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C'est ma ville !

De
285 pages
La ville est un espace de vie mais aussi un lieu de passage qui prône la mobilité des individus. L'espace urbain offre un univers d'images et de messages, d'usages et d'expressions de soi, et ne manque pas d'être détourné par ceux qui tentent de sortir du bien fameux "anonymat des grandes villes". Cet ouvrage s'intéresse aux manières dont les habitants de métropoles européennes, africaines et américaines se représentent l'espace urbain et nous il interpelle sur les modes d'appropriation et de détournement de la ville.
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« C'est ma ville! »
De l'appropriation et du détournement
de l'espace publicwww.1ibrairieharmattan.com
Harmattan! @wanadoo.fr
~L'Hannattan,2005
ISBN: 2-7475-9077-1
EAN : 9782747590778Sous la direction de
Nicolas Hossard et Magdalena Jarvin
« C'est ma ville! »
De l'appropriation et du détournement
de l'espace public
L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
FRANCE
Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina FasoL'Hannattan Hongrie
Fac.. des Sc. Sociales, Pol. et Via Degli Artisti, 15 1200 logements villa 96Kënyvesbolt
; BP243, KIN XI 10124 Torino 12B2260Adm.
Kossuth L. u. 14~ 16
Université de Kinshasa RDC ITALIE Ouagadougou 12-1053 BudapestCollection Dossiers Sciences Humaines et Sociales
Dirigée par Isabelle Garabuau-Moussaoui
La série «Consommations et sociétés» souhaite développer les
approches pluridisciplinaires sur la consommation et l'interculturel.
Elle fonctionne sous forme de cahier, avec un comité de lecture qui
sélectionne les articles, autour d'un thème construit par un (ou des)
coordinateur( s).
Responsable: Dominique Desjeux
Comité de lecture et d'aide à la rédaction
Olivier Badot (Paris), Anne-Sophie Boisard (Guangzhou, Paris), Sophie
Bouly de Lesdain (Paris), Mathilde Bourrier (paris), Sophie Chevalier
(Besançon, Paris), Laure Ciosi-Houcke (Marseille), Fabrice Clochard (Paris),
Frank Cochoy (Toulouse), Séverine Dessajan (Paris), Nicoletta Diasio
(Strasbourg, Rome), Judith Ferrando y Puig (Paris), Gérald Gaglio (Paris),
Isabelle Garabuau-Moussaoui (Paris), Stéphanie Giamporcaro-Saunière
(Paris), Isabelle Hanifi (Montréal, Paris), Ray Hom (Paris, Tampa), Nicolas
Hossard (Paris), Pascal Hug (paris), Magdalena Jarvin (Paris, Stockholm),
Sylvène Kitabgi (Paris), Jean-François Lemoine (Nantes), Jean-Sébastien
Marcoux (Montréal), Olivier Marty (Paris), Joël Meissonnier (Istanbul, Paris),
Anne Monjaret (paris), Elise Palomares (Paris), Magali Pierre (Paris), Eric
Rémy (Rouen), Mélanie Roustan (Paris), Christine Sitchet (New York), Nina
Testut (Paris), Karen Twidle (Paris, Londres), Xiao-Min Yang (Paris,
Guangzhou).
Réseau international, scientifique et professionnel
Isabel Andreen (Grande-Bretagne), Eric Arnould (Etats-Unis), Soren
Askegaard (Danemark), Gary Bamossy (Etats-Unis), Russel Belk (Etats-
Unis), Ampelio Bucci (Italie), Jean-Pierre Corbeau (France), Bernard Cova
(France), Mary Douglas (Grande-Bretagne), Sophie Dubuisson-Quellier Guliz Ger (Turquie), Georges Hénault (Canada), Isabelle Favre
(Australie), Marc Filser (France), Tine Vinje François (Danemark), Karim
Gacem (France), Brigitte Grandjean (France), Benoît Heilbronn (France),
Patrick Hetzel (France), David Howes (Canada), Alexandre Mallard
Eric Marchandet (France), Mohamed Mebtoul (Algérie), Daniel Miller
(Grande-Bretagne), Emmanuel Ndione (Sénégal), Mark Neumann (Etats-
Unis), Jean-Philippe Neuville (France), Isabelle Orhant (France), Lionel
Panafit (France), Bruno Péquignot (France), Jean-Pierre Poulain (France),
Georges Ritzer (Etats-Unis), Agnès Rocamora (Grande-Bretagne), Jean-
Claude Ruano-Borbalan (France), Annick Sjogren (Suède), Don Slater
(Grande-Bretagne), Anne Valendru (Grande-Bretagne), Jean-Pierre Warnier
(France), Lihua Zheng (Chine).
