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Crise économique et politique de dérèglementation au Cameroun

De
262 pages
La politique de dérèglementation mise en œuvre au Cameroun en 1990 peut-elle sortir le pays de la crise économique qu'il connaît depuis la fin des années 1980? Pour y répondre, les auteurs dressent des diagnostic par secteur, présentant la politique de dérèglementation, et enfin les résultats obtenus. Ils en concluent que cette politique n'a pas permis au pays d'atteindre les résultats escomptés, dans la mesure où elle ne constitue qu'une composante de la politique d'ajustement structurel imposée aux pays africains par les institutions de Bretton Woods. Selon eux, elle aboutit nécessairement, dans les pays faibles, à l'aggravation de la crise et à la paupérisation croissante de la population, alors que des politiques alternatives seraient plus adéquates.
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CRISE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE DE DÉRÉGLEMENTATION AU CAMEROUN

Dans la collection "Alternatives rurales" Dirigée par Dominique Desjeux et Babacar Sall
Dernières parutions:
D. Sheridan, L'irrigation. Promesses et dangers. L'eau contre lafainl ? N. Eizner, Les paradoxes de l'agriculture française. L. Timberlake, L'Afrique en crise. La banqueroute de l'environnement. A. Cadoret (sous la direction de), Protection de la nature: histoire et idéologie. De la nature à l'environnement. E. Beaudoux, M. Nieuwerk, Groupements paysans d'Afrique. Dossier pour l'action. P. Maclouf (textes réunis par), La pauvreté dans le nlonde rural.

J. Clément,

S. Strasfogel,

Disparition

de laforêt.

Quelles

solutions

à la

crise du bois de feu? R. Verdier, A. Rochegude (sous la direction de), Systènles fonciers à la ville et au village. Afrique noire francophone. H. Lamarche (Sous la coordination de), L ~g riculture familiale T.1. Une réalité polymorphe. T.2. Entre mythe et réalité. B. Hervieu (Etudes rassemblées par), Les agriculteurs français aux urnes. B. Hervieu, R.-M. Lagrave (sous la direction de), Les syndicats agricoles en Europe. Y. Lambert, O. Galland, Les jeunes ruraux. D. Gentil, Mouvements coopératifs en Afrique de l'Ouest. Intervention de l'Etat ou organisation paysanne? D. Gentil, Pratiques coopératives en milieu rural africain. M.-C. Guéneau, Afrique. Les petits projets de développement sont-ils efficaces? M. Bodiguel, Le rural en question. Politiques et sociologues en quête d'objet. D. Desjeux, Stratégies paysannes en Afrique Noire. Essai sur la gestion de l'incertitude. Le cas du Congo. M.-D. Riss, Femmes africaines en milieu rural. V. Pfeiffer, Agriculture au Sud-Bénin: passé et perspectives. A. Guichaoua, Destins paysans et politiques agraires en Afrique Centrale. Tl : L'ordre paysan des hautes terres du Burundi & Rwanda, T2: La liquidation du monde paysan congolais. Ledea-Ouedraogo, Entraide villageoise et développement. Groupements paysans au Burkina-Faso. J.Le Monnier, Créer son emploi en milieu rural.

.~ L'HARMATTAN, 1996 ISBN: 2-7384-4491-1

AL TE RNA TIVES RURALES

Sous la direction de

TOUNA MAMA
Avec la collaboration de

BIKOMEN Magloire Louis FOUDA Séraphin Magloire KAMGNIA DIA Bernadette TAMBA Isaac

CRISE ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE DE DÉRÉGLEMENTATION
AU CAMEROUN

L'Harmattan 5-7, me de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, me Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

AVERTISSEMENT

La rédaction du chapitre premier a été confiée à KAMGNIA DIA Bernadette, celle du chapitre second à BIKOMEN Magloire Louis, celle du chapitre troisième à TAMBA Isaac et TOUNA MAMA, et celle du chapitre quatrième à FoûDA Séraphin Magloire et TOUNA MAMA. L'introduction générale et la conclusion générale de l'ouvrage ont été rédigées par TOUNA MAMA.

