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CRISE AU PROJET AGRO-FORESTIER DE DIOURBEL (SENEGAL)

De
157 pages
Le projet agro-forestier de Diourbel existait depuis 5 ans lorsqu'en 1996, le Colonel Moumar a été désigné à sa direction. Le nouveau " gérant " découvrira à ses dépens, les tenants et les aboutissants d'une mauvaise gestion décriée par les bailleurs de fonds exigeant d'urgence des mesures de redressement. Accusé à tort puis limogé, ce haut fonctionnaire mourride n'eut alors pas l'occasion de s'exprimer. Ce livre blanc constitue sa défense en même temps qu'une plaidoirie pour une gestion saine des programmes de développement.
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Colonel Moumar GUEYE

CRISE AU PROJET AGROFORESTIER DE DIOURBEL (SENEGAL) .Mon combat contre ['arbitraire
Préface de Maître Madické Niang

ÉDITIONS

L'HARMATTAN

L'auteur

Le colonel Moumar Gueye est né à Saint-Louis du Sénégal. Titulaire d'un master of sciences de l'Institut Polytechnique (univ. d'Etat de Virginie, USA). Ingénieur Eaux & Forêts, spécialisé en agro-foresterie & développement international. Il a assumé les fonctions de Conservateur 4es Parcs nationaux, Coordinateur du Projet USAID pour le Reboisement du Sénégal, Inspecteur des Eaux & Forêts, Conseiller technique au ministère du Développement rural & de l'Hydraulique ainsi qu'au ministère de l'Environnement. Nommé en 1996, Directeur du Projet agro-forestier de Diourbel. Le colonel Moumar Gueye a été élevé au grade de Commandeur de l'Ordre du Mérite Sénégalais.

Copyright L'HARMATTAN 2003 ISBN: 2-7475-2955-X

Cet ouvrage aux naufragés victimes de la et de la légéreté

est dédié du «Joola» négligence des hommes.

Que Dieu leur accorde sa Grâce et sa Miséricorde!

A ma mère bien-aimée

Je demeure convaincu que par la Grâce de Dieu le Tout-Puissant, c'est lefruit de ton œuvre sur terre qui m'a permis d'échapper aux traquenards des comploteurs. Repose en paix, en Terre Sainte de Médine!

REMERCIEMENTS
Je voudrais adresser mes sincères remerciements et exprimer ma vive reconnaissance à tous ceux qui m'ont soutenu dans mon combat, en particulier: L'Honorable Sérigne Saliou Mbacké, Khalife Général des M ourides ; Serigne M oustapha Bassirou Mbacké, Chef religieux à Diourbel ; Sérigne Mbacké Soxna Lô, Chef religieux à Taïf; Chérif Khoutoub Aïdara ; Serigne Moustapha Lakram Mbacké ; Serigne Mor Mbodj de St-Louis; Maître Jacques Baudin; Chérif Abdou Karim Aïdara; Feu Cheikh Abdoulaye Dièye,. El Hadj Tafsir Sakho ; El Hadji Daouda Mar, Notable à Linguère ; Feu El-Hadj Niakoul Sakho de Doundodji ; EL-Hadji Ndiaga Ndiaye de Touba Ndiaye; Sokhna Awa Gaye Khalife de Sokhna Astou Fall; ELHadji Dame Kane; Maître Mamadou Lô ; Modou Fada Diagne ; Mamadou Lamine Bâ ; Latif Guéye, ONG Jamra ; Abdoulaye Thiam, Administrateur civil en retraite; Moussa Thiam; Emile Wardini ; Mamadou Dior Diaw ; Souleymane Ly ; Mouhamed Al Khaly Traoré; Mame Coumba Diop; Mme Alya Meoueh Jaffar des «4 Vents»; Cheikh Awa Balla Fall; Alfred Alioune Coly ; Samba

