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Citations II

291 pages

Après Citations I qui envisageait la dimension intersémiotique de la citation, Citations II met en lumière la visée interne de l'acte citant, son rôle dans la structuration d'un genre de discours, puis les visées externes de la citation (didactique, argumentative, identitaire…).

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Ajouté le : 01 juin 2012
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EAN13 : 9782296492790
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Citations II
Citr pour quoi fair ?
Pragmatiqu d la citation
Au cœur ds txts Collection dirigée par Claire S TOLZ (Université Paris-Sorbonne) 1. Alia BACCAR-BOURNAZ, Essais sur la littrature tunisienne d’expression française , 2005. 2. Alya CHELLY-ZEMNI, Le sauveur dans Baaille  dan la monane de Jean Giono , 2005. 3. Noureddine LAMOUCHI, Jean-Paul Sartre, critique littraire , 2006. 4. Caherine VIOLLEt e Marie-Françoie L EMONNIER-DELpY (dir.), Mtamorphoses du journal personnel. De Rtif de la Bretonne à Sophie Calle, 2006. 5. Lia KURts-WöstE, Marie-Albane R IOUx-WAtINE e Mahilde VALLEspIR , éthique et significations , 2007. 6. Jean-Loui JEANNELLE e Caherine V IOLLEt (dir.), Genèse et autofiction , 2007. 7. Irène FENOgLIO (dir.), L’criture et le souci de la langue. é crivains, linguistes : tmoignages et traces manuscrites , 2007. 8. Irène FENOgLIO, Une auto-graphie du tragique. Les manuscrits de Le  Fai et de L’avenir dure lonem de Louis Althusser , 2007. 9. Delhine DENIs (dir.), L’obscurit. Langage et hermneutique sous l’Ancien Rgime , 2007. 10. Aurèle CRAssON (dir.), L’dition du manuscrit. De l’archive de cration au scriptorium lectronique , 2008. 11. Lucile gAUDIN e geneviève sALVAN (dir.), Les registres. Enjeux stylistiques et vises pragmatiques , 2008. 12. Françoie RULLIER-tHEUREt, Faut pas pisser sur les vieilles recettes. San-Antonio ou la fascination pour le genre romanesque , 2008. 13. Valenina CHEpIgA, émile et un romain , à araîre. 14. Vronique MON téMONt e Caherine VIOLLE t (dir.), Le Moi et ses modèles. Genèse et transtextualits , 2009. 15. Ridha BOURKHIs e Mohammed BENJELLOUN (dir.), La phrase littraire , 2008. 16. salah OUEsLAtI, Le lecteur dans les p oie de Stphane Mallarm , 2009. 17. Jean-Michel ADAM e Ue HEIDMANN, Le texte littraire. Pour une approche interdisciplinaire , 2009. 18. Françoie sIMONEt-tENANt, Journal personnel et correspondance (1785-1939) ou les affinits lectives , 2009. 19. samia K AssAB-CHARFI (dir.), Altrit et mutations dans la langue. Pour une stylistique des littratures francophones , 2010. 20. Ola ANOKHINA (d.), Multilinguisme et crativit littraire , 2011. 21. Claire BADIOU-MONFERRAN (dir.), Il tait une fois l’ interdisciplinarit. Approches discursives des “contes” de Perrault , 2010. 22. geoffrey ZUFFEREY, L’autofiction : variations gnriques et discursives , à araîre. 23. Anna JAUBERt, Juan Manuel LÓpEZ MUÑOZ, sohie MARNEttE, Laurence ROsIER e Claire stOLZ, Citations I. Citer à travers les formes. Intersmiotique de la citation , 2011. 24. Anna JAUBERt, Juan Manuel LÓpEZ MUÑOZ, sohie MARNEttE, Laurence ROsIER e Claire stOLZ, Citations II. Citer pour quoi faire ? Pragmatique de la citation , 2011.
Anna Jaubrt, Juan Manul Lópz Muñoz, Sophi Marntt, Laurnc Rosir t Clair Stolz (dir.)
Citations II
Citr pour quoi fair ?
Pragmatiqu d la citation
N° 24
Les responsables de cet ouvrage tiennent à remercier Jacques Bres, Lucile Gaudin-Bordes, Véronique Magri, Dominique Maingueneau, Sylvie Mellet, Véronique Montagne, Alain Rabatel, Geneviève Salvan pour l’aide qu’ils ont apportée à la relecture des articles.