PRÉFACE Par Frédéric POULON Professeur à l'Université Bordeaux I
Toute analyse de la crise est difficile. La crise est multifonne elle prend des aspects variés selon les moments, selon les continents. Elle est aussi paradoxale, et par cela même déroute souvent les économistes. La crise au Cameroun illustre bien ces remarques. TIy a certainement une spécificité de la crise économique au Cameroun, et c'est la justification première d'un ouvrage tel que celui-ci. Le Cameroun n'est pas entré en crise en même temps que les autres ni de la même façon que les autres. La plupart des pays, notamment la France, sont entrés dans la seconde grande crise du XXème siècle en 1973, sous l'effet du choc pétrolier. Le Cameroun, lui n'est entré en crise que quatorze ans plus tard. Tonna Marna nous rappelle la date de naissance officielle de la crise camerounaise: le 19 février 1987, jour d'une déclaration mémorable du Chef de .l'État, M. Paul BN A, à la télévision camerounaise "La crise économique est là". Tonna Mama analyse fort bien dans son introduction générale cette naissance tardive. Le Cameroun, pendant quatorze années, a été sauvé par où les autres ont été touchés: le pétrole. Des ressources pétrolières abondantes ont pennis au Cameroun de maintenir, voire d'élever son niveau de vie pendant que la plupart de ses voisins s'appauvrissaient ou tombaient dans le piège du surendettement. Jusqu'à la fin de l'année 1985 au moins, le Cameroun était, en terre afticaine, comme un îlot de prospérité. Je me réfère à 1985, car je ne peux pas oublier que cette annéelà nous eûmes, à l'Université Bordeaux I, une thèse magistrale, consacrée à l'endettement supportable pour un pays en développement et soutenue par un jeune Assistant de l'Université de Yaoundé promis à une brillante carrière. Dans cette thèse, Tonna Mama, car il s'agit de lui, montrait, chiffres et théorie à l'appui, que le Cameroun résistait fort bien à la crise tandis que la Côte d'Ivoire, voisin réputé plus riche et plus fort, s'y enfonçait dès 1980. La théorie en question c'est la théorie keynésienne du circuit, qui foumit, entre autres, un indicateur de crisel sous la fonne d'un
1 Le ratio est IIF où I est l'investissement net (correspondant à la fonnation nette de capital ou FNC en comptabilité nationale) et F est le besoin de fmancement (en valeur absolue) des entreprises (sociétés et quasi-sociétés non fmancières en comptabilité nationale). La condition keynésienne de crise s'écrit: IIF<1. 7

ratio parfaitementmesurable avec les données de la comptabilité nationale. Et Tonna Mama devenait du même coup le premier "circuitiste" du continent africain, où depuis il a fait école. Dans sa thèse, Touna Mama relevait beaucoup de paradoxes de la crise, notamment celui de l'endettement. Ce paradoxe n'est pas nouveau. Déjà Keynes, en 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale, avait remarqué que les Alliés, qui voulaient obtenir réparation de l'Allemagne, étaient en pleine contradiction lorsqu'ils exigeaient de l'Allemagne son or mais repoussaient ses marchandises: comment l'Allemagne pourrait-elle payer ses dettes si on ne lui facilitait pas l'exportation de ses marchandises? Touna Mama notait alors que, vis-à-vis des pays en développement surendettés d'aujourd'hui, les créanciers de ceux-ci étaient dans la même contradiction: ils prétendaient contraindre les pays débiteurs à accroître leur capacité de paiement, toujours définie par leur surplus exportable, mais dans le même temps...ils les privaient des moyens d'accroître ce surplus; bien plus, ils les obligeaient à se soumettre sans protection aucune à une concurrence internationale qui ne pouvait que laminer les excédents, voire transfonner ces excédents en déficits. Rappelons que Touna Mama proposait un moyen de sortir de cette contradiction en revenant tout simplement à Keynes et à une lecture plus attentive de son texte de 1919. Cette lecture l'avait conduit à modifier la définition de la capacité de paiement, à l'élargir en quelque sorte. Cette capacité de paiement élargie était censée pennettre de résoudre la crise d'endettement. TI se trouve que, quelques années après, le FMI (dans le cadre du plan Brady notamment) a fait, sans en avoir bien conscience, une application partielle de cette notion keynésienne de capacité de paiement élargie. On a ainsi pu mesurer la
portée de la découverte de T ouna Mama.

La crise recèle bien d'autres paradoxes. La France, par exemple, vit une situation tout à fait paradoxale. Depuis 1986, le ratio défini dans la note précédente est passé au-dessus de son seuil critique: le pays est donc théoriquement sorti de la crise. Pourtant, depuis cette date, le chômage n'a pas diminué; bien au contraire, il a augmenté. L'investissement n'a pas repris. Le haut niveau des taux d'intérêt a amené, en 1992, une situation étrange : les entreprises font des profits mais ne font pas d'investissements productifs; elles préfèrent épargner et placer leur argent, tout comme le feraient des rentiers. A l'économie de''Crise a succédé une économie de rentiers. La conséquence ne s'est pas fait attendre: en 1993, pour la première fois depuis sans doute bien longtemps,

