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Clinique de l'acte analytique - Tome 2

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En quoi les voies d'accompagnement du malaise humain par la religion, la médecine, la psychothérapie, ou la psychanalyse sont-elles différentes ? À l'origine de ce séminaire, l'idée qu'il y aura de la psychanalyse tant qu'il y aura des psychanalystes pour penser eux aussi l'hypothèse de l'inconscient, à partir dun retour à Freud – incontournable. Ce travail est non seulement le fruit d'une expérience clinique de psychanalyste pendant 30 ans à Toulouse, mais celui aussi d'une recherche féconde tant dans le champ social que dans le registre de la psychanalyse. Cet ouvrage nous transmet une lecture singulière de nombreux auteurs, ouvre des pistes qui pourraient participer à l'avenir de la psychanalyse et donne des outils pour œuvrer dans le social.

Avec le soutien du CNL.


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Clinique de l’acte analytique

 

Marc Thiberge

 

Les Séminaires du Mardi

 

Tome II –

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présentation du livre : En quoi les voies d'accompagnement du malaise humain par la religion, la médecine, la psychothérapie, ou la psychanalyse sont-elles différentes ? À l'origine de ce séminaire, l'idée qu'il y aura de la psychanalyse tant qu'il y aura des psychanalystes pour penser eux aussi l'hypothèse de l'inconscient, à partir dun retour à Freud – incontournable.  Ce travail est non seulement le fruit d'une expérience clinique de psychanalyste pendant 30 ans à Toulouse, mais celui aussi d'une recherche féconde tant dans le champ social que dans le registre de la psychanalyse. Cet ouvrage nous transmet une lecture singulière de nombreux auteurs, ouvre des pistes qui pourraient participer à l'avenir de la psychanalyse et donne des outils pour œuvrer dans le social.
 
Auteur : Marc Thiberge, membre de l'ex-École freudienne de Paris, ouvre aux lecteurs le séminaire qu'il a tenu dans le cadre de l'association ALTERS en 2001 et 2002. Il est aussi psychiatre et, à ce titre, a exercé des fonctions de responsabilité dans diverses structures de soin.

 

Table des matières

 

Prologue Le temps d’après

CHAPITREILe concept d’imaginaire comme activateur

L’épreuve spéculaire

Le jeu de la métaphore

L’enjeu psychosomatique

CHAPITREIIMédecine et psychanalyse

L’efficacité symbolique

Le symbolique

Les modèles modernes de la maladie

La guérison

La médecine comme discours

Médecine d’« expertise », médecine « scientifique »

Instituer la vie : l’exemple des enjeux de la bioéthique

Le travail fondamental « épistémo-somatique »

CHAPITREIIIQu’est-ce qu’un corps

La médecine du corps n’est pas la médecine de l’organisme

L’influence et le corps comme invention

Ibn Tufayl et Michel Tournier

La conception du corps selon la cosmogonie canaque

Médecine des signatures et tutelle du cosmos

La maison, l’espace, le corps

Corps et organisation

L’organisation comme processus d’inviduation

Rapports corps/pensée

Organisation minimale d’un système vivant

Désordre, source d’ordre

Système réalité psychique et système du corps et ses objets

Entre le corps biologique et le corps symbolique

Du pouvoir des médicaments

CHAPITREIVLe corps et le pouvoir

Psychopathologie du corps

Légitimité et fondement du pouvoir

Nature du pouvoir dans ses rapports au corps

Pouvoir et société

De la nature du pouvoir

CHAPITREVLe corps et le pouvoir : autres questions

Le cas de la France

Psychanalyse et pouvoir

CHAPITREVIPour une clinique de l’acte psychanalytique

Les transformations dans le champ de la psychopathologie

Maladie mentale et souffrance psychique

Souffrance psychique : médecine et psychanalyse

Clinique médicale

La souffrance psychique comme enjeu dans les séances préliminaires

CHAPITREVIILa formation du psychanalyste à l’img3.pngpsychanalyse

L’approche des neurosciences

Conscient et non-conscient

De l’instruction à la sélection

Connaissance objective et pensée mythique

La pensée sauvage

« Penser », concept catégorique psychanalytique ?

CHAPITREVIIILa formation du psychanalyste à l’img3.pngpsychanalyse (suite)

Que pourrait être une association de psychanalyste ?

Quelles activités associatives en découlent

Le cursus n’est pas le gradus

La pratique de la transmission

Quel avenir ?

CHAPITREIXÀ propos des mutations sociales actuelles

La crise amplifie la réduction des tensions en France

L’individualisation et les figures de l’individualisme contemporain

Place de l’État-Providence dans cette évolution

La modification des identités professionnelles

CHAPITREXÀ propos des mutations sociales actuelles

Les mutations sociales et la « personnalité de base » actuelle

L’expression des nouvelles formes de pathologie de la personnalité

La démarche psychanalytique est affectée par cette nouvelle individualité

Dans quel environnement les théories freudiennes sont-elles prises ?

