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COOPÉRATION : COMMENT CONJUGUER COLLABORATION ET RELATIONS HUMAINES

De
177 pages
L'auteur nous conduit dans le labyrinthe de la complexité de la réalité et des obstacles à surmonter pour mener une collaboration multipartenariale. Considérant que l'expression, la conjugaison et la gestion saine des différences sont une source de démocratie et d'enrichissement mutuel, l'auteur souligne l'intérêt de rassembler autour d'une même initiative des partenaires d'expériences, de compétences et d'âges différents.
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COOPERATION: Comment conjuguer collaboration et relations humaines

Du même Auteur:

Haïti, Bouquet d'Espoir Aux Editions FLAM

Talégrand

NOEL

Coopération: comment conjuguer collaboration et relations humaines

Préface de René VALETTE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) CANADA H2Y lK9

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE

@L'Hannatlan,2001 ISBN: 2-7475-0651-7

REMERCIEMENTS
et ouvrage est le fruit de la rencontre de mes observations, de mes réflexions et de mes expériences de collaboration, de partage et de discussion dans le travail, dans l'avion, dans le train, dans le bus, dans la rue, autour d'une table, sous les arbres...avec des gens d'horizons divers et variés. C'est pourquoi, mon premier mot sera de remerciement:

C

A mon épouse, Marie-Cécile NOEL qui a assumé seule les charges de la maison pendant mes deux longues années d'études à Lyon tout en m'envoyant des petits mots d'amour et d'encouragement. A ma nièce, Modline et mes enfants, Laura et Mélodie pour leur patience, leur compréhension et tous les dessins, cartes et photos envoyés pour égayer ma chambre. A Henri CURTY, «le sympathique personnage qui a vu de toutes les couleurs» qui m'a accueilli et hébergé ainsi qu'à tous les amis de Lyon.

Aux Formateurs, Formatrices, Personnel et collègues du CIEDEL, en souvenir des expériences partagées et des moments agréables que nous avons passés ensemble. Aux amis du CCFD (Comité Catholique Contre la Faim pour le Développement) pour leur soutien dans mes engagements en faveur d'Haïti. A René VALETTE qui a eu la gentillesse de préfacer ce livre. Aux groupements paysans de Rivière-Mancelle qu'on va retrouver au cœur de cet ouvrage. A ma famille, ma belle-famille et les amis qui m'ont envoyé des petits messages d'affection. A tous les inconnus qui ont alimenté mes sources. A tous les lecteurs et lectrices qui me feront I 'honneur de lire ce livre et de le partager avec d'autres.

PREFACE
Vice-Recteur et Professeur de l'Université Catholique de Lyon, mon chemin a croisé celui de Talégrand NOEL. Certes je ne lui ai donné que peu d'heures de cours mais très vite a jailli, entre nous, cette petite étincelle puis cette petite flamme que l'on peut nommer proximité, connivence, sympathie. De plus, la découverte d'amis communs ne pouvait que rendre plus cordiales nos rencontres même espacées. C'est donc tout naturellement que j'ai accepté de préfacer « Coopération: comment conjugller collaboration et relations humaines» lorsque la demande m'en a été faite. La première lecture, rapide, fut plaisante. La seconde, lente cette fois, s'avéra, elle, tout à fait passionnante. Je l'ai dégustée comme un connaisseur le fait pour un verre de bon vin, quand il s'arrête, de temps à autre, après une gorgée, pour mieux en apprécier le bouquet. Talégrand a de l'humour, les petites histoires qu'il raconte SOIltpleines de saveur. On imagine aisément les visages, les sourires, les mimiques, exprimant tantôt la

joie, tantôt aussi la surprise, l'incrédulité, la déception, l'incompréhension et parfois même la blessure vive car il est bien vrai que la rencontre des cultures est parfois, sans doute même souvent, un choc frontal, au moins dans ses premières expressions. Mais, comme cachées, si peu cachées derriere l'humour, toute la délicatesse et toute la sensibilité de l'auteur apparaissent bien vite. Comme elle est féconde cette sensibilité quand elle est suffisamment canalisée, maîtrisée pour ne pas devenir oppressante et oppressive. Elle permet alors la rencontre de l'autre au plus près de sa vérité. On ne connaît bien qu'avec le cœur, il en a du cœur, Talégrand, quand il parle de son pays tant aimé, Haïti, de la France aussi qu'il a manifestement adoptée, quand il parle surtout des gens qui ont croisé et qui croisent son chemin. Aussi cet ouvrage se révèle-t-il riche d'humanité. Oui la rencontre de la différence est parfois blessure, il faut du temps pour que l'étranger, avec ses schémas mentaux, ses coutumes, ses façons de penser et d'agir, nous devienne moins étrange, pour que la rencontre des cultures soit vécue comme féconde. Pendant toute cette phase d'apprivoisement, les motifs d'incompréhension ne manquent pas, sources de tensions et de souffrances. Avec simplicité, Talégrand nous en livre de nombreux exemples. Cependant, la différence de cultures n'est pas le seul écueil à surmonter pour qu'un travail collectif soit fécond. Même si celles et ceux qui la composent sont animés par un idéal proche et porteurs d'un projet qui, a 8