Contacts: Dominique Desjeux : d.desjeux@argonautes.fr
Isabelle Garabuau-Moussaoui : isabelle.moussaoui@alterlog.fr
Cette série est publiée avec le concours du Magistère de Sciences Sociales de
Paris 5.SOMMAIRE
Présentation des auteurs Il
Introduction générale
Par Nicolas Hossard et Magdalena Jarvin 19
Première partie
Du politique vers la rue:
one occupation réglementée de l'espace 29
De la difficulté à s'approprier l'espace public
à Los Angeles
Par Audrey Gloor 31
A Tunis, l'espace public ferait-il peur aux dirigeants?
De la fabrication « encadrée» des lieux à leur
subversion compensatoire
Par Pierre-Arnaud Barthel 41
Le Forum des Halles: gestion et usages
Par Hervé Thomas 51
Constantine: espaces publics et commerce informel.
Entre appropriation et détournement
Par Lilia Makhloufi 61
Les SDF victimes du « nettoyage» des espaces publics?
Par Edouard Gardella et Erwan Le Méner 71
S'approprier la ville:
pratiques spatiales des jeunes de la rue à Mexico
Par Ruth Pérez Lopez 83
Jour de match à Manchester:
supporters de football et appropriation urbaine
Par Claude Boli 95« C'est votre défilé... ». Le Défilé de la Biennale de la
Danse de Lyon, entre discours et réalités
Par Christine Détrez, Pierre Mercklé,
Marion Veyret et Delphine Vuattoux 107
Les lumières de la ville: vers une
(ré-)appropriation nocturne de l'espace urbain
Par Pierre Auboiron 119
Du square Willette au square Louise Michel: Quand le
changement de nom d'un espace public révèle des enjeux
de l'inscription urbaine
Par Chloé Langlais 129
La maison qui fait signe
Par Irina Moglan 139
Deuxième partie
La rue est à nous:
Actions et interactions dans les lieux de vie quotidiens 149
La ville et son lieu à travers la vision de surligneurs de la
ville: L'Atlas, Faucheur, Mazout, Tomtom
Par Alain Milon 151
Actions contemplatives. S'arrêter dans la ville
Par Anne-Christine Branner et Catherine Gier 167
Entre institutionnalisation et clandestinité:
le graffiti ou I 'hydre à deux têtes
Par Benjamin Pradel 177
Les marches de la gare comme salle à manger. Inscrire
son « repas de rue» dans l'espace public
Par Salomé Berthon 189
8Le skateboard, de places en places:
l'institutionnalisation locale d'une pratique
informelle en milieu urbain
Par Marc Dumont 199
Le rapport à un quartier de logements sociaux par ses
résidants âgés: appropriation quotidienne et sentiment
de dépossession de l'espace public
Par Juliette Poirson 213
L'appropriation de l'espace au sein des quartiers HLM:
le double jeu des gardiens-concierges
Par Hervé MarchaI 225
L'évolution de l'usage du téléphone mobile en public:
de 1'« inattention polie» à l'émergence d'un
comportement moyen
Par Gérald Gaglio 235
Usages et détournements des trottoirs à Yaoundé:
entre logiques économico-sociales et marginalité urbaine
Par Pierre Mbouombouo 247
L'espace public du collège:
réceptacle des relations sociales
Par Séverine Dessajan 261
La difficile institutionnalisation de la pratique sportive
juvénile dans les quartiers urbains. Usages de l'espace
public et concurrence administrative
Par Christophe Arpaillange, Catherine Darlon
et Michel-Alexis Montané 273
9PRÉSENTATION DES AUTEURS
3èmeChristophe ARPAILLANGE est étudiant en cycle de
science politique et chargé de mission développement local au
GIP-GPV des Hauts de Garonne. Ses recherches portent sur les
politiques publiques contractuelles, les politiques jeunesse, le
management local et la démocratie locale.
cbris. arpaillange@free. fr
Pierre AUBOIRON est doctorant en histoire de l'art
contemporain à l'Université Paris l-Panthéon-Sorbonne. Ses
recherches se concentrent sur la question de la lumière comme
matériau dans l'art actuel (installations, vidéo, projections,
mises en lumière, architecture). Son intérêt pour la sémiotique
visuelle et sa formation initiale en électrophysiologie visuelle
l'ont amené à préparer un manuel de physiologie visuelle à
destination des étudiants en histoire de l'art.
pierre.auboiron@malix.univ-paris l.fr
Pierre-Arnaud BARTHEL est maître de conférences en
géographie urbaine à l'Institut de Géographie et
d'Aménagement Régional de l'Université de Nantes
(IGARUN), il est l'auteur d'une thèse portant sur les modes de
production urbanistique et sociale de territoires issus de projets
d'aménagement des fronts d'eau de Tunis (Faire la ville au
bord de l'eau. Les lacs de Tunis: des marges urbaines à des
sites de très grands projets d'aménagement). Ses recherches en
cours portent sur les d'aménagement, les espaces publics
et les politiques urbaines et patrimoniales dans le monde arabe
et en Europe. pierre-amaud.barthel@univ-nantes.frSalomé BERTHON est doctorante en anthropologie à
l'Université de Nice-Sophia Antipolis, au sein du LAMIC. Sous
la direction de Joël Candau, et avec le soutien de l'ADER
PACA et de la Mission Patrimoine de la ville de Nice, elle
prépare une thèse sur les repas de rue. A travers ce sujet, elle
aborde à la fois des questions liées à l'alimentation, des
représentations aux manières de table, et à l'espace social que
représente le quartier. sberthon@unice.fr
Claude BOLl est docteur en histoire (De Montfort University,
Leicester, Angleterre) et en sociologie (Université de Nantes).
