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Condition sociale des Morisques d'Espagne - Causes de leur expulsion, ses conséquences

De
126 pages

Après huit ans d’une lutte sanglante et continuelle, après une longue série de crimes et de combats plus ou moins violents, l’empire des musulmans qui formait l’avant-garde de l’islamisme en Europe, tombe sous les coups victorieux des chrétiens.

La constitution sociale du peuple arabe n’admettait pas une existence tranquille : les fils du désert devaient avancer ou reculer ; leur religion, leurs mœurs, leur politique toujours en lutte avec les populations voisines, les obligeaient tantôt à commencer les hostilités, tantôt à repousser les agressions étrangères.

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Florencio Janer
Condition sociale des Morisques d'Espagne
Causes de Leur expuLsion, ses conséquences
NOTE DU TRADUCTEUR
Bien souvent, en étudiant la belle et harmonieuse langue que parlent les Espagnols et qu’ils appellent, dans leur noble fierté, depuis Ch arles-Quint,lade Dios, lengua  nous nous sommes demandé si cette langue ne produisait p lus rien et pourquoi l’on n’entendait presque plus parler, en France, de la littérature espagnole. Je n’ignore pas que, contents de nos succès, nous nous bornons à savoir que nos œuvres littéraires qui franchissent les Pyrénées sont favorablement accueillies et généralement traduites. Mais de ce que la scène représente toutes nos pièces de théâtre, que tous nos romans sont insérés dans les feuilletons des journaux, devons-n ous laisser dans l’oubli les productions originales des écrivains contemporains, nier le mouvement et la vie, la renaissance littéraire qui s’opère aujourd’hui dans cette péninsule ? Non, sans doute. Nous ignorons malheureusement trop pour émettre des assertions aussi affirmatives que les nôtres sur l’état intellectuel de nos voisins. L’Espagne d’aujourd’hui a ses poëtes lyriques, ses auteurs dramatiques, ses philosophes, ses critiques et ses historiens dont on ne soupçonne presque pas l’existence en France e t dont le mérite est réel et incontestable. Ce n’est pas le moment de présenter ici le tableau de toute cette littérature. Nous ne voulons qu’indiquer comment, e n soulevant un coin du voile d’indifférence que l’on a jeté depuis trop longtemp s sur le pays qui nous avoisine, on peut, au lieu du repos et de l’inertie, y apercevoir au contraire le mouvement et l’activité. Nous voulons offrir aux lecteurs une page de l’histoire d’Espagne, qui a mérité au jeune auteur qui s’exerce sur la manière d’écrire l’histoire, les suffrages d’un des corps savants les plus laborieux et les plus éclairés de ce pays :La condition sociale des Morisques. Notre but sera atteint si l’on trouve que l’intelli gent directeur de laRevue des races latines n’a pas eu tort de faire un généreux et bienveilla nt accueil à notre essai de traduction, et si nous ne méritons pas qu’on dise de nous :Traduttóre traditóre.
Clementia imper a firmantur, crudelitate labuntur.
INTRODUCTION
1 Quand les sectateurs de l’islamisme eurent renversé, à Guadalete, l’empire des 2 Visigoths, en conservant aux vaincus l’usage de leur religion, leurs mœurs et leurs lois , ils ne soupçonnèrent peut-être pas que le feu sacré de l’indépendance brûlait dans les montagnes inaccessibles du nord de la péninsule, où s’étaient réfugiés une poignée d’hommes résolus à mourir plutôt que de perdre l’antique liberté de leurs ancêtres. Et, en effet, tous les Espagnols n’acceptèrent pas le joug mahométan : possédés par une foi vive, qui pénétrait plus ardemment leurs cœurs à la vue du danger commun ; liés par une même loi, adorateurs d’un même Dieu ; dévoués enfin à une même entre prise, ces guerriers illustres ne tardèrent pas à descendre da ns la plaine et à défier le pouvoir immense des sectaires de Mahomet. C’est donc sur ces fondements que se reconstituait une nouvelle nationalité, et, autour du trône de Pélage, se groupaient tous ceux qui nourrissaient le désir et l’espérance de secouer le joug de l’étranger. Mais avant que nos ancêtres aient entrevu un avenir sûr et souriant, qu’ils aient vu leurs nobles efforts cour onnés du laurier de la victoire, que de sang répandu, que de larmes versées dans la diffici le et gigantesque entreprise de la reconquistaCe n’est qu’une longue suite de combats, une sér ie non interrompue ! d’incursions que nous présente l’histoire dans les premiers temps de cette redoutable lutte commencée par Pélage, lutte pendant laquelle les rois qui se succèdent, descendant par intervalle des montagnes, sèment par tout l’extermination, inondent les villes, en massacrent les habitants, et grossissent en même temps leur armée des 3 chrétiens soumis au joug arabe . Et malgré tout, bien qu’une lutte si sanglante aigrit la