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Chronique de la présidence très horrifique du petit Nicolas

De
316 pages
Ce livre comme l'indique le titre, est consacré à une période récente de notre histoire qui fut celle de la présidence de Nicolas Sarkozy.
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Ce livre, comme l’indique son titre, est consacré à une période Robert Chaudenson
récente de notre histoire qui fut celle de la présidence de
Nicolas Sarkozy. Ce titre est, on l’aura compris, une référence
directe à l’ouvrage de Rabelais publié en 1534, La vie très
horrifi que du grand Gargantua, qui reprend pour partie une
œuvre parue peu avant, en 1532, Les grandes et inestimables
croniques du grant et enorme geant Gargantua. Chronique

Le présent intitulé relève de ces deux titres, sans toutefois de la présidence conduire l’auteur à prétendre, comme Alcofribas Nasier, à
la qualité d’« abstracteur de quintessence », mais souligne
que ce n’est pas là un ouvrage réellement politique ni une très horrifi que
réfl exion sérieuse sur la présidence de Nicolas Sarkozy ;
il constitue néanmoins plutôt une « vue cavalière » de cette du petit Nicolas
période (2007-2012), par un observateur tout prêt à s’en
amuser, sans empêcher bien entendu que le lecteur ne puisse
y briser, ici ou là, « l’os médullaire de la plaisanterie pour Essai
en tirer la substantifi que moelle ». Toutefois, à la différence
de certain(e)s, l’auteur n’a pas à faire, sur cette présidence,
les révélations spécifi ques ou croustillantes qui auraient pu
donner au tableau dressé ici au jour le jour un piquant ou un
attrait douteux qu’il ne vise en rien.
Robert Chaudenson, agrégé des lettres (1962), docteur ès lettres
(1972), professeur (de 1963 à 1980) à l’Université de la Réunion
dont il est le président de 1972 à 1977. Professeur de langue et
littérature française à l’Université de Provence de 1980 à 2005.
À partir de 1974, responsable de l’ERA 583 du CNRS (« Linguistique
et anthropologie des archipels créoles de l’océan Indien »)
et de la RCP 441 du CNRS (avec Paul Ottino). Président du Comité
international des Études Créoles et directeur de publication de la
revue Études créoles de 1978 à 2012.
Photographie de couverture : © Racahout - Fotolia.com
Les impliquésISBN : 978-2-343-04715-7
31 € Éditeur
Chronique de la présidence
Robert Chaudenson
Les impliqués
É di teu r
très horrifi que du petit NicolasLes impliqués Éditeur
Structure éditoriale récente et dynamique fondée par les
éditions L’Harmattan, cette maison a pour ambition de
proposer au public des ouvrages de tous horizons,
essentiellement dans les domaines des sciences humaines et
de la création littéraire.







CHRONIQUE
DE LA PRESIDENCE
TRES HORRIFIQUE DU PETIT NICOLAS


















































© Les impliqués Éditeur, 2014
21 bis, rue des écoles, 75005 Paris

www.lesimpliques.fr
contact@lesimpliques.fr

ISBN : 978-2-343-04715-7
EAN : 9782343047157 Robert CHAUDENSON





Chronique
de la présidence
très horrifique du petit Nicolas

*

Essai
















Les impliqués Éditeur DU MÊME AUTEUR
Mondialisation : la langue française a-t-elle encore un avenir ?
2000, Paris, Didier Erudition, 237 pages.

Creolization of Language and Culture, 2001, Routledge,
Londres et New-York, 340 pages.


(Editeur, en collaboration avec L.J. Calvet) : Les langues dans
l’espace francophone : de la coexistence au partenariat, 2001,
Paris, l’Harmattan, 192 pages.

La créolisation : théorie, applications, implications, 2003,
Paris, L'Harmattan, 480 pages.

(En collaboration avec D. Rakotomalala ; coordonnateurs),
Situations linguistiques de la Francophonie. Etat des lieux,
2004, Réseau ODFLN, AUF, 324 pages.

Vers une autre idée et pour une autre politique de la langue
française, 2006, Paris, l’Harmattan, 211 pages.

Education et langues. Français, créoles, langues africaines,
2006, Paris, L’Harmattan, 238 pages.

(Editeur) Français et créoles : du partenariat à des didactiques
adaptées, 2006, Paris, l’Harmattan, 210 pages.

(Coordonnateur), Didactique du français en milieux
créolophones. Outils pédagogiques et formation des maîtres,
2008, Paris, l’Harmattan, 296 pages.

(Coordonnateur), « Cultures et développement », Etudes
créoles, 2008, volumes 1 et 2, Paris, l’Harmattan, 230 pages.

La genèse des créoles de l’océan Indien, 2010, Paris,
l’Harmattan, 230 pages.

Goudou-Goudou : Haïti, une année de terreur, d'erreurs et de
rumeurs, 2011, Paris, l'Harmattan, 230 pages.

CNRS : le Jurassic Park de la science stalinienne , 2013, Paris,
l’Harmattan, 161 pages.

Université : L’impossible réforme. Edgar, Valérie, Geneviève et
les autres, 2013, Paris, l’Harmattan, 183 pages.
L’école française : refondation, rénovation ou replâtrage ?
2014, Paris, L’Harmattan, 192 pages.
AVANT-PROPOS
A la différence de mes précédents ouvrages rédigés à partir de
mes blogs (2006-2012) et qui ont successivement concerné le
CNRS (CNRS : le Jurassic Park de la science stalinienne),
l’Université (Université : L’impossible réforme. Edgar, Valérie,
Geneviève et les autres) et enfin l’école (L’école française :
refondation, réforme, replâtrage ?), le présent livre, comme
l'indique déjà son titre, Chronique de la très horrifique
présidence du petit Nicolas sera consacré essentiellement à une
période récente de notre histoire qui fut celle de la présidence
de Nicolas Sarkozy.

Le titre même de ce volume est, on l’aura noté, une référence
directe à l'ouvrage de Rabelais publié en 1534, La vie très
horrifique du grand Gargantua, qui reprend pour partie une
œuvre parue peu avant, en 1532, Les grandes et inestimables
croniques du grant et enorme geant Gargantua. L’intitulé
choisi pour le présent livre relève de ces deux titres sans
toutefois me conduire à prétendre, comme Alcofribas, à la
qualité d’« abstracteur de quintessence », mais en soulignant
que ce n'est pas là un ouvrage réellement politique ni une
réflexion sérieuse sur la présidence de Nicolas Sarkozy ; il en
constitue néanmoins plutôt une « vue cavalière », sans
empêcher bien entendu que le lecteur puisse y briser « l'os
médullaire de la plaisanterie pour en tirer la substantifique
moelle ».