Bèye; YoussouLô; Babacar Seck; Feu Mamour Dioum; Henri Jubran; Jacques Rezk; Feu Jean-Michel Rezk; Miminar; Roro
Filfili ; Pape Amadou Sow; Colonel Kémo Cissé ; Oumar Ndiaye ; Adja Ndèye Sy ; Ndèye Magatte Sy ; Alain Bellassée ; Pape Amady Ndao ; Mame Arame Kane; Cheikhou Sakho ; Serigne Mor Mbodj de Saint-Louis; El Hadji Mané ; Falilou Niang; El Hadj Socé Niang; El Hadj Dane Niane ,. Birane Gaye; Colonel Ndiawar Dieng; Ndiogou Guèye ,. Colonel Mame Balla Guèye; Amadou Mbaye Ndiaye ,.K. Lamizana BR!BOAD ,. Oulimata Diongue BR! BOAD,. Ganda Seyni Hassane de la BOAD ; Issa Coulibaly de la BOAD; Mohamed Bensénia du FIDA ; Fatou Gaye Sarr ; Mame Ansou Niang de Sirman; Cheikh Babou ; Adiouma Diagne ,.Astou

Sarr de la Croix Rouge ,. Pape Samba Soumaré ,. Abdoulaye Guèye ;

Khassam Fall; Lamine Fall; Saliou Diouf; Moussa Dièye ; Ndèye Maïmouna Guéye...
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Je remercie avec la même chaleur, les Editions L'Harmattan qui ont bien voulu éditer cet ouvrage, je n'oublie pas tous les autres amis et sympathisants quej'ai omis de citer nommément. Enfin, je tiens à exprimer ma profonde gratitude à tous ceux qui ont bien voulu, en toute amitié, relire et corriger cet ouvrage et qui ont de cefait, apporté leur précieuse contribution à sa réalisation. Il s'agit de:
Professeur Souleymane Bachir Diagne; Professeur Andrée Marie Diagne ; Professeur Ousmane Sène ; Maître Madické Niang ,. Maître Mamadou Lô ; Oumar Gaye, Magistrat; François Diouf, Magistrat ,. EL-Hadji Sène, Expert F.A.O ,. Pape Djiby Koné, Expert FA.O ; Madame Khoudia Mbaye Seydi ; Feu Abdel Kader Clédor Ndiaye ,.Père Francis Khim ; Mouhamed Sangharé ; Cheikhou Chérif Souaré ,. Astou Sali ,. Oumy Khaïry Ndiaye, Sociologue ,.Dieynaba Ly de la S.D.E. ; Madieyna Ndiaye des NE.A.S ; Khalil Guèye, Présentateur TV,. Babacar Ndiaye de I 'A.PS ; Thièrno Guèye, Etudiant.

Enfin, pour les travaux de saisie, d'infographie et de photocopie, je dis merci à Sally Ndiaye ,.Daba Kane ,.Ousseynou Niang du Journal" Le Taxi" ; Pape Makhtar Diop ,. Fatma Gaye et Aïssatou Tall....
Je ferai tout, pour mériter le soutien que vous m'avez toujours apporté, dans mon combat contre l'arbitraire.

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PREFACE
Après avoir lu le présent ouvrage que le Colonel Moumar Guéye a intitulé "Crise au Projet Agroforestier de Diourbel : Mon combat contre l'arbitraire", j'ai pu constater à quel point, l'auteur est parvenu à imprimer à son action, une démarche qu'il me plaît de saluer très sincèrement. En effet, au-delà d'un simple "livre blanc ", le Colonel Guéye s'est donné comme objectif, de mettre en relief, les traits de caractère qui doivent habiter tous les Sénégalais et les Afiicains, soucieux de promouvoir le développement durable de leur pays, dans un environnement de paix et de justice sociale. Dans toutes les structures où il a servi son pays, le Colonel Moumar Guéye a laissé la réputation d'un homme compétent, sérieux, dynamique et persévérant. Ces qualités majeures dont il a fait montre durant toute sa canière, constituent une parfaite illustration du type de comportement que les Africains en général et le peuple Sénégalais en particulier, attendent des serviteurs de l'Etat, à tous les niveaux. En plus de ces qualités qui lui ont valu des distinctions honorifiques, l'auteur de l'ouvrage, en "Mouride" convaincu, a su avec bonheur, suivre et appliquer les enseignements de son guide Cheikh Ahmadou Bamba qui a toujours prôné une association hannonieuse, entre une foi ardente en Dieu et le travail qui seul libère l'homme. Bamba nous en outre enseigné le sérieux, l'honnêteté et la non-violence. Assurément, son œuvre constitue un tremplin qui peut propulser notre pays vers des lendemains heureux.