haine des deux races ennemies, on distinguait au milieu d’elles des germes de civi lisation et de culture qui ne contribuaient pas peu à faire disparaître la féroci té primitive des représailles et de la guerre. La haine qui animait les deux peuples, au c ommencement de la conquête, diminuait notablement à mesure que le temps avançai t, et voilà pourquoi le vaillant er Alphonse I , surnommé leCatholiquen’hésitait pas à partager sa couche nuptiale avec une belle captive musulmane. De ces amours naquit Mauregate, qui plus tard lui succéda 4 au trône . Les mêmes Arabes prisonniers, répartis entre les principaux chefs des 5 Asturies et appliqués pendant la servitude à la cul ture de la terre , amélioraient non-seulement la condition agricole de cette société pu rement guerrière, mais ils calmaient encore les rancunes par des liens jusqu’alors inconnus et parles rapports non stériles de maîtres, d’esclaves et d’affranchis. e En effet, si en commençant la conquête vers les premières années du VIII siècle, les deux peuples entrèrent dans l’arène, poussés par de s besoins aussi contraires que divers ; si les Sarrasins étaient appelés à conserv er par la force la moisson recueillie dans les plaines de Xérès ; si, en un mot, nos ancê tres, maîtres non-seulement des sauvages montagnes des Asturies, mais aussi des monts de la Catalogne, de l’Aragon et de la Navarre, opposèrent leurs généreuses poitrines au fer africain pour recouvrer leur territoire perdu ; cette héroïque période de notre histoire, inaugurée dans les roches de 6 Covadonga , et terminée dans la plaine toujours fleurie de Gr enade, offre, dans ses phases multiples, une abondante matière d’étude, d’éloquentes leçons aux réflexions du philosophe comme à la pratique de l’homme d’Etat, des traits héroïques de modération et
de bonne foi pour servir d’exemple aux guerriers hautains ou aux conquérants superbes. Le génie de la guerre, sans trêve ni pitié, portait de toutes parts la mort et la destruction, tant sous les règnes mémorables des Pélage et des Bermude des Asturies, que dans les temps glorieux des premiers comtes de Barcelone. Les Arabes vaincus restaient faits prisonniers sur le champ de bataille et étaient appliqués, ainsi que nous l’avons dit, comme esclaves à la culture des terres ou au service de quelque grand. Rien ne nous est offert par l’histoire des premières ann ées de la conquête en Navarre, ni en 7 Aragon, ni en Catalogue , touchant les Sarrasins passés sous le joug de nos ancêtres, d’après les lois de la guerre ; mais dans les Asturies, la paix du royaume naissant se vit troublée par les rébellions d’esclaves et d’affranc his maures, qui, loin de se montrer reconnaissants de la tolérance et de la libéralité des chrétiens, cherchaient à briser l’existence de quiconque partageait avec eux le pain amer de la proscription. Les premiers Arabes vaincus se trouvèrent donc soum is à la puissance des chrétiens en état d’esclavage, condition misérable dès le principe, jusqu’à ce que fût amélioré le sort de leurs maîtres, seigneurs déjà de quelques villes, de quelques cités, et que l’on pût consigner dans les fueros, qui fixaient les territo ires reconquis, des garanties d’une considération meilleure et plus avantageuses pour l’Arabe rendu ou prisonnier. L’histoire manque encore de clarté pour que nous puissions établir, sans aucune espèce de doute et avec toute la vérité désirable dans un pareil ge nre d’études, les droits qu’obtinrent vainqueurs et vaincus. Le seul fait certain que l’on connaisse, c’est que dans les premiers temps de la conquête, Maures et chrétiens disposaient de leurs esclaves à leur gré ; un grand nombre les donnaient aux églises ou aux monastères des villes rétablies, pour leur 8 service et leurs travaux des champs ; d’autres se voyaient répartis entre les grands ou conservés pour le rachat des chrétiens qui tombaien t entre les mains des Maures. La conversion de l’esclave à notre foi, la piété ou l’ élévation des maîtres, amélioraient beaucoup la condition du premier, en le faisant passer à la classe des affranchis. Les fils et les petits-fils des Arabes, esclaves ou affranchis par le baptême de leur père et le leur, 9 pouvaient aspirer aucléricat. A la vue d’une modération si louable, au milieu des mœurs grossières et belliqueuses des cours d’Oviedo d’abo rd et puis de Léon, à la contemplation d’actes de tolérance, dignes d’époque s plus récentes, pourrions-nous douter que les vertus du christianisme, dont l’emblème sauveur servait de guide et de soutien à nos ancêtres, ne fût la cause de mesures si humaines et si fraternelles ? Que les temps s’avancent, et nous trouverons sans aucun doute des époques encore plus heureuses pour la population musulmane, qui entrait peu à peu sous l’empire de la conquête espagnole. Maîtres de