Les derniers livres que j'ai publiés à partir de mes blogs avaient
donc une thématique précise, ce qui facilitait le choix des textes
retenus et conduisait à le limiter à ceux qui portaient
précisément sur les questions retenues. Pour ce dernier ouvrage
en revanche, l'approche a été beaucoup plus difficile, surtout en
raison du nombre de textes que j’aurais pu retenir. Le premier
7 tri que j'ai esquissé à partir de ce thème pour la période
20072012, m’a conduit à en constituer un volume de plus de quatre
cent cinquante pages ! A partir de là, j'ai donc dû procéder à une
première sélection et la difficulté que j'ai rencontrée a été de
savoir si j'entendais me limiter aux billets qui concernaient de
façon stricte la présidence de Nicolas Sarkozy ou si je faisais
figurer dans le volume des billets qui lui donnaient l'allure d'une
« chronique », c'est-à-dire qui mettaient en scène d'autres
personnages, voire même certains aspects de la vie française,
politique ou non, durant cette période.
Il m'apparut que c'était le second terme de l’alternative qui
s'imposait ; comme vous l'imaginez, je n'avais pas de
révélations spécifiques à faire sur cette présidence et je n'étais
évidemment en rien au fait des secrets qui auraient pu donner
quelque intérêt ou même un peu de piquant au tableau que
j'envisageais de dresser. Je me suis donc déterminé à écarter
beaucoup de billets concernant en particulier des figures un peu
secondaires de cette période, tant dans la politique que
l'économie ou la vie sociale et culturelle ; j'en ai conservé en
revanche un certain nombre d’autres de nature voisine, mais ce
choix a été encore plus difficile que le précédent puisque
j'entendais que cet ouvrage n'atteignît pas une dimension
excessive. Dès lors, ne figurent donc ici que des évocations de
personnages qui se sont trouvés, en quelque sorte, au premier
plan, soit par leur place dans la vie française de ce lustre, soit
par le pittoresque de leurs figures et/ou de leurs comportements.
Le deuxième choix que j'ai fait, qui peut naturellement être
contesté, est le même que j’avais fait dans les volumes
précédents ; il consiste à conserver les textes des blogs
reproduits dans leur forme et leur succession initiales intégrales,
sauf mention différente, toujours signalée, comme c'est l'usage,
par la mise entre crochets et l'emploi de l'italique. Il aurait été
évidemment un peu trop facile, quelques années ou mois après,
d'introduire de nouveaux éléments qui m'auraient permis, de me
parer, à bon compte et sans risque d’erreur, de talents de voyant
ou de prophète. Tous les textes, toujours cités avec leur date de
8 rédaction et de publication, sont donc dans la forme qu'ils
avaient alors.
Le troisième choix que j’ai eu à assumer est plus rédactionnel
que les précédents. Il m'est rapidement apparu au cours de ces
années, que Nicolas Sarkozy, qui n'était pas ennemi des
subtilités et des effets de la communication, s'est employé à
incarner successivement, dans son exercice du pouvoir, des
figures généralement omnipotentes, bénéfiques voire salvatrices
erqui m'ont amené, dès le départ, (dans mon blog du 1 juillet
2007 pour être tout à fait précis !) à le désigner comme le
« Président-Magicien ». Sans entrer dans un détail qu’on
trouvera plus loin, le nom du « Magicien d’Oz » a été rendu
célèbre par le roman d’abord (Le magicien d’Oz de L. Franck
Baum paru en 1900 sous le titre de The Marvelous Wizard of
Oz ), les bandes dessinées et surtout par le premier des films qui
en ont été tirés, le « Le magicien d’Oz » de Victor Fleming.



Ce choix a été renforcé par le fait que, comme je l'expliquerai
dans la suite, dans le nom « Sarkozy », il y a « Oz » ce qui
établit une filiation manifeste avec le personnage du « Magicien
d’Oz », image que notre Président a tenté d'endosser, dès le
début de son mandat et qu’il s’est souvent si volontiers donnée
dans la suite, tant en Libye qu'en Géorgie ou ailleurs et aussi
bien comme Président de la République française que pendant
le bref séjour qu'il a fait à la présidence de l'Europe.

Les figures qu'il s’est plu à incarner ont donc évidemment
toujours été celles de « super héros », peut-être en souvenir des
bandes dessinées de son enfance ; cette approche a conduit
notre président à être à être, tour à tour, au cours, de ces cinq
ans, dans une série de dénominations multiples relevant toutes
de la même inspiration, tantôt SarkOZy ou Speedy Oz, tantôt
Super Sarko, Magic Sarko ou Dé-Batman voire plus
modestement Sarkozix !

Si j’osais (mais est-ce bien raisonnable dans un pays où
l’accusation de diffamation est devenue si courante ?), je serais
tenté de mentionner ici que, dans mes divagations
étymologiques sur le nom même de Nicolas Sarkozy, je me suis
9 laissé aller à rêver (dans un demi-sommeil sans doute !) que ce
patronyme peut même se décomposer en SAR-k-OZ-Y. S.A.R.
est alors naturellement l’abréviation de rigueur et même usuelle
pour « Son Altesse Royale », Oz, le nom du Magicien que je
viens d’évoquer et l’Y une magyarisation toute naturelle dans
une langue qui l’affectionne particulièrement dans les finales.
Dois-je ajouter, pour ma défense, que je plaisante ? On aura
déjà compris, à travers à travers cet avant-propos, que cette
entreprise n'entend rien rivaliser avec tous les ouvrages sérieux
qui ont pu être produits sur ce personnage et cette période. Au
cas où le titre de ce livre ne le montrerait pas suffisamment par
la référence explicite à Rabelais, je tiens à le rappeler ici au cas
où la perspective humoristique échapperait à certains lecteurs,
probablement malveillants, et conduirait l’un ou l’autre, à me
traîner en justice pour diffamation.
Pour justifier et expliquer cette prudence que d’aucuns jugent
peut-être excessive, j’indique que, pour un billet que j'avais
écrit en août 2009, après qu’on ait lancé sur mes traces pourtant
évidentes, la Brigade financière de la Préfecture de police de
Paris, j'ai été, à mon insu, mis en examen en 2011 sur une
plainte en diffamation déposée par un personnage investi un
moment de fonctions officielles. Ses espérances d'être ministre
expliquaient sans doute cette mauvaise humeur ; en tout cas, sa
position lui a permis, outre les multiples entorses faites à la
procédure, de faire prendre en charge par l’Etat, donc par vous
et moi, ses frais de justice.
Cette plainte m'a conduit à une errance entre divers hébergeurs,
mais surtout à ma mise en examen alors que je n’ai jamais été
entendu par un juge d'instruction sur l'affaire elle-même. Elle a
été jugée d'ailleurs, en dehors de ma présence fin 2013, sans
que j'aie pris un avocat ni même assisté à l'audience du tribunal.
Je dois sur ce point rendre hommage à la justice française car
mon adversaire s'est vu débouter de sa plainte d'une façon très
vigoureuse qui témoignait sans ambages qu'il n'y avait rien de
diffamatoire dans les propos que j'avais tenus à l’endroit de
mon accusateur.
10 La principale de mes critiques tenait en effet à ce que, tout en
ayant une prédilection très forte pour l'usage du mot
« errements », de toute évidence jugé par lui plus élégant
qu’« erreur », il en ignorait le véritable sens !