priori, les rassemble, une équipe est faite d'êtres aux parcours divers, aux caractères souvent dissemblables, aux intérêts à court terme parfois divergents. Bref: faite de chair et de sang , donc de passions, une équipe même monoculturelle doit apprendre, elle aussi, à vivre la différence, à oser mettre à jour les données des conflits, à gérer les tensions sans pour autant confondre une taupinière avec une montagne. A cette condition, la discorde peut donner de doux fruits. Mais, n'est-il pas vrai, cette rencontre des différences, si difficile dans ses prémices, peut et doit être vécue comme une chance extraordinaire. L'autre m'enrichit de sa différence, il me donne la part d'humanité qu'il détient et que je n'ai pas, il m'aide à découvrir l'unité de l'humanité, non dans l'uniformité, mais dans toutes les multiples expressions de sa diversité. L'image qui vient à l'esprit est celle de la mosaïque. Chacune des petites pierres qui la composent, isolée, ne recèle aucune grâce, aucune beauté particulière. Mais lorsqu'elle a pris sa place, rien que sa place, mais toute sa place, grâce à elle, l'œuvre devient belle; sa forme et sa couleur participent à l'harmonie et à la beauté de l'ensemble. Le spectateur, fasciné, éprouvera à cet instant mais à cet instant seulement l'émotion esthétique. Oui c'est bien à la rencontre fraternelle des autres, dans leur différence que nous invite Talégrand. Suivons ses pas, cela vaut la peine, car ils nous conduisent à l'Homme. René VALETTE.
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Je ne connais personne, absolument personne, Pas même un misérable parmi les misérables, Pas même un homme à l'esprit dérangé, Pas même un assassin de la pire espèce... ...je ne connais personne qui ne possèderait pas au fond de lui un morceau de vérité faisant défaut à mon esprit.

Avertissement
L'auteur de cet ouvrage n'est pas suspendu dans les airs, détaché de tout, posant un regard plein de sagesse sur le monde turbulent qui s'agite loin au-dessous de lui. Non. Je suis au milieu du monde, dans un espace politique, économique, social, culturel, religieux, intellectuel. Je ne suis donc pas neutre. Je ne pense pas que la neutralité soit humainement possible. Ou bien elle appartient à ceux qui n'ont aucune idée, aucun avis, aucune position, aucun désir. En somme ceux qui n'appartiennent pas au monde des vivants. Nécessairement, cet ouvrage trouvera des partisans et des adversaires. Certains passages que des lecteurs apprécieront seront dénigrés par d'autres dont le point de vue est différent. Et inversement. Le risque est grand, en écrivant ce livre, que je puisse blesser 'certaines personnes même si ce n'est pas mon intention. Je leur en demande pardon. J'ai pris un grand nombre d'anecdotes, d'histoires vraies et un projet concret pour montrer les difficultés de l'homme à vivre avec l'homme et à mener à bien une collaboration. Il ne

serait pas bon de réunir tous les hommes autour d'une même bannière, de les cloner, de faire table rase de toutes les différences. A quoi me servirait l'autre s'il était un autre moi-même? Et que pourrais-je lui apporter qu'il ne possèderait déjà? C'est parce que nous sommes différents que nous nous enrichissons mutuellement. C'est aussi parce que nous sommes différents que très souvent nous avons du mal à nous comprendre. Et, paradoxalement, c'est aussi parce que nous sommes semblables que nous parvenons à nous rassembler autour d'enjeux communs qui parfois malheureusement nous divisent. Il ne s'agit donc pas d'ignorer les différences ni de les abolir mais d'en prendre conscience, de chercher à mieux les comprendre, à mieux les gérer pour une meilleure collaboration. Dès lors, nous ferons pencher la balance davantage vers l'enrichissement mutuel que vers la querelle meurtrière en cherchant à identifier aussi bien ce qui nous rapproche que ce qui nous éloigne les uns des autres.