Aussi, le Colonel Moumar Guéye a compris, àjuste raison, qu'une nation doit être collée à son histoire et à ses réalités pour se ressourcer. Elle doit y puiser les valeurs qui fortifient le présent et fertilisentl'avenir.
Mieux qu'une simple description d'un combat contre l'arbitraire,

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il s'agit dans cet ouvrage, d'illustrer la lutte farouche que l'auteur a menée pour le triomphe de lajustice, de l'honneur et de la dignité humaine. Ainsi, les vertus sénégalaises du "fitt", (courage), du "ngor" (dignité) et du "mougn" (persévérance) qui ont guidé l'auteur,trouvent toute leur raison d'être dans ce combat, en ce sens qu'elles inculquent à l'être humain, des valeurs pouvant l'amener à adopter des attitudes salutaires, aussi bien pour lui-même que pour l'honneur de son pays.
Enfin, il convient de relever que le combat du Colonel Guéye, n'aura de sens que si sa rage de vaincre l'injustice et l'arbitraire, constitue une référence pour tous, afin que cessent les brimades, les procès d'intention et les règlements de compte qui ont souvent brisé la carrière de fonctionnaires et de travailleurs sérieux, intègres et compétents, dans les administrations, les entreprises et les sociétés de notre pays. Heureusement, l'étape finale de l'odyssée duProjetAgroforestier de Diourbel, nous a administré la preuve que seule la vérité mérite d'être soutenue. C'est ce qu'a compris Son Excellence Maître Abdoulaye Wade, qui dans cette affaire, a fait preuve d'une grande sagesse et d'une clairvoyance salutaire, en donnant raison au Colonel Guéye. En agissant ainsi, Monsieur le Président de la République du Sénégal a donné l'occasion au Colonel Guéye, de renoncer généreusement à sa décision de poursuivre la procédure en dommages et intérêts qu'il avait engagée contre l'Inspecteur Général d'Etat qui a été à l'origine de toutes les turbulences qui avaient paralysé le ProjetAgroforestier de Diourbel. "Mon combat contre l'arbitraire", est un livre de référence que tous les hommes et les femmes épris de paix, de justice et d'équité, doivent lire absolument! Maître Madické NIAN G Avocat à la Cour 10

A VANT- PROPOS
'odyssée du Projet Agroforestier de Diourbel tel un séisme àforte magnitude, a secoué le Sénégal tout entier, quelques mois avant les élections présidentielles defévrier 2000. La presse nationale relayée par le réseau INTERNET a couvert l'événement et afait parvenir l'information dans les quatre coins du monde et ceci pendant plusieurs mois. Contrairement au Ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature et à l'Inspecteur Général d'Etat qui ont été à l'origine du scandale, je me suis interdit de faire des déclarations intempestives dans la presse sénégalaise. Au moment desfaits,j 'ai estimé devoir observer l'obligation de réserve qui pesait sur le fonctionnaire que j'étais, compte tenu de l'implication évidente de l'appareil d'Etat dans le conflit. Du fait de l'observance de cette réserve, je n'ai pas pu m'expliquer devant le collectif des bénéficiaires, les populations de Diourbel et le peuple sénégalais, au nom desquels l'Etat du Sénégal avait emprunté au Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), les ressources financières destinées à la mise en œuvre du Projet. 11