Ses travaux portent sur le poids des loisirs sportifs dans la
société anglaise depuis l'ère victorienne. Il enseigne 1'histoire et
la sociologie à l'Université d'Evry (Département STAPS).
claudeboli@hotmail.com
Anne-Christine BRONNERest ingénieur études cartographe
au CNRS. Elle travaille au laboratoire Image et Ville UMR
7011 CNRS-Université Louis Pasteur, à Strasbourg et
s'intéresse à l'évolution des modes de représentations
cartographiques (transformations cartographiques, cartographie
dynamique, animée, etc.) et participe notamment à des travaux
de recherches en cognition spatiale. acb@lorraine.u-strasbg.fr
3èmecycle de sociologieCatherine DARLONest étudiante en
et chargée d'études à la Maison des Sciences de l'Homme
d'Aquitaine. Ses recherches portent sur les politiques jeunesse,
la prévention de la délinquance, les pratiques sportives des
jeunes urbains, les services publics locaux.
12Séverine DESSAJANest docteur en anthropologie (EHESS
2000). Depuis la soutenance de sa thèse, consacrée à l'identité
d'une population camerounaise, elle est chercheure associée au
Cerlis (Centre de Recherche sur les liens sociaux, CNRS/Paris
5) et travaille sur plusieurs thématiques, notamment: les études
de réception des publics des musées, la perception de la ville
par ses habitants, les représentations de l'énergie, etc.
Christine DÉTREZ est docteure en sociologie et maître de
conférences à l'ENS Lettres & Sciences Humaines. Elle est
l'auteure de Et pourtant ils lisent (avec Christian Baudelot et
Marie Cartier, Paris, Seuil, 1998) et de La construction sociale
du corps (Paris, Seuil, 2002).
Marc DUMONT est docteur en géographie urbaine de
l'université de Tours, chercheur à l'Ecole d'Architecture de
Nantes (L.A.V.A.) et chargé d'enseignement à l'université
d'Orléans-La Source. Il est l'auteur d'une thèse consacrée à la
dimension politique des phénomènes spatiaux privilégiant
l'observation ethnométhodologique de situations spatiales
d'aménagement urbain. Ses recherches portent actuellement
sur: normes et qualifications sensibles des espaces urbains, les
transformations de l'urbanisme opérationnel, l'épistémologie
critique des sciences sociales.
Gérald GAGLIO est docteur en sociologie. Ses travaux ont
été dirigés par Norbert Alter (CERSO Paris-Dauphine) et sa
thèse a été réalisée au sein du Laboratoire des V sages de
Bouygues Telecom. Ses thèmes de recherche portent sur
l'innovation dans les sociétés contemporaines, la sociologie de
la consommation et l'émergence des normes sociales.
gerald_gaglio@yahoo.fr
13Edouard GARDELLAet Erwan LE MÉNER sont élèves en
troisième année à l'Ecole Normale Supérieure de Cachan, au
département de Sciences sociales. Ils ont abordé le problème du
sans abrisme dans leurs travaux de maîtrise sous deux aspects
différents mais complémentaires. E. Gardella s'est centré sur la
nouvelle caractérisation du problème posé par la présence des
SDF dans l'espace public concret et sur ses conséquences
observables en termes écologiques. Erwan Le Méner a mené
une étude ethnographique approfondie de l'organisation
régulatrice du sans abrisme dans le quartier des Halles à Paris.
