Choix technologiques et systèmes alimentaires

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La controverse sur les technologies a fait rebondir ces dernières année le débat sur les modèles de développement. Dans quelle mesure les pays du Tiers-Monde peuvent-ils acquérir une plus grande autonomie ? Quel type de technologie privilégier ? Pour quels objectifs ? Accroître le rapport capital-produit ? Satisfaire les besoins essentiels ? Le débat sur la fin et les moyens n'est pas prêt d'être clos et l'expérience déjà acquise offre un champ d'observation privilégié. Ce livre sur le système alimentaire marocain est assurément à verser au dossier. Son auteur montre comment les choix technologiques dans l'agro-alimentaire orientent en amont les structures de production, comment ils renforcent l'extraversion et la dépendance alimentaire au Maroc. La thèse est classique. L'originalité de cette contribution provient de la façon dont l'analyse est conduite : l'économie alimentaire est traitée en termes de filière comme un système global. Un large éventail d'informations disparates et éparses est ici réuni et présenté avec clarté et rigueur. Elles sont complétées par les données inédites provenant d'une enquête sur deux entreprises agro-alimentaires marocaines. Ce livre est accessible à un public non économiste et intéressera tous ceux qui s'interrogent sur les choix fondamentaux du développement.
Publié le : lundi 1 janvier 0001
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EAN13 : 9782296386792
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CHOIX TECHNOLOGIQUES
ET SYSTÈME ALIMENTAIRE Le cas du Maroc

BIBLIOTHÈQUE

DU DÉVELOPPEMENT

Collection dirigée par Elsa Assidon

et
Pierre Jacquemot

Taj Kacem

CHOIX TECHNOLOGIQUES ET SYSTÈME ALIMENTAIRE
Le cas du Maroc
Préface de Jean-Claude Fritz

Éditions L'Harmattan 7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris

@ L'Harmattan, 1987 ISBN, 2-85802-780-3

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ABRÉVIATIONS ET SIGLES ALD. A.P.D. B.E.P.I. B.N.D.E. C.E.E. C.N.D.T. LD.A LN.D.T.S.A O.C.E. O.D.I. O.C.P. O.N.I. O.P.E.P. O.R.M.V.A S.E.T.LM. S.T.I. S.O.N.AC.O.S.
Agency for international development. Aide publique au dévelopement. Bureau d'études et de participation industrielle Banque nationale du développement économique. Communauté économique européenne. Conseil national de développement technologique. Association internationale de développement. Institut national de développement technologique du système alimentaire. Office de commercialisation et d'exportation. Office de développement industriel. Office chérifien des phosphates. Office national d'irrigation. Organisation des pays exportateurs de pétrole. Offices régionaux de mise en valeur agricole. Société d'études industrielles marocaines. Sous-traitance internationale Société nationale de commercialisation des semences.

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Préface

Le livre de M. Taj Kacem représente une contribution importante à l'étude de différents domaines: ceux qui réfléchissent à l'évolution de la société marocaine, mais aussi ceux qui travaillent dans un autre champ géographique sur les politiques technologiques, sur les systèmes alimentaires, et plus largement sur les problèmes de développement, doivent le lire et le méditer. Cet important travail), dont j'ai eu le privilège de pouvoir suivre la progression, s'adresse en effet à un large public non seulement par le caractère fondamental des questions qu'il aborde, mais aussi par la manière de les analyser. M. Taj Kacem a choisi une approche concrète et théorique à la fois, où la richesse d'informations s'allie à la rigueur conceptuelle et à-la réflexion dans un équilibre remarquable, Il a en outre le grand mérite d'avoir utilisé une méthode d'approche globale du sujet, appuyée sur une recherche pluridisciplinaire (science politique, sociologie, économie, droit, histoire, etc.) qui permet d'avoir une compréhension bien meilleure des questions abordées, tout en fournissant de nombreuses pistes d'étude à des spécialistes d'origine différente. Pour éviter l'écueil des généralités trop vagues ou trop abstraites, il a choisi de façon pertinente un «analyseur» de la société marocaine, la technologie, et un champ d'application particulier, le système alimentaire: cette démarche lui permet dans un domaine précis de présenter un bilan de l'évolution récente et
1. Cet ouvrage a comme point de départ une thèse de Doctorat d'Etat brillamment soutenue à l'Université de Dijon, primée par la Faculté de Droit et de Science politique. 9