L

AVANT-PROPOS

En écrivant cet ouvrage, mon intention n'est pas de produire

un simple "Livre Blanc" sur une affaire opposant un hautfonctionnaire à son Ministre de tutelle et à un Inspecteur Général d'Etat. Au-delà du contentieux, il s'agit pour moi, d'inviter les lecteurs à une profonde méditation sur les problèmes auxquels les pays en développement sont confrontés, quand il s'agit de dépasser le court terme des divisions politiques et des positionnements opportunistes et crypto-personnels, pour mettre en œuvre des projets inscrits dans le long terme du développement durable. Il s'agit de réfléchir sur les difficultés que des pays comme le nôtre éprouvent à penser grâce à l'aide de bailleurs defonds ~disponibles et de techniciens souvent compétents et dévoués, une véritable politique environnementale, lorsque certains dirigeants de l'Administration se révèlent à la fois mesquins,
cupides et politiciens.

Au moment des faits, je me suis toujours limité à faire parvenir à mes avocats et à certaines autorités concernées, des éléments d'information pouvant démontrer mon innocence, face aux accusations portées contre ma personne. Ainsi, j'ai choisi de laisser à tout un chacun, le loisir de procéder à sa propre analyse des faits, en toute liberté et en toute indépendance. Au terme des événements et compte tenu de l'intérêt que la crise du Projet avait suscité dans toutes les couches de la société sénégalaise, j'ai cru devoir à travers le présent ouvrage, livrer à mes compatriotes et à la communauté internationale, ma version des faits dans toute leur véracité. En fait, le peuple sénégalais n 'a-t-il pas le droit de savoir; d'autant que ce droit à l'information lui est garanti par la Constitution de notre pays? Mon intention en écrivant ce livre, n'est pas de chercher à manifester une quelconque autosatisfaction dans le cadre de ma mission. En effet, autant je suis conscient d'avoir fourni une somme considérable d'efforts pour réhabiliter le Projet,

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AVANT-PROPOS

autant je suis convaincu que l 'œuvre humaine est toujours perfectible. C'est donc avec beaucoup d 'humilité et de prudence que mon équipe et moi rejetons toute attitude d'autosatisfaction et admettons ne pouvoir échapper à l'imperfection de I 'œuvre humaine que constituait, pour nous, la mise en œuvre du Projet Agroforestier de Diourbel. Dans tous les cas, notre volonté réaffirmée était de ne jamais décevoir les espoirs des bénéficiaires du Projet et de respecter les engagements du Gouvernement du Sén égal auprès de ses partenaires internationaux. Enfin, en écrivant ces lignes, j'ai voulu exprimer objectivement mon opinion sur un sujet qui me concerne au premier chef, en relatant la stricte vérité des faits tout en me gardant de porter atteinte à I 'honneur et à la dignité des personnes impliquées dans cette affaire. En un mot, je souhaiterais me limiter aux faits et décrire des comportements bons ou mauvais, sans m'arroger le droit de juger ou de condamner qui que ce soit. D'ailleurs, "Dieu n'est-il pas le Meilleur desjuges " ?

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CHAPITRE I

MON AFFECTATION AU PROJET AGROFORESTIER
près avoir assumé quatre années durant, les fonctions de Conservateur du Parc National du Niokolo-Koba et servi l'Etat du Sénégal pendant quatre autres années en qualité d'Inspecteur Régional des Eaux et Forêts de Tambacounda, j'ai été affecté à Dakar, pour nécessité de service. En effet, trois mois aprèsmon élévationau gradede Chevalierde l'Ordre du Méritepar le Président de la République du Sénégal et sur recommandation de M. Doudou Ndir, Inspecteur Général d'Etat, je devais recevoir l'un des premiers coups de poignard de ma carrière. C'était en 1984. La distinction honorifique que je venais de recevoir avait dû faire des jaloux. Ainsi, quand j'ai été informé de cette vague de jalousie, j'avais de la peine à y croire. Je me suis rendu compte de l'évidence quand moins de trois mois après cet événement, j'ai été relevé de mes fonctions, sur proposition du Directeur des Eaux et Forêts,d'une manièrequi me semblaittout à faitinjuste,inopportune et inélégante,pour être affectéen "complément d'effectif", dans un Projet qui venait à peine de démarrer à Goudiry, dans la même région de Tambacounda.