D/2011/4910/26 © Harmattan-Academia s.a. Grand’Place, 29 B-1348 L OUVAIN -LA -N EUVE
ISBN 13 : 978-2-8061-0028-3
Tous droits d rproduction, d’adaptation ou d traduction, par qulqu procédé qu c soit, résrvés pour tous pays sans l’autorisation d l’éditur ou d ss ayants droit. Imprimé n Blgiqu.
www.editions-academia.be
INTRODUCTION
Les visées de la citation
Anna Jaubert 1 et Laurence Rosier 2
C omme son nom l’indique, ce volume, Citations II , fait suite à un premier : Citations I, qui, dans le sillage des débats ouverts par le Colloque Ci-Dit IV de Nice 3 , proposait de renouveler l’approche du phénomène citationnel en prenant résolument en compte sa matérialité plurisémiotique. Ce parti pris s’est d’abord concrétisé dans un panorama reconfiguré des procédures d’exhibition de la chose citée. Au comment largement décliné de ces pratiques sémiotiques, succède dans cette seconde livraison le questionnement de leur pour quoi faire ? Ici, la dimension plurisémiotique de la citation sera explicitement articulée à la visée pragmatique de l’acte citant saisi dans toute sa complexité. En effet, l’espace de la citation s’est aujourd’hui singulièrement complexifié. C’est là une conséquence inéluctable des nouvelles pratiques interrogées, liées à l’extrme diversification des voies empruntées par la Circulation des Discours , autrement dit des pratiques en prise directe sur l’objet d’étude qui a donné son nom au groupe Ci -Di t. Fort des balisages antérieurs apportés par ses précédentes thématiques 4 , ce livre entend jeter les premières bases d’une prise en compte de cette complexité, en analysant ses manifestations marquées. 1 Université de Nice-Sophia Antipolis. 2 Université libre de Bruxelles. 3 Ci-Dit IV , « Discours rapporté, citation et pratiques sémiotiques », Nice, 11-13/06/09. 4 Nous renvoyons aux précédents colloques : Ci-Dit I (Bruxelles, 2001) a exploré le « DR dans tous ses états » en soulevant la question théorique de ses frontières, Ci-Dit II (Cadiz 2004) a mis en perspective le DR dans la problématique des genres de discours, et Ci-Dit III a observé son fonctionnement et son impact dans le cadre des pratiques sociales (Québec, Laval 2006).
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C iter  pour  quoi  faire ? p ragmatique  de  la  Citation
L’une des plus spectaculaires, et vertigineuses sans doute, éclate dans les s/citations du site Arrêt sur images , envisagées par A. Rabatel , qui, symboliquement, ouvrent ce recueil en pointant l’enjeu pragmatique de la plurisémioticité, augmentée de l’allongement notable du discours cité 5 . Sur la toile, la masse de données dont les liens hypertextuels ouvrent les vannes, oblige le lecteur à des choix personnels. Dans ces situations oralo-graphiques (comportant des enregistrements et des supports vidéo), où la citation fait exploser son format et ses modalités habituelles, la hiérarchie énonciative est brouillée et l’impact dialogique potentialisé : on entre dans le vif d’une corrélation entre un support citationnel plurisémiotique, et le marquage (donc la lisibilité) des positionnements pragmatiques. Dans un parcours qui progressivement se décale des problématiques énonciatives aux enjeux pragmatiques et sociaux, les différentes pratiques étudiées et les questions qu’elles font émerger, motivent deux grandes étapes. Dans cet esprit, la première partie de l’ouvrage réunit les contributions qui mettent en lumière la visée interne de l’acte citant, son rôle dans la structuration d’un genre de discours. La deuxième partie braque le projecteur sur les visées externes de la citation (didactique, argumentative, identitaire…). Mais il va de soi que la configuration d’un genre de discours n’est jamais indifférente : loin d’écraser le continuum des visées pragmatiques, l’agencement des articles au sein de chacune des parties dégagera les phénomènes transitionnels et les problématiques surplombantes. Pragmatique des discours et genres de discours sont en effet massivement solidaires, et l’on peut mme indexer cette solidarité sur l’implication du discours dans les « actes de la vie ». Si le sentiment de littérarité peut tre associé à la notion de décalage pragmatique 6 , c’est que l’éloignement, plus ou moins prononcé, de la motivation externe fait corrélativement monter en puissance les motivations internes, celles qui construisent un ordre du texte littéraire comme littéraire, la citation participant clairement à cette demande de reconnaissance de place. D’ob servations en réflexions, la nécessité s’est imposée d’élargir la notion de DR à des modalités autres que strictement linguistiques. Pour le détail des travaux du groupe, on consultera le site http://www. ci-dit.com 5 On découvre souvent cet allongement notable des insertions par rapport aux citations de la presse écrite. 6 A. Jaubert, La Lecture pragmatique , Paris, Hachette, 1990, et « La diagonale du style », Questions de style, Pratiques , 135-136, 2007.
