Clitorisation de la fille Mushi : antithèse de la Mutilation Génitale Féminine

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Ici le débat est focalisé sur les mutilations génitales féminines, MGF, comme pratiques culturelles initiatiques et identitaires encore prévalantes en Afrique et dans d'autres parties du monde. Dans ce contexte, la « clitorisation », qui consiste dans le prolongement volontaire et personnel du clitoris en vue de le rendre plus long et propre à faciliter, selon les Bashi, la libido et la conception, devient une antithèse de la MGF. Cette clitorisation consiste en une sorte de sacralisation du corps de la femme.
Publié le : lundi 15 février 2016
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EAN13 : 9782140001239
Nombre de pages : 210
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son antithèse proposée à partir du cas de la jeune fille
expressément très explicites interviennent toutes dans le ficelage d’un
intéressé. Il devient évident à la fin de ce travail que seule la lutte contre dans toutes ses formes reste la panacée à ce fléau.
Etudes africaines
Série Anthropologie
Prof. Dr N N N
Clitorisation de la fille Mushi : antithèse de la Mutilation Génitale Féminine
Clitorisation de la fille Mushi : Antithèse de la Mutilation Génitale Féminine
Collection « Études africaines » dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
Dernières parutions
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Prof. Dr NKERE Ntanda Nkingi
Clitorisation de la fille Mushi : Antithèse de la Mutilation Génitale Féminine Plaidoyer pour un Renouveau culturel
À toutes les victimes de la MGF, que ce travail apporte beaucoup plus de lumière sur l’horreur que vous avez connue, afin qu’elle ne se répète jamais plus sur d’autres innocentes comme vous. À l’ingénieur Ntumba Kitengie Arseniratov Jéremie pour la mise en page.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07816-8 EAN : 9782343078618
1. De l’histoire
CHAPITRE I. INTRODUCTION GÉNÉRALE
L’histoire est généralement définie comme une collection chronologique des événements passés liés à la vie ou au développement d’un peuple, d’un pays, ou d’une institution donnée. Il va sans dire que souvent, l’histoire en tant que science ne se limite pas tout simplement à collecter ou répertorier les faits passés, mais se charge aussi de les décrire et de les analyser afin de mieux les comprendre dans le but de les utiliser pour mieux appréhender le présent et projeter le futur. C’est comme qui dirait qu’« un peuple sans histoire est un peuple qui ne sait d’où il vient, où il est, et surtout où il va ! » Dans ce sens, l’histoire est donc un ingrédient indispensable dans la détermination et l’identification de la totalité même de la vie de l’être humain. C’est-à-dire de son « humanité » comme nature humaine. Ordinairement, les faits historiques ne sont jamais les mêmes, car provenant de toute une panoplie de domaines de la vie communautaire. C'est-à-dire du domaine économique, social, culturel, et politique. Ceci bien que dans chacun de ces domaines il puisse encore y avoir des « sous-domaines » qui particularisent encore plus l’analyse de ces faits historiques. C’est ainsi que dans le domaine culturel il peut, par exemple, y avoir des aspects de ces faits historiques qui ne sont que dans le cadre desus et coutumes, ou encore rien que dans le cadre de la musique traditionnelle, de la danse, de la sorcellerie, de l’initiation, etc. Ce qui fait que tous les faits historiques n’ont pas toujours la même importance. Ils ne génèrent pas toujours le même intérêt, ou ne peuvent pas toujours être traités de la même manière lorsque soumis à une évaluation scientifique ou tout simplement à une appréciation sociale ordinaire. C’est donc à juste titre que l’histoire, selon Moralis-Daninos (1963, p. 5), engage une « juxtaposition et confrontation de documents sur des faits 1 exprimés en quantité et en qualité. » Elle engage le témoignage ou l’expression verbale, graphique, plastique, sonore ou filmée des événements passés dans le but de détecter avec le plus de précision possible le domaine 1  MORALIS-DANINOS, André.Histoire des relations sexuelles.« Que Sais-je ? » Le point des connaissances actuelles. N° 1074. Presses universitaires de France. Paris : France. 1963, p. 5.