de proposer des perspectives d'avenir pour résoudre les principaux problèmes analysés. Ne pouvant rendre justice à l'ensemble de l'ouvrage, du fait de sa richesse, je concentrerai mes réflexions sur l'un des principaux points, la place de la technologie. Par son utilisation de l'outil d'analyse « technologie» pour l'étude des problèmes de développement, ce livre présente une grande originalité et constitue un apport fondamental. En effet pendant assez longtemps, depuis la fin de la décennie 1960, la technologie est apparue dans l'agenda des organisations internationales concernées par les problèmes de développement principalement sous la formulation du « transfert de technologie ». Or cette expression, mal définie ou chargée de significations variées voire contradictoires, a donné naissance à ce qu'on pouvait appeler un véritable « mythe» dans les relations internationales. Si le sens du mot « transfert» n'était généralement pas précisé, les incertitudes étaient encore plus grandes sur la notion de technologie (le mot étant lui-même souvent utilisé comme synonyme discutable de « techniques»). Implicitement dans les textes et les discours on voyait bien se dégager deux conceptions différentes, l'une mettant l'accent sur la « technologie-connaissances» et l'autre sur la « technologie-équipements» ; cela n'empêchait pas un discours « unanimiste» sur la nécessité et les bienfaits du «transfert de technologie », mais le passage à la pratique révélait bien les conflits latents 2. Il semble bien que la «technologie », pendant une décennie du moins, ait été un des aspects essentiels des relations économiques internationales, en particulier après la première crise pétrolière de 1973-1974. Confrontés à un discours nationaliste des pays en développement, ayant (provisoirement au moins) perdu le monopole des ressources

2. Un certain nombre de chercheurs ont commencé assez tôt à formuler les problèmes importants du « transfert de technologie », dans le travail pour des organisations internationales (par exemple: P.F. Gonod, S. Patel, A.S. Bhalla et autres) ou dans la réflexion d'équipes universitaires comme celles du Sussex (avec Ch. Cooper et F. Stewart notamment) en GrandeBretagne, ou celle de Grenoble (avec P. Judet, J. Perrin et autres) en France. Un important effort de recherches était fait simultanément dans le Tiers-Monde (Amérique Latine surtout, mais aussi Asie et certains pays d'Afrique) mais malheureusement ses résultats étaient parfois mal diffusés.

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financières, les pays occidentaux et les grandes firmes transnationales ont vite réalisé que la technologie constituait une justification de choix pour le maintien et l'expansion des relations économiques internationales, et aussi un domaine dans lequel leur situation restait fortement prédominante. « Transférer la technologie », c'était d'abord se mettre sous le couvert de la Science et de la Technique, avec leur image positive de contribution au progrès de l'humanité, d'instruments au service du développement et de neutralité politique proclamée; c'était ensuite utiliser l'ambiguïté et le flou du phénomène pour renforcer les échanges puisque le « transfert de technologie », semblant être à la fois partout et nulle part dans les relations économiques, peut prendre suivant les conceptions des formes très variées: investissement direct, commerce de marchandises ou de service, transactions portant sur la propriété industrielle, actions de formation et d'assistance technique, etc. On peut dire qu'il sert tantôt de support, tantôt de substitut à toute une série d'échanges internationaux dont il constitue d'une certaine manière le fondement et parfois même la légitimité, comme on a pu le remarquer pour certains pays qui limitaient le rôle du commerce extérieur ou la place des firmes transnationales chez eux mais qui introduisaient volontiers un régime plus favorable d'exceptions et de dérogations pour récompenser un éventuel «apport technologique» 3. Certes, la conjoncture récente a conduit parfois à remettre au premier plan la dépendance financière, du fait de la crise mondiale de l'endettement et aussi de certains changements politiques dans le Tiers-Monde. Mais l'élément technologique est toujours présent et on sait qu'il tient une place considÇtable dans la crise financière: coût de la technologie importée, inadaptation de certains choix techniques conduisant à l'inefficacité ou au gaspillage, etc. Sur ce thème, le livre de M. Taj Kacem apporte un approfondissement utile, démontrant bien que la technologie s'insère dans tout un réseau de relations et que les problèmes technologiques ne peuvent pas être de ce fait dissociés, séparés des problèmes économiques et sociaux, dans une logique de développement; on perçoit bien l'imbrication des différentes