territoires déjà ass ez vastes, les rois d’Asturie et de Léon, comme ceux d’Aragon et de Navarre, avaient moins besoin de les étendre que de les conserver. Dès lors, la guerre cesse d’être une nécessité sociale aussi impérieuse qu’au moment où les chrétiens se trouvaient pauvres et sans ressources au sommet des montagnes ; et si la haine de race, l’horreur des envahisseurs et l’antipathie religieuse se ravivaient et s’exaspéraient au milieu du combat, la politique exerçait son influence dans les conseils des rois, et les grands préféraient ut iliser sur une plus grande échelle le travail du vaincu que de le conserver dans un honte ux esclavage ou de l’égorger sur le champ de bataille. Les vues nouvelles et sages des monarques qui pouvaient avancer sans courir tant de risques, sans livrer les éternels combats que furent obligés de soutenir les Fruelas et les Ordoños ; l’ambition d’un grand nombre de seigneurs de Léon, de Navarre et d’Aragon, possesseurs de territoires plu s ou moins étendus ; la même tolérance évangélique qui au milieu des batailles é levait toujours la voix en faveur des vaincus, tout contribuait heureusement à améliorer le sort de la race arabe que chaque jour amenait sous le joug. Nous ne devons plus voir de nouveau l’esclavage naître sur les
champs de bataille : lestraitésentre vaincus et vainqueurs obtiendront pour les premiers la condition devasselage. Au lieu d’une guerre à mort, on admettra l’ennemi comme tributaire ; et loin d’anéantir par le fer tout ce qui semble avoir rapport à l’islamisme, les chrétiens respecteront la religion, les lois, les m œurs et les propriétés des Sarrasins. Voici l’époque où apparaissent pour la première fois dans les pages ensanglantées de la reconquistales vassaux espagnole mudejares.des L’existence mozarabes dans l’Espagne sujette au croissant résultait de la nécessité de conserver le terrain conquis par les mahométans ; l’existence desmudejaresl’Espagne chrétienne était fille de la dans tolérance évangélique, non moins que du nouveau cou rs que prenaient les intérêts de nos monarques. Quand dans la conquête on n’avait d’ autre objet que de recouvrer le terrain perdu, il était impossible que du milieu des combats l’idée de vasselage pour les vaincus pût prendre naissance ; mais à mesure que n os ancêtres pénétraient dans le cœur de la péninsule, ils crurent opportun de conserver leurs acquisitions, non-seulement par le fer, mais aussi par la bonne foi des traités. Qui doute que les arts toujours opposés à la guerre aient pu par là mieux se développer ? Q uels moyens plus efficaces pour guérir les blessures des dissensions particulières et des discordes civiles ? Ce fut alors que les rois de Castille, ainsi que ceux d’Aragon, dont le front était déjà orné du diadème du comtat de Barcelone, admirent au nombre de leurs vassaux des populations musulmanes entières, en respectant leurs propriétés , leurs lois, leur religion, leurs mœurs. Chose rare, ces mêmes hommes qui, au dire d’ un grand nombre d’historiens, avaient signalé leur entrée dans notre patrie par les crimes les plus horribles, l’incendie des temples, la destruction des monastères, le viol des vierges consacrées au Dieu des chrétiens, et en laissan de toutes parts des traces de leur brutalité et de leur fanatisme, se voyaient maintenant non-seulement respectés par les Espagnols, mais conservés avec l’exercice de leur religion, tolérés avec leurs rites, leurs croyances et leurs coutumes musulmanes. La capitulation de Sena, en 1038, est le premier exemple d’une si sublime tolérance, mille fois répétée et observée dans les conquêtes de Huesca et de Lerida, de Guadalajara et de Tolède. 10 « Les princes de Castille eurent dès ce moment, dit un écrivain consciencieux , deux espèces différentes de sujets sarrasins, lesvassaux mauresceux qu’on nommait et proprementmudejares.» Les premiers étaient des princes, de petits rois, des capitaines qui, vaincus par les armes chrétiennes, rendaient h ommagepleito à nos rois, avec promesse de leur garder fidélité, et conservaient, sous cette forme de vasselage, leur liberté civile et politique ; les seconds étaient d es citoyens qui, protégés par le pouvoir des monarques, garantis par la sécurité de capitulations plus ou moins étendues, vivaient en paix dans les cités arrachées à la domination de l’islamisme, au milieu de la population chrétienne, contents d’être respectés da ns la pratique de leur religion et de leurs lois. Comme conséquence nécessaire des divers accidents qui obligeaient les premiers à reconnaître la suprématie des rois de Castille, les conditions du vasselage ne pouvaient manquer d’être variées. Pour les uns, elles consistaient à payer certains tributs annuels aux Etats chrétiens, avec l’engagement form el de se rendre aux Cortès du royaume, de ne jamais lever des armes pour sa perte ; ils jouissaient, en échange, de tous les bienfaits de cette espèce de protectorat qui les mettait à couvert des violences de rois plus audacieux ou plus puissants. Elles se bornaient pour d’autres à se reconnaître comme vassaux de la couronne, dans toute la véritable acception de ce mot, sans se dépouiller de leurs armes, conservant la se igneurie et garde des forteresses et châteaux où ils avaient été vaincus, ou qu’ils avaient reçus en hérédité, au nom et sous l’obéissance des mêmes souverains. » Mais la condition sociale et politique des Maures sous la domi nation chrétienne n’était
