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De l'art à soi

De
288 pages

La pratique du collage est une aide précieuse pour tous ceux souhaitant donner de l'intensité à leur vie, développer leur créativité, leur autonomie, et aller vers un mieux-être. Elle représente une activité à la portée de tous, mettant en œuvre la liberté, le rêve, le jeu, l'aventure, le plaisir de la récupération, de l’expérimentation. L'auteure, plasticienne et art-thérapeute, expose les raisons des bienfaits de cette technique. Elle propose une manière ludique d’aborder cette activité. Aujourd'hui, le monde réduit bien souvent l’expression intime au silence. Dans la recherche du bien-être, le langage verbal est fréquemment insuffisant. Alors que l'inconscient constitue un élément fondamental de l'identité, le lecteur trouvera ici de nouveaux chemins vers son épanouissement intérieur.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
Mail : client@edilivre.com
www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-334-15697-4
© Edilivre, 2016
À mes enfants, Ségolène et Constant, qui m’ont fait retrouver l’envie de me battre pour moi-même.
AvaNt-propos « La vie est courte, mais elle est large. » Proverbe mexicain
Depuis longtemps, les arts plastiques m’ont accompa gnée en nourrissant mon imaginaire, ma joie de vivre, ma présence au monde. Ils ont contribué à apaiser ma soif de partager avec d’autres des petits instants de vie, des impressions, des émotions. Ainsi, l’art et de manière plus générale la culture ont fa it partie de mon existence : sans en connaître autrefois la raison, ils ont constitué pour moi, dès l’enfance, des refuges lorsque tout allait mal, lorsque des sensations de vide, de solitude, m’envahissaient en me laissant totalement désœuvrée. Livrée alors bien tr op souvent à moi-même, entre une mère triste, déprimée, et un père physiquement absent, ils étaient là pour me soutenir, me ressourcer, m’aider à grandir. Mon parcours artisti que a été jalonné de formations de toutes sortes, certaines dites « académiques », d’autres plus professionnelles, ou d’autres encore tournées avant tout vers « l’expression ». C es expériences, plus ou moins enrichissantes, ont été chaque fois sans accord vér itable avec ce que je recherchais vraiment. Au fil du temps, ma pratique était devenue à la fois intime, indispensable, mais distante, décevante. Un jour (était-ce au hasard d’un ouvrage ou d’une conférence ?), j’ai fait la connaissance d’un mot jusque-là totalement inconnu pour moi : « Art-thérapie ». Mais était-ce réellement du « hasard » ? Cette renc ontre, puis les années d’études à 1 l’ATEPP-CEFAT qui s’en suivirent marquèrent une prise de conscience de mes besoins profonds ainsi qu’un tournant dans mon existence. M on engagement dans le domaine passionnant de l’art-thérapie donna un formidable élan à ma créativité, mon authenticité, mon mieux-être, à ma relation aux autres. Certes, cet ouvrage fait partie de mon parcours singulier et, vous comme moi, avons nos particularités, nos différences. Néanmoins, nou s possédons également cette part d’universel commun à tous les êtres humains. Aujour d’hui, j’aimerais donc vous faire partager cette idée que la création, à travers la p ratique des arts plastiques, est un merveilleux chemin vers l’expression personnelle, l’inventivité, la liberté, la connaissance de soi, la sensation d’être heureux. L’art rend possible l’ouverture d’un espace permettant de se ressourcer, d’intensifier sa vie, ou de la vivre autrement. Il met en œuvre ce droit d’affirmer ce que l’on est sans l’obligation d’être le meilleur, le plus fort, ou le plus talentueux. « Créer, c’est vivre deux fois. Créer, c’est donner forme à son destin », 2 soutient l’écrivain Albert Camus . À l’image d’une poésie, d’une sculpture, d’une peinture ou d’un air de musique, je souhaite que ce livre vo us donne l’envie de mettre en œuvre, de façon plastique, votre histoire personnelle, cel le qui vous touche, ne ressemble à aucune autre. Je voudrais qu’il vous amène le désir de vous placer dans une écoute plus globale, plus authentique de vous-même, de votre vé cu, de votre projet de vie, de vos besoins et blocages, de votre