Catherine GIER est artiste, licenciée en arts plastiques de la
faculté des Arts Plastiques de Strasbourg, titulaire du Diplôme
National Supérieur d'Etudes Plastiques. Son travail questionne
les relations de l'Homme à son environnement naturel et au sein
de l'entreprise. TIprend la forme de performances, de dispositifs
impliquant le public et d'interventions dans et en fonction d'un
contexte prédéterminé. Elle prépare notamment un projet de
transposition en milieu hospitalier des « actions
contemplatives» pour l'année 2005. catherine.gier@wanadoo.fr
Audrey GLOOR est doctorante à l'Institut d'Urbanisme de
Grenoble, au sein du Laboratoire n° 5194, PACTE (Politiques
publiques, ACtions politiques, TErritoires) et de l'équipe
Territoires 2. Sa recherche doctorale intitulée: «Los Angeles,
un outil de compréhension de la ville Post-moderne », sous la
direction du Professeur Y. Chalas, se concentre sur les formes
de la ville états-unienne à caractère post-moderne (Los Angeles
en particulier) mais également sur les mouvements et les
tendances urbanistiques outre-Atlantique (Ecole de Los
Angeles, Ie New Urbanism.. .). gloor_a@hotmai1.com
14Nicolas BOSSARD est historien et sociologue et chercheur
post-doctoral au GEPECS-Paris 5. Chargé de cours au
Magistère de sciences humaines et sociales appliquées à
l'interculturel de l'université Paris 5, son dernier ouvrage, issu
de sa thèse de sociologie, s'intitule Recto- Verso. Les faces
cachées de la carte postale (Arcadia, Paris). Il est, avec
Magdalena Jarvin, coordinateur et à l'initiative de cet ouvrage
collectif. nicohoss@hotmail.com
Magdalena JARVIN est docteur en sociologie de l'université
Paris 5 et vient de terminer un «post-doc» à
d'Ottawa (Canada). Ses domaines d'études sont la jeunesse, la
socialisation, la confiance et les jeux de pouvoirs. Elle est, avec
Nicolas Hossard, coordinatrice et à l'initiative de cet ouvrage
collectif. magdalena.jarvin@free.fr
Chloé LANGLAISest actuellement ATER à l'université René
Descartes-Paris 5. Elle termine une thèse de sociologie portant
sur la construction du patrimoine et de la mémoire collective à
Montmartre de 1886 à nos jours. Dans le cadre des travaux du
Groupe d'Etude Pour une Europe de la Culture et de la
Solidarité (GEPECS), elle s'intéresse à l'émergence de la
notion de « village urbain» dans la capitale.
chloe.langlais@free.fr
Lilia MAKHLOUFI,née à Constantine, architecte urbaniste,
diplômée de l'institut d'architecture, d'urbanisme et de
construction, de l'université Mentouri à Constantine; elle y
poursuit actuellement un doctorat ès science en aménagement
du territoire et est maître-assistante à l'institut d'architecture de
l'université de Jijel. lilia_makhloufi@yahoo.fr
15Hervé MARCHALest Attaché Temporaire d'Enseignement et
de Recherche (ATER) à l'Université Nancy 2. Il vient de
soutenir, sous la direction de Jean-Marc Stébé au sein du
Laboratoire de sociologie du travail et de l'environnement
social (LASTES), une thèse de doctorat de sociologie intitulée
La construction de l'identité sociale et professionnelle des
gardiens-concierges du secteur HLM.
herve.marchal@univ-nancy2 .fr
Pierre MBOUOMBOUOest en service au Ministère de la
Recherche (ex-Institut des Sciences Humaines) du Cameroun.
Actuellement chercheur au Centre National d'Education du
Ministère de la Recherche Scientifique et de l'Innovation du
Cameroun, il dispense des enseignements (lectures dirigées) de
sociologie urbaine, de sociologie générale et de sociologie de la
science au titre de Vacataire au Département de Sociologie et
Anthropologie de l'Université de Yaoundé I. TI tennine par
ailleurs une thèse de doctorat sur « La crise de 1'habitat et les
dynamiques urbaines à Yaoundé ». mbouomsp@yahoo.com
Pierre MERCKLÉ est docteur en sociologie et agrégé
répétiteur à l'ENS Lettres et Sciences Humaines. Il est l'auteur
de La sociologie des réseaux sociaux (La Découverte, 2004).
Alain MILON est professeur des universités, à l'Université de
Paris X. Membre du GRASS, docteur en philosophie et en
sociologie, il travaille sur les questions urbaines depuis une
vingtaine d'années. Ce travail porte sur les expressions murales
illicites comme le tag et le graff et leurs implications dans la
construction de l'espace public. Il travaille également sur la
question du corps et sur l'art de la conversation. Vient de
paraître: La réalité virtuelle. Avec ou sans le corps, Paris,
Autrement, colI. « Le corps, plus que jamais », 2005.
milon@iresco.fr
16ère
Irina MOGLAN est doctorante en 1 année de thèse de
sémiologie à l'Université René Descartes - Paris 5, sous la
direction de Madame Anne-Marie Houdebine. Après une
maîtrise de lettres - spécialité langues étrangères à l'Université
A1.I.Cuza,Ia~i- en Roumanie, elle a effectué une maîtrise puis
un DEA de sciences du langage à l'Université René Descartes -
Paris 5. moglanirina@yahoo.com
Michel-Alexis MONTANÉ est docteur en science politique,
chercheur associé au CERVL - Pouvoir, Action publique,
Territoire, UMR 5116, et chargé de mission en collectivité
territoriale. Ses recherches portent sur la politique de la ville, le
leadership, les élections locales, la territorialisation des
politiques publiques. m.montane@sciencespobordeaux.fr
Ruth PÉREZ LOPEZ, née à Madrid (Espagne), études
d'anthropologie en France, actuellement chercheure boursière
au CEMCA de Mexico (Centre français d'Études Mexicaines et
Centre-américaines) et doctorante à Lille 1. Elle a collaboré
avec plusieurs ONG et participé à une recherche sur la sexualité
et le SIDA chez les enfants de la rue dans le cadre d'une enquête
menée par l'institution Casa Alianza (2001). En 2004, elle a
participé au colloque sur le commerce ambulant organisé à
Mexico et publié un article sur l'appropriation des espaces
publics par les jeunes de la rue (revue Ciudades).
