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Chronique du 16 juillet

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Plus qu’une éphéméride, retrouvez la Chronique d’un jour sur toute l’histoire de l’humanité.

Éditions Chronique
EAN : 9782366023251
Éditions Chronique
Mediatoon Licensing
15-27, rue Moussorgski – 75018 Paris
E-mail : contact@editions-chronique.com
Site Internet : http://www.editions-chronique.com
1942 - La Rafle du Vel d’Hiv
Paris, France

L'opération Vent printanier commence ce matin. Elle va durer deux jours. Elle a pour objectif l'arrestation en masse de Juifs, surtout étrangers ou apatrides réfugiés en France. Sur ordre de René Bousquet, secrétaire général de la police au ministère de l'Intérieur, la police française cerne les quartiers désignés à Paris et en banlieue. 5 000 policiers et gendarmes démarrent la chasse à l'homme. Enfants, adultes, vieillards, malades ou bien-portants, tous les Juifs trouvés chez eux - les hommes jusqu'à 60 ans, les femmes jusqu'à 55 ans et les enfants de 2 à 16 ans - sont arrêtés et conduits au camp de Drancy ou au vélodrome d'Hiver, boulevard de Grenelle. Là, ils s'y entassent dans des conditions inhumaines. Ce terrain de sport n'a pas été préparé pour une opération d'une telle ampleur : les 7 000 personnes qui s'y retrouveront enfermées ne disposent ni d'eau, ni de nourriture, ni d'installations sanitaires, et n'ont pas tous la place de s'étendre. Ils ignorent combien de temps ils vont devoir attendre leur transfert vers divers camps. Pourtant l'objectif des nazis n’est pas atteint puisque, sur les 28 000 arrestations prévues, moins de la moitié ont été effectuées. Prévenus qu'une rafle se préparait, ou bénéficiant du manque de zèle de certains policiers, beaucoup de Juifs ont pu s’enfuir.

Programmée par le régime nazi dans plusieurs pays européens, la rafle est organisée, en France par le gouvernement de Vichy. Il s’agit de la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la guerre. Les premières ont commencé en 1940 en zone libre et en mai 1941 en zone occupée, les Juifs étant placés dans des camps d'internements. Lors de l’organisation de cette opération, l’État français avait négocié avec les nazis sur une base de 40 000 Juifs de la zone occupée (dont 22 000 adultes de la région parisienne), avec un ratio de 40 % de Juifs français et 60 % de Juifs étrangers. En juin, René Bousquet, chef de la police, propose de livrer 10 000 Juifs apatrides (autrichiens, polonais, tchèques n’ayant plus de gouvernement) de la zone libre. Début juillet, il ne formule aucune objection à l'arrestation des Juifs apatrides mais exprime son inquiétude devant le fait « gênant » que la police française soit chargée de l'exécution des plans dans la zone occupée. Bousquet obtient un compromis selon lequel la police raflerait uniquement les Juifs étrangers en échange d'un réarmemement de la police française. Vichy qui souhaite protéger les Juifs français ratifie cet accord.

René Bousquet, accompagné de Louis Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, rencontre ensuite les dirigeants de la police allemande en France. «  Les policiers...