Introduction  
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On trouvera donc en début de première partie un groupe de contributions liées par les enjeux d’une pragmatique littéraire, et pour commencer celle de Frédéric Gai , « Citer, acte au cœur du dispositif mauriacien », puisqu’elle aborde frontalement la visée interne de la citation, son rôle structurant et fondateur dans l’élaboration d’un dispositif romanesque. Maria do Rosário et Manuel José Silva , dans « La citation et l’air du temps », s’attachent à l’avènement de la citation moderne, entre intertextualité explicite et impli-citations, sous les plumes de Proust et de Perec, lecteurs de Flaubert. Geneviève Salvan interroge une entreprise originale du romancier Jean Rouaud, « Réécrire de connivence : les fortunes dialogiques de l’allusion ». Ce faisant, elle articule une problématique littéraire, propre aux romans familiaux de l’auteur, aux risques et aux enjeux d’une extra-territorialité des discours qui intègrent un fonds discursif commun. Claire Stolz aborde un carrefour : son article, « la citation de presse dans l’œuvre littéraire contemporaine, de l’effacement des sources au collage » s’appuie sur deux exemples d’une littérature engagée qui, par définition, superpose les visées pragmatiques interne et externe. Churchill d’Angleterre d’A. Cohen (1943) et Daewoo de F. Bon (2004) permettent de confronter deux traitements de la citation intersémiotique (le texte littéraire empruntant aux actualités cinématographiques, à la radio, ou à la presse écrite) pour établir les partis pris divergents entre l’hétérogénéité filtrée et absorbée du premier, et l’hétérogénéité surexposée du second. Avec les deux articles suivants les corpus littéraires font place à des discours sociaux, publicitaire ou politiques. Pour autant la citation y est toujours envisagée comme l’élément structurant d’un genre de discours. C’est ce qu’on relève chez Marc Bonhomme, dontlacontributioncibleles« citationsparodiques et [l’]iconicité dans le discours publicitaire », pour dégager les interactions entre la composante iconique du message, son sens parodique, et sa fonction persuasive. La pragmatique de la citation publicitaire est arrimée à sa dimension plurisémiotique. De leur côté, Françoise Sullet-Nylander et Malin Roitman pénètrent au sein de l’arène politique, analysant les débats télévisés qui opposent les candidats finalistes aux élections présidentielles. Dans ce genre hypermédiatisé, et bien nommé duel , l’« étude comparative : Chirac/ Jospin (1995) et Sarkozy/Royal (2007) » met en évidence le rôle structurant
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C iter  pour  quoi  faire ? p ragmatique  de  la  Citation
d’un discours cité au service de sa réfutation, conditionné par une visée argumentative 7 ou disqualifiante. Comme nous l’avons signalé plus haut, la seconde partie de l’ouvrage regroupe des contributions qui se centrent davantage sur les visées externes de la citation (didactique, argumentative, identitaire…). Depuis quelques années, on a pu assister à un intért discursif pour le Nom propre, objet de l’attention des philosophes du langage et des linguistes de la langue depuis longtemps. C’est alors en terme de processus de dénomination et comme condensateur de mémoire collective que le nom propre est abordé. Trois contributions abordent la question de la circulation du nom propre associé à un processus linguistique spécifique : l’antonomase. Evgeny Shokenmayer s’appuie sur la recatégorisation du nom propre pour montrer en quoi il sert à faire circuler des stéréotypes et à construire une identité collective. L’intégration de ces lexèmes dans le discours lexicographique est un processus long, qui atteste alors de leur stabilisation sémantique. La notoriété et la reconnaissance culturelle dépendent de la « vie » du Npr et des modalités de son usage. L’exemple du nom propre Chauvin, initialement « type du soldat patriote naïvement exalté des armées du premier Empire, mis en scène par Cogniard dans la Cocarde tricolore », illustre ce parcours, de l’allusion peu partagée