ruthtzin@yahoo.fr
Juliette POIRSON a suivi un Magistère de Sociologie à
l'Université Paris V de 2001 à 2004. Elle a fait une étude en
maîtrise sur la situation psychosociale de sans-papiers africains
à Paris, puis cette étude, pour son DEA sur la perception de leur
quartier et la vie quotidienne de personnes âgées. Elle est
actuellement à Bamako au Mali, où elle travaille comme
volontaire dans le domaine socia1.juliettepoirson@hotmai1.com
17Benjamin PRADEL a soutenu en 2003 son mémoire de
troisième année intitulé «Une action plastique en milieu
urbain: le graffiti ou l'impossible reconnaissance» à l'Institut
d'Etudes Politiques de Grenoble, sous la direction de B.
Hofmann, au sein du séminaire « Habitat et société ». Diplômé
de la section « Politique et Economie Sociales» en 2004 il suit
actuellement le DEA «Mutations urbaines et gouvemances
tenitoriales» sous la direction de F. Ascher à l'Institut Français
d'Urbanisme tout en travaillant comme auxiliaire de vie
scolaire. benjamin.pradel@laposte.net
Hervé THOMASest docteur en sociologie, chercheur associé
au CERLIS et intervenant à l'Ecole d'Architecture de Paris La
Villette. Ses recherches sur l'espace public portent sur la
relation entre forme urbaine et forme sociale.
hl.thomas@wanadoo.fr
Marion VEYRETest étudiante à l'Université Lyon-2, et vient
de terminer un DEA de sociologie portant sur les processus
d'incorporation dans le cadre de la pratique de la danse.
Delphine VUATTOUX,titulaire d'une maîtrise de sociologie
concernant les pratiques de création cinématographique, est
étudiante du DESS Administration du spectacle vivant et de la
musique de l'Université d'Evry.
18INTRODUCTION GÉNÉRALE
Nicolas BOSSARD et Magdalena JARVIN
En sortant de chez moi ce matin, j'ai lu cette affiche
accrochée par le gardien de mon immeuble: «Je rappelle à
tous les cyclistes que la cour n'est pas un garage à vélos. Merci
de les mettre dans la rue avant que je le fasse moi-même. Le
gardien ». C'était là le dernier prétexte qu'il avait trouvé pour
s'affirmer un peu plus encore maître des lieux. Pourquoi le
gardien de mon immeuble serait-il plus à même que moi ou que
n'importe qui d'autre des résidants de décider des bons et
mauvais usages des parties communes? J'hésitais un instant à
écrire sur cette même feuille un message du genre « Merci de
respecter les murs et de mettre les papiers à la poubelle ». Et
puis non. Ne pas entrer dans ce jeu de querelles, ignorer cette
prise de pouvoir personnelle sur un espace commun et ne pas
en user à mon tour.
Le beau temps m'avait décidé àfaire mon trajet quotidien à
pieds. Ressentir le sol bitumé plutôt qu'arpenter les couloirs
souterrains du métro. Aujourd'hui, je me sentais plein
d'affection envers mes concitadins, ce qui m'arrivait trop peu
souvent pour ne pas vouloir croiser leurs regards, observer
leurs comportements. Ce jour serait celui où je chercherai des
réponses aux questions que je me posais depuis quelque temps
déjà.
Pourquoi les rollers sont-ils interdits sur les trottoirs alors
que les poussettes y sont autorisées? Comment comprendre le
retard, voire la négligence, de nombreuses villes en matière
d'aménagement urbain vis-à-vis des personnes handicapées?
Les affiches sauvages - qui ont une durée de vie
généralement plus longue sur les gouttières des immeubles
qu'ailleurs - seraient-elles interdites parce qu'elles échappent
à la sphère économique? Après tout, quelle différence de
pollution visuelle entre une affiche sauvage et une affiche
publicitaire, si ce n'est que l'une obtient sa légalité en payant
son emplacement... Quid des graffs et des tags qui sont tantsujets à polémiques? A partir de quels critères du linge
suspendu en façade gênerait-il plus qu'un pot de géraniums qui
débordent d'une fenêtre? Que dire encore des vélos contraints
parfois, à défaut d'emplacements, à s'entasser autour d'un
unique réverbère?
Le souci de liberté de circuler sur les trottoirs a par ailleurs
accouché d'une loi imposant un métrage précis au débordement
des terrasses de cafés et de restaurants. Et qui pour dire à la
dame que son sac, son chien ou elle-même... dépassent? Et qui
saura me dire à partir de combien d'amis réunis pour un pique-
nique dans le square d'en bas dois-je demander une
autorisation préfectorale? Les temps sont durs pour se fixer
rendez-vous dans la rue. Surtout en centre-ville surprotégé,
sursurveillé, suraseptisé de tout ce qui pourrait nuire à son
image de carte postale. « Circulez, y 'a rien à voir! »...