Je me plais à croire que les juges ont agi dans cette affaire avec
bon sens et en toute indépendance (ce qui paraissait loin d’être
le cas au début de l'affaire, en 2011 !) et que le changement
politique survenu en mai 2012 n'est pour rien dans le jugement
finalement rendu, le personnage en question qui se jugeait
diffamé par la mention de son ignorance lexicale, étant
évidemment tombé depuis du haut de son piédestal sarkozien.


11 2007


La marche de l’impératrice (22 avril 2007).

Ne boudons pas notre plaisir en ces derniers jours de campagne
électorale. Ségo nous a fait hier soir, dans « Face à la Une », la
marche de l’impératrice.

On ne doit pas négliger les détails symboliques. A la différence
d’autres politiques, proches en apparence, le manchot empereur,
désormais immortalisé par le film « La marche de l’empereur »,
ne vole pas. Ségolène nous l’a fait savoir : « Je suis une femme
libre, je ne dépends d’aucune puissance d’argent… ». 


Autre erreur, plus commune encore et à éviter. Ségolène, en
dépit des confusions que son patronyme peut créer, n’est pas,
comme beaucoup le croient, un manchot Royal. En effet, le
manchot Royal ne mue pas, alors que le manchot empereur
mue. Or, il est évident, et nous avons pu fréquemment le
constater, que Ségolène mue, et même souvent. Elle varie en
effet ses tenues comme ses discours, adaptant les seconds aux
premières.


Hier donc, face au duo de choc de TF1, PPDA qui avait renoncé
au gel capillaire, et François Bachy, qui avait remisé sa veste
rouge vu l’effet qu’elle avait eu sur Battling Bayrou, Ségolène
avait adopté la tenue classique de la manchote impératrice. Jupe
noire stricte et serrée (en la matière, le genre sexy strict, sa vraie
et sa meilleure spécialité).

Comme le faisaient autrefois les gamins vicieux avec les
maîtresses court vêtues, PPDA a dû faire tomber et ramasser
plusieurs fois son crayon ! Haut blanc, en forme de spencer ou
de quelque chose d’approchant ; en tout cas typique et aussi
proche que possible du plastron immaculé du manchot.



Sur le déroulement de l’interview, rien à dire ; ça manquait
d’ambiance, comme si nos deux loustics avaient déjà classé la
13 candidate en troisième ou quatrième position finale. En
revanche, personnellement, car je ne doute pas que ses plus
fidèles sectateurs aient vu les choses autrement, j’ai senti Ségo
quelque peu aux abois. Tout y est passé, de Mitterrand, dont
elle a revendiqué le « sang froid » (sans doute, celui dont il a
fait preuve en étant le premier et le seul chef d’Etat au monde à
féliciter les putschistes, dont on a cru un moment qu’ils avaient
renversé Gorbatchev) aux caissières de supermarché, menacées
par les scanners des caisses automatiques, en passant par les
enfants battus et/ou violentés, dont elle fera une grande cause
nationale (une des formules-bidon de Chirac pour le coup !) et
les économies à faire sur le budget élyséen (même elle aurait
été bien inspirée de faire cette suggestion durant les deux ans
qu’elle a passés à l’Elysée).
Dur, dur, d’être un citoyen sportif (4 mai 2007). Vision
footballistique du deuxième tour de la présidentielle (billet
réservé aux amateurs éclairés !).
On se plaint volontiers de la désaffection des citoyens pour la
vie politique mais on ne leur facilite pas la vie ! Choix cornélien
ce mercredi 2 mai 2007, entre le match retour de la demi-finale
de la Coupe d’Europe, dont tout donne à penser qu’elle sera, en
fait, la vraie finale et la finale nationale de la Coupe de l’Elysée.
Mais, au fond, est-ce si différent ?
La finale politique du week-end oppose l’équipe de la Juventus
de Melle (naguère bourgade des Deux-Sèvres, aujourd’hui ville
de Ségolène), la « bianca nera » (haut blanc, bas noir) à l’Inter
de Neuilly (ville de Sarko).
Ces deux équipes ont des traditions footballistiques différentes ;
la première est plutôt proche de la Hollande, avec un jeu
classique et souvent impétueux ; l’inspiration de l’Inter de
Neuilly est plutôt, de toute évidence et à tous égards, du côté de
la grande Hongrie des années 50 avec les Puskas, Kocsis,
Hidegkuti, etc.
14 L’Inter de Neuilly peut compter, dans cette finale, sur la solidité
de sa charnière centrale, qui excelle dans la relance, avec Nagy
et Bocsa ; en revanche, dans les buts, son gardien, le petit
Nicolas, est assurément handicapé par son manque de taille. S’il
est très bon sur les balles à terre et la relance au pied ou à la
main, il aura, sans aucun doute, du mal dans le jeu aérien, sur
les ballons hauts comme dans les coups de pied arrêtés, qui
seront assurément nombreux vu l’intensité prévisible de
l’affrontement.



La Juventus de Melle, en revanche, si elle présente des lignes
arrières impeccables et qui en font rêver plus d’un, souffre
incontestablement d’une tendance excessive au jeu personnel et
surtout des choix successifs et récents, quelque peu
contradictoires, d'un meneur de jeu. Dans ces derniers jours, on
n’a pas avancé moins de trois noms successifs pour ce poste clé.
De telles incertitudes ne peuvent que nuire à la cohérence de
l’équipe.

