Conte et narration au féminin

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Dans L’écriture-femme, Béatrice Didier rappelle les siècles de tradition orale où le rôle de la femme a été déterminant, particulièrement à travers le contage. Il nous a donc semblé intéressant de poursuivre cette recherche en étudiant ce que des contemporaines ont fait et font du conte : comme « conteuse » du récit pour enfants comme Carmen Martin Gaïté , comme plasticienne trouvant dans les contes fantastiques une sortie pour l’exploration identitaire comme Leonora Carrington , comme romancière transformant le conte de l’enfance dans le tissu de l’écriture romanesque comme Simone Schwarz-Bart, Sylvie Germain et Nancy Huston , comme conteuse aujourd’hui, dans un nouveau rapport au public et à la tradition.
Publié le : lundi 13 juin 2011
Lecture(s) : 83
EAN13 : 9782748150308
Nombre de pages : 201
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CONTE ET NARRATION AU FÉMININ
Sous la direction de Christiane Chaulet Achour
Conte et narration au féminin
Actes du séminaire de recherche du CRTH (Centre de Recherche Texte/Histoire de l’université de Cergy-Pontoise) 2003-2004 Manuscrit-Université
© Éditions Le Manuscrit, 2005 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 08 90 71 10 18 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com communication@manuscrit.com ISBN :2-7481-5031-7(fichier numérique) ISBN :2-7481-5030-9(livre imprimé)
SOMMAIRE CONTE ET NARRATION AU FÉMININ Présentation : Conte et roman en interaction. par Nicole MAS-PRUVOST De Charles Perrault à Carmen Martin Gaïté :Le Petit Chaperon rougeet sa réécriture. par Laetitia BIERRE Les figures féminines dans les contes de Leonora Carrington. par Marie BLANCARD Paroles en création : le travail du conte dansTi JeanL’horizonde Simone Schwarz-Bart. par Gabrielle SAÏD
Réécriture de la figure de l’ogre dansL’Enfant médusede Sylvie Germain. par Florian PRÉCLAIRE La Virevolte: conte, maternité etde Nancy Huston dévoration. par Julie FERNANDEZ Être conteuse aujourd’hui. par Vanessa BRIOT
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CONTE ET ROMAN EN INTERACTION Nicole MAS-PRUVOST Si écrire est réécrire, si étudier la littérature est inévitablement « établir les rapports concrets entre les œuvres vivantes » comme le disait Étiemble, il est évident que la lecture du conte passe par différentes étapes historiques permettant d’analyser le glissement du texte premier au texte second, faisant de ce dernier un texte à part entière. Il est indispensable, tout d’abord, de tenir compte de la mémoire collective issue de l’oralité première, puis de la première écriture qui donne ses statuts au conte, mais aussi des écritures similaires dans un même pays et dans un même temps, et enfin de la réécriture consciente ou non, affichée ou cachée, traduisant dans un même temps le poids de la tradition et la volonté de s’écarter du modèle ancien pour l’assimiler dans une nouvelle création, un « roman nouveau ».
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C’est dans la perspective d’étudier ces différentes créations que ce livre s’inscrit, nous permettant d’analyser ce que le conte peut apporter aux écritures ou pratiques contemporaines de femmes avecLe Petit 1 Chaperon rouge à Manhattande Carmen Martin Gaïté,La 2 Débutante, contes et piècesLeonora Carrington, de  Ti Jean 3 4 l’horizon de Simone Schwarz-Bart,L’Enfant méduse de 5 Sylvie Germain,La VirevolteNancy Huston et de l’expérience de néo-conteuses aujourd’hui. André Jolles, dont le cours fut édité en 1923 d’après les notes prises par ses étudiants, a apporté des idées nouvelles en analysant ce qu’il nomme les « formes simples » que sont les « légendes, gestes, mythes, devinettes, locutions, cas, contes ou traits d’esprit ». En effet, ces formes avaient été négligées par la critique littéraire et laissées à l’ethnographie. Henri Becker, son disciple, le présente en un tableau à double entrée, mettant en ordonnée les cinq modes de discours et en abscisse les deux types de modélisation, la « modélisation réaliste » et la « modélisation idéaliste », la première permettant de réaliser l’action désignée, la seconde étant du domaine de l’imaginaire, donc échappant à la notion de vrai ou faux. Il obtient ainsi dix formes simples représentées dans le tableau suivant : 1 1  Ouvrage publié en 1990 et traduit de l’espagnol en 1998 chez Flammarion dans la coll. Castor poche. 2  Traduit de l’anglais par Y. Bonnefoy, J. Chénieux et G. et H. Parisot, Flammarion, 1978, coll. « L’Âge d’or ». 3  Éditions du Seuil, 1979, rééd. en Points Seuil. 4 Éditions Gallimard, 1991, (Folio 2510 en 1993). 5 Actes Sud, 1994, rééd. en Babel.
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