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l'investissement net des entreprises françaises prises globalement est négatif En d'autres tennes, leur capital diminue. Les entreprises françaises font donc l'expérience de cette vérité qu'elles ne sauraient vivre en rentiers très longtemps sous peine de devoir "manger le capital" et de retourner à une situation de crise. Tel est le paradoxe: pour prospérer, les entreprises doivent dépenser et non chercher à se constituer un "trésor de guerre". On le savait d'ailleurs depuis longtemps. L'économiste polonais Kalecki n'écrivaitil pas dans l'entre-deux.-guerres : "Les salariés dépensent ce qu'ils gagnent, mais les entreprises gagnent ce qu'elles dépensent". La crise camerounaise a elle aussi ses paradoxes. Le plus notable se rapporte encore à la date d'entrée en crise du pays. Le Cameroun, avons-nous dit, entre en crise en 1987, c'est-à-dire à peu près à la date où la France en sort (théoriquement). Cette évolution à contretemps est assurément paradoxale si l'on tient compte des liens qui unissent le Cameroun à la France sur le plan commercial et sur le plan monétaire. D'ordinaire, l'économie française et celle des pays de la zone franc sont en phase. Or, là, dans ce cas précis, la France et le Cameroun sont en opposition de phase. N'attendez pas de moi que j'appo~ ici une réponse à ce paradoxe. Elle n'est pas simple. Pour l'approcher, il faut entrer plus à fond dans l'économie camerounaise et examiner secteur par secteur les mécanismes de la crise dans ce pays. C'est précisément ce que nous propose cet ouvrage. En quatre chapitres, il étudie la crise, tour à tour dans le secteur de l'agriculture, 16 secteur de l'industrie, le secteur public et parapublic, le secteur bancaire. Les contributions de Bernadette Kamgnia, Magloire Bikomen, Séraphin Fouda et Isaac Tamba, souvent enrichies de la collaboration du maître, Touna Marna lui-même, sont très fouillées et magistralement exposées. La cohésion de l'ensemble ne tient pas seulement au caractère très complémentaire de ces études (la réunion des quatre secteurs ci-dessus reconstituant l'économie camerounaise tout entière). Elle tient aussi à la similitude de la méthode suivie dans chaque chapitre. Après un diagnostic de crise établi dans chaque secteur selon des procédés analogues, les auteurs en viennent au remède, à savoir la politique de déréglementation généralisée dans laquelle a cru devoir se lancer le Cameroun, en partie sous la pression du FMI. Le Cameroun a voulu une politique de déréglementation. n fallait donc bien l'étudier. Les auteurs l'ont fait avec beaucoup ode savoir et de compréhension. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils y souscrivent. Les

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limites que bien souvent ils sont obligés de constater montrent que l'efficacitéde la déréglementationest sans doute, à leurs yeux, assez faible. Si l'esprit keynésien a, par Touna Mama, pénétré en chacun des
collaborateurs du livre, il est probable qu'une grande méfiance doit être ressentie par eux envers la politique de déréglementation en tant que politique générale de lutte contre la crise. Certes il convient, comme le dit le Président Paul BN A et comme le rappelle opportunément Touna Mama de cesser de "considérer l'État comme une vache à lait". Cela ne signifie pas cependant que l'État doive chercher à se débarrasser du plus grand nombre possible de ses charges. De plus en plus dans nos économies, développées ou non, l'État joue un rôle moteur, comme auxiliaire et parfois comme substitut des entreprises. C'est, je pense, une évolution irréversible avant longtemps, et toutes les modes libérales n'y changeront rien. Rappelonsnous à ce propos que l'économie américaine, par l'importance de ses déficits, ne fut jamais autant keynésienne que sous Reagan, grand apôtre du libéralisme. L'État a de plus en plus de missions, c'est un fait. Cela ne doit pas raffoler. n ne doit pas se comporter en pompier débordé courant à droite et à gauche pour parer au plus pressé. n doit avant tout être animé d'~e doctrine, et je n'appelle pas saine doctrine celle qui consiste à lui seriner qu'il en fait toujours trop ou que son action devrait se réduire à supprimer toutes les barrières aux échanges. Touna Mama tire d'ailleurs fort sagement la conclusion qui s'impose puisqu'il n'hésite pas, tout à la fin de ce livre, à employer le mot injustement honni de protection. On a longtemps fait du protectionnisme l'antithèse du libéralisme. Mais il existe aujourd'hui, grâce à M. AlWS, une vigoureuse critique libérale du libre-échange. Et les keynésiens, après tout, si peu libre-échangistes, ne sont-ils pas aussi des libéraux? Ceux qui n'en seraient pas convaincus, je leur recommande ou bien de se replonger dans l'oeuvre du grand maître de la pensée économique du XXème siècle, ou bien de voir de plus près la démonstration tentée ici par son fidèle disciple, Touna Mama, et ses collaborateurs.

