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Chopin, les filles et moi

De
198 pages
Ce roman raconte les tribulations d'une étudiante en province pendant les années soixante-dix. Après avoir découvert l'orgue par hasard au Conservatoire, la narratrice va se prendre de passion pour cet instrument, y exceller et jouer le répertoire de Bach. Dans le même temps, cette jeune homosexuelle multiplie les conquêtes. Après avoir passé le CAPES puis l'agrégation, elle enseigne la musique en collège mais continue d'interpréter Bach et de séduire, malgré de grandes déceptions amoureuses. Au début des années quatre-vingt, elle abandonnera l'orgue pour une toute autre passion...
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Marie-Véronique Gauthier
Chopin, les filleset moi Roman
Chopin, les filles et moi
C ,
Marie-Véronique Gauthier HOPIN LES FILLES ET MOI
1992.
1999.
Folies, Terra Cotta, 2012.
Du même auteur e Chanson, Sociabilité et grivoiserie au 19 siècle, Aubier, Le Cœur et le Corps. Du masculin dans les années soixante. Des hommes écrivent à Ménie Grégoire, Imago, Chopin, la Guerre et moi, Imago, 2000. Le Bonheur est dans la classe, Imago, 2001. Une Goy, la Shoah et les Juifs, Edilivre, 2014. Chopin, les Civils et moi, L’Harmattan, 2015. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10471-3 EAN : 9782343104713
INTRODUCTION
 Ce livre est le troisième d’une trilogie commencée avec 1 « Chopin, la Guerre et moi » et poursuivie avec « Chopin, 2 les Civils et moi » . Au début, il s’agit du journal intime d’une fillette, pensionnaire à la Maison d’Education de la Légion d’Honneur, un établissement destiné aux filles de militaires, en général d’anciens officiers ayant combattu aux côté des forces alliées lors de la Seconde Guerre mondiale. Le texte débute en 1964 et l’enfant relate sa vie exaltée par les joies et les peines de son existence recluse. En sixième, on dit alors « verte » à la LH (Légion 3 d’Honneur), elle va découvrir Frédéric Chopin au cours de ses leçons de piano. Dès lors, elle tombera éperdument amoureuse de l’homme et de l’œuvre et parlera sur un ton familier de « Frédéric » ou « mon Amour ». Dans le deuxième volet, le journal devient celui d’une lycéenne rendue à la vie civile à la suite des « Evénements » de mai 68. Sa passion demeure intacte et, à Frédéric Chopin, l’adolescente ajoute son idéal masculin contemporain et imaginaire, un noble polonais, « Franz von Szerinsky ». Dans « Chopin, les Filles et moi », le lecteur suivra la jeune fille désormais étudiante à partir de 1972, amenée à cultiver de toutes autres passions dans la belle ville de Tours…
1 Imago, 1999. 2 L’Harmattan, 2015. 3  Compositeur romantique de père français et de mère polonaise, 1810-1849.
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CHOPIN ET ÉLISABETH F.  Je suis très heureuse d’être arrivée à Tours. Cette ville est magique. D’abord, on n’a plus besoin de monter et descendre les rues comme à Limoges. Mais surtout elle est très belle avec sa cathédrale et ses quartiers médiévaux où je prends très vite l’habitude de me promener. A moi la vie d’étudiante dont j’ai tant rêvée ! Je roule d’abord avec mon Cady, ma mobylette pour fille, que j’ai rapportée d’Ussel. Le rouge foncé s’écaille par endroits alors je colle partout de la toile cirée à fleurs multicolores sur fond jaune. Bien sûr, on me le vole tout de suite, peut-être parce qu’il est trop voyant, alors ma mère me donne son vieux vélo que je repeins immédiatement en blanc. Re-vol. Cette fois, je m’achète un Solex d’occasion avec mon argent de poche. C’est très pratique pour se déplacer mais j’ai l’impression que le moteur va tomber sur les pavés et, très vite, je n’ai plus de lumière. Tant pis, il me rappelle mes équipées solitaires dans la campagne corrézienne, quand je m’imaginais voir Frédéric Chopin descendre de sa calèche. Maintenant que j’ai dix-huit ans, je réalise que je ne rencontrerai jamais un garçon qui ressemble à mon Amour, à mon Chopin que j’aime tant depuis que je suis toute petite et qui est toute ma vie. Et pourtant, je continue à le jouer en pleurant tellement ils sont beaux, lui et sa musique.  Mes parents m’ont inscrite au Foyer Saint Michel, un foyer de jeunes filles où les religieuses en civil nous laissent beaucoup de liberté. Par exemple, on a le droit de sortir le soir jusqu’à vingt-deux heures. Il y a une fille au foyer qui va aller comme moi à la faculté de musicologie. Elle s’appelle Françoise et ça serait sympa qu’on aille en cours ensemble. J’ai hâte que l’année universitaire
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