Ma ville est celle de tous ceux qui l 'habitent, petits et
grands, pauvres et riches, de toutes les couleurs et de tous les
milieux, de tous les arts et de toutes les confessions, de tous les
handicaps et de toutes les mobilités. Idéaliste peut-être, je rêve
pour elle d'une entente parfaite entre ses habitants qui rendrait
nulles et non avenues des lois qui - parfois absurdes - la
régissent. C'est notre ville parce que nous l 'habitons, c'est ma
ville parce que je la pratique.
******
20La ville: une structure avec des espaces interstitiels
« Espace public» étant une notion aux définitions multiples,
nous avons choisi de l'entendre comme «espace à l'usage de
tous ». Les rues et monuments, les parcs et jardins, les
transports en commun et autres gares sont la propriété
d'instances diverses; mais ce n'est pas tant l'identification de
ces propriétaires qui nous intéresse ici que ces espaces puissent
être fréquentables par l'ensemble de la population.
Ce travail collectif se consacre à l'espace public dans sa
forme urbaine. Dans la perspective des sciences humaines et
sociales retenue ici, le cadre physique s'appréhende comme
espace social1. La ville est un espace de cohabitation, de
coexistence, de coprésence ponctuelle ou prolongée entre
étrangers. A l'usage de tous, elle devient le point de rencontres,
d'interactions et d'oppositions de personnes aux trajectoires
individuelles, sociales et culturelles distinctes. Bref, «la ville
est un milieu humain dans lequel des inconnus se
rencontrent »2. L'utilisation qui en est faite est empreinte de
règles et normes collectives, mais est également définie de
manière individuelle. C'est ainsi que la ville en tant
qu' « espace» - ouvert à tous et n'appartenant a priori à
personne - se transforme peu à peu en « lieu» - c'est-à-dire en
un espace vécu, reconnaissable et familier. Chacun a sa propre
histoire avec et dans la ville; elle est le support d'une infmité
de souvenirs, de vies, d'expressions, de ressentis. L'espace de la
ville devient un lieu de vie, de passage, d'expérience, de
consommation, de travail4.
La ville se révèle alors comme un champ de forces; tant de
trajectoires individuelles et sociales qui se croisent, tant de
perceptions distinctes qui se confrontent en son sein. Ces
différences de points de vue et de vécus s'expriment autant en
1Henri Lefèbvre, Droit à la ville, Paris, Anthropos, 1968.
2Richard Sennett, Les tyrannies de l'intimité, Paris, Seuil, 1979, p. 42.
3Michel de Certeau, Luce Giard, Pierre Mayol, L'invention du quotidien. Arts
defaire, Paris, Folio « Essais », 1990.
4
Marc Augé, Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité,
Paris, Seuil, 1992.relation avec les institutions régulatrices qu'avec les autres
usagers de la ville. « L'espace dit public est donc l'espace
d'une société légitime, dominante, mais, inscrit dans une
société démocratique, il est aussi utilisé, par les groupes
marginaux, comme lieu de mise en évidence de leur exclusion,
en même temps que lieu de survie économique »5. Et pour
assurer la cohésion sociale et la pérennisation du système,
l'ordre s'impose. La ville comme champ de forces devient
désormais champ de pouvoir avec des acteurs et des règles, du
respect relatif et des infractions explicites, de la tolérance et de
la sanction. Mais 1984 étant une fiction, la structure qui veille
au maintien de l'ordre présente des failles dans lesquelles les
individus trouvent l'occasion de s'exprimer en parallèle au
règlement normatif: « Il y a, au sein même des intentions
avouées et décrites, des fissures, des interstices, des délires:
une piste pour que s'installe une pratique déstructurante, un
mouvement amorcé vers le bougé du plan »6. Nous ne
considérons pas ce qui s'y passe comme étant à la marge, mais
bien au contraire, au centre du système; la ville a un pouvoir
englobant, réunissant les différences en les faisant coexister de
manière plus ou moins pacifique. Ces espaces interstitiels, ayant
« une dimension non formalisée mais structurante »7, incarnent
en quelque sorte la possibilité laissée à chacun d'exprimer son
individualité et c'est ce qui donne une âme à la ville: « La
personnification de la ville n'est possible que parce qu'elle-
même symbolise la multiplicité des êtres qui y vivent et la font
vivre »8.
Les espaces interstitiels: des lieux d'appropriations et
de détournements possibles
5Daniel Pinson, « Fès et Aix, contact et spectacle ou les conditions culturelles
de la forme et de la pratique des espaces publics », L'espace public dans la
ville méditerranéenne. Actes du colloque de Montpellier 14-15-16 mars 1996,
Montpellier, Éditions de l'Espérou, 1997, pp. 231-245.
