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Comprendre le monde pour le changer

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391 pages
Ce livre tente d'affronter la difficulté qui est au cœur de la science du politique : établir la possibilité d'une science de ces faits et processus singuliers que sont les phénomènes politiques, mais aussi prendre la mesure d'une catégorie particulière de faits sociaux que sont les décisions politiques. Au travers dune réflexion épistémologique, Pierre Favre propose une interprétation nouvelle réunissant sociologie politique, politiques publiques, relations internationales dans létude des phénomènes politiques, et la philosophie politique qui réfléchit aux valeurs et à ce qui doit être. Pour tenir compte de l'imprévisibilité de l'avenir, l'action politique doit partir dun autre postulat : les décisions doivent se fonder sur des valeurs, mais des valeurs établies par la raison et donc universalisables. L'une des tâches de la science politique, dans son volet théorique, est alors de réfléchir, sur la base des connaissances acquises, aux fondements rationnels de l'ordre social et aux décisions qui y concourent, redonnant ainsi son unité à la science politique.
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Épistémologie du politique
Pierre Favre
Catalogage Électre-Bibliographie (avec le concours des Services de documentation de la FNSP) Comprendre le monde pour le changer. Épistémologie du politique / Pierre Favre – Paris : Presses de Sciences Po, 2005. – (Collection Références.) ISBN 2-7246-0970-0 RAMEAU : – Épistémologie des sciences sociales – Science politique – Sociologie politique – Déterminisme (philosophie) DEWEY : – 320.1 : Théorie générale de la science politique Public concerné : public universitaire
La loi de 1957 sur la propriété intellectuelle interdit expressément la photocopie à usage collectif sans autorisation des ayants droit (seule la photocopie à usage privé du copiste est autorisée). Nous rappelons donc que toute reproduction, partielle ou totale, du présent ouvrage est interdite sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’ex-ploitation du droit de copie (CFC, 3, rue Hautefeuille, 75006 Paris).
© 2005, PRESSES DE LA FONDATION NATIONALE DES SCIENCES POLITIQUES
ISBN  version PDF : 9782724681741
Pour Monique
Chapitre 1/
Chapitre 2/
SOMMAIRE
Introduction Présence et rôle des métathéories dans les sciences Trois philosophies de l’histoire, plus une Le non-réfutable et le réfutable : de la philosophie de l’histoire à l’épistémologie Abrégé de l’ouvrage
LEDÉTERMINISMEAUFONDEMENTDELINTELLIGIBILITÉDURÉELSOCIAL Trois spécifications du déterminisme Le déterminisme et les limites du vocabulaire de la causalité Le déterminisme comme « conception scientifique du monde » Les objections internes au déterminisme et leur réfutation. Le déterminisme et ses conséquences sur la construction de l’objet d’étude dans les sciences sociales Confrontation autour du poppérisme
L’IMPRÉVISIBILITÉDUMONDEFUTURDANSLESSCIENCESDELANATUREETDANSLESSCIENCESSOCIALES L’imprévisibilité dans l’ordre naturel L’imprévisibilité dans l’ordre social
1
1
13 20
32 43
47 50
67
79
111
120 136
147 154 171
8
Comprendre le monde pour le changer
L’imprévisibilité comme résultat conjoncturel d’un renoncement des sciences sociales ? Imprévisibilité de principe et prévisibilité pratique conditionnelle Nécessité du passé, imprévisibilité du futur et possibilité de l’action selon la logique des modalités
Chapitre 3/L’ACTIONINDIVIDUELLEETCOLLECTIVEFACEAUDÉTERMINISMEETÀLIMPRÉVISIBILITÉ L’homme sans libre arbitre L’imprévisibilité du futur comme condition de l’action individuelle Les fondements contradictoires des systèmes d’action collective
Chapitre 4/
Chapitre 5/
182
193
203
211 212
232
245
LESTROISCONTRADICTIONSDELACTIONPOLITIQUEPROFESSIONNELLE265 La contradiction entre la professionnalisation du représentant et sa fonction représentative 272 La contradiction entre la compétence universelle de l’acteur politique professionnel et l’autonomie de la dynamique sociale 283 L’aporie ultime de l’action politique professionnelle : l’imprévisibilité de ses effets 295