rapport au monde. Cette manière d’appréhender l’existence d’un point de vue complet, à la fois grande ambition et attitude sage, me semble arriver du fond des âges : pourtant, elle fait souvent défaut aujourd’hui. Entreprendre cette extraordinaire aventure artistique n’exige pas de talent ou de savoir-faire préalables. Le potentiel créatif existe chez chacun d’entre nous. Il suffit d’apprécier l’art, vouloir s’y confronter en souhaitant élargir sa capacité d’expression. Comme le déclare le romancier Mark Twain, « Dans 20 ans, vous serez plus déçu par ces choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors, larguez les amarres. Mettez les voiles et sortez du port oh combien sécurisant. Explorez. Rêvez. Découvrez ». J’aimerais, à présent, continuer cet avant-propos par une remarque. Mes lectures ont,
depuis des années, nourri mes connaissances ainsi q ue mon existence. Elles ont alimenté mes notes manuscrites qui, avec le temps, se sont accumulées dans des 3 carnets en même temps que mes pensées . Autrefois, je n’ai pas toujours mentionné les auteurs de ces parties de textes conservées à côté de mes propres réflexions. Par avance, je prie donc tous ces écrivains de bien vouloir m’excuser si, malgré ma vigilance, j’ai repris malencontreusement certaines de leurs formulations sans les citer. Il s’agit avant tout, dans ce livre, de développement personnel et de créativité dans le cadre d’une activité artistique, le collage. J’ai conçu sciemment cet écrit en dehors de tout concept « trop » professionnel et de cas cliniques psychiatriques. J’emprunte à l’art-thérapie uniquement quelques principes afin de nour rir mon propos. Cet ouvrage n’est pas l’énoncé d’une démarche thérapeutique. Je ne traite pas des pathologies mentales, de leur traitement : je ne m’adresse donc pas à des lecteurs avertis qui souhaiteraient avoir davantage d’informations sur le sujet. Je n’ai pas pour but, non plus, de vous offrir les moyens d’envisager un travail en profondeur san s le soutien d’un art-thérapeute. En outre, je ne dévoile dans ces pages aucune recette miracle : je n’en ai pas trouvé. J’espère en revanche que vous pourrez, au fil de ce t ouvrage, développer votre imagination, votre pensée, l’expression de vos ressentis. Les arts plastiques constituent une multitude d’impressions et de gestes différents que j’ai voulu suggérer par les mots. Puisque je ne m’aide pas de photographies, j’utilis e volontairement la richesse de la langue française pour mes descriptions. J’ai ponctu é les paragraphes de citations de philosophes, écrivains, peintres, psychologues, psy chiatres. Les différentes idées que j’expose proviennent donc d’univers variés : elles ont pour ambition d’être ouvertes en constituant, avant tout, des pistes pour vos propres réflexions ou expérimentations. Mes conseils ne sont pas des injonctions, vous ne décou vrirez aucune interdiction, car vous, lecteur, êtes le seul maître de votre existence. Vo us êtes la seule personne à savoir ce que vous désirez vraiment et ce qui est aujourd’hui bon pour vous. Néanmoins, est-il possible de comprendre les bienfaits de la création sans qu’il y ait mise en pratique ? 4 Contrairement à certaines idées, la simple action d e créer ne constitue pas en elle-même un soin (si c’était le cas plus aucun artiste ne serait malade !). Par contre, vos réalisations plastiques ne peuvent ou ne pourront q ue vous aider à développer votre expression, votre regard, à laisser mûrir votre désir de transformation ou, au contraire, à provoquer les événements. Enfin, la formulation du « je » et la narration de ma propre expérience, dans certains chapitres, se veulent êtr e des invitations à vivre l’aventure créative la plus passionnante qui soit, c’est-à-dire la vôtre…
1. Centre de formation à l’art-thérapie, 16 rue Francis de Pressensé 75014 Paris. 2. Camus A. Le mythe de Sisyphe. Gallimard. Folio Essais. 1985. 3. Mes études en art-thérapie, les cours théoriques et conférences qui les ont accompagnées, ont également beaucoup enrichi ces calepins. 4. Ou de colorier (comme pourrait le laisser entendre la mention « Art-thérapie » sur certains cahiers de coloriage pour adultes édités aujourd’hui).
