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Critique et clinique

De
192 pages
– Comment une autre langue se crée dans la langue, de telle manière que le langage tout entier tende vers sa limite ou son propre « dehors ».
– Comment la possibilité de la psychose et la réalité du délire s’inscrivent dans ce parcours.
– Comment le dehors du langage est fait de visions et d’auditions non-langagières, mais que seul le langage rend possibles.
– Pourquoi les écrivains sont dès lors, à travers les mots, des coloristes et des musiciens.
Ce recueil est paru en 1993.
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CRITIQUE ET CLINIQUE
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DU MÊME AUTEUR
o P S -M ,1967(« Reprise », n 15) RÉSENTATION DE ACHER ASOCH S ,1968 PINOZA ET LE PROBLÈME DE L’EXPRESSION L ,1969 OGIQUE DU SENS L’ANTIDIPE(avec Félix Guattari),1972 KAFKA- Pour une littérature mineure (avec Félix Guattari),1975 RHIZOME(avec Félix Guattari),1976(repris dansMille plateaux) S (avec Carmelo Bene),1979 UPERPOSITIONS MILLE PLATEAUX(avec Félix Guattari),1980 o S - P ,1981(« Reprise », n 4) PINOZA HILOSOPHIE PRATIQUE C 1 - L’ ,1983 INÉMA IMAGE-MOUVEMENT C 2 - L’ ,1985 INÉMA IMAGE-TEMPS o FOUCAULT,1986(« Reprise », n 7) P V . La philosophie de François Châtelet,1988 ÉRICLÈS ET ERDI LEPLI. Leibniz et le baroque,1988 o P ,1990(« Reprise », n 6) OURPARLERS QU’EST-CE QUE LA PHILOSOPHIE? (avec Félix Guattari),1991 o (« Reprise », n 13) L’ÉPUISÉ(inSamuel Beckett,Quad),1992 C ,1993 RITIQUE ET CLINIQUE L’ÎLE DÉSERTE. Textes et entretiens,19531974 (édition préparée par David Lapoujade),2002 DEUX RÉGIMES DE FOUS. Textes et entretiens,19751995 (édition préparée par David Lapoujade),2003 Aux P.U.F. E ,1953 MPIRISME ET SUBJECTIVITÉ NIETZSCHE ET LA PHILOSOPHIE,1962 L P K ,1963 A HILOSOPHIE CRITIQUE DE ANT PROUST ET LES SIGNES,1964- éd. augmentée,1970 N ,1965 IETZSCHE L B ,1966 E ERGSONISME D ,1968 IFFÉRENCE ET RÉPÉTITION Aux Éditions Flammarion DIALOGUES(en collaboration avec Claire Parnet),1977 Aux Éditions du Seuil FRANCISBACON:LOGIQUE DE LA SENSATION,(1981), 2002
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GILLES DELEUZE
CRITIQUE ET CLINIQUE
LES ÉDITIONS DE MINUIT
r1993 by LESÉDITIONS DEMINUIT www.leseditionsdeminuit.fr
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Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère PROUST,Contre SainteBeuve
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AVANTPROPOS
Cet ensemble de textes dont les uns sont inédits, dont les autres ont déjà paru, s’organise autour de certains problèmes. Le problème d’écrire: l’écrivain, comme dit Proust, invente dans la langue une nouvelle langue, une langue étrangère en quelque sorte. Il met à jour de nouvelles puissances grammati cales ou syntaxiques. Il entraîne la langue hors de ses sillons coutumiers, il la faitdélirer.Mais aussi le problème d’écrire ne se sépare pas d’un problème devoiret d’entendre: en effet, quand une autre langue se crée dans la langue, c’est le langage tout entier qui tend vers une limite « asyntaxique », « agramma ticale », ou qui communique avec son propre dehors. La limite n’est pas en dehors du langage, elle en est le dehors : elle est faite de visions et d’auditions nonlangagières, mais que seul le langage rend possibles. Aussi y atil une peinture et une musique propres à l’écriture, comme des effets de couleurs et de sonorités qui s’élèvent audessus des mots. C’est à travers les mots, entre les mots, qu’on voit et qu’on entend. Beckett parlait de « forer des trous » dans le langage pour voir ou entendre « ce qui est tapi derrière ». C’est de chaque écrivain qu’il faut dire : c’est un voyant, c’est un entendant, « mal vu mal dit », c’est un coloriste, un musicien. Ces visions, ces auditions ne sont pas une affaire privée, mais forment les figures d’une Histoire et d’une géographie sans cesse réinventées. C’est le délire qui les invente, commeproces susentraînant les mots d’un bout à l’autre de l’univers. Ce sont des événements à la frontière du langage. Mais quand le délire retombe àl’état clinique,les mots ne débouchent plus sur rien, on n’entend ni ne voit plus rien à travers eux, sauf une nuit qui a perdu son histoire, ses couleurs et ses chants. La littérature est une santé. Ces problèmes dessinent un ensemble de chemins. Les textes présentés ici, et les auteurs considérés, sont de tels chemins. Les
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CRITIQUE ET CLINIQUE
uns sont courts, les autres plus longs, mais ils se croisent, repassent par les mêmes lieux, se rapprochent ou se séparent, chacun donne une vue sur d’autres. Certains sont des impasses fermées par la maladie. Toute œuvre est un voyage, un trajet, mais qui ne parcourt tel ou tel chemin extérieur qu’en vertu des chemins et trajectoires intérieurs qui la composent, qui en constituent le paysage ou le concert.
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