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aussi bien historique, moral et autres, du fait historique soumis à l’étude ; maximisant ainsi l’objectivité dans son traitement. Moralis-Daninos postule donc que ces nombreuses sources de l’histoire sont souvent recueillies, conservées et transmises en vertu des principes parfois décalés, dans un rationalisme étroit. Il ajoute qu’elles sont interprétées en utilisant, souvent arbitrairement, un hypothétique principe d’analogie, pour expliquer des interprétations personnelles de l’historien au travail, mais aussi un principe de réaction pour expliquer ses divergences avec les autres interprétations du même fait historique sous étude. Il s’agit là clairement de ce qu’on peut qualifier de deux des « embûches » de l’histoire qui peuvent parfois pousser à biaiser ou entamer son interprétation et qui, de ce fait, nécessitent un renouveau interpré-tationnel continu. Cette révisitation de faits historiques pour essayer de mieux les interpréter est plus qu’impérative mais bénéfique, aussi bien pour la « santé » de l’histoire elle-même que pour le bien-être de la communauté qui en bénéficie d’une manière générale. Ceci étant encore plus le cas quand il s’agit des phénomènes historiques entourés de certaines controverses inter-prétationnelles, comme c’est le cas du sujet de laMutilation Génitale Féminine, MGF, ici sous étude. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’on peut dire que l’histoire comme telle, c’est-à-dire en tant que science, ne dis-crimine pas et ne devrait jamais discriminer les événements passés quand il s’agit de les analyser, les ré-analyser, les critiquer, ou tout simplement quand il s’agit d’en rendre compte ; sous peine de se retrouver prisonnière des interprétations de l’histoire qui ne sont pas nécessairement les plus véridiques. Pourtant, l’hypocrisie humaine a toujours fait qu’il existe certains faits et réalités historiques qui sont condamnés au silence de par leur nature, sous prétexte que leur présentation publique sous forme d’un récit, d’un conte, d’une formulation scientifique, d’un compte rendu ou tout simplement dans un cadre de débat social, porterait atteinte à la pudeur, et partant, à la dignité même d’un peuple ou d’une institution. Une telle interprétation à tendance iconoclaste est souvent due au fait que ces types de réalités sociales seraient parfois perçues comme des tabous ou des interdits qui ne peuvent être à la portée de tous les membres d’une communauté quelconque ; ou qui doivent tout simplement disparaître du discours historique courant sous peine d’embarrasser leurs origines identitaires en tant que peuple, individu, institution, ou civilisation. Il est vrai que souvent, dans un contexte purement philosophique, le point de vue eurocentriste veut présenter les réalités ou phénomènes historiques à caractère ésotérique et, potentiellement propres à la controverse interprétationnelle, comme un apanage de sociétés traditionnelles africaines.
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Ce point de vue étant largement corroboré ci-dessous dans la revue de la littérature sur ce type de malhonnêteté scientifique. Pourtant, il s’agit des réalités historiques traduites par des attitudes et comportements sociaux qu’on retrouve aussi bien dans les sociétés traditionnelles et/ou conservatrices africaines, asiatiques, américaines qu’européennes. Ceci est encore plus le cas quand il s’agit d’un sujet comme celui traité dans ce travail et qui est lié à l’histoire du sexe ; un aspect de notre nature humaine qui dépasse toute barrière raciale, ethnique, religieuse, politique, géographique, intellectuelle et autres. C’est pourquoi, dans le cadre d’une analyse de l’histoire qui se veut intellectuellement honnête et objective, le cas de cette étude ; et quand il s’agit surtout des réalités et événements identifiés comme « interdits » mais qui restent d’abord et avant tout historiques au même titre que tout autre fait passé ; il est impérieux qu’ils bénéficient de la même attention et du même traitement aussi longtemps que l’historien ou l’analyste scientifique intéressé en estime la nécessité pour le bien-être communautaire ainsi que celui de l’histoire elle-même en tant que science. Et c’est justement dans ce cadre que s’inscrit ce travail qui est essentiellement à caractère socioculturel et politique ; qui focalise sur la présentation de laMutilation Génitale Féminine dans un langage simple mais cru en vue de mieux comprendre son antithèse qu’est laClitorisation dans le contexte de l’initiation sexuelle de la jeune fille Mushi. Initiation pourtant jugée par d’aucuns de sujet fondamentalement « secret » et qui ne peut donc pas être à la portée de tous, y compris peut-être vous aussi, lectrice ou lecteur qui, on voudrait bien le croire, vous en intéresserez dorénavant grâce à ce travail.
2. Les thématiques de cette étude
Parlant de ce travail, qu’il soit dit ici que son intérêt est d’abord fondé sur le débat vieux de trois ou quatre décennies et qui domine encore le monde aujourd’hui ; peut-être plus le monde occidental que le monde africain. Ce débat focalise sur la question de laMutilation Génitale Féminine, MGF, comme une pratique culturelle, initiatique et identitaire encore prévalant en Afrique et dans d’autres parties du monde. Il s’agit d’un sujet qui divise beaucoup les intellectuels afrocentristes, compte tenu de sa nature socioculturelle et politique en tant que pratique ou rite de certaines sociétés primitives africaines. C’est ce clivage philosophique qui a souvent fait que le sujetMutilation Génitale Féminine, surtout quand il est défendu par les afrocentristes occidentaux, entraîne des nostalgies et/ou des cauchemars, selon le cas, colonialistes et néocolonialistes en termes d’infériorité et supériorité des civilisations vis-à-vis des unes et des autres. Les afrocentristes du Sud accusant ceux du Nord de ne s’intéresser au problème de la MGF que pour des raisons colonialistes et néocolonialistes
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