Introduction «Ce qu’on appelle la vie n’est qu’un bref épisode entre deux grands mystères, qui n’en font en fait qu’un seul. » 5 C.G. Jung
D’où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Qui ne sait jamais posé au moins une de ces questions très banales ? Mon fils fut très tôt intrigué par le fait de ne pas être présent sur les photos précédant son année de naissance : « Mais moi, Maman, où j’étais ? », me demandait-il dès que nous regard ions ensemble un album de famille. L’humain est un être à part, car il se pose toutes sortes d’interrogations, avec la tentation de trouver un sens aux choses. Est-ce, peut-être, c omme le souligne le biologiste et écrivain Jean Rostand, parce que « L’obligation de subir lui donne le droit de savoir » ? L’homme fait partie de ces êtres vivants qui ont la possibilité de vivre intensément tout en ayant le besoin de prendre du recul, de développer une pensée, d’anticiper, d’inventer. Cette situation fait donc de lui un individu comple xe, ayant la capacité d’être riche intérieurement, doté de facultés de compréhension, d’imagination. Ainsi, il se classe lui-même parmi les êtres pourvus d’une certaine intelligence. Il est à la fois un corps et un esprit : cela engendre, sans doute, un certain nomb re de difficultés et une certaine incohérence. Comme tout être humain, les interrogations, les obs tacles, le bonheur, la souffrance font partie de mon histoire. Ce livre est le fruit de mes expériences, de mes connaissances : mon apprentissage de la vie d’abord, ma pratique artistique personnelle ensuite, mes années d’études dans le domaine de l’a rt-thérapie ainsi que mes vécus d’ateliers d’expression plastique et art-thérapeutiques enfin. Je relate mes acquis, mes 6 réflexions sur le lien entre l’art et un mieux-être , une meilleure connaissance de soi : je pars du postulat que ces deux derniers éléments sont intimement liés. S’exprimer librement est indispensable à l’équilibr e psychique, à la régulation des émotions, des sentiments, à l’apaisement des tensions intérieures : l’expressivité apporte le sentiment d’être, la joie de vivre, la confiance en soi, le plaisir de réaliser ses propres choix, de construire des liens durables avec ce que l’on aime… Pour concevoir l’ampleur des bienfaits de cette libre expression, il me paraît judicieux de comprendre, d’abord, ce que signifie le « soi ». Par conséquent, cet ouvrage est divisé en deux grandes parties : « Du soi à l’art » puis « De l’art à soi ». Quel rôle « l’autre » joue-t-il dans l’élaboration de la personnalité ? De quelle manière l’inconscient constitue-t-il un élément fondamental de l’identité ? Pour quelles raisons doit-il être écou té ? Comment la pensée s’organise-t-elle ? Pourquoi les émotions et le processus symbol ique sont-ils essentiels à toute existence humaine ? Quels sont les fondements de la présence d’un lien profond entre l’être humain et l’art ? Les quatre premiers chapit res font une plus grande place à la théorie psychanalytique. Néanmoins, dans un souci de clarté, j’ai rattaché certains termes spécifiques à des définitions plus courantes, tout en essayant d’éviter la caricature ou le contresens dans l’esprit du lecteur. Aujourd’hui, le monde réduit bien souvent l’expression intime au silence. Je me suis donc intéressée, dans la première partie de cet écrit, à la société actuelle en dressant un bref état des lieux de l’individualisme, de la rationalité, de ce qui, selon moi, ne fonctionne pas correctement vis-à-vis de l’autonomie ou de l’évolution de chaque être humain. Mon analyse touche aussi le domaine des mots, ainsi que les relations que ces derniers entretiennent avec l’art. Pourquoi le langage verbal est-il, dans bien des cas, insuffisant ? J’énonce les raisons pour lesquelles il me semble i ndispensable de renouer avec son
corps, son imaginaire, ses envies, ou ses blocages, de se relier à sa réalité intérieure en lâchant prise, en retrouvant sa « capacité à être seul ». Dans la deuxième partie de ce livre, je décris une démarche artistique, une pratique parmi d’autres, qui prétend parvenir à l’autonomie, au mieux-être, en dépassant ses 7 difficultés . Le collage est une activité à la portée de tous, mettant en œuvre la liberté, le rêve, le jeu, le plaisir de la récupération, de l’e xpérimentation. Il constitue une aide précieuse pour ceux qui veulent s’initier aux arts plastiques ou faire rebondir leur expérience artistique, ou encore leur travail sur e ux-mêmes. Ainsi, je décris non seulement les atouts de cette technique et les rais ons de ses bienfaits, mais aussi les obstacles susceptibles d’y être rencontrés. Je