Comprendre et réagir

De
Publié par

Ce livre est un recueil de dix-neuf notes datées de 2008 à 2015 relatives aux erreurs majeures de diagnostics et de remèdes, en matière économique, en France, en ce début du 21ème siècle. Ces notes sont fondées sur l’enseignement de Maurice Allais.


Publié le : jeudi 25 février 2016
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782334091671
Nombre de pages : 116
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-09165-7

 

© Edilivre, 2016

Du même auteur

 

Du même auteur :

R. Charreton et J.M. Bourdaire, La décision économique, 1985, Presses universitaires de France, Paris

R. Charreton, Economie Politique, pour se faire sa propre opinion, 1988, Editions Technip, Paris

R. Charreton, Révision des fondements de la mécanique quantique et de la gravitation, 2009, Editions L’Harmattan, Paris

Citation

 

 

… En économie politique, le vrai et le faux se ressemblent. Rares sont les hommes de science, ceux qui savent discerner le vrai du faux. Encore plus rares sont les hommes politiques qui, se sachant incapables de discerner le vrai du faux, se fondent sur des principes…

Avant-propos

Le titre de ce recueil résume un désir, celui de comprendre et d’exposer les ressorts économiques et politiques en France en ce début du vingt et unième siècle, suivi d’abord de celui d’écarter la tristesse et l’accablement qui s’en suivent en raison du constat, une sottise et une ignorance si grande que bien des efforts vont à l’encontre des buts poursuivis, jointes à une soumission aux intérêts étrangers, une vassalisation recherchée, suivi enfin de celui de réagir s’il est encore temps. Les Français, piégés par des apparences trompeuses, trahis par leurs élites, ne sont plus que des citoyens de second rang dans leur propre pays. Plus que d’autres, ils en souffrent, car ils croyaient avoir conquis, pour toujours, la liberté, une liberté qui leur échappe chaque jour un peu plus.

On a réuni quelques mémoires relatifs à l’économie politique au travers de l’actualité en France en ce début du XXIème siècle. Ces mémoires sont fondés sur l’enseignement du regretté M. Allais, plus précisément sur ses deux ouvrages majeurs,A la recherche d’une discipline économiqueetEconomie et Intérêtqui lui ont valu le prix Nobel.

L’économie est au cœur de l’activité dans divers métiers très répandus, donc elle n’est pas vue comme un domaine réservé à des spécialistes. Ainsi, de nombreuses personnes qui n’ont aucune compétence en Economie Politique, émettent des propositions qui sont fausses et sans fondement, mais qui peuvent paraître aussi vraies que la proposition exacte et bien fondée sur le même sujet. La science économique est donc souvent perçue à peu près comme pouvait l’être la médecine au temps de Molière, une multitude de diagnostics savants et une absence de remèdes efficaces aux faits de la réalité.

Il est impossible d’échapper à ce bourbier sans faire l’effort de prendre connaissance des bases de la science économique. On peut les trouver dans le premier ouvrage d’Allais.

Ce recueil rassemble 19 notes datées de 2008 à 2015 et reprises dans l’ordre chronologique.

Ma formation est celle d’un mathématicien (mes professeurs furent R. Deltheil et A. Buhl à Toulouse, Paul Lévy à Paris), d’un ingénieur (Ecole des Mines de Paris) et d’un économiste (mon Professeur fut Maurice Allais). J’ai fait presque toute ma carrière professionnelle au sein d’une grande Compagnie pétrolière. Mon âge et mon état sont les garants de mon indépendance.

Paris, le 18 octobre 2015

La crise : Economique financière,
Août 2008

Ma propre analyse, dans ses grandes lignes serait la suivante :

On doit distinguer trois crises, celle du pétrole, celle des ressources alimentaires et celle des débiteurs insolvables. Les deux premières sont liées mais la troisième est presque indépendante des deux autres.

La crise pétrolière est bien analysée, sur le court-moyen terme, par la C.F.T.C., (Commodities Futures Trading Commission)1. Le prix du pétrole est simplement celui qui équilibre une demande croissante, dont celle de la Chine, et une offre qui a atteint son plafond potentiel, quant au pétrole conventionnel.