BORDEAUX, lê' 15 Mars 1995

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INTRODUCTION

GÉNÉRALE

Le Vlème Plan camerounais de développement économique et social (1986-1991) est mort-né. Et pour cause! TIa été frappé de plein fouet par la crise économique que le Président Paul BIYA, dans son ~essage radiotélévisé du 31 décembre 1986 à la Nation camerounaise, annonçait en ces tennes : "1987 ne sera pas une année facile". Si 1987 marque la date officielle d'entrée en crise du Cameroun (le 19 février 1987, le chef de l'État déclare dans une interview exclusive à la Cameroon Radio Télévision: "La crise économique est là", et le 20 juin 1987, il annonce solennellement devant les députés à l'Assemblée Nationale que l'État ne doit plus être considéré comme une "vache à lait"), il faut dire qu'elle correspond aussi à l'année où l'indicateur keynésien de crise s'allume1. Cependant, il faut situer à 1985 la fin de la période faste et le début de l'essoufllement de l'économie camerounaise, avec la chute brutale des prix de ses produits de base et la dépréciation du dollar américain. Cela s'est traduit notamment par une diminution des recettes d'exportation de plus de 500 milliards de francs CFA par rapport à 1984 et une aggravation du déficit commercial qui se chiffrait à plus de 400 milliards de francs CFA en 1986-1987. D'ailleurs, le gouvernement camerounais sent venir la crise dès fin 1985 - début 1986 même s'il tarde à en prendre clairement conscience et par suite à prendre des mesures de combat, sans doute parce qu'il n'a cessé

Comme nous l'avons montré ailleurs, la condition de crise dans l'analyse keynésienne de circuit est 1- F < 0 <=> F < 1 ou I est l'investissement net et F le 1/ besoin de fmancement des entreprises. Voir TOUNA MAMA, l'endettement supponable pour un pays en développement, Thèse de doctorat d'Etat es Sciences Economiques, Université de Bordeaux I, 1985. Dans le cas du cameroun, malgré le caractère approximatif des statistiques, en prenant l' / F' < 1 comme indicateur approximatif de crise, où l'est l'investissement brut (Formation brute de capital fixe + variation de stocks) et F' les créances du système monetaire sur le reste de l'économie à l'exception de l'État, il apparaît que cet indicateur a évolué de la façon suivante:
Année l' / F' 1984/85 1,13 1985/86 1986/87 1987/88 1988/89 1989/90 1990/91 1991/92

1,12

0,97

0,74

0,55

0,65

0,82

0,85

C'est donc en 1987 que la condition keynésienne de crise est remplie pour le Cameroun.

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de se féliciter officiellement de bien se porter dans une Afrique en tounnente depuis au moins une décennie1. A cet égard l'histoire de la pensée économique ne nous enseignet-elle pas qu'à l'exception notable de Karl Marx (1818-1883) et de John Maynard Keynes (1883-1946) la grande majorité des économistes ont pratiquement ignoré la crise, proclamant un état d'équilibre économique général qui était davantage le fruit de leur imagination que la situation concrète de l'économie? Pour bien comprendre la crise économique du Cameroun, il faut rappeler brièvement la situation qui a prévalu avant les premiers signes d'essoufflement. I L'économie camerounaise:

-

heurs et malheurs

1.1- L'évolution de l'économie camerounaise avant la crise2 La période qui a immédiatement précédé la crise économique au Cameroun a été fortement marquée par la manne pétrolière. Certes, avant l'exploitation du pétrole en 1978, plus précisément entre 1967 et 1978, le Cameroun avait enregistré un taux de croissance annuel moyen de son pm de 5% grâce essentiellement au cacao et au café, mais l'exploitation du pétrole est venue donner un coup de fouet à la croissance économique du pays. En effet, avec le pétrole, le taux de croissance passe à environ 10% par an de 1978 à 1985. En fait, l'investissement, favorisé par une ép'1Igne nationale en augmentation rapide, a été le principal détenninant de cette croissance, en particulier entre 1979 et 1981. L'investissement fixe est passé de 21 % du pm en 1978 à près de 25% en 1981. Par la suite, l'effort d'investissement a été maintenu autour de 25% du pm jusqu'en 1985. Entre 1978 et 1985, la valeur brute des exportations pétrolières est passée de 12 millions à 1,5 milliard de dollars.
1

Le 14janvier 1986, nous avons été appelés en consultation au Secrétariat Général de la

Présidence de la République, pour proposer des mesures de politique économique de lutte contre la crise. n a fallu cependant attendre ml an et demi pour voir prendre assez timidement d'ailleurs les premières mesures. n faut dire ici que si les hommes politiques ont peur de la crise économique pour des raisons politiciennes, les économistes en ont souvent peur pour des raisons purement idéologiques. 2 Banque Mondiale, CamerOml : Mémorandum économique, 18 février 1987.