prop ose une manière d’accéder à cette activité qui, je l’espère, apporte une meilleure ap préhension des problèmes. À la fin de chaque sujet abordé, un petit exercice est là pour offrir quelques idées permettant de démarrer concrètement la technique. L’organisation de cet ouvrage est faite à la manièr e d’un collage : elle rassemble différents champs d’activité, diverses réalités, tout en proposant une cohésion possible. Sont abordés, tout au long du livre, un certain nom bre de domaines comme l’intimité, l’illusion, les pouvoirs de la matière, les bienfai ts du vide, les enjeux de l’esthétisme… J’explique pourquoi les paradoxes, la révolte et le s échecs sont utiles. Je décris les raisons de l’importance du regard, du savoir qui doute. De plus, afin d’élargir la réflexion, j’ai introduit au fur et à mesure de l’avancée de l a lecture, quelques événements historiques se rapportant à l’art, au collage, au papier, à l’arbre, au livre d’artiste… J’espère que ce livre pourra, de cette manière, vou s aider à collecter d’autres morceaux de vous-même, à mettre en œuvre des rencon tres originales et créatives, par conséquent à tisser vous aussi de nouveaux liens…
5. C.G. Jung. Ma vie. Gallimard. 1991. 6. Ou le sentiment de se sentir bien, d’exister pleinement. 7. En dehors de pathologies graves.
I
Du soi à l’art
1 S’exprimer, une nécessité humaine
Qu’est-ce que le « soi » ?
«Nul ne peut avoir de lien avec son prochain s’il n’ en a d’abord avec lui-même. » 8 C.G. Jung
• La sensation d’être soi :
Le « soi » : ce pronom réfléchi est rarement utilisé seul dans le langage courant. Il est généralement accompagné d’une préposition : « pour », « sur », « de », « en »… Il 9 indique, en paraphrasant J.P. Sartre,«Un rapport du sujet avec lui-même » . Il s’agit d’une réflexivité qui concerne chacun d’entre nous, nous entraîne vers l’idée du miroir. « Cela va de soi » signifie « C’est évident, naturel », alors qu’« En soi » désigne « De par sa nature même».Ces définitions renvoient à l’existence de ce qui est, indépendamment de ce qui peut en être perçu. Elles font donc référence à l’essence même du sujet, quelle que soit la conscience qu’il a de lui-même. Elles n ous invitent à nous interroger sur l’individualité, le « un parmi d’autres », sur ce qui compose la personnalité, l’identité. Mais d’où vient cette sensation d’être « soi », d’être « moi », et non un autre ?Ce sentiment 10 repose sur trois impressions. La première est celle d’une unité : je suis « un » parce que j’ai la capacité mentale de me sentir unique à l’intérieur de mon corps. La deuxième touche la notion de continuité : je reste « un » et garde mon identité malgré le temps qui passe. La troisième paraît plus complexe : j’ai le sentiment d’être singulier, car je suis à l’origine de mes comportements, mouvements, pensées, émotions, paroles, etc.
• Être un corps avec un esprit :
Le premier élément mis en jeu dans cette sensation d’être « soi » est notre corps, lieu de nos expériences, de nos émotions, de notre mémoire, de notre psychisme. Siège de nos sensations et attachements,notre corps nous permet d’apprendre, de construire notre pensée, d’accéder au langage, de rêver.Il fixe des contours, des limites. Grâce à sa présence, nous pouvons développer notre sentiment d’être « un ». Il est le lieu où se coordonnent nos perceptions, nos mouvements, où s’expriment nos impressions, notre plaisir de sentir, de nous mouvoir. S’y organ isent nos pulsions, nos instincts, ainsi que leur contrôle. Nos sens participent de manière active à notre rencontre avec le monde, font en sorte que nos réactions ne soient plus de simples mouvements réflexes. Tout cela suppose que nous ayons un regard actif su r l’extérieur, que nous soyons capables de nous détacher de nous-mêmes pour aller vers l’autre. Grâce à notre esprit, en séparant notre pensée de n os actes, notre corps nous autorise des gestes impliquant notre volonté d’agir dans une direction donnée. Il nous permet, ainsi, de mener à bien nos projets, no s décisions. C’est ce qui a permis à l’homo sapiens, il y a bien longtemps déjà, de donn er à l’outil son meilleur usage à la faveur d’une idée, d’un besoin, d’une frustration. Même s’il reste encore beaucoup de mystères autour de notre cerveau, à présent il est communément établi qu’il dirige cette cohérence, cette sensation d’être « un » de façon s table. Grâce à la plasticité de ses synapses, ces interstices entre les neurones, grâce à son organisation en différents
circuits spécialisés, il est capable de traiter un grand nombre d’informations ou de mettre en œuvre plusieurs actions en même temps.