Nul doute que, dans cette rencontre, la Juventus de Melle fera le
choix de l’attaque à outrance, au moins durant la première
mitemps. 
 On a pu le constater, dans la dernière séance
d’entraînement, au Stade Charlety, décidément voué aux
affrontements violents, tant comme temple du rugby à quinze,
ce qu’il fut longtemps, que comme haut lieu des événements de
Mai 68 ! Il appartiendra donc à l’Inter de Neuilly de ne pas
tomber dans le piège de la violence et d’éviter les contacts
rugueux et les affrontements frontaux, qui pourraient conduire
les arbitres à sortir les cartons jaunes et/ou rouges, vu la
réputation de jeu dur qu’on fait, à tort ou à raison, à cette
formation. 



Un grave problème de maillot se pose en la circonstance. La
Juventus de Melle ayant été tirée au sort en premier, elle est
considérée comme la formation qui reçoit. Comme l’Inter de
Neuilly joue en général en bleu marine, l’équipe de la « bianca
nera », doit choisir une tenue qui se distingue nettement de celle
de l’équipe adverse. 

15 D’après les bruits que nous avons pu recueillir, diverses
hypothèses ont été avancées ; on avait pensé au vert des
altermondialistes, mais le choix semblait se porter plutôt, un
moment, sur un maillot orange. On sait, en effet, que cette
couleur est celle de l’équipe de football de Hollande, ce qui
tombe bien, mais cette couleur orange est aussi, on s’en
souvient, celle de l’équipe d’Union Départementale de Football
de Bagnères de Bigorre, l’UDF, qui a manqué de peu la
qualification pour la finale et dont les supporters ne sont pas
nécessairement acquis à la Juventus de Melle. Dans ce contexte,
le choix d’une tenue orange pouvant susciter un dépôt de
réclamation auprès de la Ligue, il semble qu’on s’oriente
finalement vers une tenue entièrement noire, avec un simple col
blanc. La tradition " bianca nera " sera ainsi respectée.
Lettres de campagne
de Ségolène (4 mai 2007)
Vous comprendrez que je ne puisse ici vous éclairer davantage
sur les voies par lesquelles j’ai pu me procurer les textes des
lettres personnelles adressées par Ségolène Royal aux divers
candidats à la prochaine élection présidentielle que vous
n’aurez pas trop de peine, j’imagine, à identifier.
Chère Marie-George
J’espère que vous ne prenez pas au sérieux la mascarade avec
l’UDF. Dans notre commune lutte contre le libéralisme
sauvage, la fin justifiera toujours les moyens. Vous savez mieux
que quiconque où me porte mon cœur ; je suis une femme libre
et, une fois élue, je saurais user de cette liberté qui nous est
chère, à l’une comme à l’autre. Entre femmes de gauche, nous
nous faisons confiance et nous nous comprenons.
Votre camarade de toujours et à jamais. Ségolène R.
Chère Arlette et chère camarade
J’espère que tu ne prends pas au sérieux la mascarade avec
l’UDF. Dans notre commune lutte contre le libéralisme
16 sauvage, la fin justifiera toujours les moyens. Tu sais mieux que
quiconque où me porte mon cœur ; je suis une femme libre et,
une fois élue, je saurais user de cette liberté qui nous est chère,
à l’une comme à l’autre. Entre femmes de gauche, nous nous
faisons mutuellement confiance et nous nous comprenons.
Vive la Révolution ! 

S.R.
Cher camarade Olivier
J’espère que tu ne prends pas au sérieux la mascarade avec
l’UDF. Dans notre commune lutte contre le libéralisme
sauvage, la fin justifiera toujours les moyens. Tu sais mieux que
quiconque où me porte mon cœur ; je suis une femme libre et
une fois élue, je saurais user de cette liberté qui nous est chère,
à l’un comme à l’autre. Entre militants de gauche, nous nous
faisons confiance et nous nous comprenons.
Vive la Sociale !

Bien à toi ! Ségolène
Chère Dominique
J’espère que vous ne prenez pas au sérieux la mascarade avec
François. Vous savez mieux que quiconque où me porte en
réalité mon cœur ; je suis d’abord et surtout une femme libre et
une fois élue, je saurais user de cette liberté qui nous est chère,
à l’une comme à l’autre. Entre femmes que préoccupent
d’abord l’écologie et le développement durable, nous nous
faisons confiance et nous nous comprenons.
Ecologiquement et fémininement vôtre ; Ségolène

Monsieur le chargé de miss 

Merci d’avoir si vite et si publiquement accepté la mission sur
« la mondialisation et la souveraineté alimentaire » que je t’ai
d’emblée confiée. J’y vois la preuve que tu ne prends
naturellement pas au sérieux la mascarade obligée avec l’UDF.
Tu sais mieux que quiconque où me porte mon cœur ; je suis
une femme libre et une fois élue, je saurais user de cette liberté
qui nous est chère, à l’un comme à l’autre. Entre militants de
l’altermondialisme, nous nous faisons confiance et nous nous
comprenons. A bas les OGM et vive l’écologie !

Ségo.
17 Cher Monsieur Schivardi
Nous ne nous connaissons pas encore, mais je vous ai assez
suivi et entendu au cours de votre excellente campagne pour
être sûre que vous ne prenez pas au sérieux la mascarade avec
François Bayrou et que vous me comprenez. Vous savez où me
porte mon cœur ; je suis une femme libre et une fois élue, je
saurais user de cette liberté qui nous est chère, à l’un comme à
l’autre. Entre militants issus du peuple, nous nous faisons
confiance et nous nous comprenons. A bas les diktats de
Bruxelles !
P.S. J’envisage des travaux dans ma villa de Mougins,
pourriezvous éventuellement vous en charger ?

