Comment je me suis séparée de ma fille et de mon q

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Largués par nos parents qui disparaissent, par nos enfants qui quittent la maison, c'est le plus souvent au même moment de la vie que nous sommes confrontés à ces séparations : nos parents meurent, nos enfants grandissent.


Coincés entre deux générations, ceux à qui nous devons l'existence, ceux à qui nous l'avons donnée, qui sommes-nous désormais? Les repères vacillent, les rôles changent. Comment faire de cette double perte une métamorphose intérieure, un nouveau départ ?



L. F.



Traduite en quinze langues, Lydia Flem a publié neuf livres. Notamment, dans la même collection, Comment j'ai vidé la maison de mes parents.



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Publié le : jeudi 28 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782021181470
Nombre de pages : 187
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Lydia Flem est écrivain, psychanalyste et photographe. Membre de l’Académie royale de Belgique, elle est l’auteur de livres traduits dans une vingtaine de langues.
L y d i a F l e m
C O M M E N T J E M E S U I S S É P A R É ED E M A F I L L E E T D E M O N Q U A S I  F I L S
Éditions du Seuil
Cet ouvrage a été publié dans la collection e « La Librairie du xxi siècle » dirigée par Maurice Olender
T E X T E I N T É G R A L
 9782757841266 re ( 9782020987523, 1 publication)
© Éditions du Seuil, 2009
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« Mais pour en revenir à moimême, je pensais plus modestement à mon livre, et ce serait même inexact que de dire en pensant à ceux qui le liraient, à mes lecteurs. Car ils ne seraient pas, selon moi, mes lecteurs, mais les propres lecteurs d’euxmêmes, mon livre n’étant qu’une sorte de ces verres grossissants comme ceux que tendait à un acheteur l’op ticien de Combray ; mon livre, grâce auquel je leur fournirais le moyen de lire en eux mêmes. » Marcel Proust,Le Temps retrouvé.
Partir peutêtre
Down, down, down. Would the fallnevercome to an end ?
« Elle tombait, tombait, tombait. Cette chute ne prendraitelle doncjamaisfin ? » Alice au pays des merveillesLewis C
J’y songeais comme à une chose lointaine, une perspective abstraite. Ce futur – long temps inimaginable – appartenait soudain au passé. Le rempart du temps s’écroulait. Je n’étais plus à l’abri. La séparation s’an nonçait dans sa réalité concrète, intime, quo tidienne, elle se tenait devant moi : inévitable et déchirante. L’idée s’agitait dans ma tête depuis des mois, je jouais avec elle, l’examinant puis la chassant,
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pesant le pour et le contre ; j’hésitais. Son évi dence, sa nécessité, s’imposèrent. Il fallait que notre fille quitte la maison pour apprendre à voler de ses propres ailes. L’heure était venue pour Sophie de découvrir le vaste monde, loin de chez elle, loin de nous. Nous l’avions tendrement aimée, trop peut être. L’autonomie, la confiance en soi, la capacité de déployer sa propre créativité, qui s’éprouvent d’abord en présence des proches, ne peuvent pleinement se vivre que par l’expé rience répétée en dehors du cercle familier. Pourquoi ne pas envoyer notre fille à l’étranger apprendre une autre langue, une nouvelle culture, découvrir d’autres manières de vivre, de penser ? Par le décalage, le décen trement, la distance, lui permettre de vérifier qu’elle était capable de se débrouiller seule, de prendre sa place, de choisir ce qui était bon pour elle, d’affirmer ses repères, ses intuitions, ses propres désirs ?
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