Circonstances 1

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Les textes qui composent ce premier volume d’une série à venir intitulée Circonstances portent sur quelques séquences brèves et récentes de l’actualité planétaire ; ils sont parmi les plus polémiques, les plus sarcastiques, les plus scandaleux peut-être (c’est le souhait de l’auteur) que ces « circonstances désastreuses » pouvaient lui inspirer. Qu’elles pouvaient lui inspirer en philosophe. Qu’elles pouvaient lui inspirer plus précisément, et pour emprunter à son lexique, en métapolitique. Qu’est la métapolitique ? Le moyen qu’offre la philosophie de défaire les opinions établies et les propagandes dominantes.
Quels mots établissent le langage, quel langage le jugement, quel jugement l’opinion, quelle opinion la propagande, et quelle propagande enfin le pouvoir dominant ; c’est ce que ce volume 1 de Circonstances analyse avec enjouement autant qu’avec gravité.
Publié le : mardi 20 janvier 2015
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EAN13 : 9782756105642
Nombre de pages : 93
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Alain Badiou
Circonstances, 1
Kosovo, 11 septembre, Chirac/Le Pen Les textes qui composent ce premier volume d’une série à venir intitulée Circonstances portent sur quelques séquences brèves et récentes de l’actualité planétaire ; ils sont parmi les plus polémiques, les plus sarcastiques, les plus scandaleux peut-être (c’est le souhait de l’auteur) que ces « circonstances
désastreuses » pouvaient lui inspirer. Qu’elles pouvaient lui inspirer en philosophe. Qu’elles pouvaient lui inspirer plus précisément, et pour emprunter à son lexique, en métapolitique. Qu’est la métapolitique ? Le moyen qu’offre la philosophie de défaire les opinions établies et les propagandes dominantes. Quels mots établissent le langage, quel langage le jugement, quel jugement l’opinion, quelle opinion la propagande, et quelle propagande enfin le pouvoir dominant ; c’est ce que ce volume 1 de Circonstances analyse avec enjouement autant qu’avec gravité.
EAN numérique :997788--22--77556611--0055664-32-5EAN livre papier : 9782756101774www.leoscheer.com
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CIRCONSTANCES, 1
DUMÊMEAUTEUR
PHILOSOPHIE Le concept de modèle.Maspéro, 1969 (épuisé) Théorie du sujet.Le Seuil, 1982 Peuton penser la politique ?Le Seuil, 1985 L’être et l’événement.Le Seuil, 1988 Manifeste pour la philosophie.Le Seuil, 1989 Le Nombre et les nombres.Le Seuil, 1990 Conditions.Le Seuil 1992 L’Ethique.Hatier, 1993 (épuisé) ; Nous, 2003. Deleuze.Hachette, 1997 Saint Paul, la fondation de l’universalisme.PUF, 1998 Court traité d’ontologie transitoire.Le Seuil, 1998 Abrégé de métapolitique.Le Seuil, 1998 Petit manuel d’inesthétique.Le Seuil, 1998
LITTÉRATURE ET THÉÂTRE Almagestes, prose.Le Seuil 1964 (épuisé) Portulans, roman.Le Seuil, 1967 (épuisé) L’écharpe rouge, romanopéra.Maspéro, 1979 (épuisé) Ahmed le subtil, farce.Actes Sud, 1994 Ahmed philosophe,suivi deAhmed se fâche, Actes Sud, 1995 Les Citrouilles, comédie,Actes Sud, 1996 Calme bloc icibas, roman.POL, 1997
ESSAIS POLITIQUES Théorie de la contradiction.Maspéro, 1975 (épuisé) De l’idéologie(avec F. Balmès).Maspéro, 1976 (épuisé) Le noyau rationnel de la dialectique hégélienne (avec L. Mossot et J. Bellassen), Maspéro, 1977 (épuisé) D’un désastre obscur.Éditions de l’Aube, 1991
©Éditions Lignes & Manifestes, 2003
ALAIN BADIOU
CIRCONSTANCES, 1 Kosovo, 11 septembre, Chirac/Le Pen
Editions Léo Scheer
Préface
Certains anti-philosophes – je songe en particulier à Jean-Claude Milner – versent au dossier de l’accusation l’indifférence manifeste de nombre de mes illustres confrè-res au « ce qui se passe » courant, et singulièrement aux désastres qui affectent l’humanité. L’exemple canonique de Milner est, s’agissant de Platon, qu’il n’ait à peu près rien mentionné des péripéties de la guerre du Peloponnèse, ni jamais fait état de la grande peste d’Athènes. On tire aisément de tels constats que les philosophes, fussent-ils, comme moi, des philosophes de l’événement, sélection-nent ce qui valide leurs intérêts ou leurs théories, et n’ont au devenir réel qu’un lien fort abstrait. Le grief véritable est évidemment qu’à la fin, seulement soucieux d’affirmer les voies du salut qu’ils prétendent détenir, les philosophes ne portent nul intérêt aux souffrances de l’humanité, ni
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ne se soucient des victimes. Bref : ils continuent à philo-sopher, comme si de rien n’était, « après Auschwitz ». C’est, à mon avis, tout à fait exact. La philosophie, du moins celle que je considère, ne trouve nul point de départ intéressant dans la considération des victimes, ni n’a la moindre intention de tenir pour des événements de la pensée philosophique l’accumulation de désastres dont se tisse depuis des millénaires l’histoire de l’humanité. Le Bien – ou le Vrai, c’est la même chose – est la visée propre de la philosophie. Le Mal est une catégorie de la théologie, ou de la morale, qui n’est qu’une théologie dégradée. Disons aussi : les catastrophes politiques relèvent de la politique, les obscu-rantismes calamiteux concernent la science, l’académisme où l’art se fait art pompier relève de l’art, les violences meur-trières de la passion relèvent des péripéties de l’amour. La mort elle-même, comme l’a dit une fois pour toutes Spinoza, le sage ne s’en soucie nullement, car sa méditation est une méditation de la vie. C’est que la philosophie ne tient pour un événement que ce dont s’originent les vérités, ainsi que les sujets qui donnent figure active à ces vérités. J’accorde sans hésiter à Nietzsche que le propos philosophique doit être intégrale-ment affirmatif. Platon est donc fondé à soutenir que la découverte de l’irrationalité de racine de deux est un événe-ment capital, et que l’amoncellement de cadavres entraîné
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