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Grâce aux revenus pétroliers, la situation des finances publiques qui avaient un budget de fonctionnement régulièrement excédentaire entre 1971 et 1979 s'était largement améliorée alors même que les recettes budgétisées ne comprenaient qu'une partie des recettes pétrolières. De façon générale, les recettes totales de l'État avaient quadruplé entre 1979 et 1985, passant de 20,6% à 24% du pm. Au cours de la même périooe, les dépenses courantes avaient augmenté dans les mêmes proportions, avec .une augmentation particulièrement forte pour le poste "subventions et transferts", dont une part importante était constituée de subventions d'exploitation aux entreprises publiques qui se chiffraient à 150 milliards de FCFA en 1984, représentant 50% des recettes pétrolières de l'État cette année-là et 18% de ses dépenses totales. Par ailleurs, on assiste au cours de cette période au renversement de la tendance de la balance commerciale qui passe d'un déficit de 197 millions de dollars en 1979 à un excédent de I milliard de dollars en 1985. Cette contribution du pétrole à la balance commerciale aurait été de 670 millions de dollars en 1985 soit 53% des exportations de biens et services non pétroliers. TI faut cependant signaler la situation ftagile dans laquelle se trouvent les banques pendant cette période, qui auraient été en situation de quasi insolvabilité si les dépôts importants de l'État et d'autres établissements para-étatiques n'avaient pas été là pour assurer leur liquidité. En effet les dix banques du système avaient un volume important de créances douteuses, représentant près d'un quart du total de leurs actifs, dans les secteurs du commerce et des entreprises publiques et n'étaient que très partiellement couvertes par des provisions. 1.2 - La crise de l'économie camerounaise

1.2.1 - D'un point de vue macro-économique Depuis 1986, le taux de croissance économique ne cesse de baisser: -6,4% en 1987, -13,3% en 1988, -3,4% en 1989, -2,5% en 1990, -5,8% en 1991, -4,0% en 1992, -3,0% en 1993 et il était prévu une situation inchangéepour les années 1994/19951. Entre 1986 et 1993, le pm du Cameroun a diminué de 28,9% au prix du marché, chutant de 3842 à 2738 milliards de FCFA. Cette
1

NSE, Fiche de risque Cameroun 1993, N° 255 du 26 avril 1993.

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baisse du pm a entraîné une baisse de la consommation qui est passée de 3345 à 2538 milliards de FCFA dans la période, tandis que l'épargne intérieure brute ne représentait plus au tenne de la période que 40% du montant de 1986/1987 et 7,3% du pm (contre 12,9%) indiquant une réduction très sensible de la capacité interne de financement de
l'investissement1. S'agissant précisément de l'investissement, son taux a chuté de 27% à moins de Il % entre 1984/85 et 1992/932. Dans ces conditions, le déficit des opérations financières de l'État n'a' cessé de se creuser, passant de 1,5% à 8,5% du pm pendant cette période, contribuant à accélérer l'accumulation des arriérés extérieurs et intérieurs qui, à la fin juin 1993, se chiffraient respectivement à 350 milliards et environ 580 milliards de francs CFA; tandis que le compte courant de la balance des paiements passait d'un excédent de 2% à un déficit de 10,5% du pm et l'encours de la dette publique extérieure de moins d'un 1/3 à plus des 3/4 du pm3. 1.2.2 - D'un point de vue sectoriel La crise a touché de façon spécifique les principaux secteurs de l'économie camerounaise. a - Dans le secteur de l'agriculture On assiste à la stagnation, puis à la baisse des prix aux producteurs qui passent de 420 à 250 FCF~ de 440 à 175 FCF~ de 479 à 250 FCFA et de 140 à 95 FCFA entre 1988/89 et 1989/90 respectivement pour le cacao, le café robusta, le café arabica et le coton. Ceci a pour conséquence de démobiliser les planteurs; ce qui se traduit par- la baisse des quantités exportées, à l'exception du coton, qui passent entre 1988/89 et 1991/92 de 79 856 à 45 179 tonnes, de 17 533 à 10.697 tonnes et de 130 689 à 96 627 tonnes respectivement pour le café robusta, le café arabica et le cacao.
1Marchés Tropicaux, 15 avril 1994, N° 2527.