La spéculation sur les marchés à terme n’a sans doute aucun effet sur ce prix.

Quant à l’évolution à long terme, elle est engagée car les signaux de prix sont maintenant suffisants pour assurer le développement des carburants de remplacement, mais cette évolution concerne les 50 ans à venir et qu’elle se poursuive, calmement ou par à coups quant aux prix, n’est pas essentiel. Elle va se poursuivre, avec, principalement, le développement du nucléaire, l’exploitation de pétrole non conventionnel, la synthèse de carburants liquides à partir de gaz naturel ou de produits végétaux divers.

La crise des ressources alimentaires est une conséquence directe de la crise pétrolière puisque l’exploitation agricole vers l’énergie et les carburants entre en concurrence, aux niveaux de prix actuels, avec l’exploitation vers les produits alimentaires.

Nota : lorsque le prix d’un litre de vin ordinaire ou de lait était bien supérieur au prix d’un litre d’essence, cette orientation de l’agriculture était totalement exclue.

Les conséquences de ces deux crises sur la répartition des revenus sont incontournables quelles que soient les modalités financières nationales ou internationales.

La crise pétrolière augmente la rente des détenteurs de l’huile, et cette rente est payée par les consommateurs. Il se trouve que les détenteurs sont au Moyen-Orient, au Vénézuéla, au Nigéria, en Russie, en Norvège, aux U.S.A. etc, tandis que les payeurs, bien plus nombreux, n’ont pas d’autorité, sauf exception, sur ces détenteurs. On ne fait plus la guerre pour des richesses, ou pour un espace vital selon la terminologie d’Hitler. Le Japonais moyen, le Français moyen, l’Allemand moyen doivent payer pour les princes et bédouins d’Arabie, quelques Texans et autres favoris de la nature.

La crise des produits alimentaires augmente la rente des terres agricoles mais le transfert de revenus correspondant est beaucoup moins apparent que pour la rente pétrolière, parce que les terres agricoles sont réparties dans tous les pays et en de nombreuses mains. En outre, elle n’a pas encore atteint le montant un peu plus élevé vers lequel les prix du pétrole devraient la porter.

En un certain sens, l’évolution du marché mondial du pétrole et des produits alimentaires est une transition et non pas une crise, c’est un abus de langage de parler de crise, au sens d’état passager hors norme, avec une perspective de retour vers l’état antérieur.

La crise des débiteurs insolvables est bel et bien une crise. Elle affecte les prêteurs, c’est-à-dire essentiellement les banques, soit qu’elles aient consenti directement les prêts sur une garantie hypothécaire insuffisante, soit qu’elles aient acheté des titres représentatifs de ces créances mal garanties, comme « l’union des banques suisses » qui vient de se séparer, trop tard, de son « conseiller » responsable de cette erreur monumentale.

Le montant des mauvaises créances serait compris entre 500 et 1000 milliards de dollars, c’est-à-dire propre à ruiner un grand nombre de banques, aux Etats-Unis principalement. Ce montant s’est constitué et développé entre 1996 et 2004, avec des taux d’intérêts aux U.S.A. de 2 pour cent par an, et un montant de prêts immobiliers d’environ 4000 milliards de dollars.

L’activité bancaire touche tous les individus et les autorités politiques considèrent que le plus important est de rassurer ceux-ci, donc de sauver les banques. Les modalités sont variées mais la méthode globale la plus simple est de favoriser l’inflation, c’est-à-dire une baisse de la valeur de la monnaie, via des prêts consentis aux banques sans garantie véritable et à un taux « faible ». C’est ce qu’on observe, et je pense, pour ma part, que cette politique a une bonne chance de succès en un ou deux ans.

Les U.S.A. ont construit en 8 ans quelques millions de maisons en trop par rapport à la demande solvable. Il faut maintenant qu’ils construisent quelques millions de maisons en moins par rapport au rythme antérieur. Le marché du travail aux U.S.A. et dans ce secteur, est assez souple pour encaisser de telles fluctuations.