Ségolène Royal
Cher Monsieur Nihous
Nous ne nous connaissons pas encore, mais j’ai beaucoup
admiré votre prestance et votre talent au cours de cette
campagne ; je m’en souviendrai le cas échéant. Je vous ai
découvert assez perspicace pour être sûre que vous ne prenez
pas au sérieux la mascarade avec François Bayrou. Je suis une
femme libre, éprise de nature, de ruralité et de tradition, même
si, pour l’instant, je ne chasse que les électeurs ! Une fois élue,
je saurais user de cette liberté qui nous est chère, à l’un comme
à l’autre. Entre représentants de la ruralité, nous nous
comprenons et, face à l’insupportable impérialisme urbain que
vous dénoncez avec tant de justesse et de force, nous devrions,
à l’occasion nous soutenir mutuellement.
PS La région que je préside est riche en gibier d’eau ; j’y ai
beaucoup d’amis, qui ont des domaines de chasse.
Souhaiteriezvous que je vous en présente quelques-uns ? Ne manquez pas
de me le faire savoir !
Très amicalement. Ségolène R.
Monsieur le Vicomte
Nous ne nous connaissons pas vraiment, mais notre commun
amour de l’Ouest français nous rapproche d’emblée, au-delà
des clivages politiques circonstanciels. Les deux sœurs que sont
la Vendée et la Charente, également chères à nos cœurs, nous
invitent à nous rapprocher plus encore, ne fût-ce que le temps
18 d’une élection, face à l’impérialisme parisiano-jacobin. Je suis
sûre que vous ne prenez pas au sérieux la mascarade avec
François Bayrou. Je suis une femme libre et une fois élue, je
saurais retrouver ma liberté et en user. Entre chouans, nous
nous comprenons, même si nous ne pouvons pas toujours le
dire.
Votre toute dévouée Ségolène Royal.

Monsieur le Président,

Vous comprendrez, j’en suis sûre, le caractère hautement et
strictement confidentiel de ma démarche et la nécessité où je
serais hélas de nier l’avoir entreprise, dans le cas où il en serait
fait état, sous quelque forme que ce soit. 
Toutefois, pour avoir
été très proche de François Mitterrand, je sais que vous n’êtes
pas ennemi de ces contacts informels et, surtout, que vous savez
rester discret en la matière, comme vous l’avez été en 1981. Ce
rapprochement n’a d’ailleurs pas été sans incidence sur la
fortune ultérieure du Front National puisqu’elle a été déjà
largement due, vous le savez mieux que personne, au Parti
socialiste.
« Bis repetita placent » : il est dans mes intentions
d’introduire une forme de représentation proportionnelle à
l’occasion des réformes institutionnelles que je prévois.
Toutefois, le « dosage » de cette proportionnelle reste à établir ;
nous pourrions donc avoir l’occasion de recueillir, sur ce point
précis, le sentiment et les vœux du Front National.
En vous
remerciant…SR.


Sark-OZ-y le Président-Magicien (Premier juin 2007)

Nul ne semble avoir remarqué, à ma connaissance du moins,
que dans Sarkozy il y a Oz. 
Sark-OZ-y. Vous me suivez ?
Comment s’étonner dès lors de la victoire de notre Président et
qu’il se révèle un véritable magicien ? Ses ennemis n’ont cessé
de le diaboliser durant des mois. Ils ont beaucoup exagéré. Il
n’est, en fait, plus modestement, que le « wonderful wizard »
rendu célèbre par le roman d’abord (Le magicien d’Oz de L.
Franck Baum paru en 1900), les bandes dessinées et surtout les
films qui en ont été tirés, dont le plus célèbre, film-culte pour
19 les amateurs de comédies musicales américaines, est « Le
magicien d’Oz » de Victor Fleming.



Au passage et en marge du sujet, petite énigme pour les
cinéphiles avec, pour récompense, une photo dédicacée de
Nicolas Sark-OZ-y. On dit que le film de 1939 aurait dû être
présenté à Cannes en 1940, alors que le Festival fête, en 2007,
son soixantième anniversaire. Petit mystère arithmétique pour
les cinéphiles. Serait-ce un autre miracle de notre magicien, qui
a ouvert le 6ème Festival de l’Elysée le jour même de
l’ouverture du Soixantième Festival ? Je connais la réponse,
mais tâchez de la deviner.
La vedette du film de Fleming était
Judy Garland ; elle y chantait sa fameuse chanson, désormais
d’actualité sous notre présidence actuelle, « [Avec Nicolas], les
tracas fondent comme des bonbons au citron » !



Les pouvoirs de notre magicien présidentiel se sont manifestés
bien avant son élection. Sans se lancer dans d’impossibles
miracles, comme Ségolène, tentant dans une émission publique
devant cent témoins, de faire le coup du « Lève-toi et marche »,
par un simple contact de la main avec un paralysé dans son
fauteuil roulant, Nicolas d’Oz a donné des preuves nombreuses
de son pouvoir, surtout dans la télé-action. 

Il a retourné
d’emblée et à distance les esprits ; je ne parle pas ici des
peoples, pour lesquels l’usage du mot « esprit » se révèle
abusif, mais de penseurs ou de figures de gauche. Ils étaient
parfois résolus comme André Glucksmann, qu’une longue
carrière comme chercheur en philosophie au CNRS avait sans
route rendu vulnérable aux influences occultes, mais aussi d’un
Roger Hanin, l’inépuisable et opulent Navarro communiste, en
apparence bien plus récalcitrant. Mieux et plus qu’Uri Geller
pliant à distance les petites cuillers, Nicolas d’Oz a retourné les
vestes, sur le dos même de ceux qui les portaient ; les cas ne se
comptent pas, d’Eric Besson à Hervé Morin en passant par
Bernard Kouchner ; quoique spectaculaires, ces cas sont
peutêtre moins probants, car on sait que bien des hommes politiques
ont, comme les escrocs en fuite, la sagesse de toujours porter
des vêtements réversibles.
20 Son arrivée aux affaires a confirmé de façon spectaculaire ses
pouvoirs et nul doute qu’il ait voulu frapper les esprits par des
démonstrations, rapides, éclatantes et spectaculaires de ses
pouvoirs.

 Avec les syndicats ? Une poignée de main
chaleureuse avec un Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de
FO, une tape sur l’épaule et le tour est joué. Mailly, qui la veille
encore, le sourcil froncé et la mine sombre, disait son
inquiétude, est tout sourire, pousse un « ouf » (en Mailly dans le
texte) et part rassuré.

C’est Speedy Oz ! Je ne plaisante pas,
car après tout la Colombie n’est pas si loin du Mexique. 


Dans l’affaire Betancourt que nos gouvernements traînent
comme un boulet depuis cinq ans, Speedy Oz arrive et tout
s’arrange ; le monde change de ton et se montre conciliant. 


Vous n’allez pas me dire que c’est naturel. Le père des enfants
(mais, au fait, à quel titre intervient-il car il a divorcé, depuis
des lustres, je crois ?) et les enfants d’Ingrid, naguère encore
des plus sévères pour notre ministère des Affaires étrangères, ne
tarissent pas désormais d’éloges sur Nicolas d’Oz, qui les
embrasse comme du bon pain sur le perron de l’Elysée. Simple
constat et commodité évidente : il serait bon d’y installer à
demeure un studio et des caméras fixes. Mieux encore, Nicolas
d’Oz a retourné, d’un coup, aussi bien Uribe que les FARC qui
se disent tous prêts à négocier par son truchement.