3. On a trouvé des situations de ce genre à diverses périodes pendant la période récente dans certains pays d'Amérique Latine, mais aussi en Asie . (par exemple: Inde, Singapour, Malaisie, Chine). .

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formes de dépendance financière, commerciale (à l'importation ou à l'exportation) et technologique et plus globalement leurs liens avec les relations politiques et culturelles tissées dans l'histoire. Si d'un cas à l'autre la situation diffère quelque peu - les choix technologiques étant dictés par les marchés d'exportation dans le domaine des agrumes ou par les sources de financement dans celui du sucre - il n'en reste pas moins vrai qu'à un niveau plus général on retrouve souvent le même phénomène de l'extraversion. Pourtant M. Taj Kacem révèle par son analyse détaillée du système alimentaire que coexistent plusieurs systèmes de production à l'heure actuelle selon les filières envisagées, qu'il existe une série d'alternatives: les discussions sur les modalités de transfert ou d'acquisition de la technologie ne doivent pas cacher que le problème essentiel reste celui du choix de la technologie, avec son « contenu », ses caractéristiques. La technologie fait partie d'une dynamique plus globale, elle n'est pas «neutre» socialement: le choix de la technologie est partie prenante du choix d'une logique de développement. L'étude nous conduit donc à sortir d'une vision trop simple du « transfert de technologie» comme instrument de développement et à prendre conscience de la nécessité de l'insérer dans une véritable politique technologique, où l'apport international prend sa place, mais en fonction des objectifs et des moyens qui ont été retenus dans l'élaboration d'une stratégie nationale de développement. A défaut de perspective globale, comme M. Taj Kacem le démontre bien, la logique dans laquelle on rentre est décidée de l'extérieur et cette extraversion a non seulement comme conséquence naturelle de réduire l'indépendance du pays, mais aussi dans le cas du système alimentaire marocain de menacer sa croissance et d'aggraver les inégalités sociales. Le potentiel créateur du monde paysan, dont l'ingéniosité et la compétence technologiques apparaissent clairement à différents moments de cette étude, offre une série d'alternatives pour le développement du système alimentaire marocain: leur exploration systématique en vue d'effectuer le choix le plus judicieux nécessite la participation effective de ce monde rural à l'élaboration et à l'application de la politique de développement.
Jean-Claude Fritz Centre d'Etudes et de Recherches politiques (CERPO) Université de Bourgogne - Dijon

