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Construire une légitimité quilombola

De
306 pages
Au Brésil, la Constitution de 1988 prévoit l'émission de titres de propriétés collectives de terres aux habitants descendants de Noirs Marrons, communauté désormais identifiée comme quilombola. Cet ouvrage décrit et analyse la manière dont les habitants des communautés candidates à ce statut réagissent, interprètent et intègrent ce statut dans leurs expériences. Quels sont alors les effets de ces politiques d'action affirmative sur la perception qu'ils ont d'eux-mêmes, de leur apparence et de leur appartenance ?
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Construire une légitimité quilombola
Le Brésil face à ses revendications
Marcilene Silva da Costa
Construire une légitimité quilombola Le Brésil face à ses revendications
AudioVisuel et Communication Collection dirigée par Bernard Leconte et Erika Thomas
« CHAMPS VISUELS » et le CIRCAV GERICO (université de Lille 3) s’associent pour présenter la collection AudioVisuel Et Communication (AVEC). La nomination de cette collection a été retenue afin que ce lieu d’écriture offre un espace de liberté le plus large possible à de jeunes chercheurs ou à des chercheurs confirmés s’interrogeant sur le contenu du syntagme figé de « communication audiovisuelle », concept ambigu s’il en est, car si « l’audiovisuel » – et il faut entendre ici ce mot en son sens le plus étendu, celui de Christian Metz, qui inclut en son champ des langages qui ne sont niaudios(comme la peinture, la photographie, le photo roman ou la bande dessinée), nivisuels(comme la radio) – est, on le sait, monodirectionnel contrairement à ce que tente de nous faire croire ce que l’on peut nommer « l’idéologie interactive », la communication implique obligatoirement un aspect multipolaire...
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Marcilene Silva da Costa
Construire une légitimité quilombola
Le Brésil face à ses revendications
© L’HARMATTAN, 20175-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09319-2 EAN : 9782343093192
INTRODUCTION
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Le 02 Février 2011, Santa Isabel do Pará, Pará, Brésil.
Je rencontre par hasard au centre-ville une jeune femme de 1 Macapazinho en train de se promener avec ses amies de la ville.
Elle vient me voir, toute souriante, pour me raconter qu’elle a 2 obtenu le vestibular et qu’elle va préparer une Licence de Pédagogie dans une université privée de Castanhal, une ville pas très loin de là.
Mais, au cours de la conversation, l’expression de son visage change et, après un long soupir, elle me confie que, malgré sa joie d’être la première personne duquilombo à entrer à l’université, il va falloir qu’elle partage son temps entre ses études et son travail. Sans compter le voyage en bus qu’elle aura à faire tous les jours pour aller à l’université. Elle travaille comme agent d’entretien dans une école publique, où elle prépare les repas des collégiens et fait le ménage dans les salles de classe. Le travail est fatigant mais elle en a besoin pour payer les mensualités de la faculté.
J’essaye alors de l’encourager à ne pas abandonner ses études et lui mentionne le programme de Politiques Affirmatives pour les Peuples 3 Indigènes et Populations Traditionnelles (PAPIT) de l’Université Fédérale du Pará (UFPA). Je lui décris brièvement le programme et lui précise qu’elle peut essayer de passer le concours et qu’elle a des chances d’être sélectionnée pour pouvoir étudier dans une université publique et gratuite.
1  Macapazinho est un des deux villages qui ont accepté d’être designés publiquement comme communautésquilombolasdescendants d’esclaves) dans lesquels j’ai fait mon travail de (de terrain.
2  Examen d’entrée à l’université
3  Voir http://www.jornalbeiradorio.ufpa.br. Accédé le 25/03/2014. Sur ce sujet voir aussi Beltrão et Cunha, 2011. Le PAPIT – financé par la fondation Ford et le gouvernement brésilien – a été créé en 2007 et a comme mission la formation supérieure des peuples indigènes,quilombolas et autres populations traditionnelles. Ce programme est lié à la ème formation de 3 cycle en Anthropologie. Dans le cadre du PAPIT, un cursus de Licence en ethno-développement a été créé, s’adressant à ces populations, dans le but de former les futurs dirigeants de ces populations dans la région. En plus du PAPIT, en 2008, l’UFPA a institué des quotas réservant 50 % des places du concours d’entrée pour des élèves provenant d’écoles publiques, 40 % de celles-ci étant réservées aux étudiants se déclarant Noirs ou Métis.
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