6 Anne Cauquelin, La ville la nuit, Paris, PUF, coll. «La politique éclatée »,
1977, p. 71.
7 Hughes Bazin, «L'art d'intervenir dans l'espace public », Territoire, n0457,
2005.
8 Marc Augé, L'impossible voyage. Le tourisme et ses images, Paris, Payot,
Rivages poches, colI. « Petite bibliothèque », 1997, p. 157.
22Le contenu des espaces interstitiels constitue le point de
départ de ce travail collectif. Nous proposons de les concevoir
comme ce qui permet aux simples résidants et passants de
devenir des acteurs de la ville, ce qui appelle un certain nombre
d'interrogations: dans quelles sphères de la vie sociale
trouvons-nous ces brèches? Qui les occupent? De quelles
manières ces pratiques sont-elles reçues par le public? Nous les
désignerons comme étant des gestes d'appropriation et de
détournement, avec la différence suivante:
- l'appropriation: l'acte de faire sien par l'attribution d'un
sens;
-le détournement: l'acte de modifier un sens déjà attribué.
Ces actions, tant physiques que symboliques, peuvent se
réaliser par un ou plusieurs individus, simultanément ou de
manière successive. Le produit de ces gestes a une durée, une
visibilité et une efficacité variables. Leur réception peut être
favorable ou défavorable, immédiate ou temporisée. L'initiative
peut être intégrée, acceptée ou appeler une réaction, tant de la
part des autorités que des autres usagers; selon les contextes et
les acteurs, les motivations à réagir et les formes de réaction ne
sont pas les mêmes.
L'ambiguïté de ces pratiques réside dans la définition des
limites, dans l'établissement de frontières qu'elles suscitent:
qu'est-ce qui rend un comportement acceptable? Qui en décide
et selon quels critères? Notre réflexion évolue ainsi vers la
question suivante: de l'appropriation et du détournement, qui
(ou comment se) fait l'espace public urbain?
A un niveau global, nous pourrions penser que la régulation
se comprend par des facteurs organisationnels: assurer le
maintien de l'ordre pour éviter la remise en question du système
et garantir sa pérennisation (tant au niveau politique, que social
ou économique). A un niveau plus individuel, nous pourrions
penser que c'est le respect de l'anonymat et du principe
d'inattention polie9 qui assure la cohabitation pacifique. Mais
9 Erving Goffman, La mise en scène de la vie quotidienne. Les relations en
public, Paris, Editions de Minuit, 1973.
23les travaux ici présentés montrent que les limites de ce qui est
accepté - de même que les décideurs - ne sont pas toujours
celles que l'on croit. Nous découvrons ainsi l'existence de
« bonnes» et «mauvaises» pratiques, définies tant par les
institutions que par les particuliers, mais pas selon des critères
intuitifs. Pourquoi, par exemple, accepte-t-on les hommes-
statues devant un grand musée, alors qu'on fait circuler les
mendiants installés aux mêmes endroits? Pourquoi laisse-t-on
pratiquer le roller sur l'esplanade du Trocadéro en face de la
Tour Eiffel, alors qu'il est officiellement interdit sur les trottoirs
de Paris? Les variables prises en compte dans les délimitations
des usages de la ville ne sont donc pas toujours celles qui
s'affichent comme légitimes.
La confrontation de ces articles traduit par ailleurs le
caractère transculturel de cette ambiguïté des définitions. Ces
travaux empiriques menés dans des grandes villes de trois
continents (Europe, Afrique, Amérique) mettent en avant une
similitude dans les tolérances et gestions des appropriations et
détournements de l'espace urbain. Les définitions du «bon» et
« mauvais» usage et usager sont proches, de même que les
composantes des intérêts collectif et individuel. La «culture
urbaine» dépasserait ainsi la singularité nationale.
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Nous avons choisi de présenter les travaux par un «effet
entonnoir », en partant d'une vision large de la ville pour arriver
à l'observation de pratiques particulières. Une première grande
partie s'intéressera aux législations qui encadrent l'occupation
de l'espace. La seconde portera plus spécifiquement sur les
actions et interactions individuelles dans les lieux de vie
quotidiens.