Conclusion

NOTES

BIBLIOGRAPHIE

 

Prologue
Le temps d’après

Les tomes I et II des « Rencontres du Mardi » tenus en 2001 et 2002, sont pour moi inséparables : l’être individuel, expression d’une réalité psychique singulière et désirante n’est pensable qu’à partir de la constitution d’un « Être social ». Hors de tout contexte social, la question même du désir n’aurait aucun sens. L’inconscient comme hypothèse est historiquement et culturellement daté.

Depuis 2002, certaines de mes positions se sont radicalisées, notamment sur l’imaginaire comme pure création, comme la « vraie » institution de l’être ainsi que sur la question d’une absence de causalité psychique.

Ce travail qui a pris forme à ALTERS et à L’Invention freudienne témoigne qu’un « collectif » s’oriente nécessairement compte tenu des « un » inégaux, où chacun fait exception.

La réalité psychique est un modèle conceptuel virtuel qui vise à rendre compte des investissements libidinaux et de la fonction désirante, en expliquant par quelles modalités les humains perçoivent, comprennent, s’adaptent, investissent le monde et entrent en relation avec leurs « semblables autres ».

En contrepoint, la réalité sociale, conséquence de l’absence de déterminisme génétique qui permettrait aux êtres humains de vivre en groupe et de s’organiser « naturellement », est postulée par l’anthropologie, en particulier structurale, comme constituée de deux instances autonomes :

1- La culture, système de valeurs dont l’infrastructure permet de générer des systèmes d’appartenance, est la conséquence de la nécessaire mise en groupe des humains pour exister individuellement. Cette appartenance est construite sur « l’appétence » et la capacité « innée » des êtres humains à être déterminés, dans la mise en place de l’organisation des relations sociales, par l’ordre que génèrent les signes. Cette sémiotique « asservit » l’espèce en rendant vitale pour sa perpétuation, l’articulation des registres sémantiques (les mythes), perceptifs (les signes) et corporels (les rites).

2- Le système des échanges généralisés, les flux, régis par les lois de l’accumulation et du pouvoir, fonctionne dans la dynamique de l’appropriation et de la destruction (la consommation). Ce système génère la production, la circulation, la consommation des objets et des services ainsi que les flux monétaires et financiers. Le mécanisme capitaliste est une invention récente de quelques siècles sur le plan anthropologique, et mettra du temps à se trouver déterminé par le social, après une folle période décrite par Marx, où la croyance a été et demeure encore souvent que l’économique seul détermine le social.

Car, contrairement aux idées reçues, seules l’infrastructure culturelle et symbolique est vitale pour la préservation de l’espèce, car elle seule assure la cohésion sociale, l’homme y appréhende le monde et ses « semblables autres » comme façonné par sa culture et non tel qu’en lui-même.

Dans son immaturité, pour pouvoir vivre et s’adapter comme individu et comme espèce, l’homme doit devenir un être psychique et un être social ; personne désirante, interagissant sémantiquement, mais ne se déduisant pas de la réalité sociale.

Jusqu’à ces dernières années, à peu près toutes les théories partageaient la même conception de la nature de la réalité sociale, d’être constituée d’individualités qui s’agrégeaient soit autour de la notion d’intérêts, soit autour de problématiques infantiles insurmontables, soit autour de la création de repères imaginaires.

Loup pour l’homme, éternel enfant, victime !

C’est oublier que les êtres humains sont des animaux « dénaturés » en ce sens qu’ils ne bénéficient d’aucune programmation génétique qui les conduise à s’organiser socialement dans un biotope déterminé.

L’homme est un animal dénaturé parce que son adaptation et sa survie dépendant d’une organisation sociale spécifique a-naturelle qui lui permet, à la différence des autres espèces animales de s’adapter n’importe où, ou à peu près. Son destin ne dépend plus de conditions biologiques préprogrammées. Cette dénaturation qui aurait dû condamner notre espèce à une rapide disparition a fait naître, sans doute par mutation génétique, celle des Sapiens-sapiens, il y a 50 000 ans, une fonction absente chez les autres animaux, repérée comme « fonction symbolique », ce qui a sans doute permis l’apparition de la faculté de « coder » la réalité pour l’appréhender. (Voir Y. Coppens et P. Picq, Aux origines de l’humanité,De l’apparition de la vie à l’homme moderne et Le propre de l’homme.)

Cette fonction entraîne une capacité intellectuelle inconsciente sémiotique.

L’homme « dénaturé » est un être sémiotique, avec une conséquence, l’apparition du langage parlé. Cette capacité « sémantique » cognitive d’une conscience de la conscience partagée, permet une organisation sociale symbolique et sémantique indépendante de toute programmation génétique qui va permettre à l’homme son extraordinaire adaptation et son règne sur la nature enjoint par les écritures.

La découverte de cette révolution symbolique date des années cinquante, à la suite des travaux de M. Mauss, Durkheim, Lévi-Strauss etc. Ce faisant, l’anthropologie structurale a révolutionné la connaissance du fonctionnement et de l’organisation des sociétés humaines. Elle a montré que dans toute organisation humaine réunissant des hommes et des femmes autour d’un même projet et d’une même culture, existent deux modes de pensées : une pensée rationnelle et une pensée symbolique. Toutes deux déterministes :