POURUNERELÉGITIMATIONDELACTIONPOLITIQUEPROFESSIONNELLE L’action politique professionnelle, mobilisation d’acteurs pour transformer le monde
309
311
Épilogue/
Le tragique oublié de l’action politique professionnelle La nécessité de fonder en raison l’action politique professionnelle
LESILENCEDELASCIENCEPOLITIQUE Index
SOMMAIRE
9
318
329
355 383
Introduction
Comme pour toute science constituée, l’activité quotidienne de la science politique s’effectue sans que le politologue s’interroge outre mesure sur les fondements de sa discipline. Les recherches conduites jour après jour s’inscrivent dans ce que Kuhn a nommé la 1 2 « science normale », devenue depuis « hyper-normale ». Il s’agit de s’interroger sur un problème délimité (comment les électeurs ayant voté pour un candidat à telle élection présidentielle ont-ils voté aux élections législatives suivantes?) ou d’inventorier un terrain d’enquête encore inexploré (comment sont formés, à l’école de police, les futurs gardiens de la paix?) ou d’établir, par un dépouillement d’archives, la «socio-genèse» d’une pratique ou d’une institution. Les formes de plus en plus contraignantes de la vie scientifique contemporaine font remettre sans cesse à plus tard la réflexion sur ce qui est, ou doit être, au principe de la discipline. Le jeune chercheur doit d’abord produire une thèse, mise au point exhaustive sur un « sujet », le fameux « sujet de thèse ». Ceux qui s’intègrent dans une institution et deviennent des professionnels s’épuisent ensuite à faire des communications dans des colloques, à déférer aux sollicitations pressantes de collègues demandant une contribution à un ouvrage collectif ou des articles pour un diction-naire, à concevoir des manuels ou à obtenir des contrats de recherche et écrire dans la hâte les rapports demandés. Science
1. Thomas S. Kuhn,La Structure des révolutions scientifi-ques, Paris, Flammarion, coll. « Nouvelle bibliothèque scienti fique », 1972. 2. Gérard Lemaine, « Science normale et science hypernor male. Les stratégies de différenciation et les stratégies conser vatrices dans les sciences »,Revue française de sociologie, 21 (4), 1980, p. 499527.
12
Comprendre le monde pour le changer
« hyper-normale » où chacun, par force, améliore ou aménage les acquis plus qu’il n’innove. Même la réflexion épistémologique à laquelle certains auteurs se consacrent, avec parfois l’évident plaisir de critiquer leurs rivaux, tend à se routiniser sur la base d’une appartenance à une « école », c’est-à-dire à un collège de proches s’accordant sur une problématique et rejetant les autres. La rareté, dans la science politique française, des polémiques scientifiques montre que chacun s’accommode de cette situation et ne cherche pas réellement à échanger des arguments, à prendre le risque de devoir concéder que l’autre a peut-être raison. La conséquence de cet état de fait, qui ne tient pas aux individus mais aux conditions dans lesquelles ils sont mis et qui n’est heureusement pas sans 3 exceptions , est l’absence d’interrogations sur les fondements qui soutiennent l’édifice de la science politique. Nous souhaitons, dans ce livre, avancer une proposition argu-mentée s’agissant d’undes soubassements peu explorés aujourd’hui de la science politique. La question à laquelle nous risquerons une possible réponse peut être posée en termes simples. En tant que science sociale, la science politique cherche à rendre compte scientifiquement de faits sociaux produits par des hommes situés dans le temps, vivant en société et qui agissent en vue de maîtriser leur avenir. Cette description, si élémentaire soit-elle, permet de comprendre que sont nécessairement sous-jacentes aux analyses de science politique la question du rapport au passé (sommes-nous ou non déterminés par lui?) et, tout autant, la question de la manière dont le futur advient (avons-nous ou non le
3. On pense en premier lieu à lentreprise de Jean Leca, Pour(quoi) la philosophie politique. Petit traité de théorie et de er science politiquevolume paru, Paris, Presses de Sciences, 1 Po, 2001.
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