• Le rôle de la mémoire :
Notre mémoire nous permet alors de retrouver toutes les informations contenues dans ces différents réseaux de neurones. Aujourd’hui, no us savons qu’elle est un processus dynamique, évoluant avec les années. En fait,elle se divise en deux grandes catégories.première mémorisation, utilisée lors de tout a  Une pprentissage, exige de la concentration tout en étant soumise à notre volonté et au temps. Une deuxième mémorisation, située en « arrière-fond » de nos aut res activités mentales, travaille de manière automatique. Globalement, notre mémoire prend différentes formes en fonction des conditions dans lesquelles nous nous trouvons, de notre attention, des exigences de notre environnement, de nos états physique et psychologique. Liée à nos expériences passées, la mémoire influence nos goûts, nos sentiments.En reliant les événements les uns aux autres, elle don ne une continuité ainsi qu’un sens à notre existence, la conscience de nous-mêmes à travers le temps qui passe. En assurant une interaction entre passé et présent, elle prédit nos actions futures, envisagées à partir de notre parcours, de notre sav oir. Certains de nos souvenirs sont endormis, d’autres s’effacent. Souvent, leur réapparition dépend des clés offertes par nos nouveaux vécus. Non seulement notre mémoire nous permet d’avoir des connaissances générales et abstraites, mais encore elle nous proc ure des sensations liées à tous nos souvenirs, qu’ils soient conscients ou non.Elle alimente également notre capacité à faire « comme si », élément indispensable pour pouvoir porter un autr e regard sur la réalité, aller vers l’inconnu, mettre en place de nouveaux projets.
• L’impact des émotions :
L’ensemble de nos émotions constitue un autre fonde ment de cette capacité à se sentir « soi », unique. En effet, nous existons au sein d’une société, en relation avec d’autres :lesémotions constituent l’interface entre notre monde intérieur et notre environnement. Elles résultent de la façon dont nous nous adaptons au milieu extérieur, puisque très peu de vécus sont totalement neutres é motionnellement. Elles sont à l’origine de nos sensations produites par tout ce qui se passe dans notre organisme, par nos souvenirs comme par nos pensées. Elles guident nos gestes, nos réactions aux changements du cours de notre existence. Ainsi, la colère nous aide à préserver notre capacité d’action en nous procurant la force de nou s battre, tandis que la peur nous permet d’éviter le danger. Quant à la tristesse, elle offre un indicateur de notre souffrance profonde, tout en nous permettant d’y accéder. Les émotions nous relient à notre univers intime, notre énergie vitale. Elles provoquent nos sentiments les plus secrets, les plus difficiles à contrôler. Elles jouent également un rôle dans la construction de notre cerveau, dans notre apprentissage et dans l’évolution de not re mémoire.Elles constituentla base de notre conscience, participent au déroulemen t de nos prises de décisions ainsi qu’à nos transformations personnelles. Selon les propos de C.G. Jung,«Sans émotion, il est impossible à l’être humain de trans former les ténèbres en lumière et 11 l’apathie en mouvement » . Elles ont une signification sociale en nous perme ttant de nous intégrer aux autres tout en servant nos propres intérêts. Elles sont d’ailleurs d’autant plus efficaces qu’elles sont prises en compte et bi en gérées : en se développant correctement, elles intensifient notre capacité à ressentir ce qui se passe en nous, autour de nous, enrichissent notre sensibilité qui ensuite les diversifie en les rendant plus subtiles.Ce sont ces émotions qui, en nous ouvrant la porte de notre monde