A

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CHAPITRE I

C'est comme qui dirait,affecter,sans aucune responsabilité, un Gouverneur de Région dans une Sous-Préfecturede la Région qu'il administrait. J'avais estimé qu'une telle affectation n'était pas acceptable au plan de la déontologie administrative, quel que pût être par ailleurs, le reproche que l'on pouvait me faire. Evidemment,j'ai catégoriquementrefusé de rejoindre Goudiry. Face à mon refus légitime, le Ministre de la Protection de la Nature m'avoua que le Directeur des Eaux et Forêts avait "abusé de sa confiance",en lui faisantsignercetteaffectationarbitraireà tout point de vue. Il m'exprima ses regrets et accepta de revenir sur cette décision d'affectation. Quelques jours après, le ministre me trouva une bourse de formation en agroforesterie, offerte par le Ministère Italien des Affaires Etrangères. Je dois dire en passant, que je ne croyais pas du tout aux argumentsque leministrem'avait donnés,dans lamesure où il était évident qu'il avait toute la latitude de revenir sur cette décisionqu'il avaitsouverainementprise.C'est ainsiqu' àmon retour d'Italie, je me suis retrouvé à la Direction des Eaux et Forêts, dans un bureau sans contenu qu'on appelait pompeusement "Bureau d'Etudes et de Planification". Avec l'aide de Dieu, cette injustice allait être réparée très rapidement. En effet, après quelques années de galère à Dakar, j'ai été nommé en 1987, Coordonnateur du Projet USAID de Reboisement du Sénégal, dont le financement s'élevait à l'époque, à la somme de 6 milliards de F.CFAd'avant la dévaluation. C'est de ce Projet que je suis parti aux Etats-Unis d'Amérique, pour poursuivre mes études supérieures, à l'Institut Polytechnique et Université d'Etat de Virginie, une université de classe "A", située dans la ville de Blacksburg en Virginie. A mon retour au Sénégal, après ces trois années d'études universitaires au pays de l'Oncle Sam,j'ai été affecté au Ministère 16

MON AFFECTA TION AU PROJET AGROFORESTIER

du Développement Rural et de I'Hydraulique, en qualité de Conseiller Technique. Après la création, une nouvelle fois, du Ministère de l'Environnement et de la Protection de la Nature, je suis devenu Conseiller Forestier du nouveau ministre. C'est alors que j'assurais les fonctions de Conseiller Technique Forestier qu'un matin du mois de Mars 1996, le ministre de l'Environnement et de la Protection de la Nature, le ProA. Bathily, me convoqua dans son bureau. Après avoir consulté le curriculum vitae que je lui avais fait parvenir et noté que j'étais titulaire d'un Diplôme de Spécialisation en Agroforesterie et en Economie du Système Alimentaire délivré par l'Université de la Tuscia de Viterbo (Italie), il me tint les propos suivants: "Moumar, je vous ai fait venir pour faire appel à vos compétences, pour prendre en main les destinées du Projet Agroforestier de Diourbel qui se trouve dans une situation désespérée, du fait de sa mauvaise gestion

persistante ".
Ma surprise était grande et ma déception profonde. En effet, je m'attendais légitimement à une promotion dans la mesure où je venais de terminer mes études universitaires. Ces études ont été sanctionnées par un "Master of Science" en Pêche et Gestion des Ressources Naturelles Vivantes (Fisheries and Wildlife Sciences). En plus, j'avais obtenu un diplôme de Spécialisation en Développement International. Je ne m'attendais guère à une telle promotion qui à mon avis, avait tout l'air d'une sanction. En effet, quelques semaines auparavant, un conseiller du Ministère de l'Agriculture, de passage dans mon bureau au quatrième étage du Building Administratif, m'avait tenu à peu près ce langage: "Je viens de participer à une mission d'évaluation du Projet Agroforestier de Diourbel, j'avoue qu'après près de trente années de service, je n 'aijamais vu un gâchis aussi grave, dans un projet de développement. Après cinq années d'existence du Projet, presque aucune réalisation majeure n'est achevée, en

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