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PREAMBULE

L'humanité possède des millions de têtes pour réfléchir, des millions de cœurs pour s'enthousiasmer, des millions de bras pour la construire. Je n'ai pas tant de têtes ni de cœurs ni de bras pour espérer à moi seul lui offrir un avemr. Tant en Haïti qu'aux Etats-Unis ou en France, des femmes et des hommes ont partagé avec moi leur réalité. Et la réalité de l'un diffère de celle de l'autre. Les contraintes, le quotidien, le vécu de chacun s'opposent souvent à ceux des autres. Je veux en cela que cet ouvrage devienne le médiateur de tous pour un peu plus de compréhension entre nous. Qui n'a jamais vu de manguier et découvre une jeune pousse tendre, dira que le manguier est une petite plante fragile sans grand intérêt. S'il avait vu le manguier adulte, il en aurait l'image d'un arbre vigoureux. Et s'il l'avait vu en automne, il aurait parlé de cette couleur jaunâtre qui couvre ses feuilles mortes lui donnant un aspect terne. Mais au printemps, surtout après la pluie, il

se serait émerveillé de le voir si resplendissant. S'il en avait goûté les fruits verts, il aurait décrit le goût âpre et la chair dure de la mangue. Mais s'il avait cueilli le fruit en pleine maturité, il aurait chanté les louanges de sa chair savoureuse. Le manguier, c'est tout cela, et plus encore. Il n'a pas tort celui qui décrit le manguier tel qu'HIe voit. Mais ce n'est que le manguier d'un moment. Une facette de la réalité. J'aime les pommes douces et sucrées. Un de mes amis préfère les pommes un peu acides. Il soutient que les pommes douces et sucrées ne sont pas bonnes. Aux yeux de qui? Sur l'appui de quelle vérité? Il pourrait affirmer qu'il trouve meilleures certaines pommes, ce que je lui concèderais volontiers. Mais il ne peut prétendre que celles que je mange ne sont pas bonnes. A chacun ses goûts, à chacun son jugement. La mangue étant mon fruit préféré, je veux montrer un grand nombre de manguiers, de «pieds-mango» en tous âges, les montrer tels que les voit le paysan au milieu de sa terre et tels que les imagine celui pour qui la mangue est un fruit exotique. Parler de plusieurs réalités, ou d'une même réalité sous des aspects différents. Et si j'arrive à rassembler suffisamment de points de vues dans cet ouvrage, suffisamment de facettes de la réalité, alors nous pourrons ensemble nous accorder, mieux comprendre nos ignorances et mieux chercher des solutions aux problèmes que nous avons en commun. Car il arrive souvent que ce que l'on croit des contradictions ne sont que les différentes facettes d'une même réalité.

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Avant de conclure ce préambule, il me semble important d'ajouter ceci: Tout ouvrage traitant d'un sujet particulier contient une partie ou l'ensemble des connaissances de l'auteur sur le suj~t en question. Mais il montre également les limites de ses connaissances et, nécessairement, la pauvreté de son point de vue. A moins d'écrire des romans ou un recueil de lapalissades, l'auteur ne peut pas échapper à la critique virulente de ses écrits par des lecteurs ne partageant pas son point de vue. Or, ce livre, loin de vouloir enseigner aux foules une vérité détenue de moi seul, cherche à montrer toutes les fois où je me suis trompé, toutes les fois où je me trompe, et toutes les fois où nécessairement, je me tromperai. Mais partant du constat que je suis le semblable de tous les humains, je montre dans cet ouvrage, par des exemples particuliers, où bien par des généralités, que chacun est porté à se tromper et qu'il est donc nécessaire que vous et moi ayons une autre approche de la réalité. Car lorsque je me trompe, je ne sais pas que je me trompe. Si je savais que je me trompe, j'arrêterais de me tromper. Et il ne me suffit pas de me dire que peut-être je me trompe. Il n'y a donc qu'un moyen pour moins souvent se tromper, c'est de demander aux autres quel est leur point de vue. Mes proches me connaissent comme un bavard impénitent. Je suis un passionné de la communication, je n'y peux rien. Une amie brésilienne ayant un débit de paroles aussi important que le mien - si ce n'est davantage - me dit souvent: «Ecoute-moi Talégrand ! » Mais je crois pouvoir dire, malgré qu'il m'arrive de monopoliser la parole, que mon attention me trahit rarement dans une conversation. Ce que je cherche en 17