Camerone, 30 avril 1863

De
Publié par

Camerone ! Ce nom évoque la campagne du Mexique, mais aussi et surtout la légion étrangère. Or, par quel cheminement cet épisode d’un conflit de près de cinq ans s’est-il transformé, de combat héroïque et désespéré, en modèle contemporain de sacrifice du soldat ? Janvier 1862, Napoléon III décide de l’envoi d’un corps expéditionnaire au Mexique et déclenche une guerre qui durera jusqu’en 1867. Mais, face à la résistance farouche et inattendue des Mexicains, l’aventure tourne au désastre.
Le jeudi 30 avril 1863, vers 18 heures s’achève à Camerone le combat sans espoir qui oppose une soixantaine de légionnaires de la 3e compagnie du Régiment étranger à des milliers de cavaliers et de fantassins mexicains. Les 60 hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment : pendant 11 heures, ils ont résisté à 2 000 ennemis, en ont tué 300 et blessé autant.
Quintessence de l’âme militaire et de l’esprit de corps, ce glorieux fait d’armes, dont on commémore le cent cinquantenaire, est une victoire morale des soldats qui résistèrent jusqu’à l’épuisement à un adversaire supérieur en nombre. La légende de Camerone est en marche. Elle occupe, depuis lors, la première place dans les traditions de la légion étrangère.
Publié le : jeudi 8 novembre 2012
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791021000339
Nombre de pages : 192
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
couverture
ANDRÉ-PAUL COMOR

CAMERONE

30 avril 1863

TALLANDIER

AVANT-PROPOS

Camerone ! Ce nom évoque immédiatement la campagne du Mexique, oubliée des Français depuis la fin tragique de l’empereur Maximilien. Camerone, certes – mais la Légion étrangère, aussi et surtout. Par quel cheminement cet épisode secondaire d’un conflit qui a duré près de cinq ans (1862-1867) s’est-il transformé, de combat héroïque et désespéré, en modèle contemporain de sacrifice du soldat ?

 

Le combat de Camerone occupe une place si singulière dans l’« histoire bataille » que les historiens ont longtemps hésité avant de s’emparer du sujet. En effet, le lent travail de la mémoire a si profondément modifié cet épisode d’une guerre oubliée des Français, que son caractère particulier et sa portée réelle avaient été perdus de vue jusqu’au milieu du XXe siècle. Il a fallu deux célébrations, le centenaire de Camerone en 1963 et le cent cinquantenaire de la création de la Légion étrangère en 1981, pour que Jean Brunon et Pierre Sergent, en publiant les deux premiers ouvrages consacrés à l’affrontement, contribuent à faire enfin connaître dans le grand public le sacrifice des soldats du Régiment étranger, le 30 avril 1863. Pendant des décennies, en effet, le combat inégal et la résistance des soldats de la 3e compagnie du Régiment étranger sont restés confidentiels au sein de l’armée française d’abord et de la Légion ensuite.

 

Depuis, l’historiographie s’est enrichie au point que le temps est venu de proposer une version plus complète de la journée marquée par ce haut fait d’armes. Comme la célébration du combat donne lieu chaque année à des cérémonies mémorielles dont la portée dépasse les seuls régiments de la Légion étrangère, sa dimension symbolique ne peut plus être négligée. Ainsi, en 1963, au cours de la cérémonie de baptême de la promotion « Centenaire de Camerone » de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr Coëtquidan qu’il avait commandée de 1954 à 1956, l’ancien chef d’état-major des armées et ancien commandant du GALE (Groupement autonome de la Légion étrangère), le général Jean Olié, a largement évoqué le « serment » de Camerone prononcé par les hommes du capitaine Danjou. L’histoire a alors cédé la place à la mémoire pieusement entretenue depuis par la Légion étrangère.

 

Cependant, même si l’événement est maintenant élevé au rang de mythe1, la rigueur historique reprend ses droits dans ce livre qui cherche à établir les faits, à scruter des hommes au feu de l’action, à donner – ou à rappeler – le sens de leur sacrifice consenti.

1- . Après le cinéma qui s’était emparé du sujet dans les années trente, la télévision a pris le relais avec un succès à l’échelle planétaire, qui ne se dément pas.

Retrouvez tous nos ouvrages

sur www.tallandier.com

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.