//img.uscri.be/pth/130d249f6fbecdc75ba77afd870553184873440e
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB - MOBI - PDF

sans DRM

De la cause première à la chair

De
140 pages

L'Homme n'est que le fragile déploiement dans le temps et l'espace d'une cause première qui se moque bien de sa progéniture.

La singularité de nos êtres est une illusion et la réalité est un leurre nécessaire.

Armés d'outils technologiques sans pareil, nous domestiquons et définissons notre réalité, malheureusement, ces outils sont autant efficaces qu'aveugles aux phénomènes qui se dérobent à toutes forme d'expérimentations.

Cette cécité limite infiniment notre conscience, écroués au sein d'un système borgne aux portes closes, nous sommes destinés à être et à exister en tant que maille du tissu dans lequel le monde a été taillé.

Le besoin de franchir les limites de la trame du réel n'a jamais été si prononcé.

Transcendance !

La question est : comment procéder ?


Voir plus Voir moins

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-95147-2

 

© Edilivre, 2015

Avant-propos

La meilleure manière de débuter est peut-être de poser le décor dans lequel nous allons évoluer.

C’est au cœur d’une végétation luxuriante aux murs de ronces et d’épines, loin des sentiers académiques, que je m’adresse à vous sous un pseudonyme. Ce pseudo, F. Schopenbach, camoufle ma prétention, car qui oserait en rajouter en matière de philosophie, de psychologie ou de n’importe quoi finalement ?

Au fil du temps, l’histoire s’est enrichie de grands noms ; ceux-ci ont martelé puissamment l’acier, nous léguant de merveilleux instruments. Ainsi, comme tout droit sorti de l’antre d’Héphaïstos, naquit un outil majeur, la dialectique.

Et si nous étions invités, nous, les forgerons anonymes aux marteaux de plumes, à multiplier nos coups anodins jusqu’à rendre cet instrument aussi acéré que nécessaire pour fendre les murs de ronces et d’épines ? Du même coup, nous serions gratifiés d’un point de vue nouveau et dégagé sur la réalité.

Voilà qui me décomplexe grandement et incite mes index à s’agiter frénétiquement, avec la volonté de composer la question qui nous précipitera au cœur du sujet…

Qui d’entre nous peut se vanter d’être émancipé du jugement a priori relayé par nos sens ?

Tout ce qui nous entoure semble si réel, comme cette chaise sur laquelle vous êtes assis. Vous vivez cette réalité au quotidien, cependant, d’un arrière-plan, émane un sentiment bien étrange.

Nous ne disposons pas d’autres outils que nos sens pour appréhender ce monde ; les informations recueillies semblent cependant insuffisantes pour prétendre à une compréhension satisfaisante des phénomènes qui nous entourent.

Faut-il ne pas regarder pour voir ? ne pas écouter pour entendre ? Le vertige, voilà ce qui reste, le vertige de ne pouvoir aborder les choses dites « réelles » qu’à travers leur réalité et de devoir aborder cette réalité qu’à travers notre conscience.

Je me prénomme Frédéric, Fred pour les intimes et les autres. Je jouis de l’avantage de ne pas avoir à choisir qui rédigera ma préface car je ne suis personne. Inconnu, certes, mais pas aux yeux de ma douce moitié que je soupçonne parfois de m’écouter par gentillesse, ou de ma fille, qui me gratifie d’un bâillement suivi d’un « C’est cela oui… » en guise de réponse. Mes amis, en revanche, ont un intérêt inépuisable pour mes passions… Étrange, cette phrase fait naître un sérieux doute en moi. Trêve de plaisanterie, je me dois de vous faire part des tenants et des aboutissants qui m’ont poussé à prendre la plume.