2 Déclaration de politique économique et financière du Gouvernement camerounais, Yaoundé, 17 février 1994.
3 Ibidem.

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Les agriculteurs se détournent des cultures d'exportation pour s'adonner aux cultures vivrières et maraîchères.

b - Dans les secteurs industriel et commercial S'agissant du secteur industriel, on peut noter: d'une part, que le coefficient de substitution, en ce qui concerne les industries de substitution aux importations qui sont constituées par les 3/4 des entreprises au Cameroun, est passé de 200% à 52% entre 1980 et 1990, d'autre part, que les industries d'exportation aux dimensions souvent gigantesques comme la CELLUCAM sont acculées à la fenneture, notamment du fait de la non maîtrise de leurs coûts de production et des circuits de distribution sur les marchés extérieurs. Sur le plan commercial, le système d'homologation des prix semble devoir tenir compte du pouvoir d'achat en baisse constante de la population mais pénalise par contre les entreprises qui doivent faire face à une augmentation de leurs coûts de production.
c - Dans le secteur des entreprises publiques et parapubliques On enregistre en 1985/86 pour les entreprises non financières un déficit global de 33,6 milliards de francs CFA. En 1984, les subventions globales aux entreprises publiques et parapubliques engloutissent la moitié des recettes pétrolières de l'Étrt, soit 150 milliards de francs CFA! L'État étant désonnais de plus en plus illiquide sera de moins en moins généreux.

d - Dans le secteur bancaire
Les défauts de paiement et le montant des créances douteuses se sont accrus de manière dramatique dans ce secteur. Les pertes financières ont été importantes aussi bien pour les agents économiques non financiers que pour les agents financiers. Certaines banques ont même fait faillite, suscitant une méfiance accrue des agents économiques envers un système déjà sinistré, ainsi que des réactions d'évasion hors du système. Les succursales des grandes banques américaines (Bank of America, Chase Bank, Boston Bank) se sont retirées de la scène financière nationale. Les suspensions de découverts se sont propagées d'une banque à l'autre, et les files d'attente se sont accrues de manière spectaculaire devant les guichets des établissements bancaires, du fait précisément de l'illiquidité croissante

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du système bancaire. On a estimé à près de 400 milliards de francs CFA le volume de créances irrécouvrables vers la fin des années 1980. Le chiffre est passé en 1995 à plus de 600 milliards de FCF A. Après avoir cru pouvoir échapper au contrôle du Fonds Monétaire International (FMI), le gouvernement camerounais est pratiquement contraint de s'y soumettre. en signant avec l'institution de Bretton-Woods son premier accord le 19 septembre 1988. Dès lors, la politique économique du gouvernement va se confonner à la logique néoclassique du FMI. II - La politique de déréglementation au Cameroun

C'est, sur cette logique qu'est fondée la politique de déréglementation généralisée au Cameroun dès 1990. En effet, l'année 1990 est marquée au Cameroun par l'adoption par les pouvoirs publics de quelques vingt-cinq textes de lois visant à libéraliser systématiquement l'activité économique nationalel. Ce vaste mouvement de libéralisation qu'on a appelé "déréglementation" n'a épargné aucun secteur. fi a touché en particulier: - le secteur de l'agriculture; - les secteurs de l'industrie et du commerce ; - le secteur des entreprises publiques et para publiques ; et -le secteur des banques. II.1- La déréglementation dans le secteur de l'agriculture

Elle a consisté en une diminution considérable de l'intervention de l'État dans le secteur. Ainsi on a assisté à une réduction du nombre des établissements publics spécialisés dans l'agriculture et à la signature des contrats de petformance entre l'État et les entreprises publiques agricoles jugées stratégiques comme la SOCAPALM, la CDC, la SODECAO et la SODECOTON. Par ailleurs l'État a réorienté son action dans ce secteur, notamment en ce qui concerne les produits de rente (cacao, café, coton...) pour jouer davantage le rôle d'arbitre entre les agriculteurs et les commerçants-exportateurs.
1

Voir, Cameroun:

Droits et libertés, Yaoundé, Sopecam,1990.

18

Plus précisément l'État doit désonnais se borner à : la qualité des produits ; organiser les activités des opérateurs commerciaux différentes filières ; - fixer des prix indicatifs ; participer aux négociations internationales.

a

- contrôler

dans

les

II . 2 -La déréglementation

dans les secteurs industriel et commercial

- Dans

le secteur industriel, la déréglementation concerne les incitationsà l'investissement

L'ordonnance n° 90/007 du 08 novembre 1990 portant sur le régime des investissements comporte un ensemble de garanties accordées par l'État aux entreprises, des incitations à la promotion des exportations et à la valorisation des ressources naturelles nationales et quatre régimes fiscaux privilégiés différents pour les entreprises, dont le régime de la zone franche industrielle. S'agissant en particulier du régime de la zone franche industrielle, il comporte les avantages suivants : des procédures administratives rationalisées dans le cadre d'un guichet unique; des procédures rationalisées d'inspection douanière dans les locaux de l'entreprise;

-

des avantages commerciaux tels que l'exonération de toutes licences et autorisations, l'absence de tout contrôle de prix et des marges bénéficiaires, l'exonération totale de tous les impôts sur une période de 10 ans, l'imposition à un taux global de 15% sur les bénéfices à partir de la onzième année, le droit d'ouvrir des comptes en devises étrangères dans une banque locale, l'absence de restriction sur l'achat et la vente des devises étrangères, etc.

b - Dans le secteur commercial, la loi n° 90/031 du 10 août 1990 régissant l'activité commerciale consacrela libéralisation
Les activités considérées naguère en marge de la réglementation sont désonnais reconnues officiellement. fi en est ainsi notamment des "Bayam-sellam"l, des ventes dites. à la sauvette, des restaurants du secteur
1

Les "Bayam-sellam"

sont des acheteurs-revendeurs

de vivres, constitués essentiellement

de femmes.