En définitive, la crise financière, plus précisément le montant des mauvaises créances, va pénaliser pour une part les actionnaires des banques, pour le reste, tous les détenteurs de liquidités qui seront rongées par l’inflation.

Ces liquidités sont tellement importantes que l’inflation nécessaire pour sauver les banques pourrait être limitée à 2 ou 3 pour cent par an sur deux ou trois ans environ.

Quelle peut être l’incidence de ces crises sur la sphère réelle ?

L’incidence de la crise des produits alimentaires sur la sphère réelle sera quasi nulle en raison du nombre et de la dispersion des bénéficiaires et des victimes, dans presque tous les pays. Le monde s’adaptera sans peine.

L’incidence de la crise financière sur la sphère réelle sera limitée au secteur de la construction immobilière, aux U.S.A. et aussi en Espagne. Bien entendu, cette baisse sensible d’activité dans le bâtiment se répercute un peu dans presque toutes les autres activités. Elle devrait durer deux ans environ 2008 et 2009.

Enfin l’incidence de la crise pétrolière devrait être tout à fait semblable à ce qu’on a pu observer en 1974. Une réorientation de l’activité, certes difficile et coûteuse, pour satisfaire une demande hors norme (toujours plus de luxe) au détriment de la demande moyenne de la population.

En bref, la crainte d’une hyperinflation, c’est-à-dire d’un effondrement du dollar, rappelant les assignats, la crainte d’une crise comparable à celle de 1930, avec un chômage considérable aux U.S.A., me semble peu motivée. L’apparition d’un mode de vie substituant, la marche à pied à l’automobile, l’isolation au chauffage, ne peut être le fruit que d’un totalitarisme idéologique et politique, celui qui pointe dans la lutte contre l’émission de gaz carbonique dans l’atmosphère. (On peut être traité aujourd’hui d’assassin si on conteste le bien fondé des mesures dites de sauvegarde de la planète.)

Les menaces qui pèsent sur le monde ne sont pas issues de questions financières ou économiques mais bien du conflit israélo-palestinien et de la profondeur des sentiments nationalistes, impérialistes, ou religieux dans diverses régions du monde.

Paris, le 2 Août 2008, R. L. Charreton


1Commodities Futures Trading Commission, Interagency Task Force’s,Interim report on crude oil, juillet 2008.

La création de monnaie
Février 2009

La genèse de la crise

L’exposé de Rothbard2sur la monnaie n’est pas très éloigné de la pensée des grands économistes Irving Fisher et Maurice Allais. Malheureusement, ils n’ont pas été entendus. Pourquoi, autrement dit, quelle est l’origine lointaine de la crise ? J’exposerai mon point de vue à ce sujet mais l’exposé préalable de l’origine immédiate la plus vraisemblable de la crise n’est pas inutile. cf Leconte3, cf Gomez4, cf Dutrieux5.

Il s’agit de la crise financière et non de l’industrie automobile ou du marché mondial du pétrole, lesquels présentent des aspects spécifiques assez largement explicatifs par eux-mêmes. L’industrie automobile doit faire face à un excès de capacité de production ; le marché mondial du pétrole ne trouve l’équilibre à tout instant qu’à travers des grandes variations de prix, pour diverses raisons, l’une d’entre elles étant que la spéculation a mauvaise presse. Contrairement à l’opinion répandue, ce n’est pas la spéculation qui est à l’origine de ces variations de prix mais bien au contraire la faiblesse des spéculateurs. Le génie spéculatif de Joseph est oublié et les stocks de réserve de matières d’importance vitale sont devenus partout dans le monde incroyablement faibles, bien inférieurs à la consommation sur un an.

La cause immédiate de la crise se situe entre 1990 et 2000 aux U.S.A. C’est une orientation politique inspirée par les réponses naturelles d’hommes politiques, face aux pressions démocratiques. Pratiquement des élus démocrates, et aussi républicains, des USA, ont engagé les banques, dans la dernière décennie du 20ème siècle, à prêter sans compter à tous les américains demandeurs. Les banques ont refusé de prendre ce risque, et pour obtenir leur adhésion, l’Etat fédéral à mis...

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.