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INTRODUCTION

L'idée d'une étude centrée sur la place de la technologie dans le fonctionnement du système alimentaire marocain provient de la constatation d'une méconnaissance relative, au niveau national, de l'importance de l'élément technologique aussi bien dans les relations économiques internationales que dans le développement économique et social proprement dit. Cette méconnaissance s'explique, en partie, par le fait qu'il y a encore vingt ans, les législations relatives aux investissements directs dans les pays périphériques mettaient l'accent, d'une façon quasi exclusive, sur les apports en capitaux et les problèmes financiers qui leur sont liés. L'idée dominante était que seule une masse importante de capitaux pouvait permettre une croissance économique soutenue, nécessaire au décollage des économies périphériques. De nos jours, les comportements ont changé; certains de ces pays se sont rendu compte de l'échec relatif de leur politique de développement et du fait que cette situation est liée, en partie, à leur incapacité de maîtriser le fonctionnement des technologies achetées. Car plusieurs pays, pétroliers notamment, disposent de sommes importantes pour l'acquisition des procédés techniques, des machines et des complexes industriels, mais sont incapables d'assurer eux-mêmes leur fonctionnement, leurs réparations et encore moins leur reproduction en fonction de leurs ressources propres ou de leurs besoins en matière de développement. Au Maroc, la quasi totalité des mesures prises dernièrement dans le cadre du nouveau code des investissements sont relatives aux encouragements financiers nécessaires à la réalisation d'un investissement donné, c'est-à-dire à l'acquisition des machines et des éléments indispensables au fonction13

nement de l'unité en question. Tout porte à croire que la technologie est considérée comme cette partie visible de l'industrie (machines, ingénieurs, tracteurs, etc.) que l'on peut acquérir « à coups de dollars» et qu'il suffit d'en acheter des quantités importantes pour que le développement économique se fasse de lui-même 1. Certes, la technologie reste l'un des concepts complexes les moins identifiés. Plusieurs définitions ont été proposées; elles sont différentes selon qu'il s'agit du point de vue du technicien, de l'économiste, du juriste, du vendeur ou de l'acheteur des techniques. Dans l'approche traditionnelle, la technologie est conçue comme un ensemble de techniques ou commt:: la science de la technique 2. Une telle conception ne permet pas de mettre en relief les relations complexes que l.a technologie entretient avec, d'un côté, la science et, de l'autre, l'industrie et l'économie dans son ensemble. De nos jours, le mot technologie est employé pour désigner, dans certains cas, autre chose que les techniques au sens strict du terme. Deux groupes de définitions peuvent être distinguées: certaines définitions ne tiennent compte, par analogie à l'industrie de l'informatique, que de l'aspect « software» ou de l'immatériel », c'est-à-dire des connaissances, du savoir-faire, de l'enseignement, de l'expérience et des diverses formes d'organisation 3. D'autres définitions considèrent cette notion dans un s~ns beaucoup plus large, en tenant. compte, en outre, de ce que l'on pourrait appeler le « hardware », c'est-à-dire de tout ce qui a un caractère matériel comme les machines, les produits ou l'infrastructure économique et socio-culturelle. Dans ce sens, «la technologie combine équipements et savoir. L'équipement comprend tous les types d'instruments, les véhicules, les machines, les locaux et tout ce que l'on appelle la technologie du procédé. Le savùir technologique englobe toutes sortes de compétences (y compris gestion,

P. Judet et J. Perrin «Problématique économique» in Transfert de technologie et développement, Librairies techniques, Paris, 1977. 2. Cf notamment à M. Lahbabi, Technologie et dévelo[fpement, éd. Maghrébines, Casablanca, 1971, p.2. 3. Cf. A. Tiano, Transfert de technologies industrielles, Economica, 1981, p.5.

. 1. Sur la critique

des techniques

comme marchandises,

d. notamment

à

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financement et commercialisation), le savoir au niveau du procédé et du produit, le savoir au niveau des institutions et de l'organisation, et l'information sur l'équipement et le savoir (y