19

infonnel appelés" chantiers", "circuits" ou "maquis".... D'autres textes viendront en fait re-réglementer la profession commerciale.

II.3 - La déréglementation dans le secteur des entreprises publiques et parapubliques
Elle avait pour objectifs de : stabiliser les finances publiques, par la réduction voire la suppression des subventions à ces entreprises;

-

- promouvoir l'entrepreunariat privé, par la cession de certaines entreprises publiques et para publiques aux particuliers; accroître le rôle du marché, par la suppression des distorsions commerciales et institutionnelles qui entravent la compétition entre les entreprises privées et les entreprises publiques;

-

générer la croissance, par une gestion rationnelle des entreprises restant dans le portefeuille de l'État. Pour atteindre ces objectifs, on a procédé tantôt à la privatisation, tantôt à la réhabilitation, tantôt même à la liquidation pure et simple des entreprises publiques, selon les cas. II.4 - La déréglementation dans le secteur bancaire

La déréglementation bancaire au Cameroun repose essentiellement sur les décrets n° 90/1470 et n° 90/1471 portant redéfinition des établissements de crédit, fixant le montant du capital social minimum de ces établissements et précisant les conditions et les modalités de leur agrément et de celui de leurs dirigeants, respectivement. Confonnément à la logique de la déréglementation, ces textes devaient conduire à la création de nouvelles banques, à une concurrence plus grande entre les banques et à l'apparition de nouveaux produits financiers, tous facteurs susceptibles de redynamiser le secteur profondément sinistré et de lui donner l'efficacité nécessaire à la relance de l'économie. Ces objectifs ont-ils été atteints ? De façon plus générale, la politique de déréglementation mise en oeuvre au Cameroun en 1990 pour juguler la crise économique qui secoue le pays depuis 1987 a-t-elle pennis d'obtenir les résultats escomptés? C'est la question centrale à laquelle notre ouvrage se propose d'apporter une réponse.

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-Le plan de notre ouvrage

Pour y parvenir, nous devons passer en revue les principaux secteurs de l'économie nationale touchés par cette politique: en examinant d'abord la situation de crise dans le secteur, en exposant ensuite les mesures de déréglementation prises dans le secteur, en procédant, enfin, à une évaluation critique des résultats obtenus dans le secteur.
Nous suivrons par conséquent le plan suivant:

CHAPITRE PREMIER:

Crise et déréglementation dans le secteur de l'agriculture.
Crise et déréglementation dans les secteurs industriel et commercial.

CHAPITRE

DEUXIÈME:

CHAPITRE TROISIÈME:

Crise et déréglementation dans le secteur des entreprises publiques et parapubliques Crise et déréglementation dans le secteur bancaire.

CHAPITRE QUATRIÈME:

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CHAPITRE PREMIER

CRISE ET DÉRÉGLEMENTATION DANS LE
SECTEUR DE L'AGRICULTURE

LISTE DES ABRÉVIATIONS BEAC CDC CENADEC CICC COOPIMUT FONADER IRA IRZ MIDEVIV MINAGRI MINAT MINDIC MINEPIA MINRES NWCA ONCC ONCPB SEMRY
SOCAPALM SODECAO SODECTON SODERIM : Banque des États de l'Afrique Centrale Cameroon Development Corporation : Centre National de Développement des Entreprises Coopératives : Conseil Inter professionnel du Café et du Cacao : CoopérativelMutualité Fonds National de Développement Rural : Institut de Recherche Agronomique : Institut de Recherche Zootechnique : Mission de Développement des Semences et des Cultures Vivrières : Ministère de l'Agriculture : Ministère de l'Aménagement du Territoire : Ministère du Développement Industriel et Commercial : Ministère de l'Élevage, des Pêches et des Industries Animales Ministère de la Recherche Scientifique : Northwest Coopératives Association Office National du Café et du Cacao : Office National de Commercialisation des Produits de Base : Société d'Expansion et de Modernisation de la Riziculture de Yagoua : Société Camerounaise de Palmeraies : Société de Développement du Cacao : Société de Développement du Coton : Société de Développement de la Riziculture dans la plaine de Mbô : Union Centrale des Coopératives Agricoles de l'Ouest : Zone d'Action Prioritaire Intégrée de l'Est.