pas la même, à mesure qu’avançait rapidement lareconquista.la prise de Depuis Valence par don Jaime le Conquistador, celles de Cordoue et de Séville par le roi saint Ferdinand, nous voyons qu’avec desmudejares,sceptres d’Aragon et de Castille les reçoivent aussi sous leur protection d’autres class es de Sarrasins, à savoir : les convertis,lesesclaves,lesaffranchis. Lesconversos(convertis) étaient des Maures qui, soit par la persuasion de nos prélats et de nos prédicateurs, soit poussés par d’autres intérêts, embrassaient le christianisme et obtenaient, en recevant les eaux du baptême, les droits et priviléges des chrétiens 11 d’origine , appelés vieux chrétiens. De sages dispositions qui garantissaient leur nouvel état, les défendaient avec toute la rigueur de la l oi contre les insultes du fanatisme, facilitaient les mariages, réglaient enfin les rapp orts de père et de fils, de mari et de femme. Tout cela, avec une insigne tolérance, se tr ouve consigné dans les codes d’Aragon, ainsi que dans les lois fondamentales de Castille. Et à côté de semblables dispositions, qui révèlent l’esprit conciliateur de nos anciens rois, nous voyons des ordonnances dures, des décrets terribles qui enlèvent auxapostatsle droit d’héritage, la disposition de leurs biens, ordonnent leur persécution jusqu’à les envoyer au bûcher, et la confiscation de leurs biens durant l’espace de cinq ans après leur mort. Les Mauresesclaves,comme tous ces malheureux êtres que l’humanité a marqués au front du sceau d’une injuste réprobation, souffraient le sort plus ou moins cruel que leur préparait la volonté tyrannique ou compatissante de leurs maîtres. Ils pouvaient nourrir cependant l’espérance d’améliorer leur malheureuse condition en remplissant les formalités qu’exigeait la loi pour entrer dans la c lasse desaffranchis.n’étaient Elles autres que le baptême, la prescription après un certain nombre d’années, la fuite en pays ennemi, la dénonciation de quelques graves malheurs contre l’Etat, le crime du maître prostituant la fille esclave, la convention établie au moment de la vente, et la promesse de la liberté au moment de la mort du maître ; toutes conditions qui, tant en Castille qu’en Aragon et à Valence, se trouvaient réglées, en marquant, avec certaines différences, les droits et les obligations des affranchis et des pat rons, pour ce qui concernait l’affranchissement. Lesmudejares, pour l’intéressante histoire desquels il existe des documents plus que suffisants dans nos archives, étaient les Sarrasins qui, durant la conquête, obtinrent, comme nous l’avons déjà dit, une condition plus ava ntageuse, soit qu’une défense héroïque de leurs places l’eût obtenue des guerrier s chrétiens, soit que la politique de ces derniers la leur eût accordée pour verser moins de sang. Les traités étaient de toutes les façons gardés avec bonne foi et religieusement dans leurs points les plus essentiels. Ils servaient de base aux obligations et droits civ ils des Mauresmudejares, avec des différences, des uns aux autres, en Castille comme en Aragon, suivant les points divers sur lesquels s’appuyaient les capitulations respectives. Voilà pourquoi aussi nous avons observé plus ou moins de latitude, plus ou moins d’ esprit de liberté ou de restriction, suivant que nous examinons les conventions de Tudel a ou de Tortose, les fueros de Caseda, d’Escalone, de Calatayud et de Tolède ; les capitulations de Valence, de Cordoue ou de Séville ; les cartas-pueblas ; enfin les privilèges des villes et les franchises accordées soit à des bourgs ou à des vil lages, soit à des villes entières de musulmans. Comme exemple de latitude et de toléranc e, l’histoire nous offre, entre beaucoup d’autres, le privilége que don Jaime le Conquérant concéda aux Maures de la vallée d’Uxo, en leur permettant d’y résider, leur remettant les délits et les peines qu’ils avaient jusqu’à ce moment encourues et les dettes contractées avec les juifs ; ils purent 12 continuer avec leurzunaou lois particulières, enseignera lirepubliquementle Koran à leurs
1Islam, résignation, conformité avec la volonté de Dieu : c’est ainsi que s’appelle la religion de Mahomet.