Sans vouloir vous commander, Monsieur le Président , à votre
place, je mettrais en alerte, en bout de piste à Villacoublay, un
avion du GLAM ou un appareil militaire.
Abracadabra.


Sark-OZ-ix et les boucliers (9 juillet 2007)

Lors de la finale du championnat de France de rugby (à quinze
bien évidemment, car il n’en est pas d’autre !), dans un billet
dominical (donc peu lu), j’ai eu l’occasion de m’étonner des
multiples interrogations des chroniqueurs sportifs à propos du
21 fameux « Bouclier de Brennus » qui récompense les vainqueurs
de la finale de cette compétition.

En la circonstance, ils m’ont paru aussi peu curieux et mal
informés que les autres journalistes ! J’ai vu avec stupeur
Daniel Herrero, le spécialiste du rugby, confesser son ignorance
de l’origine d’un tel symbole qui, à ses yeux, ne se rattachait à
rien dans nos traditions, cet objet clairement guerrier étant
inexplicablement substitué aux coupes conviviales, d’usage
dans ces circonstances.

Je confesse que, pour ce qui me concerne, j’ai longtemps cru
que ce fameux bouclier tirait son nom de celui du chef gaulois
Brennus qui prit Rome en 390 (c’est là que se situe l’épisode
des oies du Capitole). Les Gaulois, prétendant peser les mille
livres d’or de la capitulation des vaincus avec des poids
trafiqués, les Romains tentèrent de protester. C’est alors que
Brennus, le chef gaulois vainqueur, jeta dans la balance, non
pas son bouclier, mais son glaive, en déclarant « Vae victis »
(en latin « Malheur aux vaincus », car ce valeureux guerrier
était aussi polyglotte).

J’ai donc longtemps vu, à tort , dans ce « bouclier de Brennus »,
un symbole authentiquement gaulois, pour un sport resté
profondément enraciné dans nos campagnes occitanes, avant
l’intrusion dans notre championnat de Néo-Zélandais ou de
Sud-Africains en pré-retraite ou de pesants insulaires océaniens.

Hélas, j’ai découvert depuis qu’il n’en est rien et que le Brennus
du bouclier, par une stupéfiante coïncidence, n’est nullement le
chef gaulois vainqueur de Rome, mais un certain Charles
Brennus, dont le deuxième prénom est, par un merveilleux
hasard, Ambriorix (je vous jure que c’est vrai !), artiste inconnu
par ailleurs, auteur du premier trophée et co-fondateur de la
Fédération française de rugby.

Cette découverte m’a navré d’abord, mais fort heureusement,
notre nouveau président que, si je ne craignais l’irrévérence du
propos, je baptiserais volontiers Sarkozix, renoue discrètement,
22 voire subliminalement, avec la tradition gauloise, peut-être pour
faire taire les méchantes langues xénophobes qui sont allées
jusqu’à lui reprocher son ascendance magyare.



On se souvient que, dans Astérix, l’insigne du chef
Abraracourcix est précisément le bouclier, qui, pour ne pas être
de Brennus, n’en est pas moins gaulois, voire arverne.

Subtilement, notre nouveau président, sans aller, comme
d’autres avant lui, jusqu’à se faire promener juché sur cette
protection militaire multifonctionnelle, place néanmoins cet
objet, à la fois guerrier et protecteur, au centre des politiques
qu’il entend mener. 



Durant la campagne présidentielle, on avait fait briller aux yeux
des nantis le fameux « bouclier fiscal » qui devait les mettre à
l’abri des excès de la pompe à phynances étatique ; voici
désormais, que, pour les plus pauvres, dans le cadre de la
réforme de la Sécurité Sociale, va leur être offert le « bouclier
sanitaire », destiné à les protéger des redoutables « franchises »
que brandit contre nous la Sécu. 



A quand, pour les étudiants qui échouent, le « bouclier
universitaire » et, pour les joueurs malchanceux du loto et du
PMU qui osent « parier » , sur la foi naïve en une publicité
clairement fallacieuse, qu’ils vont « gagner », un prochain et
opportun « bouclier de la chance » ?


Flamby, le Guide et le Président-Magicien (18 août 2007)

François Hollande-Flamby ne serait-il pas le plus efficace des
socialistes acquis désormais, grâce à ces prodigieux pouvoirs, à
la cause de notre Président-Magicien ?

Les uns sont devenus ministres, les autres conseillers, d’autres
encore se voient chargés de missions plus ou moins officielles,
mais le traître des traîtres n’est-il pas Flamby lui-même qui,
23 demeuré seul, dirige le char socialiste pour la plus grande gloire
du Président ?

Les flèches, que Flamby tire successivement de
son carquois et dirige sur Cécilia, les contrats libyens ou les
vacances présidentielles, sont autant de boomerangs, qui ne
peuvent qu’achever sur sa propre tête leur chemin plus ou
moins long et capricieux.

Flamby ne serait-il pas mieux inspiré d’attirer l’attention sur la
flambée actuelle de tous les prix par exemple ? Mais, comme
Barnier, qui achète ses cinq fruits et légumes quotidiens pour 30
centimes d’euro, Flamby n’a pas dû la remarquer !

Prenons le
cas des vertueuses protestations contre le rôle joué par Cécilia
dans l’affaire des otages. Kouchner, dans une réplique agacée à
je ne sais quel journaliste sur je ne sais quelle chaîne (mais j’ai
vu la scène et entendu le propos), a dit qu’« avec Danielle
Mitterrand, il avait fait des choses bien plus ILLEGALES ». Il a
bronché dans son propos sur ce dernier terme, se rendant
compte qu’il en disait trop. B. Kouchner est assurément mieux
placé que quiconque pour savoir ce que fut cette diplomatie
parallèle conduite par la femme (enfin, une des femmes…) de
Mitterrand, dans le cadre de sa fondation France-Libertés.
L’Etat la subventionnait et la soutenait largement, parfois au
grand dam du ministère des affaires étrangères. Ce dernier
devait parfois assurer, en effet, une logistique inattendue dans
des opérations dont il n’était même pas informé. 
C’était là
bien autre chose que la modeste carte bleue cécilienne, sans
parler, par ailleurs, de l’entretien, de la surveillance et de la
protection permanentes du ménage présidentiel clandestin.