compris l'information sur l'information)>>4. qui servira de base à nos analysesultérieures 5 même si elle a
l'inconvénient de placer sur le même plan équipements et savon. La méconnaissance relative de l'importance de l'élément technologique dans le processus de développement peut également résulter du fait que les diverses composantes d'une branche ou d'un secteur donné sont considérées ou analysées d'une manière séparée. Dans le domaine alimentaire, par exemple, les analyses se font souvent en termes de produits (nombre, volume, prix, consommation, exportations) ou d'industrie (nombre, production, emplois, etc.), et non en termes de système ou de filières qui font IiPparaître un ensemble d'éléments en interaction dynamique, chaque élément n'étant et ne devenant ce qu'il est qu'à travers ses rapports avec les autres. C'est cette analyse systématique qui va nous permettre de découvrir et de mettre en relief le rôle important de la technologie dans le fonctiqnnement du système alimentaire marocain: dans sa logique interne (chap.4) et dans son orientation vers le marché mondial aussi bien sur le plan de la production (chap.5) qu'au niveau financier (chap.3) et commercial (chap.2). Dans un pays comme le Maroc où il n'existe pratiquement pas de politique autonome et délibérée en matière de développement technologique au niveau national, et encore moins au niveau du système alimentaire, une telle r~cherche ne peut prendre sa pleine signification et saisir les phénomènes socio-économiques que dans la pluridisciplinarité et dans une combinaison entre une approche
4. C.N.V.C.E.D., « Planification de la transformation technologique des pays en développement, TD/B/D.6/50, New York, 1982, p. 24. 5. Dans le cadre de ce travail, les concepts de technologie et de technique, ainsi que leurs composantes, seront utilisés dans leur sens le plus large et le mot « technique» sera employé aussi souvent que le mot « technologie », les praticiens ayant contribué à entretenir une certaine confusion entre les deux termes. * La sucrerie « Zemamra » a été mise en fonctionnement au cours de l'année 1982 (32000 t.), 1983 (53000 t.), 1984 (52000 t.). Source: Données agricoles, ministère de l'Agriculture et de la réforme agraire, Rabat, 1985.

C'est, en ce qui nous concerne, cette dernière définition

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macro-économique, ayant un champ d'investigation étendu aux quantités globales, et une analyse micro-économique s'intéressant principalement aux comportements des agents économiques individuels (ménages, entreprises, etc.). C'est dans ce sens que les différentes données de deux projets d'investissement de la sucrerie «Zemamra» *, qui représente à la fois les filières alimentaires de produits de première nécessité et les industries créées dans le cadre de la politique de substitution aux importations et, d'autre part, du projet d'investissement de la société «Lyprocaf »J qui représente, dans une certaine mesure, les filières alimentaires exportatrices.

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1. TABLEAU GÉNÉRAL DU FONCTIONNEMENT DU SYSTÈME ALIMENTAIRE MAROCAIN

Il y a un siècle et demi, l'agriculteur ne se limitait pas à la' culture et à l'élevage mais occupait plusieurs fonctions allant de la fabrication des instruments agricoles à la vente des produits alimentaires sur les marchés de consommation 6. L'exploitation agricole était donc relativement intégrée et les rapports avec l'extérieur faibles. De nos jours, il en est autrement; de plus en plus, avec l'urbanisation et la monétarisation de l'économie rurale notamment, ce ne sont plus les 80 % de la population qui nourrissent les 20 %; mais la tendance est à l'inverse et l'essentiel de l'activité de l'agriculteur se limite désormais à la culture et/ou à l'élevage. On a alors été amené à parler d'une nouvelle entité appelée agribusiness ou agro-capitalisme 7, qui englobe: « Toute production et distribution de fournitures pour les agriculteurs, les opérations de production agricole in situ ainsi que le stockage, la transformation et la distribution des denrées agricoles et des nourritures conditionnées»; éléments auxquels S. George ajoute la provision du crédit bancaire et la recherche agronomique 8.
6. Brossole, Les ensembles agro-industriels, LN.R.A., 1970. Cf. également à M. Cepede et M. Lengelle, L'économie de l'alimentation, P.U.F., Que sais-je ?, 1970. Sur l'évolution du modèle de production et de consommation marocain, cf. à M. Sbitri, Economie marocaine et modèles de consommation importés, thèse 3' cycle, Université des Sciences économiques et sociales de Lille, 1979. 7. Cf. David et Goldberg, A concept of agribusiness, Boston, 1975. 8. Définition de Goldberg, A. Ray, Citée par S. George, Les stratèges de la faim, éd. Grounauer, 1981, p. 25.

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