DE L'AGRICULTURE D'ANTAN A CELLE D'AUJOURD'HUI

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Sous l'impulsion de la politique agricole, l'agriculture a connu diverses mutations à partir des années 60 - lois Pisani, marché commun de l'UE, etc. Les prix garantis sont à l'origine de certains dérapages que nos concitoyens relèvent aujourd'hui. Parallèlement, les agriculteurs sont mécontents de leur revenu, et des prix perçus. Pourtant, leurs représentants professionnels, avec l'aide des organisations de producteurs, font partie des concepteurs du modèle qui prévaut aujourd'hui... Comment expliquer cette contradiction ?
Publié le : vendredi 1 avril 2011
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EAN13 : 9782296807488
Nombre de pages : 154
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DE LAGRICULTURE DANTAN À CELLE DAUJOURDHUI
Les changements engendrés par les lois Pisani 
Biologie, Ecologie, Agronomie Collection dirigée par Richard Moreau professeur honoraire à lUniversité de Paris XII, et Claude Brezinski, professeur émérite à lUniversité de Lille  Cette collection rassemble des synthèses, qui font le point des connaissances sur des situations ou des problèmes précis, des études approfondies exposant des hypothèses ou des enjeux autour de questions nouvelles ou cruciales pour lavenir des milieux naturels et de lhomme, et des monographies. Elle est ouverte à tous les domaines des Sciences naturelles et de la Vie.  Déjà parus
 Guy JACQUES,Virer de bord. Plaidoyer pour l'homme et la planète, 2011. Maurice BONNEAU,La forêt de Guyane française, 2010. Michel GAUDICHON,L'homme au miroir de la science, 2010. Jacques RISSE,Lélevage français. Évolutions et perspectives, 2010. Louis TSAGUE ;La Pollution due au transport urbain et aéroportuaire. Caractéristiques et méthodes de réduction, 2009. Marie-Françoise MAREIN,Lagriculture dans la Grèce du IVe siècle avant J.C,2009. Jean-Claude LACAZE,Le christianisme face à la crise écologique mondiale, 2009. Michel BRAUD,Paysans du monde. Parcours dun agronome au service de la terre, 2009. Jean-Claude GALL,Des premières bactéries à lhomme. Lhistoire de nos origines, 2009. Groupe de Bellechasse,LAlimentation du monde et son avenir, 2009. Maurice BONNEAU,Forestier dans le Haut Atlas. Maroc 1952-1956, 2009. Alain GIRET, climats et environnementsLe Quaternaire :, 2009. René LETOLLE,La Mer dAral, 2008.   
André Marchand
    DE LAGRICULTURE DANTAN À CELLE D AUJOURDHUI Les changements engendrés par les lois Pisani QUARANTE ANNÉES DEXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE DANS LAGRICULTURE ET LAGRO-INDUSTRIE  PARADOXES ET INCERTITUDES AGRICULTURE,IATNEMILEROAGR A, PAC,VIANDE BOVINE,MANAGEMENT                                                                      
 
 
Du même auteur 
 Filière viande : propositions pour conjuguer une agriculture rentable et une nourriture saine, LHarmattan, 2011.                                                                                                                         © LHarmattan, 2011 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr  ISBN : 978-2-296-54779-7 EAN : 9782296547797  
 
 
 
PRÉAMBULE
Pourquoi ai-je écrit ce livre ? Le choix de cette réflexion ma été dicté par mon itinéraire intellectuel et professionnel. Lorsque jétais jeune, jaurais aimé poursuivre mes études. Ainsi, dès lâge de onze ans jai fait part de mon souhait dentrer au collège. Mes parents ont refusé : ils considéraient que ma place, après le certificat détudes primaires, était sur lexploitation. Jétais le fils aîné, celui qui devait la reprendre. Cela contredisait donc mes projets. Comme jinsistais, mes parents mont alors dit :« Les études sont faites pour les élèves les plus doués ».Cette affirmation et la décision qui sensuivait ne me convenaient pas pour la simple raison que les enfants de mon âge, qui avaient la possibilité dentrer au collège, nétaient pas mieux classés que moi à lépoque. Cette décision, que jai toujours considérée comme arbitraire et injuste, a contribué à me faire prendre beaucoup de recul par rapport aux événements, aux affirmations de toutes sortes Bref, cela a eu pour effet, je crois, de développer mon esprit danalyse critique, mais aussi ce besoin de liberté dinitiative Je me suis donc trouvé, tout dun coup, dans une voie que je navais pas choisie et au fil du temps, je me suis rendu compte que ce qui pouvait apparaître comme un handicap de départ était peut-être aussi une chance. Je me suis ainsi investi complètement dans ce métier dagriculteur, mais aussi danimateur de la JAC1et par la suite de technicien agricole, de cadre dirigeant Partout où je passais, jobservais, jécoutais et à chaque fois, jessayais de relever les contradictions, dapporter dautres solutions... Cela était devenu naturel chez moi. En fait, ce sont toutes les étapes que jai franchies qui                                                            1JAC (Jeunesse agricole chrétienne)
 