Notre Président-Magicien a certes une épouse, mais il a
néanmoins la chance, pour le moment encore en tout cas, de ne
pas avoir, dans le circuit de la diplomatie et des affaires, un fils
du style de « Papamadit », dont on n’a jamais su exactement
comment qualifier les agissements qui ont toujours participé,
dans des proportions mal connues, à la fois du trafic d’influence
et de l’escroquerie.



24 Flamby persiste et signe avec les contrats, qui seraient plus ou
moins liés à la libération des infirmières bulgares. Une France
vertueuse, comme celle que paraît souhaiter Flamby, devrait
fermer sur le champ la plupart de ses usines d’armement, dont,
en particulier, celle de Tulle dont notre Flamby est le député. Je
le sais bien trop prudent pour tenir pareils propos devant ses
électeurs tullois. Peut-être toutefois se trouvera-t-il, parmi eux,
assez d’esprits informés pour le renvoyer à ses chères études
aux prochaines élections ?

Il faut dire que la nullité générale
de notre presse d’information rend aisé de tromper des
téléspectateurs, prêts à avaler n’importe quoi, pourvu que cela
sorte des étranges lucarnes.



Ainsi, nous répète-t-on, quotidiennement, que le cadeau fait par
la France à la Libye, en échange de la libération des otages
bulgares est un contrat de vente de missiles de 100 ou 160
millions d’euros (la somme dépend des jours) qu’on a passé
avec un Etat-voyou, dont on ne sait pas à quoi il va les
employer. Flamby le dit et le répète, en demandant une
commission d’enquête parlementaire. Tout cela ne peut que
tourner à la gloire de notre Président-Magicien, qui d’ailleurs a
aussitôt dit « Banco » pour ladite commission, faisant par là
preuve, une fois encore, d’un esprit démocratique qui ne peut
qu’améliorer son image.

En effet, depuis trois ans, l’embargo
contre la Libye est levé et tous les Etats se disputent le marché
libyen, comme le ministre de la défense n’a pas manqué de le
faire valoir (Merci Flamby !) ;
 le montant du marché des
missiles français est dérisoire en matière de ventes d’armes ;
son montant total équivaut au prix d’un seul avion militaire
moderne du type Rafale !
La négociation de ce marché est en
outre bien antérieure aux récents événements ; EADS, le
vendeur, l’a déjà confirmé.
Le parlement n’a pas à être saisi de
questions de ce genre, contrairement à ce que soutient le PS ; 

la fameuse commission parlementaire d’enquête, de toute
façon, ne sera mise en place que lors de la session parlementaire
(donc dans des mois, quand tout le monde aura oublié) et,
comme disait Clémenceau, en France, quand on veut enterrer
une question, on crée une commission !
En outre, et, depuis les
25 USA, Sarko a saisi au bond la balle lancée par Flamby ; en quoi
fait-on une faveur à un acheteur (Khadafi), en lui vendant une
marchandise dans le cadre d’un commerce licite ?

 Même
chose pour les vacances ! Bien sûr qu’il ne paye rien notre
Président, comme toute vedette de la politique ou du show-bizz.
Les grands hôtels sont prêts à loger à l’œil les vedettes, en
Egypte comme à l’Ile Maurice. Offrir une semaine de vacances
pour avoir, à l’œil, deux pages de pub dans Paris-Match, c’est
donné ! Qu’est ce qu’il dit au gentil Monsieur Hollande le petit
Nicolas ?



Post-scriptum spécial : j’ai pu me procurer le texte de
l’entretien entre Sarkozy et Khadafi que je publie ci-dessous en
exclusivité, après une transcription laborieuse de la bande
magnétique rendue peu audible par le glougloutement des
chameaux.

Sous la tente à Tripoli (Acte I, scène 10)

Le décor : la scène se passe sous la tente du Guide ; elle est
dressée dans les ruines d’un palais, naguère détruit par les
bombes américaines et qui a été depuis volontairement laissé en
l’état par Khadafi, pour illustrer la barbarie du Grand Satan
américain. Au fait, un bon truc à propos de Khadafi : prononcez
« Radafi », en vous raclant un peu la gorge en prononçant le R,
si vous voulez passer pour un spécialiste du monde arabe.



Les personnages : le Colonel-Guide Khadafi ; avec une barbe
de trois jours et des Ray-Ban, il arbore une tenue qui combine
celles de Mickael Jackson et des Men in Black. Debout, il
domine notre Président-Magicien, qui, selon l’usage, a dû
quitter ses chaussures en entrant, perdant par là dix bons
centimètres. Les amazones de la garde se tiennent près des
entrées. Des chameaux errent mélancoliquement autour de la
tente.
Je coupe les salamalecs (c’est le cas de le dire !).



Le Président-Magicien (désormais PM) : « Mon cher Guide, si
vous me libérez les Bulgares, je vous fais les missiles à 160
26 millions d’euros». PM prend cet air innocent qui lui va si bien,
quoiqu’il sache qu’il fourgue à ce prix de vieux missiles,
quasiment obsolètes et non pas le modèle récent.



Le Colonel-Guide (désormais CG) : « Vous êtes gonflés, vous
les impérialistes ! Il faut que je libère vos Bulgares et en plus
que je vous paye 160 millions d’euros pour vos vieux missiles
périmés ! Qu’est-ce qui m’empêche de les acheter n’importe où
et de garder les otages ? 
Soyez sérieux ! 100 millions, c’est
mon dernier prix ! »

C’est sans doute d’une indiscrétion lors
de ce marchandage qu’est venue l’incertitude quant au prix
final des missiles.



PM. « Vous ne trouverez par l’équivalent à ce prix sur le
marché ! Si vous trouvez mieux, je vous rembourse le double de
la différence ! En plus, vous savez, je prends des risques car on
n’a même pas vraiment le droit de vous les vendre. ».



CG : « Arrêtez avec vos trucs de pub à la Darty ! En plus, vous
savez bien qu’il n’y a plus d’embargo sur les armes depuis
quatre ans. Toutes les semaines débarque ici une bande de
marchands d’armes de toutes nationalités : Russes, Italiens,
Anglais, et même Américains. J’en achète à tout le monde (sans
infirmières bulgares), sauf aux Américains qui ont bombardé
mon palais et tué ma fille ; ça leur apprendra ! Remarquez, pour
le pétrole, c’est différent et, en plus, la Texas Building
Company Inc., où Bush a des intérêts, me propose des prix
imbattables pour la reconstruction de mon palais bombardé.
Gonflé le Bush ! ».



