Brendan

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Une nuit, Brendan, un jeune garçon, quitte le domicile de ses parents pour venir rejoindre le narrateur chez lui: il y connaîtra le pire pendant que la culpabilité de ce dernier le mènera à la folie.


Publié le : mardi 5 novembre 2013
Lecture(s) : 44
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782332575333
Nombre de pages : 40
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-57531-9

 

© Edilivre, 2014

PROLOGUE

J’avance dans la vie avec un revolver imaginaire pointé sur la tempe.

A la naissance, j’ai été séparé de ma mère : j’ai passé les premiers mois de ma vie à l’hôpital,

entre terreur, enfermement , esclavage et tortures.

L’enfance s’est étiolée entre privation, tristesse, solitude et maltraitances. J’avais l’interdiction de m’aimer, de me respecter, de me révolter. Silence et soumission extrêmes.

Ma mère, intrusive et méprisante, jouissait et abusait de mon assujettissement. Lorsque je pleurais, elle m’enfermait dans un cachot sous l’escalier pour ne pas m’entendre, ou dans la cabane à outils au fond de la cour si je pleurais trop fort. J’attendais d’être consolé. J’étais un ustensile.

A l’adolescence, j’ai failli tomber fou.

Pour tenter d’apaiser cette indigence affective, envisager ma ‘possibilité féminine’, j’ai choisi de m’adapter socialement : une imposture en bonne et due forme. Mais j’étais incapable de prendre ma place, et j’ai continué à subir des relations toxiques et abusives.

A 29 ans, j’étais prêt à toutes les compromissions, et je me suis marié avec une femme que je trouvais sale et perverse, pour ne pas aimer, pour ne pas souffrir.

A 47 ans, j’attire toujours la haine, l’ultra-violence et l’injustice. J’aspire tous les poisons.

L’état de victime et la résignation muette ne font aucun cadeau. Ils figent l’impuissance.

Alors je m’épuise dans une quête incessante et douloureuse de douceur impossible, une spirale infernale de manipulations destructrices. Les hommes normaux ont une mission.

Ils peuvent s’intéresser à autre chose qu’aux femmes, parce qu’ils ont eu une maman.

Dépendance, mendicité, mensonge, parasitisme et prostitution affective. Chaque seconde sans

consommation d’un corps de femme est acquise au désespoir. J’ai placé la chair au-dessus de

ma vie. Je suis prêt à tout. Prêt au pire. Aux pires humiliations. Vampire assoiffé de femmes,

je vole en rase-mottes. Je me sers aux bas étages.

Ma ‘possibilité féminine’ n’a pas eu lieu. Mais j’ai vécu une histoire avec un jeune garçon.

Je la raconte ici.

Brendan

 

 

Plût au ciel que le lecteur, intimidé et devenu momentanément doux comme ce qu’il lit, trouve son chemin à travers ces pages lumineuses et pleines de vie ; car, s’il s’adonne à sa lecture avec une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa confiance, les émanations vitales de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre.

Aussi, il devra, avant de pénétrer plus avant dans ce récit dangereux, lever la tête tel un fils tournant respectueusement son regard en direction de l’auguste face maternelle ou comme des grues frileuses volant puissamment vers un point déterminé à l’horizon à travers le silence et les fumées gelées.

 

 

Ô toi, petit garçon, tu rêvassais lamentablement derrière ton bureau d’écolier au lieu de jouer avec les autres enfants. Ta maman croyait que tu faisais tes devoirs et elle le racontait orgueilleusement autour d’elle. Mais elle s’est absentée, ta maman, et tu es descendu dans le salon comme on descend dans une tombe, avec audace. Et tu as découvert, sous un missel vert, le message séraphique que tu tiens dans tes mains heureuses.

Tu le lis calmement et tu sens ta peau frêle se crisper soudain tandis que tes doigts, nerveux et irritables, tremblent en palpant le message diabolique que tu essaieras désormais d’oublier. Mais tu n’y penseras que davantage !

Puis, cette nuit, l’arthropode articulé tissera sur ton corps immobile sa toile de neige gluante et meurtrière. Doucement, dans ton rêve, tu t’efforceras de reconquérir un espace de liberté dans lequel tu évolueras paisiblement, avant que ne fonde sur ton argile puante, avec vivacité, l’octopode ingambe, messager de ton destin. Une lourde insomnie t’accablera, alors que demain tu as un contrôle de maths. Tu courras sur place, comme pour distancer les puissances maléfiques, comme autant de dards couchés dans tes veines et la maladie qui te poursuit désormais, ainsi que mon regard pour métamorphoser ta potentialité créatrice en virtuosité. Mais n’en veut surtout pas à ce dernier, car il angoissera bientôt les méandres de ta destinée que plus personne n’envie à présent, bien que la fin de tes jours soit proche.

Laissez-moi, s’il vous plaît, revenir à la ligne pour aérer ce récit ou votre esprit qui commence déjà à s’engourdir, comme celui de notre héros qui a attendu la nuit pour soulever sa révolte et son crayon qui glisse maintenant sur le papier glacé que ses parents trouveront demain.

Lisons-le avant eux, pour ne pas devenir les témoins indiscrets de leur réaction :

« Vous savez, je ne suis qu’un écolier. Je vous demande de me pardonner si cette lettre éveille en vous un tressaillement aux séquelles immortelles. C’est dans le salon, cet après-midi, que je me conseillai d’opérer rapidement une modification...

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