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mont fait prendre conscience assez vite que javais peut-être des choses à dire : les études que jai suivies par la suite, en parallèle de mon travail, mont aidé dans ce sens. Après le certificat détudes primaires, je suis resté pendant sept ans aide familial sur lexploitation parentale. En août 1969, jai repris mes études dans le cadre de la promotion sociale. Tout en les poursuivant, en juillet 1972, jai démarré une nouvelle activité professionnelle dans une coopérative agricole en tant que technico-commercial dans lapprovisionnement. En 1973, jai obtenu un Brevet de technicien supérieur (BTS). En 1974, jentre dans une deuxième coopérative en tant que technicien chargé du développement de la production de jeunes bovins. En 1975, je rejoins une troisième entreprise. Une Société dintérêt collectif agricole (SICA) qui devient une coopérative. Je suis embauché comme technicien spécialisé en viande bovine pour mettre sur pied le Groupement de producteurs (GP) de bovins ; je suis ensuite nommé responsable dudit GP et de différents services de la société. Enfin en 1981, je deviens directeur-adjoint de lentreprise et cela jusquà mon départ de celle-ci le 31 décembre 1985. A partir de 1986 et jusquà mon départ en retraite fin 2008, je poursuis mon activité professionnelle dans un important complexe industriel des viandes de lUnion européenne (UE), rattaché lui-même à lun des plus grands groupes de distribution de lUE. Jy ai assuré différentes responsabilités et notamment celles liées aux relations avec la production. Parallèlement à ce parcours, je me suis inscrit en 1974 aux cours du Centre national des arts et métiers (CNAM) de Rennes. Cette décision ma permis de mener de pair, deux activités - celle détudiant et celle dactif professionnel - et de confronter pendant un temps la théorie et la pratique. Cest ainsi quen 1988, à lâge de 40 ans, jai obtenu le diplôme déconomiste CNAM avec comme spécialité léconomie agricole et agroalimentaire.
 
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Après avoir vécu le métier dexploitant agricole en tant quaide familial pendant 7 ans, jai exercé par la suite, pendant 37 ans, une activité professionnelle dans les différents maillons dune même filière. Loriginalité de ce parcours ma permis certes de vivre de lintérieur le fonctionnement dune filière, den mesurer ses différents maillons, mais surtout dy analyser les effets de la politique agricole menée depuis le début des années 1960. Il était donc tentant pour moi de traiter un sujet très lié à mon parcours et aux différentes étapes de mon activité professionnelle. Sobliger à exercer un jugement critique sur les différentes étapes de ce parcours professionnel, ne peut être que profitable aux agents des filières concernées qui le souhaitent. En ce qui me concerne, cet esprit critique ma par exemple amené à proposer des solutions pour améliorer lefficacité économique du secteur dactivité dans lequel jai exercé.
 
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 INTRODUCTION 
 Au début du vingtième siècle, la population rurale représentait 60% de la population française. Avec 45%, le nombre dactifs agricoles était également très important. Ces chiffres démontrent à eux seuls limportance que revêtent alors lagriculture et le monde rural dans léconomie du pays et dans son fonctionnement. En 1936, juste avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale, la population rurale avec 48% nétait déjà plus majoritaire, mais la part des actifs agricoles représentait encore 33% de la population active totale française. En 1962, quatre ans après le début de la Ve république, la population rurale représentait 36,6% de la population française et la population active agricole 20%. A cette période, le monde rural et agricole conserve un poids politique important. Il a toujours les moyens dinfluencer dune manière déterminante les décisions politiques. Les exemples les plus parlants sont la loi dorientation agricole de 1960 et la loi complémentaire de 1962. Elles sont votées suite aux manifestations violentes qui ont lieu à cette époque en Bretagne : le prix des produits agricoles seffondre et les leaders agricoles bretons vont jusquà occuper la sous-préfecture de Morlaix. Les lois agricoles qui en résultent donnent naissance aux Groupements de Producteurs (GP) et offrent ainsi aux agriculteurs les moyens de prendre en main lorganisation de leurs filières de production. En agriculture, la difficulté de maîtriser les cycles de production rend hasardeuse la maîtrise des prix. Il y a beaucoup trop daléas et le prix payé se définit entre loffre et la demande. Cette logique de fonctionnement est volontairement ignorée dans les milieux agricoles. Je le comprends. Si la production
 
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est excédentaire de 10%, les prix peuvent seffondrer complètement. Il devient alors difficile de voir une année de labeur disparaître pour rien. Les ingrédients dun grand mouvement de contestation sont réunis. Il est alors plus facile de remettre en cause les autres partenaires des filières plutôt que daccepter la dure réalité du marché. Le monde agricole aime dire cela: « Nous devons toujours nous battre pour prendre en main nos destinées. Lennemi est le pouvoir capitaliste et les hommes politiques ne sont pas là pour le contredire ». Cette affirmation est un paradoxe bien français. Nous devons reconnaître que lagriculture et les industries agroalimentaires (IAA) représentent toujours un enjeu statistique important. Certes, leur part dans le produit intérieur brut (PIB) a été divisée par deux depuis 1970, mais elles contribuent tous les ans à la bonne santé du commerce extérieur. En 2007, le solde agroalimentaire a atteint 7,2 milliards deuros. Il confirme ainsi les niveaux atteints ces 5 dernières années. Cela contraste réellement avec la situation globale française dont le déficit se situe fin 2008 à 55,7 milliards deuros. Enfin, pour ce secteur dactivité, nous sommes la deuxième nation exportatrice dans le monde, juste derrière les USA. Ceci nest donc pas mince pour un pays comme la France, cela démontre aussi nos atouts dans ce domaine, atouts que lon a parfois trop tendance à oublier. En ce qui concerne la population active agricole, elle représente tout juste à ce jour 3% de la population active totale. La forte amélioration de la productivité agricole qui en résulte nest pas sans conséquence et donne des arguments au monde agricole pour se faire entendre. Cela est son mérite. En revanche, la collectivité - souvent à juste titre - émet de plus en plus de critiques sur certaines de ces pratiques. Les organismes génétiquement modifiés (OGM) font peur, le non-respect de lenvironnement nest plus accepté Lépidémie dencéphalopathie spongiforme bovine (ESB), la dioxine, mais aussi lutilisation parfois excessive des produits phytosanitaires (herbicides, insecticides) génèrent des doutes sur certaines
 
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