à l’entrée dans la mémoire collective de la langue. Le travail de Laura Calabrese met également en avant la problématique de la circulation des discours de l’antonomase, à travers le phénomène des noms d’événements créés par et diffusés dans le discours médiatique. La réutilisation des désignants événementiels, sorte de discours rapporté non marqué, devient un outil constructeur de mémoire collective basé sur des dénominations, des faits, des images. Ainsi le désignant événementiel condense une polysémioticité interdiscursive. On trouvera une approche similaire chez Justine Simon , qui observe elle aussi les modalités d’émergence du mot-événement dans le discours médiatique : son étude des « retentissements du ‘21 avril 2002’ dans un espace sémio-discursif mixte » articule les matérialités sémiotiques de l’interdiscours sollicité à sa portée argumentative, en relation avec le potentiel objectivisant ou subjectivisant des nombreux supports convoqués. Dans la matérialité de la circulation des discours, les lieux et les espaces réels ainsi que les déplacements établissent des relations mentales avec les
7 Les auteures renvoient aux formes du discours rapporté argumentatif pointées par L. Rosier, Le disco urs rapport  en français , Paris, Ophrys, 2008.
Introduction  
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discours qui y sont produits. À ce titre les salons mondains, qui s’appuient sur des interactions conversationnelles codifiées, ont produit un certain type d’écrits polyphoniques fondés sur la compilation de citations patrimoniales, et d’énoncés brefs issus des discours contemporains. L’ensemble forme une sorte de bagage collectif crédible et partagé par les habitués des salons. Karine Abiven le montre précisément à partir des recueils de bons mots et d’anecdotes, dans leur mise en scène énonciative (formes très imbriquées de discours d’origine énonciative multiple) et sémiotique (le dispositif textuel des manuscrits montre une pratique spécifique des marginalia comme signe d’interactions). La manière complexe dont s’organise le rapport au discours d’autrui est particulièrement bien représentée dans les corpus de type didactique et dans les corpus de travaux scientifiques. Chantal Claudel explore la diversité des pratiques citationnelles à l’œuvre dans les cours magistraux universitaires. La citation orale d’autres sources engendre des phénomènes de superpositions sémiotiques (l’enseignant lit des citations, change de débit, d’intonation, etc.) et on constate que les manifestations de l’hétérogénéité énonciative sont en lien avec les pratiques et conceptions pédagogiques des enseignants. La pratique fait l’art de citer en quelque sorte. Autre genre de discours, entre discours universitaire et discours scientifique : la thèse de doctorat. C’est par le biais de deux petits marqueurs qui permettent notamment de renvoyer au discours d’autrui ( voir et cf. ) que Francis Grosmann poursuit une réflexion menée depuis plusieurs années sur les mécanismes d’autorité énonciative dans l’écrit scientifique caractérisé par sa « multiréférenciation ». Formes métatextuelles, intertextuelles et validantes, voir et cf. deviennent « évidentiels » selon des degrés différents liés aux champs disciplinaires et aux auteurs. Par exemple, les thèses de psychologie analysées recourent préférentiellement à voir dans la fonction intertextuelle, tandis que les thèses de sciences de l’éducation semblent plutôt utiliser cf. pour cet usage. Le terrain politique est propice à l’analyse des modes de circulation et de diffusion des discours idéologiquement et ouvertement marqués. Il est alors indispensable d’étudier de pair la parole politique et ses reconfigurations dans le discours médiatique. Le champ discursif des élections françaises mobilise les analystes de discours depuis de nombreuses années (ici mme dans la première partie Françoise Sullet-Nylander et Malin Roitman). Fred Hailon cherche à montrer comment les représentations et les discours politiques en circulation lors des élections présidentielles françaises de 2002 sont retravaillés