousée et que le
respect qu’il avait pour son père l’obligeant à tenir secret un mariage qu’il avait
fait sans son aveu, cette sage personne, pour en dérober plus aisément la
connaissance à la famille de Cléante, avait préféré pendant sept ans la solitude
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INDEX
MODÈNE (François III, duc de), 27, 238. PÉRONY (comte), 263.
M (Marie-Béatrice de), reine d’Angle- PHÉLYPEAUX (Jérôme, comte de Maurepas et
terre, 283, 288, 292. de Pontchartrain), 152, 277, 346.
MOLIGNY, lieutenant d’infanterie, 191, 192, PHILIPPE V (Philippe de France, duc d’Anjou
193, 196. puis roi d’Espagne), 253, 295, 300, 319,
MOLSA (comte de), 223-225. 340, 341.
MONASTEROLLE (comte de), 291, 292, 296. PHRA NARAÏ, roi de Siam, 155.
MONSEIGNEUR(LouisdeFrance),dauphinde PINTO (comte de), 335.
France dit, 10, 181, 185, 212, 213, 219, PIO (prince), 140.
221, 222, 224, 229-231, 232, 236, 239, PISANI (Alvise), ambassadeur de Venise, 306.
243, 244, 246, 248-250, 253, 260, 272, PLACELLA SOMMELLA (Mme), 13.
277, 281, 282, 286, 291, 294, 297, 306, POLIGNAC (Melchior), cardinal de, 349.
307, 316,-329, 331, 333-337, 340, 348, POMEAU (René), 32, 43, 44.
350, 351, 353, 361, 363, 367-369. POMPADOUR (marquis de), 266, 268.
MONTÉLÉON (marquis de), envoyé PONS (marquis de), 327.
d’Espagne, 209, 241. PONTCHARTRAIN (Louis Phélypeaux, comte
MONTESPAN (Françoise Athénaïs de Roche- de), chancelier de France, 32, 34, 145,
chouart, marquise de), 63, 181, 184, 219, 146, 152, 162, 168, 173, 186, 188, 192,
293, 300, 312, 323, 347. 193, 198, 199, 203, 277, 281, 314, 346,
MONTESQUIEU (Charles Louis de Secondat, 349, 353.
baron de La Brède et de), 145. PRATEL (abbé), 16.
MONTESSON (comte de), 298. RANGONI (marquis), envoyé de Modène,
MONTFORT (Honoré Charles d’Albert, duc 308.
de), 38. RANUZZI, nonce du pape, 310.
MONTFORT (Jeanne Courcillon de Dangeau, RIBERA (comte), ambassadeur extraordinaire
duchesse de), 38. de Portugal, 203.
MORTEMART (Louis de Rochechouart, duc RICHARD, missionnaire en Perse, 151, 168.
de), 182, 348.
RICHELIEU (Armand du Plessis), cardinal de,
NATA (marquis), 240.
316.
NAVAILLES (Philippe de Montaut, duc de),
RIVAROLLE (marquise de), 245.
33.
ROBERTO (Don Pedro), 335.
NEVERS(DianeGabrielledeDamas,duchesse
ROHAN (Armand Gaston), cardinal de, grand
de), 233.
aumônier de France, 345, 346, 348, 350.
NOAILLES (Anne Jules, duc de), 181-183,
ROHAN (Hercule Mériadec, prince de), 349.220, 298, 299, 346, 348.
ROMAGNOLO, 226, 227.NOAILLES (Louis Antoine), cardinal de, 327.
ROUSSEAU (Jean-Baptiste), 39, 41, 42, 43.NOËL (Antoine), Arménien, interprète, 205.
ROUSSET (Jean), 13.O (marquis d’), 327.
RUAUX (comte de), 18.ORLÉANS (Gaston, dit Monsieur, duc d’),
SAHIO (Joseph), 204.210, 213, 219, 221, 222.
SAINCTOT (M. de), 34, 35, 184, 202, 203,ORLÉANS (Marguerite de Lorraine
Vaudé213, 249, 250, 279, 286, 288, 290, 291.mont, dite Madame, duchesse d’), 282.
SAINT-AIGNAN (duc de), 327.ORLÉANS (Marguerite Louise, princesse de
SAINTE-MAURE (comte de), 327.Toscane dite Mme la grande duchesse),
SAINT-OLON (François Pidou de), 146, 149,282, 312.