Dans un premier temps, notre regard portera sur la gestion
des flux populationnels à travers la mise en place de
réglementations plus ou moins explicites, assurées par des
représentants de l'autorité légitime. Dans les métropoles
« occidentales », les politiques publiques veillent
24particulièrement à une mobilité organisée des foules. Celle-ci se
traduit par exemple par l'instauration de voies de circulation
spécifiques aux différents usagers; cyclistes, piétons et rollers
le long de la côte bordant Los Angeles bénéficient chacun
d'aménagements particuliers (A. Gloor). Ici comme à Tunis
« l'espace public ferait-il peur aux dirigeants? ». Les pouvoirs
publics, prenant compte du plus grand nombre, cherchent
désormais à le maîtriser par une organisation conséquente (P-A
Barthel). La gestion des activités marchandes n'échappe pas
non plus à cette volonté d'encadrement, ce qui se reflète dans la
définition implicite des «bons» et «mauvais» clients et
commerçants, comme au Forum des Halles à Paris (H. Thomas)
ou dans les rues de Constantine (L. Makhloufi). Plus qu'un lieu
de passage et de consommation, les rues de la ville peuvent
également devenir des lieux d'habitation. Cet investissement de
l'espace va à l'encontre de la norme de mobilité. Même si,
lorsqu'il donne lieu à des échanges avec les riverains et les
représentants de l'ordre, il est mieux accepté que quand il se fait
en silence par des sans-abri parisiens (E. Gardella & E. Le
Méner) ou de manière visible et durable par les enfants des rues
à Mexico (R. Pérez Lopez).
Mais les instances régulatrices peuvent également proposer
des formes de détournement de l'espace public, en invitant les
passants à changer de regard sur leur environnement quotidien.
La vie d'une ville peut ainsi être ponctuée par une rencontre
sportive comme dans le cas footballistique de Manchester (C.
Boli), artistique et culturelle comme dans celui du Défilé de la
Biennale de danse de Lyon (C. Détrez, P. Mercklé, M. Veyret
& D. Vuattoux), ou avec l'éclairage nocturne de certains
bâtiments officiels (P. Auboiron). Une autre manière de
redéfinir un espace public serait d'en changer son appellation,
comme c'est le cas avec tel square parisien (C. Langlais), ou
d'en modifier son essence, à l'instar de la Maison du Peuple à
Bucarest (I. Moglan). TIs'agira alors de voir comment, à partir
d'un signifiant, on peut changer de signifié.
Mais le changement de regard porté sur l'espace quotidien
peut également résulter d'initiatives individuelles. L'accueil
réservé à certaines formes d'expression de soi est tantôt positif,
25les passants reconnaissant les qualités artistiques de l' œuvre,
tantôt négatif, les observateurs jugeant la pratique comme une
atteinte au caractère public et supposé inappropriable de
l'espace. Des « surligneurs de la ville» de la région parisienne
en témoignent (A. Milon). D'autres démarches ont une visée
accompagnatrice, incitant les citadins à « contempler»
différemment des paysages strasbourgeois devenus pour eux
trop familiers (A.-C. Bronner & C. Gier). Alors que certaines
entreprises sont jugées nocives à l'environnement visuel et
réprimées en conséquence, d'autres, artistiquement reconnues,
sont invitées à être exposées dans des galeries, en l'occurrence
grenobloises (B. Pradel).
De lieu d'expression publique à lieu d'habitation, la sphère
domestique peut aller au-delà de ses délimitations habituelles,
notamment lorsque des riverains sortent une partie de leur
mobilier pour organiser un repas de rue, comme il s'en fait à
Nice (S. Berthon). D'autres de ces pratiques, conduisant des
riverains à interagir, peuvent aboutir à un conflit. La pratique du
skateboard, dans un quartier de Tours, en constitue un bon
exemple (M. Dumont). Ainsi, le quartier devient une scène
potentielle sur laquelle ses habitants endossent des rôles,
s'observent et s'exposent. L'expression «locale» de soi
répondrait au désir d'affirmer son identité de résidant, tout en
comblant la peur de se voir dépossédé de son environnement
immédiat, comme le montre l'étude sur des personnes âgées
vivant dans le XIXe arrondissement de Paris (J. Poirson). Ce
comportement trouve son paroxysme dans la volonté qu'ont
certains gardiens-concierges, dans l'exercice de leurs fonctions,
à se montrer comme maîtres des lieux (H. MarchaI). Une fois
sorties du quartier et de ses éventuels jeux de pouvoir, les
interactions s'effectuent sur la base d'une inattention polie,
néanmoins sujette à des évolutions normatives, respectueuse
d'un savoir-vivre-ensemble, comme le montre l'expansion du
téléphone mobile (G. Gaglio). Toutefois, s'en remettre à cette
supposée auto-régulation peut entraver les usages et contraindre
les usagers de la ville. Les trottoirs, comme ceux de Yaoundé,
peuvent ainsi être soumis à la loi du plus fort (P.
Mbouombouo). Face au désordre apparent, les citadins peuvent
se mobiliser en souhaitant une régulation des flux. Les abords
26de collèges en périphérie parisienne, entre autres, sont l'objet
d'un tel enjeu (S. Dessajan). Et lorsqu'une volonté
d'encadrement atteint un niveau institutionnel, c'est finalement
bien la preuve que des pratiques - dans ce cas juvéniles et
sportives - au départ informelles voire transgressives ont fini
par être reconnues (C. Arpaillange, C. Darlon & M.-A.
Montané).
Des illustrations commentées en lien avec les
travaux présentés ici sont consultables sur le site
Internet de la revue Consommations et Sociétés:
http://www.consommations-societes.net
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