PM (qui a lu les textes de Palo Alto et E.T. Hall sur la
proxémique, se rapproche de CG et pose sa main sur son
avantbras) : « Ecoutez, Mouamar - vous permettez que je vous
appelle Mouamar, moi c’est Nico - , vous me prenez mes
missiles à 160 millions, et moi je vous vends une centrale
nucléaire pour dessaler l’eau de mer ; ça, en principe, c’est
défendu, mais en baratinant écologie et développement durable,
ça doit passer ».


27 CG : « Une vraie centrale ? Ça c’est déjà mieux. Ecoute
Nico…ça marche si tu m’arranges le coup avec les bazars de
l’ONU… tu sais, agences de contrôle et compagnie… En plus,
qu’on y fasse de l’eau potable, de l’eau pure ou de l’eau lourde,
ça regarde qui ? ».



PM. « Tope là, Mouamar ! Cochon qui s’en dédit ! Oh
pardon… excuse-moi…, j’avais la tête ailleurs ! Croix de bois,
croix de fer… oh merde, c’est pas mieux ! Comment vous dites,
dans ce cas, par chez vous ? ».



CG « Nous, on dit rien, c’est plus simple et ça n’engage à rien.
Mais, je pense à un truc. Ta femme, Cécilia, la grande brune
que tu m’as envoyée pour causer infirmières, elle me plaît bien.
Je t’en offre 15.000 chameaux. Je suis même prêt à aller jusqu’à
20.000 pour la gazelle ; penses-y mon petit Nico ! ».


Super Sarko ou de la scutologie (20 août 2007)

« Ici Cap Canaveral ! La NASA ! Help ! Nous avons un
problème avec le bouclier thermique ! Prévenez d’urgence
Super Sarko ! ».



Il ne vous a pas échappé que notre Président n’a fait qu’essuyer
une larme aux obsèques du cardinal Lustiger et rendre une
visite éclair aux canards de l’Elysée, avant de resauter dans son
avion pour regagner les Etats-Unis.

Le prétexte invoqué était le déjeuner chez Bush mais, à la
vérité, c’était le bouclier thermique de la navette américaine qui
était en cause et, une fois encore, l’intervention de Super Sarko
s’est révélée immédiatement salvatrice.

Notre Président est
désormais regardé partout comme le spécialiste mondial des
boucliers, ce que quelques cuistres néologues nomment en
réalité la « scutologie » (du latin « scutum » = bouclier ).

28 En dépit de la proximité phonétique des deux termes, il ne faut
surtout pas confondre la scutologie avec la scatologie ; les deux
démarches sont même en quelque sorte opposées puisque la
scutologie, la science des boucliers, vise au contraire, si j’ose
dire, à vous empêcher d’être dans la merde.

Après ses actions
éclatantes concernant le bouclier fiscal d’abord, le bouclier
sanitaire ensuite, la compétence de Super Sarko en matière de
bouclier est unanimement reconnue. En dépit des insinuations
perfides de quelques-uns de ses ennemis, il s’inscrit dans notre
tradition nationale, puisque, on s’en souvient, le chef de notre
fameux village gaulois ne se déplaçait que sur son bouclier. 



Actuellement, notre président étudie, avec son conseiller spécial
Bernard Laporte, un bouclier islamique ; sur le principe, il
consistera en un revêtement plastifié de tranches de jambon ;
Madrange se déclare déjà prêt à sponsoriser une telle étude,
mais Justin Bridou et Cochonou sont également sur les rangs !

Super Sarko ne manque pas d’idées et de projets en matière de
scutologie ! Le bouclier anti-angine (le BBA), dont l’idée
revient à Cécilia, qui, grâce à son BAA, empêchée d’aller
pique-niquer chez les Bush à 12 heures 30, a pu aller faire les
magasins dès 15 heures ! Avec son ami Michel Onfray, le
Président prépare un BAM (le bouclier anti-malheur) pour les
aspirants hédonistes. 

 Toutefois, l’objectif central, pour la
rentrée littéraire, est la mise en point du BAC (le bouclier
anticritique). La parution du livre présidentiel sur La Fayette ne
manquera pas de faire problème. Si Super Sarko peut
assurément compter par avance sur le soutien indéfectible de
Patrick Lozès et du CRAN, puisque les nègres feront enfin leur
apparition dans le palmarès des meilleures ventes de livres, les
Zoïles (souvenez-vous de Boileau défini par Voltaire, non sans
méchanceté, comme « Zoïle de Quinault et flatteur de Louis »)
ne manqueront pas. Le BAC doit donc absolument être prêt
pour octobre et BHL est déjà sur le coup !



29 Cecilia et David (22 octobre 2007)

Voilà que Cécilia, fougueuse (n’allez pas m’oublier le « o » !)
cavale toujours imprévisible, bouleverse l’ordonnancement de
quelques billets que je voulais donner dans une série intitulée
« Les blogs auxquels France-Télécom vous a permis d’échapper
».


Qu’il y eût de l’eau dans le gaz chez les Sarko ne faisait guère
mystère depuis quelque temps. Que les divers événements
survenus depuis l’élection, avec une Cécilia, tour à tour vedette
ou absente, soufflant alternativement le chaud et le froid,
fassent partie d’un « plan média » est, après tout, possible, mais
à vrai dire, sans importance, du moins pour ce qui me concerne.


Je po-si-ti-ve !

Ne peut-on espérer que l’éloignement de Cécilia entraîne celui
de quelques-unes de ses créatures dont en particulier David
Martinon. 


« Martinon ! Non ! Non ! », comme braillaient avec
irrévérence, l’autre jour, sur l’air des lampions, quelques
habitants et/ou conseillers municipaux de Neuilly, lorsque notre
Président-Magicien a sorti de son chapeau municipal, contre
toute attente, ce sinistre lapin.
 C’est vrai qu’au fond, il a
quelque chose du lapin ce Monsieur David Martinon ; peut-être,
à y penser, est-ce la fuite de son absence de menton. Ce brillant
jeune homme porte hélas sur son visage le mépris dans lequel il
tient, de toute évidence, le reste de l’humanité. 



Nicolas (en ces circonstances pénibles, vous permettez,
Monsieur le Président, que je vous appelle Nicolas !), fourrez
au plus vite David Martinon dans les valises de Cécilia !
Un
porte-parole, comme tout VRP et tout escroc, doit avoir une
bonne tête, surtout quand il annonce de mauvaises nouvelles.
Or, examinez-le en tout objectivité ce David Martinon,
maintenant que Cécilia n’est plus là pour vous faire la gueule si
vous virez son protégé. Martinon, force vous est de me
l’accorder, a une tête antipathique, caractère qu’accroît encore
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