150-153, 157-159, 165, 168, 173, 177,ORLÉANS (Marie-Françoise de Bourbon, dite
179, 186, 187, 189, 191, 192, 194-196,Mlle de Blois, duchessed’), 169, 181, 183,
201.248, 293, 300, 308, 309, 312, 314-316,
SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de),323, 325, 348.
13, 35, 145, 262, 286, 300, 312, 317, 331,ORLÉANS (Philippe, duc d’), futur régent,
361, 372.168, 181, 185, 201, 224, 249, 282, 283,
SAINT-THIERRY (marquis de), 32.293, 300, 301, 306, 307, 312-314, 326,
SANSAY (Mlle de), 230.327, 338, 346, 347, 348, 350, 351, 354,
356-358, 360-362, 364-366, 368-373. SAUMERY (ou SOMMERY, marquis de), 288,
OSSONE, voir AUSSONE. 292, 293, 369.
PADÉRY, ancien consul de France à Chiraz, SAURIN, 41.
interprète, 145, 147, 156, 165, 168, 170, SAVOIE (Marie-Louise de, dite Mlle de
171, 186, 197, 203. Valois), 293, 314, 340.
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LETTRES D'AMOUR, MÉMOIRES DE COUR
erSAXE (Frédéric Auguste I de), roi de URFÉ (marquise d’), 39, 230.
Pologne, 184. VALDEFUENTES (marquis de), 295.
SAXE (Frédéric-Auguste II), Électeur de, roi VALOIS (Mlle de), voir SAVOIE (Marie-Louise
de Pologne sous le nom d’Auguste III, de).
184. VATIELLI (comte), 226, 269.
SEIGNELAY (Jean-Baptiste Colbert, marquis VAUBRUN (abbé de), 33, 349.
de), 15, 298, 305, 307. VAUDEMONT (Anne Élisabeth de Lorraine,
SIMIANE (marquis de), 327. princesse de), 253-256, 259, 270.
SOURCHES (Louis François du Bouchet, mar- V(CharlesHenri,princede),231,
quis de), 13, 32, 35, 349. 233, 253, 295.
SOUVRÉ (Louis Nicolas Le Tellier, marquis VAUDEMONT (Charles, prince de), 231, 233.
de), 182. VENDEUIL (comte de), 298.
STROZZI (Pierre Antoine), capitaine des VENDÔME (duchesse de), 254.
gardes du duc de Mantoue, 217, 224, V (Louis Joseph de Bourbon, duc
239, 241, 244, 246, 260, 266.
de), 169, 229, 254-256, 265, 305, 318.
TALLARD (Camille d’Hostun, comte de),
VENTADOUR (Charlotte Éléonore Madeleine
maréchal, 364.
de La Mothe-Houdancourt, duchesse de),
TESSIN (Nicodème), 319.
185, 247, 350, 369.
TITON DE VILLEGENOU, 161, 162, 165, 166,
VERNEUIL (marquis de), 35.
167.
VICTOR AMÉDÉE II (duc de Savoie), 272,TORCY (Jean-Baptiste Colbert, marquis de),
295, 308, 340.146, 150, 152, 155,-157, 159, 169-171,
VILLARS (Louis-Hector, duc de), 364, 372.173, 182, 183, 186, 188, 191, 195, 199,
VILLEQUIER (marquis de), 287, 305.203, 211, 214, 215, 217, 218, 220, 222,
VILLERAS (M. de), secrétaire à la conduite des225, 228, 234, 235, 239-241, 246, 259,
ambassadeurs, 150, 215, 219, 220, 227,264, 277, 279, 291, 294, 305, 309, 314,
228, 238, 245, 246, 248, 250, 286, 303.349, 350.
VILLEROY (François de Neufville, duc de),TOULOUSE (Louis Alexandre de Bourbon,
pair et maréchal de France, 320, 346-348,comte de), 169, 181, 219, 220, 227, 228,
364, 369.240, 241, 242, 244, 246, 347, 350, 364,
VILLEROY (Marie Marguerite de Cossé-Bris-367, 373.
sac, duchesse de), 320, 329.TRESMES (duc de), 149, 181, 348.
VOLTAIRE, 31, 42-44.TRUZZI, envoyé du duc de Mantoue, 209,
ZINZENDORF (comte), 280, 302.217, 218, 254, 255, 258, 260, 268.
Cet ouvrage a été composé
par IGS-CP à L'Isle-d'Espagnac (16)
Dépôt légal: mars 2009
ISBN: 978-2-84734-582-7
Numéro d’édition 3291
Numéro d’impression
Imprimé en Italie

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