Après maintes réflexions, il me faut admettre l’évidence ; je n’en sais rien…

En revanche, je peux affirmer que la douleur d’exister n’est pas un moteur à côté de mes préoccupations ontologiques et de ma tendance à l’infériorité. Ces préoccupations m’ont amené à la philo, à la psycho, à la physique, et à amasser des livres dans ma bibliothèque histoire de me rappeler qui je suis, ou plutôt ce que je pense être à travers les voies thérapeutiques que j’ai mises à jour. Le stoïcisme semble être un remède à l’hypersensibilité ; cependant, fuyez la guérison ! Elle ne mène qu’à la stérilité. Enfants, nous étions hyper réceptifs, mais ceci était avant d’être précipités dans nos corps, avant d’être incarnés totalement dans l’oubli de notre savoir, dans l’oubli de l’existentialisme. Le contenu du récipient de nos vies nous définit ; ce sont nos actes, nos choix qui nous caractérisent, qui nous déterminent aux yeux de nos semblables. Partant de là, l’écriture est à considérer comme un acte de narcissisation. Voilà qui muselle bien des plumes et qui répond à mon interrogation au sujet de mes motivations : infériorité, égoïsme et narcissisme de croire que ma vision de la réalité a un intérêt quelconque. Qui sait !? Peut-être même chercherai-je à être édité…

Mais, avant cela, va falloir mettre en forme, de manière claire et digeste, mes idées, en distillant le temps d’un voyage différents concepts qui, amalgamés, donneront des éléments de réponses. Afin de faciliter ou de retrouver les sujets traités, je vous propose ce qui suit.

Chapitre 1

La déconstruction

La déconstruction est une philosophie du soupçon, une forme de discipline qui a pour but de repenser le monde avec des yeux non convaincus, de mettre en doute ce qui est établi dans le but d’anéantir les outils existants pour en créer de nouveaux, tout aussi faux mais bien différents.

Qu’est-ce que la réalité ?

Que sommes-nous ?

Qui sommes-nous ?

Sommes-nous ?

L’encre coule depuis bien longtemps sur le sujet, l’ontologie est au centre des préoccupations. Tous les domaines de recherche, toutes les sciences s’efforcent de définir les choses, les êtres, les « étants », le néant, la matière, la distance, le temps, Dieu, vous, moi… Nous construisons ce qui est à coup de mesures, d’observations, de certitudes, car nous devons définir notre monde afin de nous définir. Nous nous construisons une réalité, une identité, un être pour pouvoir exister. Cet être doit être singulier. Nous mettons en place une structure pour nous identifier, un soi, un moi, un surmoi ; le tout bien ficelé, histoire de ne pas se morceler.

Peu importent les moyens, nous réduisons à notre manière les potentialités, nous réduisons les possibles en affirmant, en croyant, en étant convaincu que ce qui est, est. En faisant cela, nous éclairons la toile de la lumière de notre conscience afin qu’il y ait quelque chose plutôt que rien.

Dans ce monde, nous existons en tant que personne, parmi des objets et des gens objets ; pourtant, il est parfois difficile de tenir pour acquis les choses si normales, comme cette chaise sur laquelle vous êtes assis… Où commence-t-elle ? Où finit-elle ? La chaise n’est finalement pas la question, mais le fait qu’il y en ait une laisse perplexe et a laissé perplexe bien des auteurs… Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Célèbre phrase et éternelle question ontothéologique. Le « quelque chose » de la question n’est pas le problème, nous dirait un célèbre Martin, le « il y a » soulève des interrogations beaucoup plus difficiles à aborder.

Ce type de question suppose une réflexion qui demeure hors d’atteinte pour notre conscience ; cependant, des éléments de réponses sont à découvrir à l’aide d’une vision alternative.

La réalité est contingente.

La réalité est comme une toile de maître. Un tableau sur lequel est peint un paysage, avec ses contours, ses formes… Au-delà de ce qui est peint, il y a un fond, une toile qui supporte le tout et qui ne peut pas être dévoilée, ni perçue. Une trame invisible qui, lorsque nous essayons de l’apercevoir, se dérobe en se réduisant à une description, à quelque chose. La toile de fond est impalpable, elle est invisible comme le réservoir de nos vies. La décrire, c’est mettre quelque chose dans ce réservoir invisible, c’est annuler sa transparence et, du même coup, suggérer son existante à travers son contenu.

L’idée à retenir est l’impalpabilité du « il y a » et la mise à jour du « quelque chose ». Le réel est usuellement ce qui est perçu par l’observateur ; pourtant, le visible n’est que l’ombre de ce qui est réellement. Fouiller le fond de l’univers, la quête de l’infiniment petit, chercher Dieu ou voir la toile de fond, autant de recherches vaines, car c’est à l’intérieur que cela se passe…

Chapitre 2

Épopée du lecteur

En avant pour un voyage de quelques lignes qui définira les termes de ladite réalité ; enfin, ceux à utiliser le temps de la lecture des quinze chapitres qui suivent. Ferme les yeux… euh… C’est une manière de parler ; vous n’allez pas pourvoir lire la suite, voyons !