UCCAO ZAPI

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INTRODUCTION Comme de nombreux pays dans le monde en développement en général et en Afrique Sub-Saharienne en particulier, le Cameroun compte sur les rentrées de devises pour financer son développement. L'une des principales sources de devises au Cameroun est le secteur de l'agriculture, pour lequel le pays dispose d'un avantage comparatif non négligeable. L'introduction du pétrole dans la vie économique camerounaise en 1978 devait permettre au secteur agricole de souffler un peu. En effet, l'introduction du pétrole, trois ans seulement après le boom pétrolier, en avait fait une importante source de devises. Ainsi, le pétrole a-t-il contribué au PIB à un taux aussi élevé que 19% entre 1980 et 1985. Sa contribution en recettes nettes à la balance des paiements se situait à plus de 50% des exportations des produits non pétroliers et des services en 1985, alors qu'elle n'était que de 16,5% en 1980 (PAGNI,1988).Mais, un tel déploiement du secteur pétrolier n'a pu être effectif que sur une période très courte. En effet, face à la chute brutale du prix du pétrole au cours de la seconde moitié des années 80, et au déclin de la production camerounaise depuis lors, l'agriculture devait reprendre son rôle de pilier principal de l'économie du pays. Malheureusement, la production des produits agricoles d'exportation stagne, sinon chute également depuis 1986, par suite de la détérioration des cours mondiaux de ces produits et du désintérêt conséquent des agriculteurs pour ces cultures. En fait, la chute du prix du pétrole au cours des années 80 s'est accompagnée de celle des cours des matières de base agricoles. Sur un plan global, cette situation d'inconfort pour les pays en développement tributaires des exportations de matières de base a nécessité la mise en place de diverses stratégies en vue de la stabilisation des cours mondiaux de ces produits. Malheureusement, ces efforts se sont avérés quelque peu aléatoires, étant donné les rigidités, aussi bien de l'offre que de la demande, que connaît ce secteur. Aussi, la chute des cours tend-elle à se maintenir dans le temps. D'une manière générale, l'agriculture, au Cameroun, reste le fait des petits agriculteurs; lesquels produisent dans presque tous les cas en situation de monoculture d'exportation. Les revenus d'une telle agriculture servent à satisfaire non seulement les besoins de 27

développement de l'entreprise agricole, mais aussi et surtout les besoins de consommation. Aussi, face à des cours mondiaux très instables, les agriculteurs doivent-ils compter sur l'assistance de l'État pour une rémunération appropriée de leurs efforts. Cependant, l'effondrement prolongé des cours mondiaux des matières de base au cours des années 80 n'a pas permis à la régulation étatique de se maintenir. En fait, quoique l'État ait basé la régulation dans le secteur de l'agriculture sur la stabilisàtion des prix 'aux agriculteurs, il lui a été impossible, dès le début de la seconde moitié des années 80, de garantir un prix et d'en assurer le paiement. Cela a été particulièrement le cas aux campagnes caféière et cacaoyère de 1988 et 1989 où des arriérés de près de 80 milliards de francs CFA, dûs non seulement aux planteurs, mais aussi aux divers opérateurs commerciaux des filières et aux banques, se sont constitués. Par conséquent, la production agricole d'exportation chute depuis lors. Pourtant, le Cameroun dispose encore de potentialités réelles de vente à l'extérieur pour les produits agricoles (cas particulier du cacao). En outre, face au déclin parallèle du secteur pétrolier, l'agriculture au Cameroun se doit de se maintenir afin d'assurer un soutien réel à l'économie. Aussi, dès le début des années 90, a-t-on pensé que la déréglementation, pour rétablir l'équilibre des filières agricoles, modifier les termes de l'intervention de l'État dans le secteur et mettre en place un système d'incitation agricole appropriée, devait permettre de rétablir et d'accroître la compétitivité du secteur agricole au Cameroun. Toutefois, les effets à court terme de la déréglementation semblent plutôt être le renchérissement des facteurs de production agricole, la détermination d'un prix "fictif' à la production agricole d'exportation et la recrudescence des ventes frauduleuses. Ainsi, la déréglementation dans le secteur de l'agriculture au Cameroun aurait eu pour conséquence à court terme d'aggraver la dégradation de la compétitivité du secteur. Il devient dès lors nécessaire de chercher à savoir s'il faut revenir au système de régulation totale de l'État, ou alors améliorer le nouveau système de régulation planifiée. La réponse à une telle question nécessite une évaluation du degré d'échec du nouveau système. Alors que la première partie de l'analyse fait état de la crise dans le secteur de l'agriculture au Cameroun, la deuxième partie donne les caractéristiques principales de la déréglementation comme solution 28