2lle les Arabes s’emparèrent de Rien de plus incroyable que la rapidité avec laque l’Espagne après la malheureuse bataille de Guadalet e. Les vastes provinces de Tarragone, de laBétique,la de Lusitanie restèrent soumises au joug du vainqueur superbe qui avait levé son cimeterre partout où la résistance s’était offerte. Oporto, Braga, Salamanque, Girone, Ilerda et Barcine, virent flotter sur leurs solides et antiques murailles l’étendard du croissant. Dans tout le ter ritoire méridional de la péninsule, on entendait aussi résonner les armures légères des Sarrasins, et l’on y entendait parler de Sechelmesa et de la Numidie. er 3, voici ce que dit Sebast. Salm, Chr. n° 13 : En parlant des incursions d’Alphonse I Omnes quoque Arabes occupatores supradictorum civit atum interficiens, christianos secum ad patriam duxit. er Sur le sort des femmes et des enfants sarrasins lor s des incursions d’Alphonse I nous lisons dans un document arabe : «Las mujeres y los ninos que habia en las ciudades fueron levados cautivos al territorio de sus enemigos.»
4De serva natus (Sebast. Salm., chr. 19). Ce fait ne doit pas nous étonner. Bien plus extraordinaire fut la conduite du conquérant Abdela xiz l’année qui suivit l’irruption des Maures ; il prit pour épouse la reine Egilone, veuve du dernier monarque goth, Rodrigue, qui avait disparu à la bataille de Guadalete. (Rosi s,Biblioth. arabe-hisp., tom VI, pag. 323. Don Rodrigo,Hist.Arab.,tom. IX.)
5Les Sarrasins agissaient aussi de la même manière avec les chrétiens subjugués.
6lier à étendre leurs conquêtes deArabes travaillaient avec un soin tout particu  Les l’autre côté des Pyrénées, quand apprenant la forma tion d’une société et d’un gouvernement sur les rochers élevés du nord de l’Es pagne, ils envoyèrent une armée aguerrie pour en déloger les chrétiens intrépides. Ces derniers, retranchés dans les défilés de Covadonga, les reçoivent avec ardeur, les repoussent et les exterminent sans épargner un seul soldat, et, poussant leur premier cri de l’indépendance, ils établissent d’une manière solide dans les Asturies les fondements de la monarchie espagnole.
7 Le lecteur curieux qui voudra connaître avec soin l’histoire de cette époque pourra, outre les livres les plus connus sur cet événement, consulter les suivants :Cronica de los principes de Asturios y Cantabria, por F. Francisco Sota, Madrid ; 1681. —Historia de las grandezas de la ciudad e iglesia de Léon,Fr. Atanasio Lobera ; Valladolid, por 1596. —Anales del reino de Galicia, por D. Francisco Huerta y Vega ; Santiago, 1736. —Historia de la ciudad y corte. de Léon y de sus rey esel P. Risco, Madrid, por 1792. —Historia critica de Espana,por Masdeu. —Historia de la fundacion y antiguedad de San Juan de la Pena y de los reyes de Sobrarbe, Aragon y Navarro,por D. Juan Briz Martinez ; Zaragoza, 1620.
8Coutume que nous trouvons consignée dans un document de l’année 1293.
9Voyez, Risco,Espag. sacrée,t. XXXVII, append. VII, page 313, dont le contexte appuie nos déductions.
10Don José Amador de los Rios :Estudios historicos sobre los mozarabes, mudejares y moriscos
11er à l’épiscopat. Voyez lesles considérait seulement incapables pour arriv  On Siete partidas,part 1, tit. V, loi 23.
12Kur’ann, et avec l’article Alkoran, la légende ; proprement, ce qui se lit.