Fermez les yeux et imaginez une pièce munie d’une fenêtre laissant pénétrer la clarté matinale qui déchire les abîmes, dévoilant un mur de pierre. Rajoutez-y une porte donnant sur un séjour au parquet de bois lustré menant à une large baie vitrée. À gauche, un large orifice s’ouvre sur un couloir donnant accès à une chambre à coucher meublée d’un lit en baldaquin. À droite, les commodités, une baignoire rustique, une vasque de pierre surmontée d’une robinetterie en laiton. Au sud de votre position, une magnifique terrasse ; au-delà de sa barrière, un paysage aux étendues verdoyantes tachetées de fleurs qui ondulent au rythme d’un souffle printanier.

Vous y êtes ? Alors continuons à construire notre monde imaginaire.

Au-delà des prés, coiffé de toits de chaume, se découvre un village aux maisons de pierre, une église au clocher de bardeaux ainsi qu’un cimetière. Délimités par une barrière, les édifices sont bâtis à même le sol en terre. Le village à la clôture de sapins brille d’un style serein.

Ce bruit ? C’est la rivière ; elle sillonne entre les pieds des pleureurs leur offrant l’indispensable liqueur juste avant de se perdre au loin dans les étendues odorantes. En vous concentrant, vous pouvez obtenir les senteurs d’herbes dorées et de lavandes en fleurs qui se déploient par bouquets aux mille parfums ensoleillés.

Prenez de la hauteur… Vous êtes le créateur, vous pouvez voler, vous pouvez être à la fois l’observateur, la lumière et le projecteur du monde, car vous êtes ce monde. À ce titre, rien ne vous est impossible. Décollez et observez votre création, voyez les fumées épaisses des cheminées s’élever et glisser lentement en direction de la forêt de peupliers.

À présent, en route pour le centre du village ! Rendez-vous en son cœur, près de la fontaine de granit qui trône sur la place publique.

Nous avons pris le temps de voyager dans l’espace, pourquoi ne pas prendre un peu de distance et voyager dans le temps ? Pas possible ? Qui a dit cela ? Essayez donc… Imaginez la construction de lafontaine, voyez comment la roche a été dérobée au flanc de la montagne, comment elle a été transportée et comment les burins se sont usés à creuser sa cavité. Remontez le temps à votre guise, imaginez l’espace désertique qui régnait sur la zone il y a près de quatre cents ans. Voyagez vers le crétacé, remontez la flèche du temps jusqu’à des temps où notre terre n’était pas ce qu’elle est. Observez-la se déchirer et vomir sa lave, laissant régner le chaos ; ressentez les émanations sulfurées jusqu’à vous déclencher la nausée.

Nous pouvons d’ores et déjà oser affirmer, qu’au sein de votre univers, nulle place n’est accordée à la causalité. C’est après avoir pénétré le champ de votre conscience que l’histoire des objets peut exister. Dans notre exemple, l’objet, donc la fontaine, précède sa création.

Continuons…

En un battement de cils, retour vers le futur, revenez au-dessus de votre village pour l’ultime voyage de votre épopée. Cette destination viole d’autres interdits où macroscopique et microscopique se comportent hors des notions usuelles humaines. Plongez dans les profondeurs de la fontaine, au cœur même de la matière ; choisissez un atome et pénétrez son noyau de plus en plus profondément, car c’est aux confins de l’infiniment petit que se profile le chemin du retour. Après un très long voyage de micro à atto, allons plus bas encore, jusqu’à découvrir, à l’horizon, une gigantesque sphère bordée d’un anneau. À cestade, vous êtes tout près de la maison. Continuez sur 1,5 milliard de kilomètres, vous atteindrez une autre sphère, mais bleu, la Terre…

Nous disposons de suffisamment d’éléments pour tirer quelques conclusions, voire pour oser affirmer que ce monde, produit de votre imagination, est infini ; qu’il grandit en lui-même et se soumet aux règles du créateur. Nous pouvons aussi affirmer que le créateur est exonéré des...